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Point de presse de Mme Dominique Anglade, cheffe de l’opposition officielle, M. André Fortin, leader parlementaire de l’opposition officielle, et Mme Marie Montpetit, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé

Version finale

Le mardi 2 février 2021, 10 h 45

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Dix heures quarante-neuf minutes)

Mme Anglade : Alors, bonjour. Bien, bonjour, tout le monde, contente de vous revoir, chers journalistes, contente d'être avec vous, de retour à l'Assemblée nationale. Alors, je suis accompagnée, donc, du leader et de la porte-parole en matière de santé chez nous.

On entame la session parlementaire avec un bon niveau d'énergie, surtout de manière constructive. On va vouloir, évidemment, questionner le gouvernement sur un certain nombre d'enjeux qui sont liés à la pandémie, mais également faire des propositions. Lors de la dernière session parlementaire, vous avez remarqué qu'on a beaucoup soulevé des questions autour de la transparence, de la cohérence, de l'empathie puis de la compétence du gouvernement. On va continuer à poser ces questions parce qu'on se rend compte à quel point il y a des questions qui restent encore sans réponse.

Lorsque l'on regarde la situation par rapport à la pandémie et on regarde un certain entêtement par rapport aux tests rapides, avec les questions de ventilation également, on va vouloir comprendre la manière dont les décisions sont prises au sein du gouvernement, mais, encore une fois, on va le faire d'une manière constructive.

Évidemment, il n'y a pas… il y a nos PME, il y a nos petites et moyennes entreprises également, pour lesquelles on va vouloir s'assurer qu'il y ait des sommes d'argent qui soient alliées à un soutien à nos entreprises. Ça va être important également de regarder tout ce qui va être fait en matière de santé mentale.

Je rappelle qu'en santé mentale, on a fait une proposition qui était de faire en sorte qu'il y ait un accès universel qui soit payé par la RAMQ pour l'ensemble de la population. Cette proposition-là a été rejetée, mais aujourd'hui, on voit à quel point la question de la santé mentale reste sur toutes les lèvres et a réellement des répercussions dans toute la population et particulièrement parmi nos plus jeunes et nos plus âgés.

Dans les propositions, évidemment, que nous allons faire, nous allons parler de transparence. Je rappelle que nous avons eu une rencontre avec le Dr Arruda ici, à l'Assemblée nationale, et on a appris, à ce moment-là, qu'il y avait des avis écrits de la Santé publique. Lorsqu'on a demandé à M. Arruda de les rendre publics, il nous a dit : Il n'y aura pas de problème. Finalement, il y a eu des demandes qui ont été faites pour les obtenir, ça a été refusé, et le premier ministre s'est engagé, deux fois plutôt qu'une, à rendre publics ces avis de la Santé publique. En date d'aujourd'hui, nous n'avons toujours pas accès à ces avis.

Alors, encore une fois, la question de la transparence se pose et la question d'une enquête publique indépendante, justement, parce que ces avis-là ne sont toujours pas rendus publics. C'est un exemple de ce que nous devons continuer à poser comme questions auprès du gouvernement.

En matière d'éducation, alors, vous savez, je l'attends puisque, moi, ma fille reçoit… ma petite dernière reçoit son bulletin cette semaine. Les bulletins vont être présentés cette semaine. Il y a beaucoup de questions en matière d'éducation, de rattrapage, d'encadrement, également, qui vont susciter un certain nombre de questions de notre côté.

Par ailleurs, en matière de ce que nous allons proposer, on va évidemment, vous savez, vivre avec ce virus, mais il va aussi falloir qu'on pense à quel genre de relance est-ce qu'on veut avoir. Donc, nous allons certainement aborder la question sous l'angle d'une économie qui soit durable, d'une économie qui soit inclusive, avec des propositions très concrètes dans ce domaine.

Cette fin de semaine, j'ai eu l'opportunité de tenir une rencontre avec au-delà de 600 militants, et l'objectif, c'était de lancer une consultation sur la charte des régions. Pourquoi une charte des régions? Parce qu'on a besoin d'être collés sur les réalités terrain, même si nous sommes virtuellement en train de faire ces consultations-là, vraiment comprendre ce qui se passe sur le terrain, et amener une fin de mur-à-mur qui est à Québec présentement, et nous assurer qu'on réponde aux besoins des régions, aux besoins des familles, des garderies, des petits entrepreneurs, du développement économique, du développement social. Donc, on veut vraiment être collés sur les pulsations de ce qui se passe sur le terrain, en période de relance, et c'est pour ça que ces consultations vont nous permettre de bâtir, avec la population, la charte des régions.

Donc, un retour qui va être chargé pour l'opposition officielle, à l'Assemblée nationale, mais, encore une fois, nous arrivons ici de manière très constructive, ouverte, et ce que l'on souhaite, c'est un gouvernement qui cesse de dire qu'il est transparent et qu'il le devienne réellement.

M. Lacroix (Louis) : …l'annonce de ce soir, vous vous attendez à quoi? En fait, qu'est-ce que vous souhaitez qu'on annonce en termes… Parce qu'on parle de déconfinement, là, partiel, en tout cas. Qu'est-ce que vous souhaitez? Par exemple, est-ce qu'on doit lever les couvre-feux? Est-ce qu'on doit y aller région par région? Est-ce qu'on doit rouvrir les restaurants? Est-ce qu'on doit rouvrir les gyms? Vous souhaitez quoi?

Mme Anglade : La première chose que je vais dire, c'est la question du mur-à-mur, je pense qu'il faut se sortir du mur-à-mur et penser région par région. On doit tous être solidaires, mais, en même temps, on doit tous reconnaître que certaines régions, si elles peuvent avoir de l'oxygène, qu'elles puissent en avoir.

Maintenant, la question de savoir est-ce que c'est les gyms, les restaurants, les... Quels secteurs qui pourraient être rouverts? Moi, j'ai trois attentes ce soir. Premièrement, j'aimerais vraiment comprendre quels seront les avis de la Santé publique. Ça, c'est la première des choses.

La deuxième des choses que je vais vouloir avoir, du côté du gouvernement, c'est de savoir quelles mesures additionnelles ou quelles actions additionnelles est-ce qu'ils vont poser. Puis, quand je parle d'actions additionnelles, je veux dire : Allez-vous mettre davantage de dépistage pour des milieux d'éclosion? Allez-vous vous assurer que les quarantaines soient respectées lorsque les personnes sont diagnostiquées? Quelles sont les mesures additionnelles que vous allez mettre?

Et la dernière chose à laquelle je m'attends, parce qu'il faut qu'on évalue les risques également, c'est la question des variants : Quels sont les risques additionnels qui sont posés par les variants. Et qu'ils nous répondent, à savoir comment est-ce qu'ils les évaluent présentement, ces risques-là, et comment est-ce que ça va être pris en considération dans les décisions.

Ce qu'on ne souhaite surtout pas, c'est qu'il y ait... qu'on fasse un yoyo de confinement, déconfinement, confinement, déconfinement. Alors, moi, je serais... encore une fois : on enlève le mur-à-mur, mais qu'on nous dise exactement quelles sont les mesures qui vont être mises de l'avant pour pouvoir permettre, justement, ce relâchement.

Mme Côté (Claudie) : Est-ce qu'on doit lever le couvre-feu dans l'Est-du-Québec?

Mme Anglade : Encore une fois, qu'est-ce que l'avis de la Santé publique va nous dire? Est-ce que ça va être recommandé de lever le couvre-feu? Est-ce qu'il y a eu une incidence réelle du couvre-feu dans cette région-ci? Donc, toutes ces questions-là devront être répondues, encore une fois, par la Santé publique.

Mme Côté (Claudie) : Mais, sachant aussi que les cas d'hospitalisations baissent, les cas baissent et les travailleurs de la santé reviennent aussi plus nombreux, là, ceux qui étaient en congé maladie, est-ce qu'il faut rouvrir les robinets pour les chirurgies puis réduire au maximum le délestage?

Mme Anglade : Bien, la question du délestage est extrêmement préoccupante, puis nous, on souhaite que... Et dès le départ, d'ailleurs, on avait dit qu'on avait des grandes craintes par rapport à ce délestage-là. Donc, tout ce qu'on peut faire pour revenir et opérer les gens qui ont des besoins, absolument.

Mme Côté (Claudie) : Est-ce que ça prend un plan? Parce qu'actuellement on ne le sait pas.

Mme Anglade : Oui, ça prend un plan. Oui, ça prend un plan, de savoir quand est-ce qu'on va pouvoir récupérer toutes les personnes qui sont présentement... qui ont été délestées, comment ça va être dans les prochains mois. Puis ça va sûrement prendre des années. Quel est le plan de match du gouvernement? Absolument, oui, ça prend un plan.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Mais est-ce qu'on doit seulement s'assurer qu'il n'y ait pas de surpassement des capacités hospitalières, notamment aux soins intensifs, ou vous en profitez pour maintenir les mesures de confinement pour mettre fin au délestage puis aussi réduire la liste d'attente?

Mme Anglade : Le début de votre question, c'est quoi?

M. Bélair-Cirino (Marco) : Est-ce qu'on doit... Dans le fond, est-ce qu'on pourrait décider, puisqu'il y a une baisse des hospitalisations, notamment des gens qui sont aux soins intensifs...

Mme Anglade : En profiter pour? Oui.

M. Bélair-Cirino (Marco) : ...donc, de maintenir des mesures de confinement non pour éviter qu'il y ait un dépassement des capacités aux soins intensifs, mais aussi pour mettre fin à tout délestage puis s'attaquer à la liste d'attente?

Mme Anglade : Je vais reformuler votre question pour être sûre de l'avoir bien comprise. Ce que vous dites, c'est, dans le fond : Ne faisons pas de déconfinement, présentement, puis essayons, au contraire, de rattraper ce qui se passe avec le délestage. C'est environ ça que vous dites, en gros?

M. Bélair-Cirino (Marco) : Oui, puis s'attaquer aux listes d'attente.

Mme Anglade : Et éliminer la liste d'attente. Écoutez, moi, encore une fois, là, je vais me référer aux avis de la Santé publique. Moi, je veux entendre la Santé publique aujourd'hui, je veux entendre ce qu'ils ont à dire par rapport à ça, quels sont les risques qui sont associés à ça, quels sont les risques qui sont associés au déconfinement. Si la Santé publique nous dit : Bien, écoutez, on est capables de déconfiner et on sait qu'avec les mesures qui vont être prises par le gouvernement en termes de dépistage, en termes de risques de variants, on pense qu'on est capables d'élargir ce déconfinement-là et d'éliminer le délestage, bien, ça, ça me rassurerait comme proposition. Mais, encore une fois, on a besoin d'avoir les réponses à nos trois questions.

M. Lacroix (Louis) : Donc, c'est la prudence qui vous guide, si je comprends bien, là, aller moins vite que plus vite, là?

Mme Anglade : Principe de précaution, c'est évident, qui va nous guider, principe de non-application du mur-à-mur pour donner de l'oxygène au maximum de personnes. On est très conscients des enjeux, aussi, de tout le monde en matière de santé mentale. Mais on veut des actions du gouvernement.

Je rappelle une chose, c'est que le gouvernement, depuis le début, il a durci les mesures, il a assoupli, il a durci les mesures, il a assoupli. Mais, concrètement parlant, quelles ont été les mesures additionnelles qu'ils ont mises de l'avant? Quel traçage additionnel a été fait? Quelle contrainte pour le maintien des quarantaines a été mise en place? Quel est le type de dépistage qui a été fait en matière de tests rapides?

Quand je regarde l'Ontario, moi, je m'inquiète d'une chose, je vais vous dire, je m'inquiète d'une chose, c'est que l'Ontario est en train d'acheter des tests rapides, et je n'ai pas envie de revivre ce qu'on avait vécu dans la première vague, c'est-à-dire manquer d'équipement, de matériel de protection et d'être les derniers à se procurer ce matériel de protection et qu'ensuite on les achète à gros prix. Quel prix? Je ne le sais pas parce que les chiffres ne sont pas rendus publics. Mais on ne veut pas revivre ça. Et là, présentement, lorsque l'on voit ce que fait l'Ontario, ce que fait Hydro-Québec aussi, on est en droit de se poser la question si on n'est pas vraiment, vraiment en retard.

Mme Prince (Véronique) : Il n'y a pas une espèce de contradiction dans un sens? Parce qu'à l'automne il y avait beaucoup de critiques par rapport au code de couleurs, en disant que c'était compliqué, que ce n'était pas toujours évident pour certaines régions de s'y retrouver. Mais là, aujourd'hui, les partis d'opposition demandent un retour du code des couleurs. Donc, il n'y a pas une contradiction?

Mme Anglade : Ce qu'on demande, c'est de la clarté dans les communications. Je vous rappellerais que, lorsque le code a été présenté, ce n'est pas le gouvernement qui l'a présenté, ça a fuité dans des médias. On sait, il y avait des documents qui ne disaient pas la même chose, un disait le contraire de l'autre. C'était surtout ça, le problème de confusion. Ce n'est pas tant les couleurs que la manière dont ça a été divulgué, puis la manière dont ça a été présenté, et l'incohérence, d'une fois à l'autre, dans les présentations. Ou parfois, même, il y avait des recommandations qui étaient écrites, mais on ne les suivait pas pour toutes sortes d'autres raisons. C'est ça qui a amené la confusion. S'il y a un mécanisme qu'ils souhaitent mettre en place, qu'il soit clairement communiqué.

M. Bélair-Cirino (Marco) : …donc, vous faites toujours confiance au Dr Arruda? Vous semblez jeter le doute sur, disons, sa gestion puis les avis qu'il donnait au gouvernement, puis là, aujourd'hui, vous nous dites : Bien, il faut attendre son avis avant de…

Mme Anglade : J'ai énormément de questions pour le premier ministre et j'ai énormément de questions pour le Dr Arruda. Ce que je dis, néanmoins, c'est que depuis le départ, ce que l'on dit, d'ailleurs, c'est que l'on souhaite avoir des avis séparés de la Santé publique, qu'on comprenne bien ce qui est recommandé par la Santé publique. Et, jusqu'à ce jour, je vous rappelle que jusqu'à ce jour on n'a toujours rien eu comme avis public de la Santé publique. Ils ne nous ont jamais donné ces informations-là. Vous, comme journalistes, vous avez fait des demandes, vous n'avez pas eu accès à ces informations-là, alors que le premier ministre a dit à deux reprises qu'il donnerait accès à ces informations-là.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Mais c'est de la faute à qui, ça?

Mme Anglade : C'est le gouvernement qui doit donner accès à l'information, c'est le premier ministre au premier chef. Le premier ministre a dit… le premier ministre, au premier chef, il a dit qu'il allait rendre ces avis publics. On les attend.

M. Lacroix (Louis) : 1 053 cas aujourd'hui, 890 hier. Est-ce que vous avez l'impression qu'on est dans une sortie de cette pandémie?

Mme Anglade : Bien, je souhaite le plus possible qu'on se rapproche de la sortie de la pandémie, mais il y a encore beaucoup, beaucoup d'enjeux. Il y a encore beaucoup, beaucoup d'enjeux. Je ne vais pas commenter juste sur un chiffre, mais on souhaite tous sortir le plus rapidement possible de cette pandémie.

M. Larin (Vincent) : Est-ce que le gouvernement, pour vous, remplit sa part du contrat? Est-ce qu'il en fait assez…

Mme Anglade : La réponse courte, c'est non. Non parce que, lorsque l'on voit les enjeux dans nos écoles en matière de ventilation, lorsque l'on voit les enjeux par rapport au dépistage, lorsque l'on voit les enjeux par rapport au respect des quarantaines, on voit qu'il y a encore du travail à faire du côté du gouvernement pour remplir sa part du contrat.

M. Larin (Vincent) : …ce que vous demandez au gouvernement de faire de plus, c'est quoi, précisément?

Mme Anglade : Alors, par rapport au dépistage, l'utilisation des tests rapides, avoir un plan de match sur comment ça va être utilisé pour prévenir les éclosions, la logistique de tout ça. On a vu le premier ministre nous dire qu'il allait utiliser les tests rapides, il y a environ trois semaines, qu'il allait le faire dans quatre régions à Montréal, dans quatre endroits, quatre quartiers différents, pour que, deux jours plus tard, la Santé publique nous dise exactement le contraire. On demande de la cohérence, un plan de match, de la logistique clairement présentée. C'est ce qu'on demande au gouvernement.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Peut-être une question pour Mme Montpetit. Vous avez participé hier, à l'invitation du ministre de la Santé, à une rencontre, là, avec les professionnels, notamment, de l'INSPQ, sur les tests rapides. Êtes-vous rassurée?

Mme Montpetit : Bien, écoutez, je ne pourrais pas vous dire qu'on a appris des choses nouvelles dans le breffage technique qui a été fait hier. On s'est fait redire les mêmes arguments que le gouvernement nous dit depuis qu'il a reçu les tests rapides, au mois d'octobre, donc toujours le même message qui est sur : Ça pourrait créer un faux sentiment de sécurité, qui était le même message que la Santé publique et que le gouvernement faisaient sur les masques au printemps dernier. On a vu ce que ça a donné comme conséquences et comme décision politique par la suite.

Donc, non, nous, on va continuer de demander une stratégie nationale de dépistage qui utilise les tests rapides. Oui, on est dans une situation qui est mieux qu'il y a quelques semaines. L'idée, c'est de ne pas y revenir et donc de mettre des mesures en place, supplémentaires, comme le disait Mme Anglade. Et les tests rapides, vous l'avez vu, les différents experts sur la place publique, qu'ils soient canadiens ou qu'ils soient québécois, demandent un déploiement massif de ces tests-là. Oui, ils sont… ils peuvent être moins précis, dans certaines situations, mais je pense qu'on est dans un dialogue de sourds, à ce niveau-là, au niveau… Ce ne sont pas les tests de diagnostic, ce sont des tests qui doivent être utilisés un peu comme une salle de triage dans un hôpital. Donc, on les utilise dans des milieux à risque, on fait du triage et après ça on confirme le diagnostic. Donc, c'est un paradigme qui est complètement différent. Mais, de façon certaine, on voit, que ce soit à l'international ou que ce soit dans d'autres provinces au Canada, qu'ils sont utilisés, et je pense que la biologie des Québécois, elle n'est pas différente de celle des autres Canadiens et des gens à l'international.

M. Larin (Vincent) : Selon vous, le ministère de la Santé fait preuve d'extrême prudence, de trop de prudence? Pourquoi est-ce qu'ils ne sont pas plus déployés?

Mme Montpetit : Bien, écoutez, il y a certainement un entêtement qui est incompréhensible. Il y a beaucoup de réticence à les utiliser. Justement, on l'a vu, là, c'est déployé par projet pilote à la demande des CIUSSS. On voit qu'il n'y a pas de stratégie derrière le déploiement de ces tests rapides. On le voyait la semaine dernière, justement, le premier ministre, il y a deux semaines, qui annonçait le déploiement dans les quartiers chauds. Moi, je peux dire, ces quartiers-là sont dans ma circonscription, le CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal a dit : Ça ne fait absolument pas partie de ma stratégie, il n'a jamais été question de déployer des tests de dépistage rapide, alors qu'il y a des éclosions, que ce soit dans les écoles, dans la communauté, dans les RPA, dans les CHSLD.

Donc, ça ne doit pas se faire à la demande des quartiers. Je pense que c'est la responsabilité du premier ministre du Québec de faire une stratégie avec le ministre de la Santé, une stratégie nationale, de donner des indications aux différentes régions, de la façon dont il veut que ce soit déployé, et de leur donner les ressources également pour le faire.

M. Bergeron (Patrice) : Mais est-ce que ce n'est pas le politique, justement, qui bloque ça actuellement, selon vous? Est-ce que c'est vraiment les autorités de la Santé publique ou est-ce que c'est le politique qui dit : Puisqu'on a déjà adopté cette position-là, on ne veut pas avoir l'air fous puis on va garder cette position-là?

Mme Montpetit : Bien, écoutez, je pense qu'il faudra… On aura l'occasion de leur reposer la question. Certainement, ce qu'on nous dit : C'est un problème de ressources, ce n'est pas fiable, c'est un faux sentiment de sécurité. Donc, toutes les raisons semblent être bonnes pour ne pas les utiliser, alors que les grands experts en Santé publique, les microbiologistes nous disent que ce sont des tests qui, bien utilisés, peuvent faire la différence. Le comité d'experts fédéral, qui est quand même constitué d'experts de haut niveau recommande l'utilisation de ces tests-là aussi.

Et je regardais dans le breffage qu'on a eu hier, d'ailleurs, il y a beaucoup d'informations erronées qui ont été communiquées. Quand j'entends la sous-ministre dire que des experts... qu'il n'y a aucun expert qui recommande, ni les fabricants, l'utilisation de ces tests pour des personnes asymptomatiques, c'est faux. Donc, je pense qu'il y a aussi un niveau d'information, peut-être, qui devrait être clarifié au niveau du ministère.

M. Bélair-Cirino (Marco) : O.K. Bien là, vous dites que l'administration publique puis les experts, l'INSPQ conseillent mal le gouvernement?

Mme Montpetit : Bien, ce que je vous dis, c'est qu'il y a des informations, dans ce breffage-là technique, qui ne correspondent pas à ce qui a été communiqué par le comité d'experts sur les tests de dépistage national au niveau fédéral. Donc, je pense qu'il y a clairement de la confusion au niveau des détails, au niveau de l'utilisation de ces tests-là. Et nous, on le réitère et on n'est pas les seuls à le dire, c'est demandé par plusieurs experts au Québec, ils doivent être déployés, ils doivent faire partie d'une stratégie. Puis on doit s'assurer, justement... Là, on est dans un contexte où on... Ça devrait déjà être déployé, mais on est dans un contexte où le gouvernement doit profiter de la situation, justement, pour en faire un déploiement.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Je vous entends bien, vous parlez d'experts au Canada, dans le monde, mais ceux à l'INSPQ disent le contraire de ce que vous me dites aujourd'hui, là... Qu'est-ce qu'il faut faire, là? Est-ce qu'on doit aller à l'encontre de l'avis de l'INSPQ puis les déployer massivement?

Mme Montpetit : Bien, l'INSPQ, ce qu'ils nous disent, à l'heure actuelle, c'est : Il faudrait les déployer, mais on va prendre le temps de les déployer. Je veux juste... Si on refait, là, la séquence, là, les tests, ils ont été reçus à la fin du mois d'octobre. Les spécialistes devaient rendre un avis public, à l'époque, dans les semaines qui ont suivi. Ils avaient indiqué, à l'époque : Ça doit être utilisé dans telle, telle, telle circonstance. Ça a pris trois mois pour que le gouvernement annonce un projet pilote dans deux écoles.

Donc, déjà, moi, je me questionne sur... Il y a plein d'éléments sur... Pourquoi un seul projet pilote dans des écoles? Qu'est-ce que ce projet pilote là va nous apprendre de plus qu'on ne sait pas déjà sur les tests rapides? Ces tests rapides là sont homologués par Santé Canada. Il y a un comité d'experts, au fédéral, qui a donné des indications très précises, dans un rapport, de comment ils peuvent être utilisés. Donc, utilisons-les. Mais là on veut retester, refaire, faire des projets pilotes à la demande, alors qu'on devrait les déployer puis le faire de façon rigoureuse et sérieuse.

La Modératrice : Merci. On va passer en anglais maintenant.

Mme Senay (Cathy) : Good day. Mrs. Anglade, the Government is about to start a very delicate operation to lift some measures in different parts of Québec. What are your expectations?

Mme Anglade : So, tonight, we have… We have three expectations tonight from the Government. Of course, we understand the need to make sure that some regions don't have the same measures because they're not as impacted today as they were before. But we want to make sure that Public Health is… the recommendations from Public Health are really clear, tonight. That's the first expectation that we have. The second one is that we want to make sure that we test more people, that we use the rapid testing in order to find out where there are outbreaks. So, a real strategy around rapid testing, that's the second expectation that we have. And the third expectation is : any other variant from COVID, we want to make sure that we understand what the risks that are associated with that are and that they are presented to us tonight. So, those three elements are going to be really critical in order to say that it makes sense to lift some of the measures that are in place today.

Mme Senay (Cathy) : But you know there are risks of reopening regions and letting some regions be closed?

Mme Anglade : There is no question that there are elements of risk. In order to mitigate that risk, you need to really specify what additional measures the Government is going to be putting in place. And the Government has yet to say : This is what additional measures we're going to have. Other than the curfew, what about respecting the people in quarantine? Are we making sure that every single person that has COVID is actually tracked and stays home for 14 days? First question. Second question : How do you prevent outbreaks? How are you using rapid testing? And, for all we know right now, we're really not using anything we've got, in rapid testing, whereas other jurisdictions like Ontario are using those. And thirdly, again, there is an additional risk, right now, and it's the variant, and we don't know the impact of that.

Mme Senay (Cathy) : …just to specify this, as my last comment here : Ontario has an issue with the delay, in laboratories, to get the testing done, not in Québec.

Mme Anglade : I understand that. But what is the drawback of using rapid testing today? What is the drawback in Québec? If you can name me one reason why we shouldn't go ahead and proceed... It's simply… it's another tool that we have at our disposal. Why wouldn't we use it?

Mme Fletcher (Raquel) : Good morning. When you're talking about region-specific measures based on the number of cases, what is your suggestion or your plan to limit the travel between one region that is more infected to another region that is less infected?

Mme Anglade : The call we had last week with the Premier, the call before, one element that I made very clear is : whatever proposal they have, they have to be extremely clear in terms of what's going to be the rules for traveling from one region to the next. We're going to be entering a break session in… a school break, in about two weeks, three weeks and we want to make sure that people understand clearly what the rules are. So, this is another expectation that we have. But for sure, there will be restrictions. I can't imagine that there won't be restrictions. There will certainly be restrictions, and it's normal.

Mme Fletcher (Raquel) : But we heard the Premier say, for instance, that, you know, we only have so many police officers, and the priority should be monitoring the curfew, as opposed to stop checks. Do you agree with that?

Mme Anglade : Well, I'll say… I mean, if you have rules in place, you have to have a way to control the rules that you're putting in place. So, if you're talking about the restrictions from one region to the next, they will have to find a way to monitor that and to control this.

Mme Fletcher (Raquel) : …that Novavax… Ottawa has agreed with Novavax vaccines to be made in Montréal. Is this good news?

Mme Anglade : Anything that can accelerate the elimination of the pandemic is good news. So, yes, yes, it is.

Mme Johnson (Maya) : Good morning. We heard from the PQ this morning that they would like to see some easing of the restrictions...

Mme Anglade : Maya, can you speak louder?

Mme Johnson (Maya) : Yes, yes, yes. So, the PQ is saying this morning they'd like to see some easing of restrictions, not only region by region, but also talking about gyms, certain physical activities. Québec solidaireis saying the same thing, in terms of mental health, we should ease some of these restrictions on activities where people can get together in a safe way. Where do you stand on that?

Mme Anglade : So, we understand the need of easing the measures. We want to make sure that, if we do this, we do this in conjunction of additional work that the Premier… that the Government is going to do. So, for example, again, how do you... going to prevent outbreaks in certain areas, in certain locations, in certain companies? So, rapid testing is one way. So, what is the strategy? What is the strategy to make sure that people follow their quarantine? The Government has been saying, all along : These are the measures that people should be following. But what additional actions are they going to be putting in place in order to support the easing of the measures? That's really the… Those are the questions that we have.

Mme Johnson (Maya) : ...about gyms specifically or physical activities?

Mme Anglade : Well, physical activity is really important. And I understand the issue of mental health, for example, and that's exactly why we said we wanted to have access… a universal access to health care… sorry, to mental health. But, in order to do that, we want to make sure that the Government understands what risk is associated with that and that they bring additional measures.

Mme Johnson (Maya) : …so far, you don't think there is enough transparency in terms of the decision making or how they make these decisions?

Mme Anglade : Clearly, there is not enough transparency because we can't distinguish what is a recommendation from Public Health versus a political decision. So, we hope to see this tonight. The other element is that all the recommendations from Public Health were supposed to be public, but we haven't seen them. Although the Premier has said many times that he wanted to get them public, we haven't seen them.

Mme Johnson (Maya) : Thank you.

Mme Anglade :Thank you.

(Fin à 11 h 15)