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Point de presse de M. Joël Arseneau, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de santé

Version finale

Le mercredi 3 février 2021, 8 h 20

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures vingt-quatre minutes)

La Modératrice : Bonjour. Bienvenue à ce point de presse du Parti québécois. Alors, ce matin, le porte-parole en matière de transport, M. Joël Arseneau, et en matière de santé, ainsi que le chef du Parti québécois, M. Paul St-Pierre Plamondon.

M. Arseneau : Alors, bonjour, tout le monde. Merci d'être là ce matin. Écoutez, on a eu des annonces importantes hier soir de la part du gouvernement. Et vous vous souviendrez que le Parti québécois avait demandé, dans une de ses sorties, un retour aux paliers de couleurs, aux alertes régionales, également, là où c'est applicable, le retrait du couvre-feu.

Or, ce qu'on a constaté hier, c'est que le gouvernement a redéfini son système d'alertes pour arriver essentiellement à diviser le Québec en deux zones de façon arbitraire, la rouge et l'orange. Et, pour ce qui est de ceux qui vivent en zone orange, ce qu'ils constatent, c'est qu'«orange is the new red». Essentiellement, les règles de la zone orange ont été modifiées de telle sorte que ceux qui espéraient pouvoir retrouver la situation d'avant les fêtes, bien, se retrouvent un peu floués et trahis dans la mesure où ils ont fait leurs efforts pour rétablir la situation, mais maintenant les règles demeurent encore extrêmement lourdes, notamment pour les rassemblements, pour les visites à domicile, pour les sports organisés, également, des jeunes, qui, évidemment, en ont bien besoin.

Alors, ce qu'on veut, nous, c'est rappeler au gouvernement qu'on a besoin d'une approche structurée et différenciée selon les régions en établissement… en établissant, plutôt, et en suivant des critères scientifiques de santé publique qui sont basés sur la situation épidémiologique pour chacune des zones, que ce soit la zone verte, la zone jaune, la zone orange et la zone rouge, parce que ce qu'on constate à la lumière des annonces d'hier, là, c'est que le tableau qui avait été présenté par le gouvernement en septembre, là, bien, il ressemble à peu près à ceci. Alors, quelle est la perspective qu'on donne aux gens, aux Québécois pour qu'ils améliorent leurs comportements, pour qu'ils suivent les règles, si on ne sait pas vers où on s'en va?

Les critères qui avaient été nommés, je vous les rappelle. On parlait du nombre de cas, donc de la situation épidémiologique. On parlait de la transmission communautaire, si elle était sous contrôle. On parlait des soins de santé, s'ils étaient débordés, donc le nombre d'hospitalisations. On avait rajouté en cours de route, au cours de l'automne, qu'il fallait aussi prendre en compte la tendance. Tous ces facteurs là, dans certaines régions, sont au vert, mais pourtant on ne voit plus sur l'écran radar la possibilité de revenir en zone orange, telle qu'elle était définie auparavant, en zone jaune, et encore moins, évidemment, en zone verte. Les gens, essentiellement, se disent : Combien de cas actifs sous zéro faudra-t-il atteindre dans notre région pour qu'on puisse recommencer à vivre, qu'on puisse recommencer à aller visiter nos parents vieillissants qui habitent en couple? Évidemment, deux bulles familiales ne peuvent pas se rencontrer, je vous le rappelle.

Alors, il ne faut pas croire que les mesures qui ont été annoncées, d'allègement, correspondent à ce qui était attendu dans les régions. Donc, on demande au gouvernement de faire preuve de transparence et de revenir à des règles qui sont basées sur la science.

Là-dessus, je laisse la parole à mon chef, Paul St-Pierre Plamondon.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Merci, Joël. Il y a une partie du point de presse hier qui a été surprenante, à mes yeux, lorsque le premier ministre a répondu qu'il n'y aurait aucune conséquence, aucun suivi, aucune contravention pour des gens qui se déplaceraient de la zone rouge vers la zone orange. C'est surprenant parce que ça sonne étrangement comme ce qu'on avait dit pour les voyages dans le Sud au mois de novembre ou au mois de décembre, lorsqu'on disait aux gens : Ce n'est pas recommandé, on aimerait mieux que vous ne le fassiez pas, mais, si vous le faites, il ne se passera rien. Et, comme de fait, ce qu'on a constaté après, c'est que les gens, plusieurs personnes, ont choisi de voyager, avec les conséquences qu'on connaît.

Donc, je pense qu'il faudrait corriger le tir par rapport à la protection des zones où ça va mieux. Notamment, ce qu'on peut faire, dans un premier temps, c'est d'interdire la location de chalets dans les zones orange par des gens situés en zone rouge. Ce serait déjà un signal comme quoi on s'attend à ce que les gens qui vivent en zone rouge n'aillent pas faire la fête, ne partent pas faire la fête dans la zone orange.

Et je pense que le message devrait être différent, de la part du premier ministre, par rapport à la Sûreté du Québec. Rappelons-nous que les rassemblements dans les lieux privés demeurent interdits. Donc, on ne peut pas visiter des gens, on ne peut pas organiser des fêtes, dans les règles actuelles, partout au Québec. Bien, il faut que le premier ministre dise : Dans les zones qu'on veut protéger, parce que ça va bien, dans les fameuses zones orange, qui, en fait, sont des zones jaunes ou des zones vertes, là, mais, dans ces régions-là, la Sûreté du Québec va faire preuve d'une vigilance accrue, et elle a le pouvoir de décerner des contraventions lorsqu'elle constate que les règles qui interdisent les rassemblements ont été violées.

Donc, ça prend ce signal-là de la part du premier ministre, parce que la réponse d'hier, c'était une invitation tacite pour quiconque qui voudrait aller visiter ou faire des activités en zone orange. Il faut protéger cette zone-là. Le but, c'est de ne plus retourner en arrière, c'est de faire des gains sur le virus en protégeant les régions où, littéralement, on n'a plus aucun cas de COVID.

Je veux vous parler également de la question des gyms et du sport. J'ai beaucoup de difficulté à comprendre comment on peut permettre le magasinage dans les centres d'achats, mais on n'est pas capables de permettre une joute de tennis à 20 mètres de distance, qu'on n'est pas capables de permettre une joute de badminton, de curling. Il y a un certain nombre de sports qui devraient être pratiqués à l'échelle du Québec.

Et je souligne une chronique de Marie-Claude Lortie, ce matin, qui allait vraiment dans le sens de ce que j'avais lu puis de la réflexion qu'on a au Parti québécois. Nous sommes dans une pandémie qui s'étire, et on ne sait pas pour combien de temps la pandémie va durer. Donc, la santé mentale et la santé physique des Québécois devraient être une priorité nationale. Nous devons nous donner une manière durable de gérer cette crise-là en permettant aux gens partout au Québec de bouger et d'être en santé. Sinon, c'est parce qu'on ne met pas, dans la balance, dans l'équation, les externalités négatives qui découlent du confinement et du couvre-feu.

Et donc je réitère notre souhait, à savoir que certains sports qui ne présentent presque aucun danger, aucun, en fait, danger de contamination, là, il y en a plusieurs, que ces sports-là soient permis à l'échelle du Québec, et même chose pour les centres de conditionnement physique.

Allons-y avec plus de tests rapides. Et c'est là le discours très incohérent du gouvernement. On n'est pas prêts à faire des contrôles aux aéroports. Ça, laisser entrer les variants d'un peu partout dans le monde, on peut dormir là-dessus pendant 50 jours. Il ne semble pas y avoir de problème. On n'est pas prêts à utiliser les 2 millions de tests rapides sur lesquels on dort, qui dorment dans nos entrepôts.

Mais par contre on ne prendra pas aucune mesure pour permettre aux gens de bouger, alors que ces tests rapides là pourraient être utilisés dans toutes sortes de milieux. Je réitère mon ouverture à ce que ce soit le cas à l'Assemblée nationale. Mais, dans le cas des centres de conditionnement physique, je suis convaincu qu'il y a un équilibre à trouver, et qu'on doit avoir une gestion à moyen et long terme de cette crise-là en fonction de la santé mentale et la santé physique des gens.

Et, sur ce, je vais prendre vos questions.

M. Bergeron (Patrice) : Qu'est-ce que vous avez compris, vous, hier, justement, de l'explication qui a été demandée concernant les gyms par rapport aux salons de coiffure, par rapport à d'autres lieux, par rapport aux tournages? M. Arruda a parlé d'aérosols en anglais, mais, en français, c'était totalement embrouillé. Mais on n'est pas capables de situer les établissements par rapport au niveau de risque. Qu'est-ce qu'on devrait leur demander pour que ce soit plus clair?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Premièrement, ce n'est pas clair, en effet. Et c'est là que le gouvernement, lorsqu'il tient son discours... Parce qu'il y a cette mentalité-là dans le gouvernement. Actuellement, à chaque fois qu'on fait une proposition, comme opposition, on se fait rabrouer par du personnel politique de la CAQ, qui vient nous dire : Ah! vous ne suivez pas la science. Essayez de comprendre une quelconque cohérence scientifique dans ce qui se passe en ce moment.

Regardez juste les codes de couleurs. On nous dit que c'est des zones orange, mais, suivant les critères scientifiques établis par la Santé publique à l'automne dernier, ce sont des zones vertes ou jaunes. Essayez de comprendre pourquoi on favorise les musées par rapport aux centres de conditionnement physique. Essayez de comprendre quoi que ce soit. Ça me semblait beaucoup plus un point de presse politique.

D'ailleurs, c'est le premier ministre qui a parlé le plus clair du temps. Puis, à la limite, là, je comprends qu'on navigue à vue. Tout ne peut pas être parfaitement scientifique. Mais votre question, elle est légitime. On a des enjeux d'endurance pour la population dans cette crise-là. Pourquoi on s'entête à ne pas donner aux gens une possibilité d'être en santé physique et mentale et que, par contre, on autorise les centres d'achats? C'est très difficile. Puis j'aimerais pouvoir répondre à votre question, mais la vérité, c'est que le raisonnement n'est pas clair.

M. Lacroix (Louis) : …se fier à la science. Alors, hier, François Legault a dit que la raison, il l'a dit en conférence de presse, pour laquelle il n'ouvre pas les gyms, parce que la Santé publique ne le permet pas. Ils n'ont pas eu d'avis de la Santé publique en ce sens-là. Alors, vous, vous arrivez hier sans avoir d'avis public, sans avoir consulté, en fait, la Santé publique, puis vous revenez ce matin avec ça en disant : Il faut ouvrir les gyms, mais la Santé publique de ce gouvernement n'est pas claire parce que, scientifiquement, eux autres, ils pensent que ce n'est pas une bonne idée. Vous ne trouvez pas que vous jouez à l'apprenti sorcier?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, parce qu'il y a de la littérature scientifique… Puis je réfère à nouveau au papier de Marie-Claude Lortie parce que c'est exactement le même endroit où je me situe. Il y a des papiers scientifiques qui commencent à s'écrire, où on remet en question une approche de santé publique uniquement basée sur le nombre d'hospitalisations, et le nombre de cas par jour, et où on laisse de côté complètement la santé mentale et la santé physique des gens. Donc, il y a un questionnement. Et, lorsqu'on parle de science constamment, là, pourquoi est-ce qu'au Québec la science ne nous permet pas d'utiliser les tests rapides puis pourtant… partout?

M. Lacroix (Louis) : Vous réclamez qu'on prenne des décisions en se fiant sur la science, mais vous ne faites pas confiance à la science.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, ce n'est pas ça que je dis.

M. Lacroix (Louis) : Bien oui, c'est ça que vous me dites.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, je vous réfère à des papiers…

M. Lacroix (Louis) : C'est exactement ça que vous me dites.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, non, je suis désolé, je n'ai pas dit ça, et je vous réfère à des papiers scientifiques qui soulèvent que, dans l'équation de la Santé publique, il y a d'autres facteurs que le nombre d'éclosions par jour, notamment la santé mentale et la santé physique.

M. Lacroix (Louis) : Donc, la science qu'utilise le gouvernement du Québec en ce moment ne fait pas votre affaire.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ce n'est pas ça que je dis. Je dis qu'il y a un intérêt de mettre d'autres facteurs que le nombre d'éclosions par jour, notamment la santé mentale et la santé physique, et, ça aussi, ça fait partie de la science. Donc, il y a des questions à se poser par rapport à notre capacité, comme population, à endurer, à moyen et long terme, une crise qui, on ne le sait pas, pourrait durer encore plusieurs mois. Il faut que les gens bougent, et c'est une priorité à mes yeux.

M. Larin (Vincent) : Vous demandez qu'on donne des contraventions aux gens des zones rouges qui se trouveraient en zone orange?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, c'est-à-dire que les règles, là, s'appliquent partout au Québec. On n'est pas censés se rassembler dans des chalets pour faire une fête. On n'est pas censés avoir de visite chez soi, là. Ça, ça n'a pas changé.

M. Larin (Vincent) : Les déplacements interrégionaux ne sont pas interdits, ils sont non recommandés.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Exactement. Donc, ce qu'on dit, c'est qu'on ne devrait pas pouvoir louer des chalets. Si je suis à Québec puis je veux aller au Saguenay... On ne devrait pas pouvoir louer des chalets et on ne devrait pas dire : Il n'y aura pas de contraventions, peu importe ce que vous faites. On devrait plutôt mettre l'emphase sur le fait que certaines règles sont toujours en vigueur partout, notamment l'interdiction de rassemblements, parce que ce qu'on a vu dans la première vague, ce sont des groupes de 15 personnes qui louaient des chalets. Ça a été ça, aussi, le temps des fêtes, là. Quand on se pose la question pourquoi le nombre d'éclosions a monté aussi vite, c'est qu'il y a eu très peu de contrôle sur les fêtes dans des chalets loués.

Donc là, c'est jusqu'au niveau du signal. Le ton adopté par le premier ministre ressemblait, à mes yeux, drôlement au ton adopté avant les fêtes par rapport aux voyages dans le Sud : Ce n'est pas recommandé, mais, si vous le faites, il ne se passera rien. De mon point de vue, on devrait envoyer le signal que la Sûreté du Québec continue à veiller au grain puis va être encore beaucoup plus vigilante dans les zones où ça va bien pour que les gens n'organisent pas des rassemblements dans des chalets alors qu'ils viennent des zones rouges, qu'ils soient des groupes...

M. Larin (Vincent) : Les rassemblements dans les chalets, pour ce qui est des contraventions, vous aimeriez que le gouvernement ne dise pas qu'il n'y aura pas de contraventions qui vont être données?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, non. C'est qu'hier la réponse du premier ministre, c'était : Il n'y aura pas de contraventions.

M. Larin (Vincent) : Il ne peut pas mentir. S'il n'y en aura pas, il n'y en aura pas.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, moi, ce que je dis, c'est qu'il devrait y en avoir puisqu'il pourrait y avoir des violations des règles en vigueur dans les zones orange. Puis on ne peut pas se le permettre, on va retourner en arrière. Donc, je dis l'inverse du premier ministre. Il devrait y avoir des contraventions par la Sûreté du Québec lorsqu'on constate que les règles en vigueur n'ont pas été respectées dans le cadre des zones orange, et ça, ça prend des effectifs.

M. Larin (Vincent) : M. Legault n'a pas dit qu'il n'y aurait pas de contraventions pour le non-respect des règles. Ça, ça me semble clair que, si on brise une règle, il y aura une contravention. Il n'y aura pas de contraventions pour les gens des zones rouges qui vont se trouver en zone orange.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui, mais c'est là que je dis : Ça vaudrait la peine de préciser, de la part du premier ministre, que les règles continuent à s'appliquer en zone orange. Et, s'il y avait des fins finauds qui avaient la brillante idée de louer des chalets dans les zones orange, là, de partir des zones rouges et d'aller dans les zones orange, il y aura une vigilance de la part de la Sûreté du Québec, il y aura une surveillance. Et il y a une interdiction... On demande une interdiction de louer des chalets en dehors d'une zone rouge de manière à limiter les dégâts, de manière à ne pas répéter des erreurs qui ont été commises par le passé, où, clairement, on a vu des gens changer de zone. On ne veut pas retourner à zéro dans les zones où ça va bien. On ne veut pas retourner à...

Mme Lévesque (Fanny) : ...où il y a interdiction de chalets?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est simple, là, si on est en zone rouge, le gouvernement devrait demander à la population en zone rouge de ne pas se rendre en zone orange pour une location de chalet. On devrait interdire cette location de chalet là.

M. Lavallée (Hugo) : Et donc vous demandez plus d'assouplissements, là, que ce soit dans les zones orange… que ça revienne à ce que c'était dans les gyms aussi. Mais vous ne tenez pas compte, dans votre réflexion, des nouveaux facteurs, par exemple les variants, le fait que ça pose une menace qu'il n'y avait pas l'automne dernier, le fait qu'il y a un nombre très, très important de chirurgies qui ont été accumulées? C'est les raisons que le premier ministre puis la Santé publique évoquent pour ne pas retourner à l'ancien code orange, pour ne pas avoir autant d'assouplissements que ce que vous demandez. Est-ce que c'est dans votre réflexion, ces deux éléments-là?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Mais évidemment, et c'est pour ça que tantôt on avait un tableau avec des points d'interrogation au niveau jaune et vert. Ce n'est pas comme si le gouvernement et la Santé publique, hier, avaient pris la parole pour dire : Voici la nouvelle grille et voici ce que seront les critères pour jaune et pour vert, voici comment ça va fonctionner désormais. C'était d'un flou, au niveau des critères, complet. Tout ce qu'on nous dit, c'est que, désormais, ça, c'est du orange, mais les couvre-feux continuent à s'appliquer à partir de 9 h 30.

Bref, il y a un travail où… Ce n'était pas une annonce ou une structure compréhensible sur le plan des critères applicables. Et je pense que la population est en droit, après tous les sacrifices qui ont été faits, de savoir ce que ça prend pour passer en zone jaune, puis quand est-ce qu'on va passer en zone verte, puis c'est quoi, les critères applicables. Là, ce qu'on sait, c'est que les critères scientifiques de l'automne dernier ne sont pas les mêmes. Les codes de couleurs ne correspondent absolument plus aux codes utilisés à l'automne. Et la population, en zone rouge comme en zone orange, est en droit de se poser la question : O.K., mais, si je veux changer un jour de zone de couleur, là, ça va être en fonction de quels critères désormais? Pourquoi les critères ont changé?

Vous me dites que ce serait à cause des variants. Ce n'était pas très clair, hier, dans le point de presse. Donc, c'est légitime que les partis d'opposition demandent une approche scientifique structurée, où est-ce qu'on nous explique que, désormais, les codes de couleurs ont changé, et que les critères s'appliquent, et que les critères pour zones jaunes et les zones vertes sont explicités, ce qui n'est pas le cas en ce moment. On a juste un gros point d'interrogation.

La Modératrice : On passe aux questions en anglais.

Mme Senay (Cathy) : When you said that there are restrictions in place, measures, strict measures are in place for travelers coming back from nonessential travels, so you're expecting the Government to have the same plan for anyone from a red zone going to an orange zone? Like, you want police officers to have checkpoints between regions?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Not necessarily checkpoints everywhere. I think regional Public Health should come up with a plan that guarantees the protection of the safe environment that we have from a COVID standpoint. It's not necessarily stoppage points, but we think that a few things could be done, and that are pretty obvious in the circumstances.

First, we should not allow people from red zones to rent «chalets», cottages in orange zones. Second, it should be said in clear from the Government that, if someone has the great idea to switch zones and go to the orange zone, well, the curfew still applies, the rules that forbid gatherings are still applying, are still relevant. So the police will be increasingly looking at those regions to make sure that it doesn't go out of hand, because we've seen it, in the past, in the first and second waves, people going from red zones to zones where the situation is better to organize a party or things like that.

I think the signal yesterday from the Premier was very, very blurry: There will be no consequences, we will not do any follow-up. I think that's the wrong signal. The right signal should be : We will be looking at protecting those regions where the COVID has almost disappeared.

Mme Senay (Cathy) : Mr. Arseneau, you said that it's frustrating for the six regions to realize that the regional color system… that the orange zone is the new red. Did you receive phone calls from your constituents yesterday? Are they yelling at you on the phone? Like, what's the consequences, so far, for you?

M. Arseneau : No. People were expecting, after making an effort, knowing that the situation was stable in our regions, to get back to the reality that applied before Christmas. And now they discover that it's much, much stricter. So, you know, I guess they feel very disappointed, and the way they expressed it is basically on the social networks. That's how people communicate with me, at least, you know, whether it be Facebook or Messenger. That's how the discussion takes place.

Mme Senay (Cathy) : They're mad?

M. Arseneau : Well, yes, they feel like there's some kind of treason because they behaved in such a way that, you know, things improved. Although, where I'm from, on the Magdalen Islands, there were no cases before, no cases during and no cases after. So they say basically : How many cases below the zero line will we need to have to get a little more freedom? When will I be able to go and visit my aging parents? They're two in a house, we're a family, we can't see one another because the situation is such in the great urban centers that, you know, the Government will not give us any more leeway. And it's hard for them to understand.

For the first month, it was kind of this collective effort that they seemed to make even though it didn't change anything for the local situation. But how long should we impose isolation to people or older people? How long should we impose upon kids not to play sports because elsewhere the situation is not great? And that's what people are asking, basically.

La Modératrice : Une dernière question rapide, s'il vous plaît.

Mme Fletcher (Raquel) : Mr. Plamondon, I have a question for you. Yesterday, the Premier said that it's a calculated risk, meaning that you need to balance certain concerns, obviously the transmission, but things like mental health, and he made the calculated risk on what the Government was going to open. You argued for gyms to be open for physical health, but also mental health.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Based on the calculated risk, a balance of…

Mme Fletcher (Raquel) : So how do you evaluate your calculated risk versus the Premier's calculated risk? Why did you not arrive… Why do you think you didn't arrive at the same conclusion?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : First of all, it's impossible to know what part of yesterday's announcement comes from the Public Health and what part is political. We've seen it during the fall session. Sometimes, maybe often, the Government says to the Public Health : Either I'm not going to go forward with your recommendation or can you allow me to do this or do that? And they have that conversation between Arruda and Legault, and that's it. When they come out, we don't know what's the part of science and the part of politics.

And the other factor, you are correct to say we're dealing with a science that is more based on evaluating risk than pure science that is 100% obvious, because, for instance, we don't know the effect of the curfew in Québec on the number of cases. We know that other provinces didn't have the curfew and they have their amount of infections also lowering.

So I think that an underestimated factor in the way the Government is handling the crisis right now is mental health and physical health. They are also underestimating the length. They are managing the crisis exactly like during the first wave, where we hoped, at that time, that it would last only three, four months. We are in for a few more months, maybe more. We don't know. So we need to give ourselves sustainable ways of living through that crisis. And I don't think the Government is really weighing the importance of more of mental and physical health in the way the crisis is currently being managed.

M. Arseneau : If I just may add a little thing? It's hard to figure out, you know, if decisions are made upon, you know, science, data or political views.

One case in point is the museums. When they were all closed, people were so surprised. We criticized, we questioned the decision, you know: On what basis should you close museums? That was at the end of September. And there were no real reasons, like one more place to go, to gather, you know. How does it compare to restaurants and... We didn't really have a clear view on what the Government had, you know, as arguments or reasons to close the museums, but museums were quite surprised. Yesterday, it's the exact opposite. Suddenly, they're open. First surprise is in the museum sector, where they're like : Oh! on what basis did you decide to reopen museums, because we haven't changed anything? And the rules that are going to apply, as of, you know, the opening, are the same, exactly the same as the rules we applied as of June, until you closed us down.

So how can we follow this as being coherent? So there's definitely, you know, a margin of maneuver used by the Government.

Mme Johnson (Maya) : ...you were saying earlier. You said… You used a strong word, «treason», when you described how the people in your region specifically are dealing about the Government's decision. Do you think that there is a risk at this point of a backlash and eventually a refusal to respect these Government restrictions when you're living in community where there are no active... there are no new cases?

M. Arseneau : Well, I think there's definitely a break in confidence at this point that is happening. The Government used to come up with slogans, you know, and... Well, let's, you know, take on the challenge for 28 days, let's get through, you know, this and that, the other thing. And now there is no longer any sense of social or moral contract with the population. It's a waiting game. Now, they're saying : Just wait and see, we'll get back to you on February the 22nd.

So what kind of signal does it give the population? You know, what can we do to make things better when it's already good, or stable, or whatever, and when the, you know, trend is positive? It's just wait and see, stay home, go to bed early, you know, stay home at 8:00 or at 9:30. So I don't know how the population will react, but it's no longer, you know, the same atmosphere, that's for sure. It's a lot heavier on people's shoulders. That's what I think.

M. Bergeron (Patrice) : Pouvez-vous nous dire ça en français, le bris de confiance, deux petites minutes…

La Modératrice : Mais très, très rapide.

M. Arseneau : Bien, moi, je veux dire simplement qu'il y a un risque de bris de confiance si les gens ne voient plus d'adéquation entre les mesures qu'ils doivent observer et la situation épidémiologique dans leur région. Et, alors que le gouvernement lançait des slogans, lançait des défis, disait aux gens : Il faut atteindre tel objectif, et, comme ça, on va s'en sortir, vous devez obéir aux règles, soyez dociles, et ainsi de suite, mais il y avait au moins un objectif.

Aujourd'hui, ce qu'on dit, c'est : Attendez, attendez, puis, le 22 février, on va vous revenir avec des bonnes, des moins bonnes nouvelles. Ça dépend de qui? Ça ne dépend plus de vous. Vous avez fait vos devoirs. Est-ce que ça dépend du gouvernement? Est-ce qu'il a fait ses devoirs? Est-ce qu'il utilise les tests rapides, comme on disait tout à l'heure? Est-ce qu'il permet aux gens de la santé d'utiliser les masques N95? Est-ce que le gouvernement fait tout en son possible pour améliorer les choses dans les hôpitaux? Est-ce qu'il a fait appel au privé pour soutenir le public, pour s'assurer que, justement, la liste des chirurgies reportées soit diminuée?

Je pense que la population est en droit de se demander si le gouvernement fait sa part après que la population eut fait la sienne.

La Modératrice : Merci. Bonne journée.

(Fin à 8 h 52)

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