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Conférence de presse de M. Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation

Annonce sur la réussite scolaire et la pondération des bulletins

Version finale

Le mercredi 10 février 2021, 15 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Quinze heures)

M. Roberge : Bonjour, tout le monde. Content d'être avec vous aujourd'hui. Alors, je suis ici aujourd'hui pour faire un bilan, un petit peu, de mi-année, pour vous parler de réussite éducative, mais encore plus de réussite scolaire. On a des données à partager avec vous.

Ce n'est pas nouveau qu'on parle de problèmes, parfois, dans nos taux de réussite, hein? On va parler aujourd'hui des taux de réussite. Donc, le corollaire de ça, c'est de parler des taux d'échec, des taux de diplomation aussi. Ça fait un certain temps qu'on est en rattrapage au Québec. On augmente, année après année, nos taux de diplomation, mais on n'est pas arrivés à destination, c'est certain.

Puis, évidemment, le contexte de la pandémie mondiale, c'est une épreuve de plus pour le réseau scolaire, évidemment. Ça a semé et ça sème encore beaucoup d'inquiétude pour les parents, beaucoup d'inquiétude pour les enseignants, pour tous les membres de l'équipe-école. Puis je suis très soucieux de cette situation-là, de l'impact que peut avoir les mesures... que peuvent avoir, pardon, les mesures sanitaires et aussi, évidemment, le fait qu'on a dû à certains moments fermer les écoles.

Je sais aussi que les élèves sont inquiets. Évidemment, les élèves veulent apprendre, veulent réussir, veulent avoir des bons résultats. Puis aujourd'hui je vais vous présenter des données nationales, présenter un portrait global, mais c'est sûr que, derrière les moyennes, les tendances, il y a la réalité école par école.

Ça se peut très bien qu'il y ait des enseignants qui disent : Bien, moi, dans mon école, ça a mieux été que ça. D'autres enseignants vont dire : Bien, moi, dans ma classe, ce n'est pas ce qui se passe au portrait national. C'est évident, c'est une moyenne. Mais il y a des réalités précises. Il y a des élèves qui réussissent bien mieux que les moyennes, puis il y a des élèves qui, malheureusement, ont été touchés plus durement parce que peut-être que leur classe a été fermée plus qu'une fois à cause d'une éclosion de COVID. Ou peut-être qu'il y a des élèves qui ont éprouvé plus de difficulté cette année, ils ont peut-être eu des problèmes de découragement, de santé mentale. Peut-être leurs parents ont perdu leurs emplois, puis ça a causé des problèmes à la maison. Donc, je suis bien conscient de ça. Et même si, globalement, les chiffres sont rassurants, il ne faut surtout pas minimiser les cas individuels et les difficultés que des élèves ont eues.

Nos élèves sont bien entourés, sont bien épaulés par le réseau scolaire, par les ressources supplémentaires qu'on a ajoutées, mais il y a des problématiques. C'est pour ça qu'on continue d'ajouter des ressources, des services, puis c'est pour ça qu'on vient apporter aujourd'hui une pondération différente entre le bulletin 1 et le bulletin 2. Il faut encourager nos jeunes, c'est certain.

Maintenant, il faut aussi s'encourager, comme réseau, comme État, en voyant les résultats qu'on voit aujourd'hui. C'est le résultat du travail acharné des enseignants, des équipes de soutien, des professionnels. Il y a beaucoup de dévouement, mais surtout du professionnalisme dans nos écoles. Ce n'est pas juste une question de coeur, c'est une question, évidemment, de compétences.

Les données sont encourageantes. Les données que je vous présente comparent les résultats au bulletin de la première étape de cette année avec les résultats de la première étape l'an dernier, évidemment, avant que la pandémie nous frappe, qui était une année régulière. Donc, au primaire, les résultats, grosso modo, sont similaires. Il n'y a pas de variation entre le taux de réussite cette année et l'an passé, en regardant français et mathématiques. En fait, c'est des hausses plus ou moins grandes de 0,5 % ou 1 % ou une baisse de 1 %. Bref, ce n'est pas significatif comme différence.

Au secondaire, j'ai une ventilation plus grande en fonction des années au secondaire. Je vais vous donner un peu plus de détails. Secondaire I, taux de réussite pratiquement égal en secondaire I pour la langue. Je dis «français», mais ça peut aussi, vraiment, évidemment, être anglais pour les écoles anglophones. Il y a une hausse, même, du taux de réussite en mathématiques de 3,1 %. Donc, surprenamment, nos secondaires I ont mieux réussi que l'année passée en mathématiques. Mais, en même temps, c'est 3,1 %, ce n'est pas une très grande différence statistique à l'échelle du réseau, mais quand même.

Secondaire II, on n'a pratiquement pas de changement en français et mathématiques, quand on regarde les taux de réussite de cette année et l'an dernier.

Secondaire III, on voit des petites variations : une baisse de 2,1 % en français, une baisse de 3 % en mathématiques dans le taux de réussite, toujours cette année par rapport à l'an dernier.

Secondaire IV, peu de changements en français, baisse de 4,2 % en mathématiques. C'est la plus grande variation, donc, 4,2 % en mathématiques de baisse pour le taux de réussite cette année. Baisse de 3 % en sciences, mais pas de changement en histoire.

Et secondaire V, pratiquement pas de changement ni en français ni en mathématiques pour les taux de réussite.

Donc, quand je regardais les secondaires III et IV, je me disais : Bien, peut-être qu'on va voir réellement des difficultés qu'on voit chez les III, IV, V à cause de l'alternance au secondaire, un jour sur deux en présence à l'école et à la maison, mais on voit qu'en secondaire V il n'y a pratiquement pas eu d'impacts. Donc, les plus grandes variations, c'est une baisse... c'est en secondaire III, baisse de 2 % à 3 %, secondaire IV, baisse de 3 % en maths et en sciences, mais une hausse de 3 % en maths en secondaire I. Mais, même là où il y a des variations, on voit que, grosso modo, les variations ne sont pas très grandes.

On peut se demander, d'abord, comment a été fait ce coup de sonde, cet échantillon-là. Je pense c'est important de le préciser. C'est quand même plus de 84 000 élèves, plus de 84 000, justement, résultats qui ont été compilés. C'est important, on s'est assuré d'avoir des résultats à l'intérieur de la communauté du Montréal métropolitain, la fameuse CMM, à l'intérieur et à l'extérieur, en proportion à peu près de la population québécoise. Parce qu'on sait que, ce printemps, il y a eu un changement, hein, on se souvient qu'au printemps les écoles primaires de la CMM sont restées fermées, tandis qu'à l'extérieur de la CMM elles ont réouvert. Ça aurait pu amener un changement statistique. Donc, c'est pour ça qu'on voulait avoir un échantillon qui tenait compte de ça.

Donc, évidemment, notre échantillon est représentatif privé-public, primaire-secondaire, francophone-anglophone, aussi en fonction des indices de milieu socioéconomique, l'indice de... l'IMSE. On s'est assuré d'avoir dans notre échantillon une représentativité, donc 84 000 élèves, de la réalité québécoise. Donc, la taille et la représentativité statistique nous donnent confiance que le portrait global est fidèle, grosso modo, à ce qui se passe, mais, je le répète, d'un point de vue global. Évidemment, dans une école, dans un centre de services, dans une classe, on pourrait dire : Bien, ce n'est pas exactement le portrait qu'on peut voir. Puis c'est assez normal, évidemment. Oui, il y a des variations, mais ce n'est pas insurmontable, comme on le voit. Et, derrière les statistiques, je veux bien le dire, derrière les statistiques nationales, il y a les réalités de chaque élève.

Et puis il y a beaucoup d'efforts qui ont été mis pour arriver à ces résultats-là, mais il y a aussi des adaptations. Je suis conscient qu'il y a des enseignants qui, peut-être dès septembre, avaient considéré la situation pandémique et avaient déjà décidé de se concentrer sur l'essentiel, c'est-à-dire de faire un certain élagage et de n'enseigner que les savoirs essentiels. J'avais déjà envoyé un document à cet effet-là en septembre avant d'en renvoyer un plus exhaustif en janvier. Donc, je suis conscient qu'il y a quand même un rattrapage à faire. C'est peut-être un paradoxe, parce qu'on dit qu'il y a peu de changement dans les taux de réussite, mais je pense qu'il y a des élèves qui ont quand même des retards qu'ils ont pris pendant cette période-là. Et je suis conscient aussi qu'il y a des enseignants qui peuvent avoir adapté leurs évaluations.

Donc, il ne faut surtout pas baisser les bras, penser que la pandémie n'a pas eu d'impact dans nos écoles. Ce que je constate, c'est que les jeunes sont globalement encouragés de continuer parce qu'il n'y a pas plus d'échecs cette année que l'an passé, à date.

Il y a beaucoup à faire encore, donc, d'ici la fin de l'année. Cet été, beaucoup à faire. Moi je pense qu'il faut utiliser l'été pour donner de l'aide à ceux qui en auront besoin. C'est essentiel. Il y a les enjeux de santé mentale, hein, qui n'ont pas fait l'objet d'une évaluation, ici, qui ont fait l'objet de plusieurs études. Mais il ne faut pas balayer sous le tapis l'anxiété et le découragement de certains élèves. Donc, ça aussi, ça reste à faire.

J'ai présenté les données que je vous présente aujourd'hui, hier, lors d'une séance de travail informelle avec les porte-parole des oppositions, comme je l'ai fait à d'autres reprises depuis le début du mandat, comme on a discuté aussi, notamment du protecteur de l'élève, et puis, hier, ce qu'elles m'ont dit, c'est qu'elles souhaitaient peut-être avoir plus d'informations, plus de statistiques, plus de détails, donc on va essayer d'en trouver davantage parce que c'est pertinent, évidemment, pour le gouvernement, mais c'est pertinent aussi pour mes collègues de l'opposition. Elles ont réagi en disant que, oui, le programme de tutorat était vraiment nécessaire, justement pour donner l'aide à ceux qui en ont besoin, puis de donner beaucoup de tutorats, de s'assurer que chaque élève qui en a besoin puisse en avoir. Et on est tous les quatre d'accord pour dire que, bien que ces résultats-là soient rassurants, il ne faut surtout pas penser que le milieu n'a pas été affecté par la pandémie. Ça, c'est important de le mentionner.

Sur un autre sujet, mais qui est lié, évidemment, quand on fait le bilan, je veux vous parler de la pondération des bulletins, des étapes. Je sors d'un Conseil des ministres, et puis c'est passé au Conseil des ministres aujourd'hui, on change la pondération des étapes par rapport à ce qui était prévu cette année. La première étape aura une pondération de 35 % et la deuxième étape aura une pondération, donc, de 65 %. C'est semblable à une année régulière avec un léger ajustement. Peu de gens le savent, mais, normalement, le bulletin 1 compte pour 20 %, le second, 20 % et le troisième, 60 %. Donc, le dernier bulletin compte habituellement pour 60 %; cette année, le dernier bulletin comptera pour 65 %. C'est la recommandation que m'avait faite le comité que je rencontre fréquemment, avec une trentaine d'experts et de partenaires, que j'appelle mon comité évaluation et réussite. Il m'avait suggéré cette pondération-là. C'est une proposition que j'ai retenue. Je tenais à avoir un portrait statistique avant de tracer la ligne quand même, et donc c'est passé au Conseil des ministres aujourd'hui.

Les résultats sont rassurants, mais je demeure quand même soucieux d'apporter du soutien au réseau scolaire et puis de mettre en place, avec mes collègues des oppositions puis avec les partenaires du réseau, des mesures d'aide qui vont continuer au-delà de cette année scolaire, donc au moins pour une année supplémentaire. Mais, quand même, on a un message d'espoir, puis ce que je comprends, c'est qu'on va s'en sortir ensemble puis on va réussir à maintenir nos taux de réussite. Merci.

Le Modérateur : Nous en sommes maintenant à la période de questions et nous commençons avec Genevière Lajoie, Journal de Québec.

Mme Lajoie (Geneviève) : Bonjour, M. Roberge. J'ai le goût de vous reparler des... Bon, on a vu quand même que c'est en secondaire III, en secondaire IV où les résultats sont les plus différents des années précédentes. Évidemment, ce sont aussi ceux-là qui sont à l'école une journée sur deux.

Lorsque vous avez lancé... Lorsque vous avez décidé de mettre ça à une journée sur deux… En fait, la recommandation de l'INSPQ, c'était une demi-classe et non pas une journée sur deux. Vous avez décidé d'aller de l'avant avec une journée sur deux en disant : Bon, bien, il y aura moins de gens, au moins, dans les cafétérias, ça circulera moins dans l'école. Mais là, depuis, il y a eu d'autres restrictions. Les élèves restent toute la journée dans leurs classes. Ce sont donc des élèves qui, à 14, 15 ans, passent la journée devant l'écran, de 9 à 4. Est-ce qu'il n'est pas temps de leur donner un petit peu plus de présence à l'école? J'aimerais ça que vous me disiez, en ce moment, c'est quoi, la raison épidémiologique qui fait en sorte qu'ils vont encore une journée sur deux à l'école.

M. Roberge : Bien, d'abord, quand on a pris la décision d'aller un jour sur deux à l'école, c'était parce qu'il fallait faire un changement, là. Le nombre de cas augmentait sans cesse au Québec, particulièrement chez les adolescents, donc au secondaire. Donc, il fallait poser un geste. Depuis ce temps-là, la situation ne s'est pas tellement calmée, là, continue de monter, jusqu'à Noël. Ça a baissé. Donc là, on est dans une situation mieux que juste avant Noël, mais, quand même, une moins bonne situation qu'au début du mois de septembre ou même du mois d'octobre. Donc, on n'est pas passés à travers encore. Et puis on s'inquiète évidemment de l'arrivée de variants qui pourraient causer des éclosions.

Donc, j'aimerais vraiment arriver avec des allègements, à ce moment-ci, puis ramener le sport, plus de sports, de redéployer notre programme parascolaire comme on voudrait le faire puis ramener nos élèves, secondaire III à IV, à tous les jours à l'école. Malheureusement, la situation épidémiologique ne nous le permet pas en ce moment, où, encore aujourd'hui, on a 1 153 classes qui sont fermées. C'est moins qu'en décembre. Le 10 décembre, il y en avait 1 300 classes qui étaient fermées. Donc là, on est à 1 153, mais on n'est quand même pas sortis de la forêt encore, là. Donc, on ne peut pas baisser notre vigilance, malheureusement, encore. J'ai très hâte, mais on ne peut pas.

Mme Lajoie (Geneviève) : Tout à l'heure, la directrice régionale de la Santé publique de Montréal a parlé des cas d'éclosion dans les écoles, justement, dans sa région en disant que ce qui est surprenant, c'est que, là, maintenant, c'est davantage dans les écoles primaires. Et elle soulevait le questionnement : Est-ce que c'est à cause des masques de procédure maintenant qui sont plus... qui sont efficaces au secondaire? Alors, je voulais savoir s'il y avait quelque chose que vous envisagez pour justement qu'il y ait moins d'éclosions, là, dans les écoles primaires. Est-ce qu'on pourrait étendre le port du masque à plus d'élèves?

M. Roberge : Bien, d'abord, on a fait un changement depuis le retour de Noël, là, où le masque, le couvre-visage maintenant est requis à l'intérieur des classes pour les cinquième, sixième années. Avant Noël, les cinquième, sixième années devaient le porter dans les zones communes, mais pas en classe; depuis le retour des fêtes, ils doivent le porter en classe.

Le changement entre la réalité statistique qui nous disait qu'avant c'était surtout au secondaire et que maintenant c'est plus à partir de 10 ans ou environ neuf, 10 que ça commence, la courbe, ça a commencé, ça, je vous dirais en novembre ou en décembre, autour de décembre, où ce n'était plus vrai que c'étaient seulement les adolescents qui l'avaient, mais que ça commençait plus autour de 10 ans. Donc, ce n'est pas nouveau, là, de janvier et février 2021, le fait qu'il y a des élèves qui, à partir de 10 ans, attrapent autant la COVID que les adolescents.

Donc, écoutez, on est toujours à l'affût de changements si on doit le faire, si la recommandation nous vient de la Santé publique. Pour l'instant, ce n'est pas le cas.

M. Bergeron (Patrice) : Louis Lacroix, Cogeco Nouvelles.

M. Lacroix (Louis) : Bonjour, M. le ministre. Je me demande un peu quelle est la valeur de cet exercice-là que vous avez fait de comparer l'année... en fait, la première étape avec celle de l'année passée, compte tenu du fait que, vous en avez parlé tout à l'heure, les programmes ont été élagués pour aller à l'essentiel. Donc, comment est-ce qu'on peut faire une comparaison comme celle-là, en disant : On prend une année où il n'y a pas de pandémie, où on donne le programme complet, voici le résultat, et maintenant on élague le programme, on enlève du contenu pour aller à l'essentiel et, voici, on compare les deux résultats ensemble. On est en train de comparer des pommes avec des oranges, là, ce n'est pas le même programme nécessairement, là, qui a été comparé et qui a été évalué de cette façon-là.       Alors, comment est-ce qu'on peut en arriver à des résultats qui soient précis puis dire : Bien, regardez, il n'y en a pas de problème?

M. Roberge : Je ne vous dirai pas qu'il n'y a pas de problème et je reconnais que c'est une...

Une voix : ...

M. Roberge : Non, mais c'est une comparaison qui a ses limites, qui apporte un éclairage intéressant, mais c'est une comparaison qui a ses limites.

M. Lacroix (Louis) : ...que ce n'est pas le même programme qui est comparé, là.

M. Roberge : Ce que je vous dis, c'est que, c'est vrai... je l'ai mentionné, même, dans mon allocution d'ouverture, c'est vrai qu'il y a des enseignants qui, dès le mois de septembre, ont élagué certains éléments du programme pour dire : On va y aller vraiment à l'essentiel et aux notions de base. Déjà, je le mentionne, en septembre, j'avais envoyé au réseau scolaire un document, ce qu'on appelle Les savoirs essentiels, c'est un document qui a été utilisé par certains enseignants, mais qui n'était pas prescriptif et qui était peut-être moins précis que celui que j'ai renvoyé en janvier, après des demandes d'enseignants qui voulaient vraiment avoir un niveau de précision plus grand en fonction de ce qui s'appelle la progression des apprentissages — c'est un terme technique, là, dans le réseau de l'éducation, mais il y a le programme, il y a la progression des apprentissages. Puis là c'est plus défini, je vous dirais, quelles sont vraiment les notions absolument à enseigner sur lesquelles on doit tabler pour garantir la réussite de cette année et l'an prochain.

Donc, ceci étant dit, c'est important d'avoir un portrait statistique, bien qu'imparfait, mais rigoureux en fonction de la taille de l'échantillon et de la composition de l'échantillon, pour savoir où on en est pour prendre la décision sur la pondération des étapes. La pondération des étapes, c'est une décision qu'on devait prendre pour voir si on devait vraiment donner un coup de main, si, vraiment, il y avait beaucoup d'élèves qui étaient en situation d'échec, qui avaient besoin qu'on change beaucoup la pondération, leur donner une chance de rester accrocher jusqu'à la fin de l'année. Ça, c'est important de le mentionner.

Ensuite, les taux de réussite nous indiquent, en réalité, que, dans nos écoles, malgré tout, il s'est fait des belles choses. Il s'est fait énormément d'apprentissages. Les élèves ont relevé les défis qu'on leur a donnés, d'accord, en grande partie, bien sûr, pour arriver à des taux de réussite qui sont comparables avec l'an dernier. Mais je ne prétends pas qu'il n'y a pas de rattrapage à faire. Il y a un rattrapage à faire.

M. Lacroix (Louis) : O.K. Je vais vous poser la question autrement. Est-ce que les élèves qui vont sortir de la cuvée, mettons, 2020‑2021 vont avoir les mêmes acquis que ceux qui sont sortis au même niveau de la cuvée 2019‑2020?

M. Roberge : Ils n'auront pas tous les mêmes acquis, parce qu'au milieu de l'année j'ai envoyé un document, il y a quelques semaines, sur les savoirs essentiels pour donner un coup de main aux enseignants qui disaient justement : J'ai passé le mois de septembre, le mois d'octobre à faire du rattrapage sur les mois perdus au printemps et donc je n'arrive pas à voir tout mon programme. Ils m'ont dit, les enseignants : Je n'arrive pas à voir tout mon programme. Mais on a besoin d'une cohérence nationale sur qu'est-ce qui doit absolument être vu pour être capable de dire : Quand ça, c'est réussi, là, quand je donne la mention réussite, ça vaut quelque chose parce qu'on a vu les savoirs essentiels qui permettent aux élèves de réussir l'année suivante.

Mais il ne faut pas se mentir tout le monde ensemble, là, collectivement, puis se faire croire que tout va bien, puis que, parce que les taux de réussite sont comparables, on a exactement le même niveau d'acquis que l'an dernier. Je pense que ce serait de se mentir à tous, là. C'est important de le préciser.

Le Modérateur : Valérie Gamache, Radio-Canada.

Mme Gamache (Valérie) : J'aimerais simplement clarifier. Là, je comprends que vous donnez une pondération 35-65. Comme on ne sait pas vraiment ce que l'avenir nous réserve, semaine de relâche, variants, etc., est-ce que cette pondération-là pourrait être appelée à changer une autre fois? Est-ce que c'est un scénario que vous imaginez, peut-être, d'arriver au mois d'avril puis dire : Oui, non, finalement, on était mieux avec les résultats, finalement, de la première étape? Ou ça, c'est béton, béton jusqu'à la fin de l'année?

M. Roberge : Je ne crois pas qu'on va avoir à changer à nouveau la pondération parce que, bon, on avance dans l'année scolaire, on connaît mieux la COVID qu'on ne la connaissait, on connaît mieux les règles sanitaires, on est habitués d'appliquer les règles sanitaires, on est capables de basculer très rapidement pour un deux semaines en enseignement à distance avec des protocoles qui sont établis, qui sont rodés dans le réseau scolaire. Donc, si jamais on doit fermer une classe ou une école temporairement, on est capables de le faire en continuant les apprentissages et de revenir. Donc, je pense que le réseau est très agile, maintenant, avec cette nouvelle façon de faire là. C'est difficile, mais le réseau a développé une grande agilité.

Mme Gamache (Valérie) : Et puis je voulais faire le point avec vous sur le fameux programme de tutorat. Est-ce que vous misez aussi là-dessus pour améliorer les taux de réussite, là, pour ce deuxième bulletin qui s'en vient, et on en est où, dans le déploiement de tout ça?

M. Roberge : Absolument. Le programme de tutorat, c'est une mesure phare du gouvernement. On est très contents d'avoir ce programme national qui se déploie, là, en ce moment. Chaque jour qui passe, il y a plus d'élèves, là, qui commencent leur programme de tutorat. On est les premiers au Canada à aller de l'avant avec cette mesure-là. Il y a même des chercheurs de l'Université de Toronto, de Calgary, qui communiquent avec nous pour voir ce qu'on fait, pour s'inspirer de ce qu'on fait. Donc, c'est sûr qu'on compte beaucoup là-dessus.

Le Modérateur : Olivier Bossé, Le Soleil.

M. Bossé (Olivier) : Bonjour. Vous dites : Les résultats, comparés à ceux de l'an passé, sont rassurants. Vous avez dit, je crois, la semaine dernière, qu'il va y avoir au moins une année de rattrapage, peut-être deux. Est-ce que vous revenez là-dessus en vous disant : Bien peut-être qu'on a... ça va aller plus vite, le retard, on va le reprendre plus vite que j'aurais pensé?

M. Roberge : Vous avez raison de dire que c'est quand même rassurant, là, ces taux de réussite là, surtout que ce n'est pas la catastrophe annoncée. Moi, je me souviens, là, qu'en novembre, en décembre, je voyais des acteurs, et particulièrement mes collègues des oppositions, là, qui annonçaient des taux d'échec de 30%, 50 %. Ce n'est absolument pas arrivé. Donc, je pense que c'est important de donner l'heure juste aux Québécois puis au réseau sur ce qui s'est passé, vraiment.

Ensuite, je pense que, vraiment, on doit s'assurer de donner des services complémentaires pendant l'été. On va les définir vraiment dans les prochaines semaines avec les partenaires du réseau. Puis je pense qu'on en a, à tout le moins, pour une année. Mais, encore une fois, je veux discuter avec les enseignants directement sur le terrain, avec les directions d'écoles pour voir, là, ce qu'on peut faire l'an prochain, pour voir si on est capables de compléter ce rattrapage-là en un an ou bien si ça en prendra deux, là. Je vais en parler avec les gens, directement, qui sont sur le terrain.

M. Bossé (Olivier) : Je reprends un peu la question de Louis, mais vous savez bien que vous comparez, mettons, une sixième année normale à une sixième année faible. La note peut être pareille, mais le contenu n'est pas le même.

M. Roberge : Bien, écoutez, je l'ai mentionné dès septembre, j'avais envoyé un document sur ce que j'avais appelé les savoirs essentiels. Je sais qu'il y a des enseignants qui ont réussi à rattraper les notions passées et à voir 100 % du programme actuel. C'est le cas, il y a des régions où ils ont été très peu touchés, les écoles primaires ont été ouvertes au printemps, ils ont eu très, très peu de classes fermées, puis le programme, cette année, il est vu. Il y a d'autres régions où ils ont élagué dès septembre parce qu'ils n'avaient pas réouvert leurs écoles au printemps dernier. Et puis, des fois, il y a des classes qui ont été fermées une fois, deux fois dans le même automne. Et je trouve normal qu'ils soient allés à l'essentiel. Pour moi, je pense, c'est une agilité pédagogique normale en temps de pandémie.

Le Modérateur : Claudie Côté, TVA Nouvelles.

Mme Côté (Claudie) : Bonjour. Je reviens sur les taux d'échec, particulièrement en secondaire III et IV, là, parce que c'est vraiment là que ça semble avoir été plus difficile pour les élèves… peut-être un impact de l'enseignement hybride, comme le disait ma collègue. Qu'est-ce qu'on va faire, spécifiquement, là, pour ces élèves-là, parce que secondaire III et IV, c'est quand même des années qui sont charnières, là, dans le parcours scolaire?

M. Roberge : C'est vrai que ce sont des années qui sont importantes. Déjà... Supposons, je prends une des données où il y a une fluctuation, là, le troisième secondaire, l'an passé, taux de réussite, 77,4 %, l'an dernier. Donc, on pourrait le prendre à l'envers, dire : L'an passé, taux d'échec, 22,6 % en maths, troisième secondaire. Cette année, plutôt que d'avoir un taux d'échec de 22,6 %, on a un taux d'échec de 25,6 %. Donc, c'est un taux d'échec qui est plus grand. Mais en même temps il y en avait déjà un, taux qui était grave. Il fallait déjà se poser des questions, là, avant la pandémie, sur l'acquisition des compétences en mathématiques en troisième secondaire. Puis c'est à peu près pareil en quatrième secondaire.

Maintenant, une des beautés du programme de tutorat, c'est qu'on donne au réseau scolaire les ressources financières, l'argent. On leur donne accès à une banque d'enseignants, de professionnels, pour qu'ils aident les élèves. Mais on laisse aux équipes-écoles puis aux enseignants le soin de choisir les élèves qui en ont davantage besoin et les matières sur lesquelles on va insister. Donc, je pense, ça serait normal de voir qu'il y a peut-être davantage de tutorat qui va être donné à des élèves qui sont vraisemblablement en secondaire III et IV et que la matière qu'on va demander aux tuteurs de réviser plus sérieusement, bien, ça risque d'être mathématiques. Donc, c'est cette agilité-là, qu'on donne au réseau avec le programme de tutorat, qui va être particulièrement payante.

Mme Côté (Claudie) : Je veux aussi vous parler d'un changement de ton noté envers les partis d'opposition. Vous êtes vraiment en mode collaboration. Vous avez tendu la main par des publications sur les réseaux sociaux. Vous les avez rencontrés. Vous en avez même parlé durant votre allocution d'ouverture. Pourtant, les partis d'opposition questionnent, en ce moment, largement, là, la méthodologie, notamment, de ça. C'est un trio que certains qualifient de redoutable. J'aimerais vous entendre là-dessus, comment la collaboration se passe et comment vous réagissez aux critiques. Parce que, pour elles, là, parce que ce sont des femmes, la méthodologie n'était pas là, et les résultats sont un peu faussés.

M. Roberge : Bien, je pense que la démonstration de la pertinence de l'échantillon est évidente, là. C'est des statisticiens du ministère de l'Éducation qui ont créé l'échantillon, 84 000 élèves, puis, je vous en ai parlé tout à l'heure, vraiment, là, selon des indices de milieu de défavorisation, francophone-anglophone, privé-public, selon les régions. Je pense que c'est assez évident.

Ceci dit, depuis le début de mon mandat, je travaille avec ces collègues-là qui sont très intelligentes, très pertinentes, parfois redoutables, au salon bleu. Mais, au-delà de ça, on a quand même travaillé ensemble sur trois projets de loi importants, hein : sur les frais chargés aux parents, sur la maternelle quatre ans, sur la gouvernance scolaire. On a eu des séances, parfois, le soir, des séances de travail informelles, à l'extérieur des règles parlementaires, dont on n'a pas parlé à chaque fois, parce qu'elles me l'ont demandé et que j'ai accepté. Ou, d'autres fois, je leur ai tout simplement proposé : Est-ce qu'on pourrait travailler sur tel dossier? Bon, avant, c'était en présence, mais on l'a fait aussi en Teams, on l'a fait avant Noël, je l'ai refait hier. Vous savez, des fois, au-delà, là, des critiques qu'on voit sur Twitter, il y a une collaboration puis un respect.

Le Modérateur : Hugo Pilon-Larose, LaPresse+.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Bon. Bonjour. J'aimerais savoir si, au ministère de l'Éducation, vous avez mesuré au niveau national l'effet de la fermeture des écoles, au printemps, sur la fréquentation scolaire, cette nouvelle année scolaire. Dans le sens où se peut-il que les résultats, qui sont moins pires que prévu, s'expliquent en partie parce qu'on aurait perdu davantage d'élèves qui ont décroché, à cause de la pandémie, de l'école?

M. Roberge : Il faudrait que je retrouve les chiffres, mais j'ai obtenu ces informations-là avant la fin de l'année 2020, et on a, grosso modo, la même fréquentation scolaire. Donc, on ne peut pas expliquer, disons, ces résultats-là par le fait que des élèves de secondaire III, IV ou V auraient quitté, là, les bancs d'école en masse, là. Ce n'est pas ce qui est arrivé.

M. Pilon-Larose (Hugo) : D'accord. Et comment allons-nous faire du rattrapage scolaire, justement, auprès des élèves qui sont en secondaire III, IV et V, en temps de pandémie, et qui, une fois la pandémie terminée, techniquement, auront quitté le secondaire et seront rendus au cégep? Est-ce qu'il va falloir impliquer les cégeps pour enseigner des savoirs essentiels à ces cohortes-là au cours des années prochaines?

M. Roberge : Bien, d'abord, là, vous me parlez seulement des élèves qui sont en ce moment en secondaire V. Bien, déjà, en ce moment, ils vont bénéficier du programme de tutorat et des autres mesures qu'on a ajoutées. On parle beaucoup du programme de tutorat, qui est une mesure phare, mais on a quand même, pour ce qui est de la santé mentale, un partenariat spécifique avec Tel-Jeunes, on a presque doublé les services d'Allô prof, on a embauché des centaines de professionnels depuis le mois de septembre dernier, là, des gens qui leur donnent des services, et il y aura une offre, là, d'été pour les élèves qui en ont besoin.

Mais il y a aussi du travail que se fait avec ma collègue à l'Enseignement supérieur, Danielle McCann. Parce qu'on parle déjà de voir si les cégeps vont devoir s'adapter, préparer des mesures de soutien supplémentaire, là. Je sais que... J'en ai parlé avec Mme McCann, Mme McCann en a parlé avec son réseau pour les cégeps, donc il y aura sans doute des mesures qui seront mises en place, mais là, ce sera peut-être à elle d'expliquer quelles sont ces mesures-là.

Le Modérateur : François Carabin, Journal Métro.

M. Carabin (François) : Bonjour, M. Roberge. Juste pour revenir, justement, sur le programme de tutorat. Avez-vous évalué combien d'élèves vont avoir besoin du tutorat au Québec?

M. Roberge : Il va y avoir des dizaines de milliers d'élèves qui vont bénéficier du programme de tutorat, probablement même au-delà de ça. La directive au réseau scolaire, là, c'est de l'offrir à ceux qui en ont besoin. On a donné les outils, le programme, la banque de personnel, hein, dans laquelle les écoles, les centres de services peuvent piger, donc des gens qui sont des enseignants retraités et des gens qui se préparent à faire carrière dans le réseau de l'éducation, des étudiants, mais aussi beaucoup d'enseignants et de spécialistes qui travaillent déjà dans le réseau. Les premiers, là, les premiers services de tutorat qui ont été mis en place, c'est souvent par des gens qui sont déjà dans le réseau scolaire qui ont accepté de faire, en plus de leurs heures habituelles, en étant rémunérés — il n'y a pas de travail bénévolat dans notre tutorat, je le précise, d'accord? — en étant rémunérés, d'en faire un peu plus. Maintenant, au-delà du 11 millions de dollars qu'on a donnés au réseau pour ce programme-là, on leur a aussi dit qu'en éclatant les enveloppes, selon la nouvelle vision, là, avec la nouvelle gouvernance, c'est possible pour eux d'aller chercher de l'argent qui n'a pas été utilisé. Depuis le début de l'année, là, on a ajouté un 20 millions de dollars d'argent qui était décentralisé pour pouvoir bonifier les services aux élèves. Après ça, on a rajouté un 85 millions de dollars avec des suggestions d'allocations. Mais ce n'était pas des enveloppes qui étaient dédiées, protégées, puis si tu ne le dépenses pas, tu le perds. Au contraire, on permet aux écoles puis aux centres de services scolaires de piger dans ces millions-là qu'on leur a donnés depuis le début de l'année pour bonifier le service de tutorat pour en donner à chaque élève qui en a besoin.

M. Carabin (François) : Merci. Sinon, j'aimerais vous parler un peu de la pénurie de professeurs. Vous avez voté en faveur ce matin d'une motion réitérant votre engagement à éliminer les six premiers échelons salariaux pour professeurs. À quand peut-on s'attendre, là, à un déblocage dans ce dossier-là? Est-ce que c'est quelque chose que vous voyez au-delà de la pandémie ou...?

M. Roberge : Bien, écoutez, le plus tôt sera le mieux, là. Moi, j'ai eu des conversations avec la présidente du Conseil du trésor pratiquement à toutes les semaines, même des fois plus qu'une fois par semaine dernièrement. Je pense qu'il y a une accélération aux tables de négociation. J'ai vu que les deux centrales syndicales ont accepté l'invitation de Mme LeBel à aller siéger à ce qu'on appelle une table restreinte. Donc, c'est un bon signal, à la fois du gouvernement et des centrales. Donc, maintenant, je pense qu'une fois que l'invitation a été acceptée, je pense que les gens vont discuter. J'ai l'impression qu'on va conclure prochainement.

Le Modérateur : Juste avant de passer à l'anglais, j'ai une question écrite de ma collègue Caroline Plante, de LaPresse canadienne. Allez-vous permettre aux établissements de choisir entre l'ancienne et la nouvelle pondération que vous venez de présenter afin de ne pas pénaliser les enfants inutilement?

M. Roberge : La nouvelle pondération des bulletins, comme j'ai dit, s'apparente à la pondération régulière. Normalement, le dernier bulletin compte pour 60 %, et les écoles ne peuvent pas changer cette pondération-là, normalement. Là, cette fois-ci, c'est 65 %. Ça va s'appliquer pour l'ensemble du réseau. Je ne pense pas qu'il y ait aucun élève, là, qui peut être pénalisé par ça.

M. Bergeron (Patrice) : Et combien de tuteurs ont été recrutés à ce jour?

M. Roberge : Je n'ai pas les données en ce moment. Je laisse quelques semaines aux centres de services scolaires pour piger dans la banque de tuteurs, là. À chaque jour, il y a des gens qui s'inscrivent dans la banque de tuteurs. À chaque jour, il y a des gens qui sont embauchés. Je vais avoir un état des lieux bientôt. Je n'ai pas l'information à ce moment-ci. Je vais avoir un portrait bientôt.

Le Modérateur : Très bien. Nous en sommes maintenant à la portion en anglais de la conférence de presse. Nous commençons avec Cathy Senay, CBC.

Mme Senay (Cathy) : Good afternoon. Mr. Roberge, when we look at the two years that were compared, you have two school years that were affected by the pandemic. And, when I look at the failure rate, for example, Secondary III, the failure rate was high already. You're here today to spread a message of hope, but, in reality, do you have a certain feeling of relief that it's less a catastrophy than you think it was?

M. Roberge : Well, I just want to speak the truth, I think that those rates… Maybe you can look at the failure rate or the success rate. I prefer to look at the success rate, but both are speaking the truth. I think it's important to face the truth, to see… It is what it is. It's almost the same as last year, but there's an increase of the failure rate in «mathematiques», Secondary III. It's true. That's why we will continue… put some money, and give some help, and hire support staff, and go with our tutoring programs, because we won't let students down. We will give them all they need to… success.

Mme Senay (Cathy) : When we look at the failure rate for Secondary III and Secondary IV in mathematics, probably, we are talking about students that do have one day online and one day at school. It's a lot of work, it's very tiring. What will you do to make sure they learn properly? If we talk about mathematics, we talk a lot about problem resolution. You need to have a conversation with the student, you need to have an exchange, you need to sit down, and write something, and show that person, and go back and forth. So how can you change this and improve this, that learning process? Online is not sufficient.

M. Roberge : Of course, we would prefer to have all the students in class. We have this way to teach and to learn, one day at school, one day at home, because of the pandemic. We are not saying that this is the best way. We are really, really hoping we will bring back all the kids and all the teenagers in school as soon as possible. I'm asking at la Santé publique each week: When, when we will be able to bring all students in school? But it's not now because we have too much cases of COVID right here right now.

So, we do our best. We are helping kids, we are helping the teachers. We are putting in place a new program, a tutoring program. And we know that we will have to give something this summer to help the students to catch up — not to ketchup — to catch up. And we know that we will have to continue for the next year to help the kids to catch up and to succeed.

Le Modérateur : Raquel Fletcher, Global.

Mme Fletcher (Raquel) : Good afternoon. The discrepancy between the two numbers, what the FQDE is saying versus the numbers that you're releasing today, when we're looking at secondary maths, they were projecting a 25% failure rate. You're saying: No, it's only 21%. So therefore, we're not doing as bad. But the discrepancy isn't that great. I mean, we can't say: Oh! it's not that bad. The numbers aren't that far off. Do you follow me? If you look at secondary maths, 25% versus the 20.7% that you have, so, rounded up to 21%, it's one in five students or one in four students. But it's not that much different or do you see that differently? Is that a huge difference in your mind?

M. Roberge : Well, I think that each student who's facing a failure or who has learning difficulties, each kid must be a top priority for me, for the teachers, for the principals, for the parents. And I don't want to minimize the situation. It's really important. And we have to face this problem. We want a 100% rate of success, of course. I'm only saying that there's not a lot of difference between last year and this year. It's all that those numbers are saying. But what's important is to help them to success. It's not to just look at those graphics and those numbers and say : Oh! there's no problem. We have some problems, of course, because of the pandemic and because of the past year. We already had some difficulties with our success rate before the pandemic. So it's really important to increase what we're doing to help our students to succeed.

Mme Fletcher (Raquel) : But, when you say that there isn't that much difference between last year and this year, the numbers that I'm looking at, for instance, in Secondary III, the failure rate went up 3%, in Secondary IV, it's over 4%. So, I mean, to me, when I look at that, that's a significant number. And you're saying that it's not really that much. I mean, 3% and 4% is, to me, significant. So what are you using to justify that that percentage is not that much?

M. Roberge : I don't want to minimize this situation. It's really important to say that…

Mme Fletcher (Raquel) : There isn't that much of a difference.

M. Roberge : I think this is not that much of a difference. But I think that what's important, it's not the difference. What's important is to help every student to succeed, to have some success. It's really important. This is my top priority. It's not just looking at the numbers and say : Oh! 3%, or 4%, or 5%... What's important for me is to really give to the students all they need. And, when we look at those numbers, those graphics, somewhere, we say : OK, this is a big difference, this is not a big difference. But the priority is to help our students to increase those rates.

Mme Fletcher (Raquel) : A quick precision for English viewers. In the first column, it says «français», but, in the second column, it says «écriture». Does «écriture» also include English?

M. Roberge : Yes. Maybe we should have simply wrote «language».

Mme Fletcher (Raquel) : Can you… that for our English…

M. Roberge : You know, when we were in the French-speaking schools, it was «écriture», «writing» in French, but, with the English-speaking network, it was «writing» in English. It was first language knowledge. Excuse me, I'm not saying it well, but I think you understand what I'm saying.

Mme Fletcher (Raquel) : OK. Thank you.

Le Modérateur : Deux dernières questions maintenant de notre collègue Kelly Greig, de CTV. Some groups are asking for it to be easier for graduating high school students to get into CEGEPs this semester because of the pandemic. Is that something you're considering?

M. Roberge : Well, we've decided to change the waiting of the report cards. So we decided to set the first report card at 35% and the second report card for 65%. But, in Québec, at the end of the day, at the end of the year, you need to have 60% to move on.

Le Modérateur : And, finally, English school boards often point to data showing they have a higher success rate. Is that still the case?n And, if so, why are more English students graduating than French?

M. Roberge : I don't have a specification with those numbers that I'm bringing today. I don't have specific numbers for francophones and anglophones. This is a global overview.

Le Modérateur : Merci. C'est ce qui met fin à... Oh! attendez, bon, une petite faveur pour Mme Gamache, de Radio-Canada.

Mme Gamache (Valérie) : ...mais le collège Stanislas, à Montréal, vous avez vu une quarantaine de cas, au moins un cas du variant britannique, d'autres qui sont suspectés également, à cette école-là. Est-ce que ça vous préoccupe? Et est-ce qu'il y a un plan de match particulier pour ce qui est des variants dans le réseau scolaire ou bien comme les autres cas?

M. Roberge : Bien, vous avez raison de dire que c'est préoccupant. Depuis plusieurs semaines, si ce n'est pas plusieurs mois, qu'on surveille l'arrivée de variants au Québec...

Mme Gamache (Valérie) : ...

M. Roberge : Oui, je le sais. Et là je vois qu'il y en a qui sont là. On travaille avec la Santé pour avoir plus de séquençage pour être plus habiles pour détecter quand il y a des cas positifs, savoir c'est en fonction de quel variant. Et les discussions qu'on a eues avec la Santé publique nationale, pour relayer avec les santés publiques régionales, c'est d'être encore plus rapide pour fermer des classes quand c'est nécessaire, pour vraiment ne pas attendre que les éclosions soient importantes.

Donc, quand on voit qu'il y a une éclosion, quand on suspecte un danger, on peut fermer la classe encore plus rapidement que ce qu'on faisait l'automne dernier pour éviter, là, qu'un petit feu de broussailles devienne un feu de forêt, là. Donc, on va être très, très, très prudents.

Le modèle avec les mesures sanitaires, avec la fréquentation en alternance, avec les groupes classes, c'est un modèle qui a fait ses preuves, qui a très bien fonctionné l'automne dernier. Il nous a permis de garder autour de 97 %, 98 % de nos classes ouvertes tout l'automne. Je pense, c'est le bon modèle. On arrive cet hiver avec un peu plus de mesures, des mesures supplémentaires, avec les masques de procédure, avec la consigne aux parents de faire tester sans attendre le 24 heures. À l'automne, on demandait d'attendre un 24 heures.

Puis les santés publiques sont en train de s'ajuster aussi pour être encore plus rapides que ce qu'on avait à l'automne pour fermer des classes quand on suspecte même des éclosions, parce que, des fois, fermer une classe, ça permet de garder tout le reste de l'école ouverte. Et je pense que ça, ça va être une des clés qui va nous permettre de passer à travers. Merci.

Le Modérateur : Donc, c'est ce qui met fin pour de bon à cette conférence de presse. Merci beaucoup, M. le ministre.

M. Roberge : Merci à vous. Au revoir. Bonne journée.

Le Modérateur : Bonne journée.

(Fin à 15 h 47)

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