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Point de presse de Mme Méganne Perry Mélançon, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’économie et de relance

Version finale

Le jeudi 4 février 2021, 8 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures deux minutes)

La Modératrice : Bonjour à tous. Bienvenue à ce point de presse du Parti québécois. S'adresseront à vous Mme Méganne Perry Mélançon, porte-parole en matière de sports et saines habitudes de vie, et M. Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois.

Mme Perry Mélançon, la parole est à vous.

Mme Perry Mélançon : Merci, Anne-Sophie. Bonjour. Deux sujets dont je veux vous parler ce matin.

D'abord, les décisions du gouvernement, bon, pour ce qui touche le déconfinement des sports, c'est très, très graduel, hein, ce qu'on nous a annoncé, là. C'est très, très minime pour les zones dites orange maintenant, encore un confinement complet pour les zones rouges. On entendait encore ce matin les fédérations qui crient... bien, qui disent : On est prêts, on a toutes les mesures sanitaires déjà bien instaurées, on est prêts à reprendre une certaine forme d'entraînement.

Je ne pense pas que les demandes sont déraisonnables. On ne demande pas des matchs, des tournois, c'est vraiment de pouvoir reprendre une activité physique saine pour nos jeunes. Je ne sais plus comment le répéter à la ministre Isabelle Charest, mais je pense qu'il faut qu'on nous donne un peu de prévisibilité, là. Les jeunes ont besoin de s'accrocher à un espoir, savoir quand est-ce qu'ils vont pouvoir rattacher leurs patins ou, bon, faire toutes sortes d'activités. Même le badminton, présentement, n'est pas permis en zone rouge.

Alors là, on a besoin d'explications claires, de savoir quelle est la date prévue. Quels sont les avis de la Santé publique? On va le demander encore, c'est bien certain. Eh bien, je pense que, là, les jeunes ont assez attendu et les fédérations ont assez prouvé que leurs protocoles étaient prêts pour s'assurer de toutes les mesures de distanciation, etc. Alors, pour nous, c'est fondamental que nos jeunes puissent reprendre leur sport rapidement, et on a besoin d'une date ce matin.

Alors, deuxième point, bien, c'est évidemment le programme d'aide qui a été bonifié par le ministre de l'Économie. C'est bien beau, la bonification, mais ce qu'on entend encore sur le terrain depuis tous ces mois-là, c'est que les restaurateurs n'ont pas accès aux sommes qui se trouvent dans l'enveloppe. Et, pour toutes sortes de raisons encore, on entendait que des gens qui étaient en situation financière acceptable ont des refus présentement parce que leur situation est précaire en raison de la COVID. Il y a toutes sortes de critères beaucoup trop contraignants qui sont demandés aux entreprises pour pouvoir avoir accès aux programmes tels que l'AERAM.

Alors, il va falloir que le ministre finisse par comprendre que c'est les critères dont il s'agit, l'assouplissement des critères, qu'on enlève les cautions personnelles. Ça, c'est fondamental. Il va falloir qu'on traite les demandes en dedans de sept jours, parce que, présentement, les délais sont excessivement longs pour recevoir des prêts, des prêts, là, je le rappelle. On surendette nos entreprises. C'est ce qu'on disait hier au ministre.

Alors, bien, on s'attend à beaucoup plus pour que nos entreprises puissent remonter la pente. Le ministre, là, est conscient, en donnant encore des prêts et en bonifiant son programme, que les entreprises vont encore avoir des difficultés financières pour plusieurs mois. Alors, on s'attend à beaucoup plus du ministre de l'Économie et, bien, on redemande… On retend la main encore ce matin pour enlever tous les critères contraignants dans ces programmes d'aide.

Merci. Je cède la parole à mon chef, Paul St-Pierre Plamondon.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Merci beaucoup, Méganne. Bonjour, tout le monde.

J'aimerais revenir sur notre demande au Parti québécois de réouvrir les gyms partout au Québec. Et j'aimerais, ce matin, attirer votre attention sur deux documents qui me semblent importants. Hier, je vous parlais de la chronique de Marie-Claude Lortie, qui nous amène à une étude de Stanford, qui dit : Probablement que les mesures les plus contraignantes ne sont pas les plus efficaces.

Là, je veux porter à votre attention… Des fois, on l'oublie, là, mais, le 5 novembre dernier, Radio-Canada publiait un article qui nous indiquait que la Santé publique de Montréal demandait la réouverture des gyms, basé sur la science. Et ce qu'on pouvait lire dans ce rapport-là, là, les extraits qui ont coulé dans cet article-là, c'est que la directrice de la santé publique de Montréal jugeait que les effets négatifs majeurs sur la santé physique et mentale devaient être considérés par rapport au confinement et que, dans ce contexte-là, on pouvait rouvrir les salles d'entraînement sportif. La présence d'un entraîneur qui porte un masque serait permise, mais pas les activités en groupe. La directrice souligne l'importance de permettre la pratique d'activité physique pour limiter les effets de l'isolement.

Ça, c'est de la science. Et je vous dirais que c'est la seule science disponible au Québec en ce moment, parce qu'à ma connaissance jamais la Santé publique nationale n'a émis, rendu public un quelconque avis de Santé publique contraire à cet avis public là qui a coulé le 5 novembre dernier, à un moment, je vous le rappelle, où il y avait beaucoup plus de cas par jour, en termes de contagion, que ce qu'on a présentement.

Avant de faire notre sortie hier, nous avons fait une revue de la littérature scientifique à l'international également. J'aimerais attirer votre attention sur un deuxième document, une étude de la Santé publique norvégienne, datée de l'été dernier, en collaboration avec l'Université d'Oslo, qui s'intitule, c'est en anglais, là, Randomized Re-Opening of Training Facilities during COVID-19 pandemic. Et, en gros, l'étude porte sur… «We investigated COVID transmission attributable to training facilities.» Et la conclusion, c'est: «Provided good hygiene and social distancing measures, there was no increased COVID spread at training facilities.» Donc, traduit, là, spontanément, ça veut dire : Suite à notre étude, il n'y a pas de transmission supplémentaire attribuable aux salles de gym… suivant l'étude conduite par la Santé publique norvégienne et l'Université d'Oslo.

Ça, c'est la science dont on dispose. Si on était dans un État qui partage librement les études de santé publique de manière distincte du politique, peut-être qu'on aurait d'autres avis. Mais, au Parti québécois, on porte la voix de plusieurs personnes qui ont besoin de bouger. On fait une revue de la littérature scientifique, et il y en a, de la science au soutien de ce qu'on demande. Et on aimerait également souligner qu'il y a une utilisation de l'argument de la Santé publique par le gouvernement qui nous semble dangereuse.

Hier, en point de presse, j'ai été étonné de voir Mme Guilbault dire essentiellement : Si on ne peut pas avoir de barrages, c'est en raison de la Santé publique. Ça me semblait beaucoup plus être une question de sécurité publique. Souvenez-vous également du travail de mon collègue Pascal Bérubé, lorsqu'on a découvert que les restaurants, qui, d'ailleurs, avaient été suggérés… La Santé publique de Montréal avait suggéré la réouverture des restaurants sur les terrasses, au moins. On a appris par la suite que ce n'était pas une décision de la Santé publique, mais c'est une décision politique.

Donc, ce que je vous dis ce matin, c'est : Il faut qu'il y ait une place pour l'opposition de proposer… une place pour l'opposition de mettre en lumière la science disponible, de la même manière qu'on met en lumière le fait que les tests rapides sont utilisés partout dans le monde, fondée sur la science, bizarrement, la science, au Québec, n'est pas la même, de la même manière qu'on souligne l'inertie aux aéroports, basé sur ce qu'on a pu lire de scientifique. Donc, c'est important que l'opposition ait cet espace-là pour faire valoir l'état des lieux au niveau scientifique et proposer des choses qui, à nos yeux, amélioreraient la santé des Québécois sur le plan mental et physique.

Et là-dessus je prends vos questions.

M. Laforest (Alain) : …que vous ramenez un peu pour justifier le fait que vous vous appuyez sur la science pour demander la réouverture des gyms. Mais, si je vois l'article que vous nous présentez ce matin, ce sont des déclarations qui datent de novembre. Vous vous basez sur une étude de la Norvège. Mais la Santé publique n'est pas revenue depuis novembre là-dessus, sauf qu'elle vient de donner l'autorisation d'ouvrir les gyms en zone orange. Qu'est-ce qui vous dérange là-dedans? C'est parce qu'on n'ouvre pas en zone rouge? Si on considère, en zone rouge, qu'on n'ouvre pas, c'est probablement que la Santé publique, après trois mois, juge que c'est dangereux. Moi, je ne suis pas un scientifique, mais c'est l'impression que j'ai. Non?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui, ce que la Dre Drouin disait dans son rapport de novembre, c'est : Si la pandémie est pour être à moyen et long terme, si on demande plusieurs mois de confinement et d'isolement à la population, on ne peut pas seulement considérer le nombre d'hospitalisations puis le nombre de cas par jour. Il faut également considérer la santé mentale et physique. C'est ça, l'essentiel de ce qui a coulé du rapport de la Dre Drouin de novembre dernier. Et, lorsqu'on regarde les études sur le risque réel de la réouverture des gyms, ce qu'on a de disponible, c'est que c'est un risque très, très, très faible, exactement ce que les propriétaires de gyms disaient à l'automne, à savoir : Il n'y a pas eu d'éclosion dans nos salles de conditionnement.

M. Laforest (Alain) : Ça ouvre en orange, là.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Seulement, sauf que, si la région de Montréal est pour être en zone rouge pour encore longtemps, nous, ce qu'on disait hier, à juste titre, je crois, c'est que la Santé publique doit rentrer dans l'équation la santé mentale et la santé physique des gens. C'est pour ça qu'on demande que certains sports qui sont à très faible risque, comme le badminton, une joute de curling, une joute de tennis ou je ne sais pas quoi d'autre… Mais il y a une série de sports qui sont à très faible risque. Il y a des activités, comme l'entraînement en salle d'entraînement, qui sont à très faible risque. On demande à la Santé publique de considérer dans l'équation les études dont je vous parle et la santé mentale des gens parce qu'on est inquiets puis parce que, comme opposition, on représente ces gens-là.

M. Lacroix (Louis) : Vous ne faites pas confiance à la science québécoise, en ce sens que M. Legault est arrivé en conférence de presse cette semaine en disant : On n'ouvre pas les gyms en zone rouge parce que la Santé publique nous dit de ne pas le faire. On a un avis de la Santé publique qui nous dit de ne pas le faire. C'est ce qu'il a dit textuellement. Ça, ça veut dire que vous citez des…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Des avis de santé publique…

M. Lacroix (Louis) : …avis de santé publique de la Norvège, puis tout ça. Donc, vous ne faites pas...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : …de Montréal.

M. Lacroix (Louis) : Bien, local, mais, apparemment, ça ne doit pas avoir eu un gros impact au DSP, à la santé publique nationale, parce qu'eux autres, ils n'ont pas retenu ça. Alors, vous ne faites pas confiance, si je comprends bien, à la science québécoise, aux avis du Dr Arruda?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je demande plutôt à la Santé publique de nous fournir l'avis contraire. Tout ce qu'on a en ce moment, c'est un avis qui dit que ce serait une bonne idée. Et, souvenez-vous, pour les restaurants, c'était la santé publique de Montréal qui disait : Ouvrez les terrasses, il n'y a pas de problème. La réponse du gouvernement, ça a été de ne pas le faire. Par la suite, on a appris que ce n'était, en fait, pas la décision de la Santé publique, mais bien une décision politique.

M. Lacroix (Louis) : …c'est une décision de la santé publique de Montréal.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Donnez-nous…

M. Lacroix (Louis) : Vous dites : On demande des preuves. Donc, vous ne faites pas confiance à la Santé publique. Si vous demandez des preuves, c'est parce que vous ne faites pas confiance à ce qu'ils disent.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, non, non, c'est parce que, depuis huit mois, on demande de la transparence puis on ne l'obtient pas. S'il y a un avis contraire qui indique que les salles d'entraînement sont un lieu à risque de transmission, contrairement à cette étude norvégienne et contrairement à ce que la Dre Drouin nous disait en novembre dernier, si cet avis existe, qu'on nous le fournisse. Mais il y a des gens qui ont besoin de bouger. Et donc moi, je pense, c'est légitime de demander l'avis de manière transparente et publique, qu'on comprenne la logique, parce que, suivant ces documents-là, c'est une logique qui est très difficile à comprendre, comme le système de couleurs, d'ailleurs.

Mme Gamache (Valérie) : Mais vous ne trouvez pas que c'est dangereux? C'est un avis qui date du mois de novembre. On est rendus maintenant au mois de février. Il y a des variants, dont des variants britanniques, qui sont extrêmement contagieux, qui sont arrivés. Et là vous nous citez, à titre d'exemple scientifique, un avis de Mme Drouin en novembre. La situation n'est plus la même. Ce n'est pas dangereux de vous présenter au micro comme ça et de demander des choses comme ça, de remettre en doute la science?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, je suis vraiment en désaccord. Quelle science? Qu'on nous fournisse l'avis daté de février qui nous dit que cet avis-là, seulement quelques mois plus tard, est devenu invalide, puis que Dre Drouin, tout ce qu'elle a dit est maintenant inapplicable. Qu'on nous la fournisse, cette science-là. Mais il y a une confusion constante dans ce gouvernement entre la politique et la science, ce qui explique qu'on dort présentement sur 2 millions de tests rapides, alors que l'Ontario en redemande. Tu sais, il faut en prendre puis en laisser, là, au niveau de la science. C'est très difficile, au Québec, de distinguer le politique de la science. Et, si jamais il existe un avis de santé publique, sur l'ouverture des gyms, qui, en date de février, rejette toutes les conclusions de novembre dernier de la part de la Dre Drouin, très bien, qu'on nous le fournisse, puis ce sera meilleur, on comprendra.

M. Laforest (Alain) : Donc, vous dites que les quatre médecins qui ont fait… qui ont expliqué pourquoi on n'allait pas avec les tests Panbio sont dirigés par le politique?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, je constate que la science n'est pas la même en Ontario qu'elle ne l'est au Québec, et je trouve ça très curieux.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Sentez-vous en ce moment que vous êtes condamné à jouer le rôle de gérant d'estrade? Parce que j'ai l'impression que vous répondez avec votre coeur, là… votre sortie ce matin.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je défends le travail de l'opposition, qui est déjà étroit en raison de ce que j'ai décrit plus tôt comme un monopole du message par le gouvernement lors des points de presse. Et je démontre que l'opposition travaille fort pour défendre l'intérêt de la population en se fondant sur la science disponible. Le gouvernement n'est pas transparent depuis le début de la crise sur ce qui est un avis de santé publique. Il ne les rend pas publics au fur et à mesure.

Donc, nous, on se fonde sur ce qu'il y a de disponible sur le plan scientifique. On écoute notre population qui nous dit : On a besoin de bouger. Au niveau de la santé mentale et de la santé physique, on a l'impression que ce n'est pas considéré. Puis on pense ça, nous aussi, quand on regarde la littérature à l'international, la littérature scientifique.

Donc, s'il y a un avis contraire, qu'on soit transparents. On le demande depuis huit mois. Le premier ministre Legault lui-même a dit que, dorénavant, tout serait transparent. Parfait. Rendez public l'avis du Dr Arruda qui viendra nous expliquer en quoi l'avis du Dre Drouin n'est plus valide et en quoi cette étude norvégienne de la santé publique norvégienne n'a aucune valeur au niveau des probabilités de transmission dans une salle de gym. J'ai hâte de lire ce document-là. Ça serait mieux pour toute la population québécoise.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Quand le premier ministre annonce des changements majeurs, là, comme il l'a fait il y a quelques jours, souhaiteriez-vous une rencontre, un briefing technique avec la direction nationale de santé publique?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ce serait super. Si on pouvait avoir les avis par écrit, distinctement du politique, puis si on pouvait poser des questions directement au Dr Arruda sur la base de ces avis-là, ce serait vraiment une avancée.

Prenons la question très légitime d'hier. On a simplement demandé… On constate que la zone orange ne répond plus aux mêmes critères qu'il y a quatre mois. Soit, pouvez-vous nous dire maintenant quels sont les critères, notamment quels sont les critères pour une zone jaune puis une transition à la zone verte? Le gouvernement nous a répondu : Ce n'est pas de vos affaires, on ne vous le dira pas. Puis après il invoque la science. Un instant, là, si c'est de la science, rendez la science disponible puis ensuite vous expliquerez votre position politique. Mais, si vous ne rendez pas disponibles les avis scientifiques qui sont contraires à ce qui est la science, la littérature scientifique disponible, bien là comment voulez-vous qu'on comprenne puis comment voulez-vous que l'opposition puisse faire avancer, là, l'intérêt de la population?

Nous, notre rôle, c'est d'être un porte-voix pour plusieurs personnes qui, sur le plan de la santé mentale et de la santé physique, souffrent énormément d'un confinement qui a été remis en question par une étude de l'Université Stanford, à savoir est-ce que c'est vraiment efficace, les confinements, les couvre-feux. Moi, j'étais très d'accord avec la chronique de Marie-Claude Lortie là-dessus, qui soulevait la question, est-ce que c'est vraiment efficace. Les études... Celle de Stanford dit qu'il n'y a pas de corrélation.

M. Larin (Vincent) : …vous poser une question sur le tramway?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui, oui, oui.

M. Larin (Vincent) : La CAQ, là, qui justifie un peu sa décision, là, de ne pas appuyer le projet en disant que la nouvelle mouture ne desservira pas assez… Ils ont donné leurs raisons, entre autres… Qu'est-ce que vous en pensez? Trouvez-vous que c'est légitime ou est-ce que...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Depuis le début, la question qui se pose par rapport au tramway, c'est pourquoi, dans d'autres projets, on est si pressés qu'on est prêts à faire un projet de loi n° 61, là? On était prêts à mettre de côté les lois environnementales, à mettre de côté les consultations populaires, à mettre de côté le travail parlementaire pour accélérer des projets.

Dans le cas du tramway de Québec, c'est l'inverse, tout est une bonne raison pour retarder et empêcher le projet d'aboutir. Ça semble être un dédale infini d'excuses, de raisons, de délais. Donc, il y a, à mon avis, tout simplement un problème de volonté politique, et c'est ça qu'il faut questionner par rapport à la CAQ. Y a-t-il vraiment une volonté politique de faire atterrir un système de transport collectif pour la ville de Québec? Comment expliquer que la ville de Québec ne semble pas être dans les priorités de ce gouvernement-là, alors que, dans d'autres projets, comme le REM, on semble vouloir avancer rapidement?

C'est ça, la vraie question.

M. Larin (Vincent) : Ils aimeraient voir échouer le projet de tramway?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Il n'y a pas de volonté politique de le faire aboutir, en tout cas, parce que toutes les raisons semblent bonnes retarder l'échéance et prolonger les délais, alors qu'à mon avis, s'il y avait une bonne volonté politique de faire atterrir le projet, ça ferait un bout que le projet serait en chantier.

M. Lacroix (Louis) : Parlant de transparence, qu'est-ce que vous pensez de la décision du DPCP et l'accusation de la police de Montréal concernant cet individu, là, qui aurait présumément agressé un policier puis qui a été libéré carrément au palais de justice hier?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est très étonnant comme histoire, inquiétant, mais je pense que seulement une enquête peut nous donner l'heure juste sur ce qui s'est réellement produit. Donc, je commenterai lorsqu'on aura les résultats d'une enquête, parce que les faits semblent pour le moins ahurissants. Donc, on va attendre les résultats de l'enquête puis ensuite...

Mme Gamache (Valérie) : Est-ce que vous avez l'impression qu'il y a eu du profilage là-dedans?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est ça. Je ne peux pas donner une impression si je n'ai pas de faits. Allons chercher les faits puis ensuite on prendra... Je pense, ça vaut la peine de se pencher sur cette question-là. Là, ce n'est pas un fait anodin. Prenons-le très au sérieux. Allons chercher tous les faits avec une enquête qui est rigoureuse. Puis après je pense qu'il va falloir commenter, en effet. C'est un sujet très important dans une société. Si des gens sont condamnés en justice ou leurs libertés sont brimées sur des bases arbitraires… Le principe de la règle de droit, en société, ne doit jamais, jamais, jamais être brimé. Donc, allons chercher les faits de manière rigoureuse, puis ensuite ça me fera plaisir de...

M. Lacroix (Louis) : …en présence d'une enquête bâclée? Parce que c'est une caméra de surveillance de Transports Québec qui a entraîné la libération de cet individu-là, là, il semble.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui, sauf que, là, ce qu'on annonce, c'est qu'il va y avoir une vraie enquête sur ce qui s'est produit. On a besoin de faits rigoureux puis ensuite on commentera. Mais ne prenons pas à la légère une histoire comme celle-là. On est dans une société de règles de droit.

Mme Gamache (Valérie) : Concernant les annonces qui seront faites pour les cégeps et les universités, plus en détail cet après-midi, là, est-ce que vous avez l'impression que c'est une espèce de fausse soupape qu'on donne aux étudiants à ce moment-ci? Parce que, bon, les sessions sont déjà commencées. Plusieurs étudiants, par exemple, qui sont inscrits à l'Université Laval sont à Montréal, sont n'importe où, sauf à Québec. Avez-vous l'impression que c'est une fausse soupape qu'on donne?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je préfère qu'on avance. Donc, il y a quand même eu une soupape dans cette histoire-là. On essaie d'encourager une forme de présentiel au niveau de notre système d'éducation supérieur.

Moi, ce qui me préoccupe davantage, honnêtement, c'est qu'on ait annoncé 100 millions de dollars le 2 novembre dernier en aide à la santé mentale, que ces sommes-là ont été distribuées aux universités, mais qu'en date d'aujourd'hui, lorsqu'on demande aux associations étudiantes, aux étudiants ce qui se passe, il n'y a pas de services supplémentaires, il n'y a pas de soutien supplémentaire. Ça, ça m'inquiète énormément.

Pour ce qui est du déconfinement graduel de l'éducation supérieure, je pense que c'est toujours la même chose avec le gouvernement actuel. Entre l'annonce puis la mise en oeuvre, qu'est-ce qui va se passer? Est-ce qu'on donne aux institutions le moyen de faire atterrir ça correctement? Est-ce que ça va se faire de manière planifiée ou est-ce que ça va se faire de manière brouillonne? Je pense, c'est ça qu'il faut regarder.

Mais moi, je reviens sur la santé mentale. S'il y a 100 millions d'annoncés puis que l'argent est, en principe, versé, on devrait voir des résultats sur le terrain, de l'aide, des psychologues, des services. Et la rétroaction que nous, on obtient, c'est que c'est encore très, très invisible. Ça, ça m'inquiète. On est au coeur du moment, là, où est-ce que les jeunes ont besoin d'aide.

La Modératrice : Questions en anglais, s'il vous plaît.

Mme Senay (Cathy) : Good morning. About the sad story of Mamadi Camara, what does that tell you about the need for police officers to wear body cameras all the time so there is no confusion?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Actually, I had that as a proposal during the race, the leadership race. So, in my plan to fight racism, I had... one of the components was to have cameras on every policeman so that we get the story straight and quick. And I think that should be seriously considered, yes.

Mme Senay (Cathy) : Are you in favor of an independent investigation, an inquiry?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : We should have that as well, yes.

Mme Senay (Cathy) : And, about the fears of this story raising this apprehension of racial profiling, we're in the midst of it, I mean, this proves that this confusion, probably...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Well, we have to be careful before we say this proves… We need to go through an investigation to try to really understand what is the sequence of events that led to that situation. And, I think, when we're going to have those facts straight, we'll have to comment. But we need to take that situation very seriously, I think, because it's a matter of rule of law. It's very important, in a society, that people are judged and get an application under the law that is equal, and that's an issue that is very important to me. I went on this topic during the race. I had one series of proposals to fight racism, and it's all in that. I can send it to you if you want.

Mme Johnson (Maya) : Just a follow-up on Cathy's question. You said earlier that we need to wait for the facts. There are some facts available in front of us. This man was arrested, charged, spent six nights in jail, and the judge saw fit to have the handcuffs taken off right away, have him walk right out of the front door of the courtroom, which is almost unheard of.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : It's not unheard of. Often, in investigations, you go on a lead, and then that lead is incorrect. And the worst is when it gets to trial, and there are stories of people being in jail for 30 years for a murder they never committed. So it can go very, very far. It's very scary. It's a very important topic in our society, make sure that people who are innocent are never sent to jail. But where we don't have all the facts is what led the investigation to come to certain conclusions that were incorrect. What was the sequence of events? I think we need to get all the facts before we make general conclusions on how the police did their work. I think we need to go through a real investigation before we comment.

Mme Johnson (Maya) : Fair enough, but do you understand why people looking at what happened yesterday…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oh! they're worried, of course.

Mme Johnson (Maya) : …in a very stunning reversal of all that we have been led to believe about this man in this case, would say : This is a pretty clear-cut example of how people of color can be falsely accused? They find themselves in the wrong place at the wrong time, they end up being arrested and send to jail and then they're found to not have done anything wrong, except maybe hold a cell phone…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : I think we need to go through the investigation. Judicial mistakes and police mistakes happened for decades. We try to minimize those mistakes. And we need to get the facts straight to validate that hypothesis or not. But it's difficult for me, this morning, to comment on that possibility. But we are taking it very seriously. So I think we should all look at that and take... follow up on that investigation to make sure that we have that conversation once the facts are on the table.

Mme Fletcher (Raquel) : …mental health. I just wanted to ask you about CEGEP and university students. There's going to be an announcement later this morning about, you know, somehow going back in person. Is the Government taking the right steps, do you think?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : I think it is taking certain steps. I'm worried that the way it lands is not at par with what is being announced, that the institutions are let alone with the problems. And I'm worried about mental health, making sure that the budgets that were announced are actually translating into real services. Right now, that is not what we're seeing, and we're, like, several months after the announcement.

Mme Perry Mélançon : I would add something about the equipments. We need to invest more. The CEGEPs, the colleges, they don't all have the equipments to be hybrid about, like, offering classes virtually. So, if there's no money invested in that, it's, like, we've put the problem in the hands of the colleges, but there's nothing that they can do to offer a very good quality education if there's no money attached to it.

La Modératrice : Merci.

(Fin à 8 h 27)

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