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Point de presse de M. Pascal Bérubé, chef du troisième groupe d’opposition

Version finale

Le mercredi 10 février 2021, 8 h 40

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Neuf heures trois minutes)

La Modératrice : Bonjour. On va commencer ce point de presse du Parti québécois. Donc, on aura le chef parlementaire, M. Pascal Bérubé, qui sera suivi du chef du Parti québécois, M. Paul St-Pierre Plamondon.

M. Bérubé : Et maintenant, le meilleur pour la fin. Alors, on est heureux d'être avec vous, ce n'était pas prématuré. Vous dire qu'hier il s'est passé quand même quelque chose d'important. Le gouvernement du Québec, la CAQ, a refusé notre motion qui, pourtant, demandait quelque chose d'essentiellement important pour Montréal et pour le Québec, assurer que le développement des places dans les cégeps soit dans le réseau francophone. Mais le gouvernement du Québec tient tellement au projet de Dawson, comme les libéraux, que c'en est suspect. Alors, ça décrédibilise tout ce qui suivra pour la langue avec la CAQ. Simon Jolin-Barrette, qui s'est levé, en plus, pour refuser le consentement, c'est franchement désolant. Donc, ça s'est passé hier, et c'est vraiment digne de mention.

On aura deux motions importantes, aujourd'hui, on va vous en parler. Une sur l'éducation, sur un engagement électoral de la CAQ, et l'autre sur ce qu'on appelle la motion du mercredi. Donc, il y aura un vote, cet après-midi, très important pour le régime politique dans lequel on est. Et, sans plus tarder, je laisse la parole à mon chef, Paul St-Pierre Plamondon.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Merci, Pascal. Bonjour, tout le monde. Aujourd'hui, on dépose une motion très importante, une motion du mercredi, donc, qui obligera un débat sur la question de l'abolition de la monarchie au Québec. Comme la Barbade l'a fait, récemment, et comme plusieurs autres pays à travers le monde l'ont fait, on veut essentiellement un retour à la normalité, se débarrasser d'une institution d'origine coloniale qui nous coûte une fortune et qui nous rappelle sur une base régulière qu'au Québec on n'est pas dans une démocratie libre, on est toujours dans un régime constitutionnel qui est directement issu du pouvoir colonial britannique et, par la bande, canadien.

Ce qu'on demande, dans un premier temps, c'est que l'argent payé par les Québécois pour ces gouverneurs généraux... lieutenant-gouverneur général puis toutes les bébelles monarchiques, là, que cet argent-là nous soit remboursé par le fédéral. Et on s'engage, à ce moment-là, à l'investir en éducation.

Dans un deuxième temps, en ce qui a trait aux institutions monarchiques au Québec, on demande tout simplement l'abolition de la monarchie au Québec, ce qui implique la disparition du rôle de lieutenant-gouverneur général.

Là-dessus, je vous rappelle que, dans le programme de la CAQ, il y a l'engagement d'abolir les postes monarchiques. C'est en bonne et due forme dans leur programme. Donc, j'ai été très surpris d'entendre la CAQ dire, la semaine dernière, que ce n'était pas une priorité en temps de pandémie. Et c'est souvent le discours qu'on nous sert quand on nous dit... Quand on veut parler du régime dans lequel on vit, quand on veut parler de démocratie, quand on veut parler d'avenir, c'est toujours le même discours de la part des partis fédéralistes, que ce soit le Parti libéral ou la CAQ, ce n'est jamais le bon moment de parler du régime politique.

Et moi, je vous dis : C'est parfaitement le moment le mieux choisi, premièrement, parce que les gens sont scandalisés par ce qu'on a appris sur Julie Payette, ça nous ramène à notre mémoire aussi le cas de Mme Thibault; deuxièmement, parce que plusieurs pays dans le monde l'ont fait : récemment, je vous ai dit la Barbade, mais c'est le cas dans le Commonwealth de l'Afrique du Sud, le Bangladesh, l'Inde, Singapour. Mais c'est le cas également parce qu'on a un sondage éclatant qui dit que le trois quarts des Québécois veulent l'abolition de ces institutions-là, seulement 6 % des Québécois se disent attachés à la monarchie. Donc, j'espère que ce 6 % là, ce n'est pas le Parti libéral du Québec et la CAQ, et c'est ce qu'on va pouvoir vérifier aujourd'hui.

Donc, une motion qui transcende notre histoire, une motion qui nous donne un avenir différent, une motion qui nous empêche, qui nous relèvera à l'avenir de dilapider des fonds publics et un réinvestissement en éducation, je vois difficilement comment on peut être contre ça. Il y aura débat aujourd'hui puis un vote, et ce vote-là mènera à un projet de loi lorsqu'il y aura unanimité de l'Assemblée nationale.

Je vous rappelle, en dernier point, à l'Assemblée nationale, notre rôle, là, c'est de faire entendre la voix des Québécois. Si on n'est pas capables, comme élus, comme institution, de faire entendre la voix des Québécois au cas où ça chatouillerait la Loi constitutionnelle d'un siècle dernier puis le régime britannique, on a un problème de démocratie puis de mentalité démocratique très sérieux au sein de nos formations politiques. Donc, ce qu'on dit ce matin, c'est que, si c'est ça, l'opinion des Québécois, si les Québécois veulent ça, bien, c'est à nous de le dire clairement, de s'exprimer au nom des Québécois dans le cadre d'une motion qui, je l'espère, sera unanime. Là-dessus, je prends vos questions.

M. Laforest (Alain) : Juste pour M. Bérubé, concernant la semaine de relâche, compte tenu que vous êtes un député de l'entrée de la Gaspésie, est-ce que vous... On a l'impression que le premier ministre risque de ramener les barrages, là. Mais est-ce que les gens chez vous, de ce que vous entendez, sont prêts à recevoir des gens de Montréal, des gens de Québec puis des gens de Toronto pendant la relâche?

M. Bérubé : Bon, d'abord, le premier ministre s'est inscrit en faux avec la volonté du Bas-Saint-Laurent d'avoir des contrôles routiers. Hier, je ne l'ai pas entendu dire clairement qu'il allait les ramener. Comme d'habitude, il teste ça avec vous ou il teste ça avec l'opinion publique puis après il s'ajuste, là. Si c'est le cas, au Bas-Saint-Laurent, bien, on a perdu plusieurs semaines, là. Moi, je vous confirme que présentement, sur le territoire de ma circonscription, il y a de nombreux touristes hivernaux qui proviennent d'un peu partout au Québec, preuves à l'appui. Alors, ça, ça existe présentement. À partir du moment où le premier ministre a dit : Ce n'est pas interdit, mais ce n'est pas recommandé, je veux dire, les gens font avec. Alors, si c'est le cas, on l'a demandé, mais encore, comme dans bien d'autres demandes, on a perdu un temps très précieux. Et le premier ministre s'accroche à un symbole, il nous a dit que l'essentiel des problèmes qu'on a eu l'an dernier, c'est la semaine de relâche. Alors, là, il ne peut pas se dédire, il met tout sur la semaine relâche.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce qu'on devrait... parce que vous dites qu'il y a des touristes hivernaux, là, chez vous, dans votre circonscription. Est-ce qu'on devrait interdire la location de chalets, par exemple, touristiques, là, dans les régions oranges par des gens qui viennent de régions...

M. Bérubé : C'est clair, c'est clair et remplacez ça par un soutien adéquat à l'industrie touristique. Écoutez, Radio-Canada a fait un reportage chez nous la semaine dernière, c'est plein partout. Je veux dire, partout autour de la péninsule, les réservations, chalets, différentes offres touristiques, c'est plein. Si on avait un soutien touristique adéquat, on pourrait compenser, mais je vous le dis là...

M. Laforest (Alain) : Mais clairement, qu'est-ce que vous demandez, là, au niveau des chalets?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : On a demandé, il y a deux semaines déjà, d'interdire la location de chalets pour les gens situés en zones rouges. Dans les zones orange, on ne veut pas de migration vers des chalets en zone orange. Ça, on l'a demandé il y a deux semaines. Pour les barrages, on a dit clairement que, dans certaines régions, ça pouvait être très efficace et qu'on s'attendait à un plan par région, pour protéger chacune des régions, et non pas du mur à mur et encore moins un signal, comme l'avait fait le premier ministre en point de presse, en disant : Bien, on ne vous le recommande pas, mais, si vous le faites, il n'y aura pas de conséquence.   

Exceptionnellement, j'ai fait une erreur ce matin, là, je me rends compte que le deuxième point, qui est un suivi sur les engagements du programme électoral de la CAQ, que je veux absolument faire parce qu'on a une deuxième motion importante, c'est celui sur l'éducation, et je veux que Pascal le fasse absolument parce que c'est un autre point où est-ce qu'on demande...

M. Laforest (Alain) : Juste finir ça, puis, après ça, vous reviendrez.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : O.K., mais comment voulez-vous le gérer...

M. Lacroix (Louis) : On va finir de répondre aux questions qu'on vous pose, puis après ça vous ferez vos corrections.

M. Laforest (Alain) : C'est ça. C'est parce qu'on peut-u juste finir ça. L'Ontario, pour vous, est-ce qu'on doit empêcher les gens de venir de l'Ontario pendant la relâche, là?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je pense que c'est à la Santé publique. Tu sais, je veux dire, c'est difficile d'empêcher partout... de gérer la frontière entre l'Ontario et le Québec. Mais je vous donne un exemple...

Une voix : ...

M. St-Pierre Plamondon (Paul): Attendez, attendez, je vous donne un exemple très concret, par contre. Avec le Nouveau-Brunswick, on a une situation entre Edmundston, si je me souviens bien, puis le Québec.

Une voix : Le Témiscouata.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Le Témiscouata. Là, clairement, il y a un foyer d'infection de l'autre côté de la frontière. Ça, c'est une frontière qu'on doit gérer absolument.

Est-ce qu'on peut gérer l'ensemble de la frontière de l'Ontario? Je pense que c'est une détermination, là, qui relève de la Sécurité publique, en termes de capacité, parce que la frontière, elle est très large, là. Combien d'unités, là, là... C'est une expertise qui vient de la Sécurité publique. Mais il y a certaines frontières que, oui, il faut absolument gérer tout de suite, comme celle avec le Nouveau-Brunswick, ça, ça me semble une évidence.

Donc, je reviens à mon point. C'est du cas par cas en fonction de protéger chacune des régions. Voilà.

M. Lacroix (Louis): Mais le Nouveau-Brunswick va plus loin que ça. Le Nouveau-Brunswick donne des contraventions aux gens qui vont, par exemple, débarquer dans des commerces ou qui vont s'arrêter dans...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Il n'y a rien qui nous empêche de faire ça.

M. Lacroix (Louis) : Alors, est-ce que le Québec devrait imiter ça, dire : Bien, écoutez, ce qui est bon pour pitou, ça peut être bon pour minou?

M. Bérubé : Bien, si vous le permettez, je répondrais à ça puis j'amènerais la motion en même temps. D'accord? Ça vous va? La MRC du Témiscouata, dans le comté du député Denis Tardif, demande formellement depuis des semaines, via la préfète, que ça soit fermé. Donc, le Nouveau-Brunswick peut venir au Québec, mais l'inverse n'est pas possible. Donc, ça, c'est un premier élément. Donc, pourquoi le Québec n'applique pas la réciprocité? Donc, on a des gens du Nouveau-Brunswick qui viennent dans le Témiscouata, mais pas l'inverse. Alors, ça, pour le Bas-Saint-Laurent, les contrôles routiers, c'est très populaire. Pour d'autres régions, ils jugeront selon leur...

M. Lacroix (Louis) : Mais je vous pose la question précise. Voici ma question, là : Est-ce que le Québec devrait interdire aux gens des autres provinces de venir sur son territoire comme le fait le Nouveau-Brunswick, que ce soit l'Ontario, que ce soit du Nouveau-Brunswick — c'est cette question-là précise — à tous les gens qui viennent d'autres provinces?

M. Bérubé : O.K. Il y a deux cas de variants en Abitibi. Il est possible de croire que ça provienne de l'Ontario, compte tenu de la proximité. Alors, si la Santé publique pouvait nous en dire plus sur l'investigation qu'ils ont faite dans ces deux cas, c'est clair que l'Ontario pourrait être visée. Écoutez, l'ami du premier ministre, Doug Ford, a dit que les Québécois n'étaient pas bienvenus en Ontario. Mais nous, on n'est pas capables de dire ça. Alors, à évaluer.

M. Lacroix (Louis) : M. Bérubé, donc il faudrait fermer ça?

M. Bérubé : On n'a pas les données.

M. Lacroix (Louis) : Il faudrait au moins étudier la possibilité de savoir si on ne peut pas interdire aux gens?

M. Bérubé : Oui, absolument. Puis je vous rappelle, Doug Ford a dit nommément que les Québécois ne sont pas bienvenus en Ontario. Avec un ami comme ça... On peut comprendre qu'il prend les responsabilités pour sa province, mais nous, est-ce qu'on en prend? Encore une fois, on est en retard. Ça dort au gaz.

Je veux juste placer la motion. Je suis désolé, on avait oublié de le dire. La motion d'aujourd'hui, qui est un engagement électoral de la CAQ important... Vous savez que le premier ministre a pris du temps d'antenne très précieux de la pandémie pour vous parler de ses engagements électoraux. Vous vous souvenez de ça. Mais il y en a un qu'il a oublié. Alors, je vous le rappelle puis c'est notre motion de ce matin. Nous, on demande au gouvernement de respecter son engagement d'abolir les six premiers échelons de l'échelle salariale des enseignants d'ici les prochaines élections générales. Ça, c'était un engagement pris en 2018 devant vous, 40 millions de dollars, mais il n'en parle plus. Alors, les nouveaux profs, six échelons à abolir, ça, c'est un engagement électoral. Alors, il aura l'occasion d'appuyer notre motion aujourd'hui ou pas.

Alors, dure semaine pour la CAQ parce qu'on lui rappelle ses engagements et ses responsabilités puis, manifestement, c'est utile, mais ce n'est pas retenu par la CAQ. Votre question, si c'est pour moi.

M. Larin (Vincent) : ...oui, c'est pour vous.

M. Bérubé : O.K.

M. Larin (Vincent) : Vous vous inquiétez des réservations dans votre circonscription, du fait qu'il y a des gens de zones rouges qui viennent. Vous  demandez des barrages policiers, vous demandez aux gens de ne pas venir dans votre circonscription, dans le fond, là, de zones rouges?

M. Bérubé : Je demande au gouvernement du Québec de prendre position là-dessus. Alors...

M. Larin (Vincent) : Oui, mais est-ce que vous demandez aux gens de votre circonscription aussi de ne pas sortir? Est-ce que vous les invitez à ne pas se rendre en zones rouges?

M. Bérubé : Ce que je dis, c'est : Prenez position, gouvernement du Québec. Si c'est interdit, c'est clair pour tout le monde, c'est comme un couvre-feu. Si ça ne l'est pas, c'est légal. Alors, on ne peut pas aller plus loin que ça. Je dis à la population de ma région : Le gouvernement du Québec le permet. Moi, je fais pression pour qu'il prenne une position claire, mais il refuse d'en prendre une. Parce que c'est toujours ça, avec la CAQ : ne pas déplaire trop au monde. Ça fait que, là, ils sont entre deux chaises. Et soit qu'ils l'interdisent soit qu'ils le permettent, mais on ne peut pas... Ça ne peut pas être à moi à interpréter ça. Moi, je livre la situation. Dans l'hébergement touristique, c'est plein, dans ma région. Ça, c'est la vérité.

Mme Gamache (Valérie) : Concernant les fusillades à Montréal, peut-être, M. Plamondon, on a l'impression que... Là, la mairesse de Montréal va annoncer, d'ici deux semaines, une escouade sur les armes. Est-ce que tout ça arrive trop tard? Parce qu'on savait quand même qu'il y avait une hausse. Qu'est-ce qui doit être fait exactement de la part du gouvernement, à ce moment-ci, pour ne pas devenir, finalement, un nouveau Toronto?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, c'est ça, est-ce que ça relève seulement de la ville de Montréal? Je pense qu'il y a certains phénomènes qu'on sait depuis un certain moment, notamment que, sur les médias sociaux il y a une glorification des armes à feu, une américanisation de notre mentalité par rapport aux armes à feu.

Deuxième chose qu'on sait, c'est qu'il se vend beaucoup de pièces détachées en ligne, là, on peut acheter des pièces détachées d'armes, et qu'il est possible de reconstituer des armes très dangereuses de par ce procédé-là. Et ce qu'on constate, c'est qu'au niveau de la Sécurité publique, bien, il n'y a pas vraiment de stratégie pour contrer ce phénomène-là, donc on a une augmentation des armes à feu et des crimes reliés aux armes à feu.

Donc, moi, je pense que ça doit venir de la Sécurité publique, au Québec, d'abord et avant tout, une stratégie pour démanteler les réseaux qui font en sorte qu'on a une prolifération des armes à feu.

Mais je vous rappelle ce que je vous ai dit hier, également, notre fierté, au Québec, c'est qu'on a toujours eu un taux de criminalité plus bas, notamment parce qu'on a un système plus équitable, plus juste au niveau de la redistribution des ressources, donc plus de paix sociale. Il faut réfléchir à ça, également. Quels choix est-ce qu'on a faits, durant les 20 dernières années, quelles conséquences... lorsqu'on constate l'appauvrissement de certains groupes dans notre société, l'accroissement des inégalités sociales, des programmes sociaux qui ont été affaiblis, abolis, il y a des conséquences à ça, également, et généralement il y a un lien avec la criminalité. Donc, je pense, aussi, un retour à une saine démocratie ne pourrait pas nuire. C'est comme ça qu'on s'est toujours définis, au Québec, par rapport aux États-Unis, où les injustices sont plus grandes, la violence aussi est plus grande.

La Modératrice : On va passer aux questions en anglais.

Mme Senay (Cathy) : That's exactly this topic I would like to cover with you, it's regarding what happened in Saint-Léonard, the fact that we are putting now, in the next two weeks, a squad for firearms to the SPVM. And, you said it, illegal arms, weapons are very popular among young people right now, and it's quite easy to get it, and it does… there are lots of publicity on social networks, it creates a buzz for young people to have this type of firearms, illegal firearms. What should be done to stop it, so violence is going down?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : We should dismantle the networks that enable Quebeckers to buy parts of weapon and to make a weapon on their own thanks to many parts that are ordered through the Internet. We should also have a strategy on social media.

If we see that there is a glorification of weapons, as we see it in the United States for the past decades, if we see that in Québec, we need to react. We cannot allow for a form of NRA to take place in Québec. We cannot allow for a glorification of killing other people with weapons as we see it.

So, I've spoken often of the fact that I'm worried about the Americanization of our mentality in Québec. It goes through culture, Netflix and the globalization of culture, of language. And that's, for me, another threat. I don't think we have any interest in going the American way on weapons.

We need to react right now by having programs that prevent a discourse that glorifies weapons on the Web. And we need a strategy from the police whereby we tackle networks that allow people to get parts of guns and… assemble?...

Une voix :

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : …put them together on their own.

Mme Fletcher (Raquel) : I wanted to ask you a question about the upcoming March break. And you guys have been calling for roadblocks. Do you feel like the Government is under a lot of pressure that they might change their minds now?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Well, it's interesting you ask the question, because we're going to see if the science is constant or if the science changes from a week to another. Because, remember, for roadblocks, the answer was very clear from Minister Guilbault, it was: Public Health doesn't want it. So it's going to get interesting because I think it makes sense, at least for certain regions, to have roadblocks. And if the Government goes in that direction, it's going to trigger an interesting question: What coherence do we have? Whether it's for N95 masks, or whether it's for «tests rapides», quick tests that we're not using in Québec, where we see it everywhere in the world, it's going to trigger the question, like: How does Public Health work in Québec? How do we explain that it's not constant and what it has to say to Quebeckers?

Mme Fletcher (Raquel) : Speaking of coherence, yesterday, in the press conference, Legault talked about bringing in measures for March break. He seems worried about that. But a journalist asked a question about going to orange, because Québec city public health director is saying: We could go to orange, the numbers are decreasing. It's not sure yet, but there's a possibility. And Legault said: Well, yes, maybe we could go to orange, but we'll still bring in measures for the spring break. Does that make sense to you, that line? I know…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : The reason why I think the question is relevant and it doesn't make sense is that… Yet, I cannot tell you how colors work in that new chart. If it is science, if indeed it is science, we would have a chart saying: That's red, that's orange, that's yellow, that's green, and that's how we're going to work the criteria to make a decision about a region.

To my knowledge, we are yet to have any explanation about how that chart works. We did ask the question, and the answer was: That's none of your business, we're not going to tell you how the regions are being evaluated and how that color system works. None of your business. That was the answer of the Government. So, what science is that? Like… how… Your question is legitimate, but how can I answer if I was never, like the public in Québec… we were never given any explanation as to how this thing works? I don't know how it works.

Mme Johnson (Maya) : Good morning. Do you think… Well, I guess I can imagine the answer, but I'm wondering if you feel there's a certain level of improvisation. We had the Premier saying yesterday: We're telling you right now we are not ruling out the possibility of measures. But we don't know exactly… well, we, the public, we don't know exactly what they're going to be yet. And so far it's been: Don't travel between the regions, but it's just a recommendation, it's not a fixed rule. What do you make of all that?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : This Government is never ahead of any issue. It's always backpedaling, managing a few months after the issue was raised. It's always in a reaction mode, when it's too late.

You have an example, this morning. Marguerite Blais says: We really need to do something about «maltraitance», about elderly people being mistreated. It's been four or five years that we say the law needs to be reviewed so that we have accountability, and the first thing we should aim at is accountability by the Minister. «Ministre» Blais has been there forever. We've been asking, pushing for reforming that law, it was never done, and this morning or yesterday, she says: Oh! I think we should really do something about that.

 Same thing for the variant, the Government of Québec is considering a plan to tackle variants. That topic has been in the headlines everywhere for two months. How on Earth are we considering just now a plan? And it's been like this in education, in the management of CHSLDs, the health system. So, indeed, improvisation is the smallest word, the least of the words we could use to describe that Government. But they're very much ahead in terms of communications, in terms of looking good, in terms of having the right message to tell everyone that they're doing an awesome job. That, they're a lot ahead. Like, that, they have prepared.

Mme Johnson (Maya) : And what do you mean by that? Can you give an example? Are you talking about their add campaigns? … their press conferences. What do you mean?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : On top of my head like this: François Legault doing snowboard in his backyard, by the way, with his children in the backyard, which is a violation of Public Health rules because they're not living in the same household. François Legault didn't come up with that on the corner of his breakfast table saying: Oh! This morning, I feel like doing… No. This is planned. You have several contracts that are given to publicists who are imagining ways of bringing the message of the Government. That is very well prepared. We see it. We see that there's been thought… thinking given before any communication.

What other example I can give you? Yesterday, there was an… We should consider renaming the Bourget riding. I'm thinking about that because I love the French language. It's really a communications Government. It's more a communications and public relations firm than it is a Government in terms of making decisions. The emphasis, for a year now, has been on communicating so that it looks good.

But you're correct to ask the question: Are we improvising? And the answer is: We're improvising everywhere. And it translates into figures that are very, very much alarming. And the least we could have by that Government is an acknowledgement that it's not acceptable to have those numbers and that, therefore, like Ontario, we should have an independent inquiry that tells us the truth, not something that has been prepared by a public relations expert.

La Modératrice : Merci beaucoup. Bonne journée.

(Fin à 9 h 26)

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