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Point de presse de Mme Manon Massé, cheffe du deuxième groupe d’opposition, et M. Gabriel Nadeau-Dubois, leader parlementaire du deuxième groupe d’opposition

Version finale

Le mardi 2 février 2021, 11 h 15

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Onze heures vingt minutes)

La Modératrice : Bon matin. Bienvenue à ce point de presse de Québec solidaire. Prendra la parole, tout d'abord, Manon Massé, suivie de Gabriel Nadeau-Dubois, tous deux porte-parole de Québec solidaire. Vous pourrez poser vos questions par la suite.

Mme Massé : Bonjour, tout le monde. Contente d'être de retour avec vous tous et toutes, là, en présence, c'est très agréable.

Alors, écoutez, la semaine dernière, la décision de la cour d'invalider l'application du couvre-feu aux personnes itinérantes, à notre sens, c'est un point tournant dans la gestion de crise de la CAQ. Quand tu es le premier ministre, quand tu prends des décisions qui affectent la vie des gens, c'est important d'avoir une boussole morale. M. Legault a égaré la sienne, et surtout personne autour de lui n'a cru bon de lui dire.

Pendant trois semaines, ils ont refusé d'écouter le gros bon sens. Le premier ministre a dit : Il y a assez de place dans les refuges. Il n'y en avait pas assez. Il a dit : Je fais confiance au discernement des policiers. La plupart ont fait preuve de discernement, mais il y a des policiers qui ont remis des contraventions aux itinérants et itinérantes. Il y a du monde sans toit et sans argent qui ont reçu des contraventions de 1 550 $. Puis en plus, bien, beaucoup d'autres, pour ne pas dire la communauté des personnes itinérantes, vivant dans l'itinérance, ont passé trois semaines avec la peur au ventre de se faire barouetter ou de se faire prendre par la police. Tout ça pour rien.

Le danger, ça n'a jamais été les personnes itinérantes. En confirmant la décision de la cour, bien, le gouvernement l'a finalement admis. Le danger, c'est de gérer la crise du haut de son bunker. Le premier ministre ne sait pas ce qui se passe dans la rue, sur le terrain, il ne sait pas ce qui arrive directement dans nos milieux de soins. Il est déconnecté du terrain.

Il nous reste encore des mois de gestion de crise. On ne pourra toujours pas ramasser les choses après coup, mais il faut qu'il y ait un avant et un après retrait du couvre-feu des personnes itinérantes. Il faut que M. Legault fasse de la place autour de sa table pour d'autre monde que des conseillers en communication. Il lui faut des conseillers, conseillères en compassion, des intervenants, intervenantes du terrain, des infirmières, du monde qui ont les deux pieds dans la vraie vie. C'est ça qu'on a proposé la session dernière avec la cellule terrain. M. Legault, comme d'habitude, n'a pas eu l'air de trouver que c'était nécessaire, même si je lui ai rappelé à plusieurs reprises. Bien, je pense que là, il vient de nous faire la démonstration qu'il en a besoin et on lui demande de s'entourer de gens du terrain pour l'aider à prendre ses décisions.

M. Nadeau-Dubois : Merci, Manon. Bonjour, tout le monde. Je suis, moi aussi, très content d'être parmi vous aujourd'hui, de commencer cette session parlementaire, à tout le moins, en partie en chair et en os. Et je pense que c'est une bonne nouvelle pour la démocratie québécoise que les partis d'opposition se remettent, à partir d'aujourd'hui, à questionner le gouvernement de la CAQ sur sa gestion de crise parce que — et Manon l'a bien dit — on a un gouvernement qui, depuis le début de la pandémie, manque d'écoute, manque d'écoute envers ce qui se passe sur le terrain et manque parfois de sensibilité, de compassion quant aux conséquences réelles de ses décisions sur la vie des gens. Et la saga du couvre-feu et des itinérants en est l'illustration la plus parfaite.

Mais ce manque d'écoute de la Coalition avenir Québec, on le sent aussi dans le domaine de la santé. Ce même manque d'écoute, on le voit quand vient le temps de prendre les bonnes décisions pour les soignants et les soignantes qui tiennent notre système de santé à bout de bras. Depuis des semaines, depuis des semaines, les infirmières, les inhalothérapeutes, les préposés, les médecins, depuis des semaines, tout le personnel de la santé crie à l'aide, tout le personnel de la santé demande d'avoir du renfort. Et, depuis des semaines, la CAQ ne fait rien.

Et il faut se le dire, même s'il y a en ce moment une baisse des cas, puis bien sûr qu'il faut s'en réjouir, notre système de santé n'est pas sorti du bois. La traversée du désert, là, pour les travailleurs, travailleuses de la santé sur le terrain, elle est loin, très, très loin d'être terminée. Il faut envoyer du renfort dans nos hôpitaux et dans nos CHSLD. Et, en ce moment, la Coalition avenir Québec, le ministre de la Santé, n'ont aucun plan pour faire ça.

Pourtant, dans les dernières semaines, Québec solidaire a fait deux propositions qui permettraient ici et maintenant, concrètement, de donner un peu d'espace et un peu de souffle à notre réseau de la santé. D'abord, réquisitionner les capacités médicales qui sont non utilisées en ce moment au sein des cliniques privées. On a nous-mêmes démontré de manière éloquente qu'il y avait des capacités médicales non utilisées en ce moment dans le secteur privé. Et mettre au pas les agences de placement privées pour qu'elles contribuent enfin équitablement à la survie de notre réseau de santé.

Aujourd'hui, je veux vous parler des conséquences humaines de cette inaction du gouvernement. Parce que le problème avec les agences privées de placement, ce n'est pas seulement que ça nous coûte cher, ce n'est pas seulement qu'on se fait avoir collectivement en finançant avec des fonds publics notre propre compétition. L'autre problème avec les agences de placement, c'est que ça fragilise le réseau de la santé au Québec et ça diminue la qualité des soins que reçoivent les patients et les patientes, que reçoivent les citoyens puis les citoyennes du Québec.

Il y a un homme qui s'appelle Éric Barrailler qui a contacté Québec solidaire pour nous parler de sa situation et du décès de sa mère. Le 23 septembre dernier, une femme, Mme Michelle Paquette, qui est décédée à Montréal suite à une cascade d'erreurs dans la gestion des soins dans le CHSLD dans lequel elle était hébergée. Et selon le rapport remis par la commissaire aux plaintes du CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal, un rapport dont on a obtenu copie, la responsabilité… en tout cas, un des facteurs importants qui expliquent le décès de cette dame, c'est écrit en toutes lettres dans le rapport, c'est la présence des agences de placement. C'est parce que le personnel qui devait prendre en charge Mme Paquette provenait d'une agence de placement, que cette personne-là ne connaissait pas les protocoles sur le terrain, ne savait pas qui contacter dans la situation… dans le cas où se dégraderait l'état de santé de madame. C'est à cause de ça que la dame est décédée.

Et cet homme, Éric Barrailler, a écrit une lettre au premier ministre François Legault. Et je veux vous en lire un extrait puis je vais la rendre bien sûr disponible au public puis aux représentants des médias. M. Barrailler écrit : «M. Legault, pourquoi acceptez-vous de payer le double, parfois même le triple du salaire des employés pour des employées provenant d'agences privées qui recrutent à même nos employés du système public et qui ne sont pas formées adéquatement selon les unités de soins et les clientèles avec qui elles travaillent? Ces entreprises agissent en parasitant notre réseau, en engrangeant des profits qui pourraient servir à la formation adéquate des employés et à l'augmentation de leurs conditions de travail. J'espère que la vie de ma mère, Michelle Paquette, ainsi que les efforts que j'ai mis dans mon combat pourront porter fruit dans le coeur de nos représentants politiques et apporter des changements tangibles dans l'administration de nos services de santé.»

Ce cri du coeur, le cri du coeur de cet homme qui a perdu sa mère à cause que notre système de santé est complètement désorganisé par la présence des agences de placement, je demande au ministre Dubé de l'entendre. Ce n'est pas juste une question d'argent, c'est une question qu'il y a des vies en jeu. Il faut soulager la pression dans le réseau. Il faut mettre au pas les agences privées de placement.

La Modératrice : On va prendre vos questions. Une question, une sous-question, s'il vous plaît.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Qu'annoncerait le premier ministre, cet après-midi, s'il faisait preuve d'une véritable écoute, d'une véritable sensibilité et d'une véritable compassion?

M. Nadeau-Dubois : Bien, la première chose, et Manon a eu l'occasion de le dire la semaine dernière, c'est de prolonger... puis ça nous semble déjà acquis, mais on ne prend pas de chance, prolonger l'exemption du couvre-feu pour les itinérants. Ça, c'est une condition essentielle.

Il y a un autre consensus scientifique qui émerge, c'est sur les très faibles risques de transmission du virus à l'extérieur. On vit en ce moment une crise de santé mentale sans précédent. Il faut, dans une perspective de réduction des méfaits, donner une soupape aux gens. Moi, j'invite la Santé publique et le gouvernement à envisager la possibilité d'assouplir les règles pour les loisirs et les activités extérieures en petits groupes. En ce moment, c'est extrêmement rigide à ce niveau-là. On dit aux gens : Vous pouvez aller à l'extérieur, mais seulement avec les gens de votre bulle familiale. On a fait une exception pour les personnes seules. C'est très restrictif. Ça a un effet concret sur la santé mentale des Québécois et Québécoises.

Donc, s'il y a un assouplissement qui représente un faible risque pour la santé publique et un grand gain pour la santé mentale, c'est celui-là. Donc, nous, on invite la Santé publique et le gouvernement à aller dans cette direction-là parce qu'il y a un consensus scientifique, tout le monde s'entend sur le fait que c'est des contacts qui sont beaucoup moins risqués que les contacts à l'intérieur. Alors, pour nous, ce serait inimaginable d'ouvrir la porte à plus de contacts à l'intérieur, notamment dans les commerces non essentiels qui, selon ce qu'on entend, pourraient rouvrir, et de rester aussi restrictif pour les contacts à l'extérieur qui sont beaucoup moins dangereux.

Mme Prince (Véronique) : Vous avez parlé aussi de prolonger l'exemption du couvre-feu pour les itinérants. En fait, est-ce qu'on devrait l'annuler, en fait, le couvre-feu? Pensez-vous qu'on est rendus là?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je n'ai malheureusement jamais reçu de données de la part de la Santé publique qui me permette d'évaluer exactement quelle mesure de confinement a quel impact sur la progression de la pandémie. Je ne suis pas le seul. À ce jour, il n'y a aucun Québécois, aucune Québécoise qui a reçu ces données-là de la part de la Santé publique, alors qu'aux dernières nouvelles François Legault s'était engagé à les rendre publics, les fameux avis de la Santé publique. Donc, en l'absence de ces données-là, moi, je ne suis pas en mesure de dire, à la place de la Santé publique qui, elle, a les données, si le couvre-feu devrait rester ou pas. Une chose est sûre, s'il reste, il doit exclure les personnes en situation d'itinérance.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Une précision. Est-ce qu'on va pouvoir faire les activités à l'extérieur en petits groupes même lors du couvre-feu? Est-ce que... Tout le monde devrait pouvoir prendre des marches lors d'un couvre-feu, après 20 heures, si...

M. Nadeau-Dubois : Oui. Moi, je n'ai pas les données de la Santé publique, je ne rentrerai pas dans ces détails-là. Ce que je constate, c'est le consensus scientifique solide comme le roc à l'effet que les contacts à l'extérieur sont beaucoup moins dangereux. Et je constate qu'on envisage de relâcher pour les contacts à l'intérieur. Donc, un plus un égale deux, si on est pour assouplir, il faut assouplir d'abord aux endroits où c'est le moins dangereux de le faire bien avant envisager de le faire pour les contacts plus dangereux. Ça, ça me semble être une logique élémentaire, incontestable. Et c'est ce qu'on dit : Réfléchissons en termes de réduction des méfaits, donnons une soupape aux gens. On est en pleine crise de santé mentale, permettons aux gens d'aller jouer dehors un peu, d'aller se promener avec quelques amis. C'est correct qu'il y ait des balises, qu'on restreigne, par exemple, le nombre de personnes, je pense que ce serait tout à fait raisonnable. Mais, si on est pour ouvrir, commençons par ouvrir là où c'est le moins dangereux. Ça, je pense... Moi, je suis capable de m'avancer là-dessus parce que le consensus scientifique, il est clair, puis, je pense, c'est le gros bon sens qui nous indique d'aller dans ce sens-là.

Mme Prince (Véronique) : Faites-vous une différence avec les régions? Parce qu'il y a, par exemple, l'Est du Québec, là, qui est pratiquement coupé du reste par rapport au nombre de cas. Là, vous parlez, dans le fond, de mesures qui sembleraient s'appliquer à la grandeur du Québec. Mais est-ce que vous pensez qu'il doit y avoir une distinction par régions?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je lis les mêmes journaux que tout le monde. Je n'ai pas plus d'information que les journalistes. En fait, souvent, j'ai l'information après les journalistes puisque le gouvernement préfère divulguer ces informations-là par des ballons d'essai aux médias plutôt que d'informer la population ou les parlementaires directement. Donc, moi, ce que je lis dans les journaux, c'est qu'on envisage des modulations par régions. Ça, je pense que c'est plutôt une bonne nouvelle. Le mur-à-mur, c'est rarement une bonne chose sur un territoire aussi grand que le Québec. Mais je ne ferai pas avec vous ce matin le plan de déconfinement de Québec solidaire parce qu'on n'a pas les données ni l'expertise pour s'avancer sur ce terrain-là.

M. Bossé (Olivier) : Mais vous avez quand même une députée en Abitibi. Qu'est-ce que... Je comprends qu'Émilise n'est pas là ce matin, mais elle, est-ce qu'elle dit : Je pense que ma région devrait être jaune ou...

M. Nadeau-Dubois : J'en ai parlé à plusieurs reprises avec Émilise, puis Émilise, ce qu'elle nous dit, c'est : Il faut permettre une flexibilité régionale, mais il faut également protéger les régions. Et moi, c'est à cet équilibre... j'invite le gouvernement à trouver cet équilibre entre, oui, ne pas avoir une approche mur à mur qui pénalise indûment certaines régions tout en protégeant ces régions-là, si jamais on applique un système de pallier, notamment en contrôlant les entrées et les sorties dans les régions. Je pense que c'est le type de mesures qui devraient aller ensemble. Puis honnêtement, ça m'étonnerait beaucoup que le gouvernement n'aille pas dans ce sens-là, parce que les élus des régions, c'est ce qu'ils disent : Donnez-nous de la flexibilité, mais assurez-vous qu'on ne soit pas non plus victimes, disons, collatérales de l'augmentation des cas dans d'autres régions.

Mme Côté (Claudie) : Mais pourtant, François Legault, la semaine dernière, disait qu'il n'était pas question de mettre des barrages routiers parce que...

M. Nadeau-Dubois : Ça ne passe pas nécessairement par des barrages, il y a plusieurs modalités possibles. Moi, ce que je dis, c'est : Il faut trouver l'équilibre entre la flexibilité puis la protection des régions.

M. Larin (Vincent) : Sur les tests rapides, M. Nadeau-Dubois, vous avez participé au briefing hier. Votre collègue, Mme Montpetit, dit : Toutes les raisons sont bonnes pour ne pas déployer les tests rapides. Est-ce que c'est un peu votre avis aussi?

M. Nadeau-Dubois : On a appris certaines choses, hier, dans ce briefing technique, mais il y a une chose qu'on n'a pas apprise, c'est pourquoi le Québec est autant en retard par rapport au Canada, et par rapport aux autres provinces, et par rapport aux autres pays dans le déploiement des tests rapides. Les tests rapides, ils ont les mêmes avantages et les mêmes inconvénients, peu importe où on est, là, c'est la même technologie partout.

Ce qu'on constate, quand on lit le fameux rapport du ministère de la Santé, c'est que ce rapport-là était, de toute évidence, prêt dès la fin octobre. Ce n'est pas compliqué, là, tous les chiffres dans le rapport datent de fin octobre. Puis, quand j'ai posé la question hier, c'est ce qu'on m'a dit : Oui, en effet, l'essentiel du rapport était prêt le 31 octobre. Donc, ma question, c'est : Entre le 31 octobre et le 11 janvier, qu'est-ce qui s'est passé? Comment ça, ce rapport-là a, de toute évidence, dormi sur un bureau pendant presque trois mois? Je n'ai toujours pas de réponse à cette question-là. C'est dans ces trois mois-là qu'on a pris du retard. Et c'est une question à laquelle Christian Dubé doit donner une réponse. Qu'est-ce qui s'est passé tout l'automne?

Parce qu'à chaque fois que les journalistes ont posé des questions, à chaque fois que les oppositions ont posé des questions, la réponse a toujours été la même : On attend le rapport du comité d'experts. Ce qu'on a appris hier, c'est que ce rapport-là, il était en grande partie prêt dès le 31 octobre. Qu'est-ce qui s'est passé entre les deux? Qu'est-ce qu'on faisait, au gouvernement du Québec? Pourquoi ce n'était pas prioritaire? Pourquoi ça a pris tant de temps?

M. Larin (Vincent) : Mais justement, vous avez participé à un briefing technique, qu'est-ce que vous en avez compris? Il est où, le problème? Pourquoi on ne les déploie pas, les tests? Est-ce que vous avez compris quelque chose du briefing technique?

M. Nadeau-Dubois : Oui, c'est ça, c'est une… sans rancune, c'est une meilleure question, parce que la position du gouvernement du Québec sur les tests rapides, elle est dure à comprendre, là. Il y a de toute évidence une grande prudence, ça, ce n'est pas nécessairement un problème, mais là, une prudence telle qu'on se prive d'outils qui ont quand même certains avantages pour lutter contre la pandémie. Ça, c'est un argument qu'on entend souvent de la part du gouvernement de la CAQ, c'est-à-dire que, parce qu'un outil n'est pas parfait ou ne règle pas tous les problèmes, on ne l'utilise pas. Hein, c'est le même argument qui a été servi à l'époque pour le masque, et c'est le même argument qui est servi par Jean-François Roberge pour les purificateurs d'air.

M. Bossé (Olivier) : Ça, c'est la Santé publique, là, qui donnait cet argument-là, hier, ce n'est pas le gouvernement de la CAQ.

M. Nadeau-Dubois : Bien, à ma connaissance, ce sont les élus, en dernière instance, qui prennent les décisions dans une démocratie, et c'est sain et normal que ce soit le cas. Je vous répète que… si on parle des scientifiques, parlons-en, le fameux rapport sur les tests rapides, de toute évidence, il était presque terminé le 31 octobre. Qu'est-ce qui s'est passé entre le 31 octobre puis le 11 janvier? Moi, c'est ma question pour le ministre de la Santé, je n'ai pas la réponse. Parce que ça, c'est trois mois qu'on a perdus où on aurait pu commencer à déployer les tests rapides, c'est du temps précieux où on a tergiversé, et je ne vois pas pourquoi... Il n'y a pas eu d'avancée scientifique significative entre le 31 octobre puis le 11 janvier, là, les conclusions du rapport sont restées les mêmes. Donc, qu'est-ce qui s'est passé? Pourquoi on a tant attendu? Il y en aurait davantage, de tests rapides de déployés sur le territoire du Québec, si on avait agi plus rapidement.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Le rapport, il disait d'aller de l'avant avec les tests rapides, de déployer massivement les tests rapides?

M. Nadeau-Dubois : Le rapport du 11 janvier a des défauts, mais il a quand même des qualités, il émet clairement des recommandations de comment les utiliser, si on veut les utiliser. Ces recommandations-là sont peut-être plus prudentes que celles du fédéral, mais celles du fédéral sont sorties le 7 octobre. Comment ça est-ce que ça sort juste le 11 janvier? Première question. Et comment ça se fait que ça prend autant de temps pour arriver essentiellement aux mêmes conclusions que le fédéral à quelques ajustements près? C'est la question qui est toujours sans réponse dans le dossier des tests rapides.

M. Bélair-Cirino (Marco) : …puis après, je vais me taire, là, puis je vais laisser les collègues poser les leurs. Mais sur la question des purificateurs d'air ou d'aération des classes, la question des tests rapides, effectivement, ce n'est pas des décisions qui sont venues du politique, c'est des experts, sauf erreur, là, à moins qu'il y ait un complot, là, qui ont recommandé, par les voies officielles, l'INSPQ notamment, au ministre de ne pas aller de l'avant, tu sais, vous en avez été témoin, là, sur l'aération. Tu sais, le Dr Arruda puis le Dr Massé, en commission parlementaire, étaient... disons, ne partageaient pas les mêmes vues que vous à ce moment-là. Donc, est-ce que le gouvernement est mal conseillé?

M. Nadeau-Dubois : Moi, ce que je constate, c'est que, sur certains dossiers, il y a des débats au sein de la communauté scientifique dont je ne fais pas partie. Moi, je ne suis pas là pour dire quel scientifique a raison, quel scientifique a tort, je n'en suis pas un. Mais je constate qu'au sein de la communauté scientifique il y a des débats, pas sur tout. Tout le monde s'entend que le masque, c'est essentiel. Tout le monde s'entend maintenant, maintenant, sur le fait que la ventilation, c'est essentiel. Mais, oui, sur des enjeux comme les purificateurs d'air ou sur les tests rapides, il y a des débats au sein même de la communauté scientifique. Il y a quand même 200 experts qui ont signé une lettre, il y a quelques semaines, pour questionner l'hésitation puis la lenteur du gouvernement à déployer les tests rapides.

Donc, ce n'est pas une opinion personnelle, ce n'est pas une opinion partisane, c'est un constat. Il y a des débats sur ces enjeux-là au sein de la communauté scientifique. Et je pense que, comme parti d'opposition, dans ces circonstances-là, c'est légitime et normal de poser certaines questions, notamment sur la lenteur de la prise de décision. Parce que ce dont je questionne aujourd'hui... ce que je questionne aujourd'hui, et j'ai bien insisté là-dessus, c'est : Comment ça se fait que ça prend tant de mois pour revenir à peu près à la position du fédéral, qui date du 7 octobre? Qu'est-ce qui explique une telle lenteur? Et ça, c'est aux élus d'être redevables de ces délais-là.

La Modératrice : Une dernière question, s'il vous plaît.

M. Bergeron (Patrice) : Vous dites que M. Legault a perdu sa boussole morale. Alors, la boussole morale, c'est quand même ce qui permet de discerner le bien et le mal, là, c'est quand même... Vous dites que M. Legault n'est pas capable de juger de ce qui est bien, de ce qui est mal ou qu'il est carrément... qu'il n'est pas compatissant du tout ou... Parce que vous dites qu'il a besoin de conseillers en compassion aussi.

Mme Massé : Bien, quand je regarde ce qui a trait aux personnes itinérantes, dès que M. Legault a émis cette idée qu'il pourrait utiliser le couvre-feu, je lui ai soulevé l'enjeu des personnes dont la maison, c'est la rue. Je lui ai amené des exemples. Les gens sur le terrain, que ce soient des intervenants directs, les groupes qui travaillent avec ces gens-là, ont joint leurs voix. La mairesse de Montréal a joint sa... Ça a pris trois semaines. Pendant ces trois semaines-là, là, il y a des gens qui stressaient à chaque seconde, entre 8 heures le soir et 5 heures du matin, parce qu'ils n'avaient pas de place où aller. Certains refuges étaient carrément fermés à cause d'éclosions, etc.

Donc, c'est ça que j'appelle de la compassion, d'être capable d'entendre qu'il y a des gens qui vivent cette situation-là et que, par conséquent, il devait agir. Mais ça leur a pris un tribunal pour trancher, pour lui rappeler ses devoirs d'humanité. Alors, oui, je considère que cette compassion-là, elle ne semble pas l'entourer non plus dans son bunker décisionnel. Et c'est d'une tristesse parce que ça touche... En fait, il y a des gens sur le terrain qui, eux, connaissent la situation. Et l'exemple qui a été amené pour l'agence de placement, ce matin, est un autre exemple que l'écoute du gouvernement, l'écoute du premier ministre doit s'améliorer pour la suite des choses.

La Modératrice : On va passer en anglais.

M. Bergeron (Patrice) : Mais la boussole morale, c'est quand même le bien et le mal, là, c'est que... Quand on parle de boussole morale, c'est être capable de dire : Ça, c'est bien, ça, c'est mal. Alors, M. Legault, il est complètement dérouté là-dessus ou...

Mme Massé : Je pense qu'il est très mal conseillé parce que, s'il avait été bien conseillé, il ne nous aurait pas dit, dans une phrase : Je fais confiance au jugement de la police, et, dans l'autre phrase, dire : Bien, non, il y a du monde qui vont se faire passer pour des itinérants. Je pense qu'il est mal conseillé.

La Modératrice : Merci beaucoup. En anglais.

Mme Fletcher (Raquel) : The first question period at the start of the session is just a couple of hours before this big press conference. We've already seen reports of what's going to be announced… big announcement. So, you will have the chance to question the Government right before… What are your main preoccupations?

M. Nadeau-Dubois : You know, we don't have the data that the Government has to decide what should stay opened and what should stay… what should be opened and what should be closed. What I do know is that there is a strong scientific consensus about the fact that outside contacts represent a pretty low risk of transmission. So, in that spirit, I think the Government should seriously study the possibility to soften up the measures surrounding outside activities. We are in the middle of a mental health crisis. We have to think about that also. And if there is one place, only one, where I think it is legitimate to say that we can lower the bar, it's regarding outside activities.

Mme Fletcher (Raquel) : What about things like gyms? The Parti québécois mentioned gyms, again for that same reason, mental health and physical health. People need to be able to move…

M. Nadeau-Dubois : I think it's the job of the Government to explain with scientific data their decision. I don't have the data regarding gyms, so it's difficult for me to say if it's a good or a bad idea. But I invite the Government to justify clearly each one of their decisions backed by objective, scientific facts. And I don't know if the Parti québécois has those facts in order to make such a demand, but, personally, I don't have them. And it's a big difference with the issue of outside activities, because the scientific consensus about the fact that outside contacts are a lot less dangerous is overwhelming. So, I think it's pretty consensual to say that it's the type of rules that could be bent a little bit in the next weeks.

Mme Johnson (Maya) : Could you just give some examples… talking of examples of the types of outside physical activities?

M. Nadeau-Dubois : Well, I think, you know, small groups of people should be able to take a walk together outside while respecting, of course, a safe distance. People should be able to maybe go ski together in small groups. It's a way to give space to a minimum level of socialisation between people. It's a way to appease the mental health crisis. And it's a way to do so without endangering people, without giving way to the virus. So, I think it's the type of decisions that should be regarded for this afternoon.

Mme Johnson (Maya) : So, instead of restricting people to family bubbles, the same address, you're looking for more flexibility there.

M. Nadeau-Dubois : I think the Government, yes, should give more flexibility on that. It's normal to have rules, and I think it's pretty obvious that it should be permitted only in small groups. But, you know, if we open non-essential businesses, and that's what we're reading in the news, this is interior contacts that are much more dangerous than contacts outside. So, if there is only one rule that we should soften a little bit, I think it's… the first one should be the rule about outside activities. A lot before considering anything else, this should be the first item on the list. Why? Because the scientific consensus is stronger than rock that this is a type of contact that is a lot less risky than interior contacts.

La Modératrice : Merci beaucoup.

(Fin à 11 h 49) 

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