Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Actualités et salle de presse > Conférences et points de presse > Point de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, leader parlementaire du deuxième groupe d’opposition

Recherche avancée dans la section Actualités et salle de presse

La date de début doit précéder la date de fin.

Point de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, leader parlementaire du deuxième groupe d’opposition

Version finale

Le mercredi 3 février 2021, 8 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures une minute)

M. Nadeau-Dubois : Bonjour. Vous comprendrez que, bien sûr, Québec solidaire, ce matin, souhaite réagir aux annonces qui ont été faites hier soir... bien, hier en fin de journée, en fait, au sujet du déconfinement partiel.

Je pense qu'hier beaucoup de Québécois ont eu une bouffée d'air frais, puis je la partage, cette bouffée d'air frais. Mais je pense qu'on doit tous, collectivement, se rappeler que, sur le terrain, les travailleuses de la santé, elles, elles cherchent encore leur souffle. On est nombreux à avoir poussé un soupir de soulagement, mais notre réseau de la santé, lui, il est encore sous respirateur.

Alors, certes, il y a une accalmie, mais le fait qu'il y ait une accalmie, ça ne doit pas faire en sorte qu'on baisse la garde, bien au contraire. Il faut que le gouvernement profite de cette accalmie pour préparer un plan de redressement pour notre réseau de la santé. Pour beaucoup de Québécois, de Québécoises, cette crise-là, ça a été un long marathon où, des fois, on a accéléré, des fois, on a ralenti. Mais, pour les femmes qui sont sur le terrain, là, dans le réseau de la santé, c'est un sprint perpétuel, et il faut leur venir en aide.

Québec solidaire demande donc au gouvernement, ce matin, de préparer un plan de redressement pour le réseau de la santé. Et, pour nous, il y a trois incontournables dans ce plan de redressement là.

La première chose à faire, c'est d'amener du renfort dans le réseau de la santé. C'est le principal talon d'Achille du système de santé au Québec. Il manque de personnel. Il faut amener des renforts, et il y a deux manières de le faire : d'abord, réquisitionner les ressources qui sont, en ce moment, gaspillées dans le réseau des cliniques privées, puis, deuxièmement, mettre au pas les agences privées pour leur demander de contribuer davantage à la continuité des services dans le réseau de la santé.

La deuxième chose qu'il doit y avoir dans ce plan de redressement de la situation dans le réseau de la santé, c'est un plan pour mieux protéger les soignantes, notamment en leur garantissant enfin ce qu'elles demandent depuis des mois, c'est-à-dire des masques N95 pour toute soignante qui est en contact avec un patient atteint de la COVID ou suspecté d'avoir la COVID.

Puis, troisièmement, ce plan de redressement là doit prévoir une amélioration massive des conditions de travail dans le réseau de la santé. Et ça, ça passe par avoir une entente avec l'ensemble des syndicats dans le réseau de la santé dans les prochaines semaines. C'est le temps d'envoyer un signal fort que les conditions de travail vont s'améliorer dans le réseau de la santé, que des meilleurs jours sont à venir, que les gens qui y sont doivent y rester et que les gens qui l'ont quitté, le réseau, doivent y revenir.

Un plan de redressement, donc, parce que, bien qu'il y ait une accalmie, la tempête est loin d'être terminée dans nos hôpitaux et dans nos CHSLD.

La Modératrice : On va prendre vos questions, une question et une sous-question, s'il vous plaît.

M. Lacroix (Louis) : M. Fitzgibbon va présenter aujourd'hui un plan d'aide, en fait, de l'aide bonifiée, de ce qu'on comprend, qu'on va offrir aux différents commerçants qui sont toujours touchés par la pandémie. Vous vous attendez à quoi?

M. Nadeau-Dubois : On s'attend à de l'aide facilement accessible. On s'attend à ce qu'il y ait le moins possible de bureaucratie. On s'attend à ce que les commerçants puissent avoir de l'aide, ceux qui en ont besoin, très rapidement, parce que c'est le principal problème depuis des mois, et les commerçants l'ont dit à de multiples reprises dans les médias, c'est trop compliqué puis c'est trop long, avoir de l'aide, quand on est un petit commerce.

M. Lavallée (Hugo) : Concernant les variants, il y a beaucoup d'experts en santé publique, depuis l'annonce d'hier, qui s'étonnent du fait qu'on n'en ait pas davantage parlé, là, lors du point de presse, sauf pour M. Arruda, brièvement. Est-ce que ça vous inquiète de voir qu'il n'y a pas de mesure spécifique, en lien avec ça, annoncée?

M. Nadeau-Dubois : Ça doit être sur la liste des priorités du gouvernement, au sommet. Ça doit être au sommet de la liste des priorités du gouvernement dans les prochaines semaines, parce qu'il ne faudrait pas que, comment dire, après le petit… Il ne faudrait pas qu'après le petit déconfinement vienne une grande déception, celle d'une pandémie dans la pandémie, avec une troisième vague provoquée par les variants du virus. Ça m'inquiète. Ça inquiète énormément d'experts de santé publique. Alors, le gouvernement doit profiter de l'accalmie des prochains jours pour se préparer parce que, les variants, ils sont parmi nous, ils circulent déjà, puis il va falloir être prêt quand ils vont se mettre à se transmettre avec plus d'intensité.

M. Lavallée (Hugo) : …va tester le 10 % des échantillons. Ça vous semble suffisant ou il faut qu'il y ait d'autres mesures? Entre autres, par exemple, la circulation entre les régions, les gens s'étonnaient qu'il n'y a pas de limitation.

M. Nadeau-Dubois : Déjà, passer de 3 % à 10 %, pour le séquençage, c'est une bonne chose, mais on n'y est pas encore, au 10 %, là. Donc, moi, j'invite le gouvernement… Ils ont déjà fait des annonces, mais il faut que ça se fasse rapidement. Moi, ce qu'on me dit sur le terrain, c'est qu'il y a des capacités de laboratoire pour faire plus de séquençage, pour trouver davantage de variants, bien, trouver davantage de cas de variants. Donc, la fameuse cible de 10 %, là, il faut l'atteindre rapidement, parce qu'en ce moment on trouve peu de variants au Québec, mais ce n'est pas parce qu'il n'y en a pas. C'est parce qu'on ne séquence pas suffisamment. Donc, il faut accélérer le rythme puis il faut atteindre la cible de 10 % très rapidement.

Pour ce qui est de votre autre question, sur les régions, c'est un des angles morts, je pense, de l'annonce d'hier. Le mur-à-mur, c'est rarement une bonne chose sur un territoire aussi grand que le Québec. Et la flexibilité régionale, c'est une bonne nouvelle. Mais il faut maintenant réfléchir à comment on va protéger les régions, parce qu'on l'a vu dans les derniers mois, et le gouvernement doit apprendre de ces erreurs-là. Il y a une semaine de relâche qui s'en vient. Il ne faudrait pas voir des mouvements massifs de citoyens de zones rouge vers des zones orange.

M. Lacroix (Louis) : M. Legault, hier, a dit qu'il n'y aurait pas de barrages, mais, en plus, il n'y aura pas de contraventions pour les gens qui seraient pris en défaut de passer d'une région à l'autre. Est-ce que vous trouvez que c'est trop mou comme mesure de protection?

M. Nadeau-Dubois : Le premier ministre même, si je ne me trompe pas, a parlé de contrat moral, hein? En anglais, je pense, il a dit : C'est un peu comme un contrat moral, on demande aux gens de ne pas de déplacer. La dernière fois que le premier ministre a essayé cette approche de contrat moral, ça n'a pas très bien fonctionné. Donc, moi, j'invite le gouvernement à refaire ses devoirs sur cette question-là, là.

M. Lacroix (Louis) :

M. Nadeau-Dubois : Bien, il y a plusieurs modalités. Ce n'est pas nécessairement d'être… Ce n'est pas obligé d'être des barrages où on arrête tout le monde systématiquement, mais il faut trouver une manière de protéger les régions. Et l'échéance absolue, c'est la semaine de relâche. Il faut absolument que, d'ici la semaine de relâche, on ait trouvé une solution à ce problème-là. M. Legault a été très prompt à critiquer sévèrement Justin Trudeau pour son incapacité à contrôler les frontières extérieures, puis il avait bien raison parce que M. Trudeau était assis sur ses mains pendant de nombreuses semaines. Mais là la même question se pose à l'intérieur du Québec, et c'est dans la cour du premier ministre.

M. Lacroix (Louis) : Vous feriez quoi? Puis ça, on n'a pas besoin d'avis scientifique, là, c'est vraiment de la procédure. Alors, vous feriez quoi si vous étiez à sa place?

M. Nadeau-Dubois : Il faut trouver une manière de contrôler les déplacements entre les régions.

M. Lacroix (Louis) : On comprend ça, mais votre manière à vous, ce serait quoi?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je n'ai pas de solution parfaite. Je n'ai pas de recette miracle. Mais il faut trouver une solution pour contrôler minimalement les transferts entre les régions, parce que, sinon, on va se retrouver dans la même situation qu'avant. Est-ce que les barrages, c'est la solution? C'est certainement une des avenues possibles. Il y en a peut-être d'autres. Puis on attend à ce que le gouvernement nous fasse des propositions là-dessus.

M. Larin (Vincent) : Au sujet de l'abolition de la monarchie, on apprend ce matin que la majorité des Québécois sont en faveur, même une majorité de Québécois anglophones qui le sont. Est-ce qu'il faut le faire? Comment est-ce qu'on procède? C'est quoi, votre position là-dessus?

M. Nadeau-Dubois : Il faut certainement le faire. Et comment on procède, c'est très simple, on fait l'indépendance du Québec. Moi, j'ai bien hâte d'entendre M. Legault là-dessus. J'ai hâte de savoir, lui, à quel point il aime la monarchie, à quel point il trouve que c'est une institution moderne et utile pour les Québécois et les Québécoises. Moi, ça m'apparaît être une vieillerie absolument inutile et antidémocratique, puis j'ai bien hâte qu'on s'en débarrasse, au Québec.

Mme Lévesque (Fanny) : Maintenant, sur les régions, quand vous dites de les protéger, donc ce qui est actuellement dit par le premier ministre, là, à votre avis, ce n'est pas suffisant. Ça, c'est clair. Seulement de se fier au bon jugement des Québécois pour ne pas se déplacer d'une région à l'autre, ça, ce n'est pas suffisant?

M. Nadeau-Dubois : Ce que l'expérience nous apprend, c'est que la tentation est forte, pour certaines personnes, je ne pense pas que ce soit une majorité, mais pour certaines personnes, d'aller faire dans d'autres régions des activités qu'ils ne peuvent pas faire dans leurs régions.

Et moi, je m'inquiète surtout de la semaine de relâche qui est à venir et je me dis : Il faut... Et c'est l'échéance absolue, là, mais il faut absolument, d'ici là, avoir trouvé une solution, parce que j'ai parlé notamment à ma collègue Émilise Lessard-Therrien, en Abitibi-Témiscamingue, et, là-bas, c'est un réel problème. On a vu, dans les derniers mois, notamment, des gens qui sont venus passer une partie de leurs vacances dans la région, alors qu'ils provenaient de régions qui étaient dans des situations épidémiologiques plus graves, puis ça a contribué à la transmission.

Même chose pour le personnel de la santé, hein? Il y a, dans ces régions-là, une utilisation importante des agences de placement. Puis, souvent, on transporte du personnel des grands centres urbains, où il y a beaucoup de transmission, vers les milieux de soin en région, et on amène le virus quand on transporte le personnel.

Donc, il faut trouver une solution à ces problèmes-là. Est-ce que les barrages sont une avenue? Sans doute. Est-ce qu'il faut penser à des systèmes de dépistage systématique pour le personnel de la santé qui se déplace d'une région à l'autre? C'est une autre piste à explorer. Est-ce que les barrages doivent être filtrants? Est-ce qu'ils doivent être fixes? Est-ce qu'ils doivent être permanents? Est-ce qu'ils doivent être temporaires? Il y a plein de modalités à imaginer. Puis moi, je n'ai pas la prétention, ce matin, d'avoir toute la solution, parce que ce n'est pas un enjeu simple. Mais il y a une chose qui est claire, par contre, il faut réfléchir puis avoir une solution dans les prochains jours, les prochaines semaines.

Mme Côté (Claudie) : …le premier ministre disait que le couvre-feu semble être une mesure plus efficace qu'un barrage en ce moment. Je le cite, là, il a dit : «C'est plus efficace, le couvre-feu, que d'empêcher deux, trois motoneigistes d'aller à Rouyn-Noranda.» Pour vous, ce n'est pas suffisant?

M. Nadeau-Dubois : Bien, le couvre-feu, certainement qu'il ne nuit pas, là. C'est un outil supplémentaire. Mais on a vu, dans les derniers mois, des situations où les gens allaient, par exemple, fréquenter des restaurants dans des zones orange, alors qu'ils résidaient en zone rouge. On l'a vu entre Montréal et les Laurentides. Bon, là, ces deux régions-là sont rouges en ce moment. Mais, bref, on le sait, que ça peut arriver. C'est arrivé dans le passé. Qu'est-ce qu'on fait, dans les prochaines semaines, pour ne pas que ça arrive?

Mme Lévesque (Fanny) : …les restaurants, maintenant, on a ajouté une nouvelle disposition. Donc, la personne doit fournir une pièce d'identité qui prouve qu'elle reste dans la région où elle fréquente le restaurant. Alors, cette brèche-là, est-ce qu'elle est colmatée, à votre avis?

M. Nadeau-Dubois : Il reste la question… Là, je donnais l'exemple de ce qui s'est passé dans le passé. Mais, pour la semaine de relâche, il y a la question de la location des chalets, la question des sports d'hiver, comment… Il va y avoir du déplacement sur le territoire, de manière importante, lors de la semaine de relâche. Comment on fait pour que ce déplacement-là ne fasse pas en sorte que le virus se répande partout au Québec? Puis moi, j'ai l'humilité de reconnaître que, ce matin, je n'ai pas toutes les solutions parfaites. Mais je mets le doigt sur un angle mort des annonces d'hier. Puis j'invite le gouvernement à y réfléchir très sérieusement, parce que le contrat moral, ça me semble être un peu court.

La Modératrice : Une dernière question, s'il vous plaît.

M. Larin (Vincent) : On a appris hier que vos collègues libéraux se font prendre la température avant d'entrer à leur caucus. Est-ce qu'à Québec solidaire vous avez des mesures du genre? Est-ce que vous trouvez ça excessif? Est-ce que vous pensez que tous les députés devraient faire prendre leur température, par exemple, avant d'entrer au Parlement, dans le salon bleu?

M. Nadeau-Dubois : Moi, j'ai été surpris d'entendre ça. Moi, je ne savais pas que les libéraux avaient cette pratique-là. Ça leur appartient. C'est bien correct. Quand on a eu des discussions pour réouvrir l'Assemblée nationale avec le directeur national de la santé publique, ça a été une des hypothèses qui a été proposée par les oppositions, hein? Les trois partis d'opposition, conjointement, ont ouvert cette possibilité puis ont dit : Si c'est un aménagement qui peut faciliter des travaux parlementaires en présentiel, nous, on est ouverts soit à passer des tests régulièrement soit à ce qu'il y ait une prise de température. Et la réponse du directeur national de la santé publique, ça a été : Si vous appliquez les mesures que je vous recommande, ça ne sera pas nécessaire.

Donc, nous, on se fie à la Santé publique sur cette question-là. Il nous a dit que ce n'était pas nécessaire. Nous, ce qu'on demande à nos députés, à Québec solidaire, c'est de surveiller leurs symptômes et, dès qu'il y a le début peut-être d'un symptôme, de s'abstenir de se présenter à l'Assemblée nationale et d'en informer le parti. Pour le moment, ce n'est pas arrivé. Si les libéraux se prennent eux-mêmes leur température, ça leur appartient. C'est une mesure de prudence supplémentaire. Je ne les critiquerai pas pour ça. Mais ça ne fait pas partie du protocole que la Santé publique nous a demandé d'appliquer pour pouvoir tenir les travaux au salon bleu.

La Modératrice : On va passer en anglais.

Mme Senay (Cathy) : You asked many times the Trudeau Government to act, as Premier Legault did, for travelers that were coming from nonessential trips, to put actions, measures in place. Now, next week, you'll have about 10% of the population in orange zones, but with no measures to control, monitor movements of the population, the 90% of the population in those regions. So I don't get… What are your expectations from the Legault Government? It's the same thing than nonessential travels. Basically, the risk is the same or similar.

M. Nadeau-Dubois : Yes. Well, Mr. Legault was very energetic in its critic of Mr. Trudeau when Mr. Trudeau was completely inactive for weeks regarding the issue of border control. Now, the same question is relevant, but inside Québec. So we expect the CAQ Government to find solutions quick to that problem. And there are a lot of things we could do. Well, of course, I think the... How do you say «barrage»?

Une voix :

M. Nadeau-Dubois : So, of course, police checkpoints could be one of the solutions. But, you know, systematic testing for health care workers traveling from a region to another could also be something we could explore. So there is a variety of solutions possible. But one thing is sure, the status quo is not possible and it's not prudent to have absolutely no way to control the movement of the virus across the Québec territory.

Mme Senay (Cathy) : You said that Premier Legault tried many things to break the second wave. We're still trying to break it. We had the 28… challenge, back in October, that was extended many times. We had the moral contract that was canceled… the holiday season. We have this curfew. And now we are trying to see with Quebeckers how they can basically respect those limitations, like, the regions… like, not go in regions… when they are in a red zone, they cannot go in an orange zone. But is it asking too much to Quebeckers now that we are in February?

M. Nadeau-Dubois : What would be asking too much?

Mme Senay (Cathy) : …asking too much from Quebeckers to not go in different regions, now that we are in February, and we're being asked to…

M. Nadeau-Dubois : I know that, for a lot of Quebeckers, the last year has been a long marathon, you know, sometimes running fast and sometimes decelerating. But, for health care workers, it's been a perpetual sprint, and that sprint is not over yet. So I share the relief a lot of Quebeckers feel this morning. But I think we all have to remember that our health care system is not out of the woods yet. It is still very fragile. And I think we all have to remember that the pandemic is not over. So sacrifices, unfortunately, still need to be done. And, if that means having more freedom inside our own region and a little less freedom to travel anywhere we want, everywhere we want, across Québec, it's the type of compromise that we still have to accept for a few months.

Mme Fletcher (Raquel) : You said that you hoped that the measures that were going to be announced at 5:00 o'clock would be based in scientific data. And Dr. Arruda and the Premier were asked, in French and English, how they made that judgment call to open hair salons, for instance, but not gyms, and Dr. Arruda made the statement that there isn't, you know, specific data that puts the risk of the activities in... It's essentially a judgement call. What do you make of that?

M. Nadeau-Dubois : Well, I think it is completely normal in a democracy that elected officials make the decisions. It's what we expect in a democracy. But we also expect, in such an emergency situation, those decisions to be taken by motivations that are mostly based on scientific data. And Québec solidaire has been asking for months to see that data.

The Government, in the last weeks, has promised they would publish the written recommendations of the Public Health authorities, and it's still not done. So we are... And, honestly, I could have come here this morning and said : Once again, we want to see the written recommendations that justify the decisions that were taken yesterday. But, you know, I've been saying that for one year now. So I'm a little bit tired of asking for that. But, in my mind, I still hope that they will, one day, fulfill their promise and give us the written recommendations that justify their decisions. But, honestly, it's kind of… It began as a tragedy and now it's beginning to become a joke.

Mme Fletcher (Raquel) : And what is your evaluation, then, of the fact that they're going to allow businesses, hair salons and museums, to open, but…

M. Nadeau-Dubois : Sorry?

Mme Fletcher (Raquel) : What is your evaluation of the fact that they're going to allow those three things to open, but nothing else?

M. Nadeau-Dubois : Well, it's a bet, and choices had to be made, and the Government will be… How do you say «imputable»?

Mme Fletcher (Raquel) : Accountable.

M. Nadeau-Dubois : Accountable, yes, of course. So choices had to be made, and the Government will be held accountable about those choices. The thing that was important for me to say this morning is, while we are all relieved and while a majority of Quebeckers are relieved by the announcements of yesterday, we have to remember that the crisis is not over yet, especially in our health care system, and especially for frontline workers who have been struggling for months and will be struggling for months in the future also. And the Government should now turn its focus to that situation and put forward a plan to restore the health care system because it is not going well and it won't go well for at least a few months.

La Modératrice : Merci beaucoup.

(Fin à 8 h 23)

Participants


Document(s) associé(s)