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Point de presse de M. Pascal Bérubé, chef du troisième groupe d’opposition

Version finale

Le mardi 2 février 2021, 9 h 30

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Neuf heures trente-deux minutes)

La Modératrice : Bonjour. Bienvenue à ce point de presse. Je vais commencer par me présenter. Mon nom est Laura. Je suis la nouvelle attachée de presse. Donc, bonjour et enchantée.

Donc, bienvenue à ce point de presse du Parti québécois. Alors, ce matin, il y a Pascal Bérubé, le chef parlementaire, ainsi que Paul St-Pierre Plamondon, le chef du Parti québécois.

M. Bérubé : Merci, Laura. C'est une première fois. Vous allez la voir très souvent. Certains d'entre vous lui ont parlé déjà. Alors, c'est notre nouvelle attachée de presse à l'aile parlementaire. On lui souhaite la bienvenue. Et je veux souhaiter la bienvenue à Maxime Denis, de Noovo, qui sera avec nous bientôt, si ce n'est pas déjà fait, et dire un mot sur une mauvaise nouvelle pour la presse parlementaire, qu'on a apprise hier, avec CTV.

Alors, ça nous a touchés d'apprendre cette nouvelle-là. Et c'est important pour nous de parler à l'ensemble des Québécois, y compris à la presse anglophone. Alors, solidarité avec Maya, avec l'équipe. Alors, ça nous touche. On a toujours des bonnes relations avec l'ensemble des médias ici, qu'ils soient francophones ou anglophones. Et c'est important que le message qui est livré ici soit livré partout au Québec. Alors, je tenais à dire ce mot-là, un mot d'appréciation pour le travail fantastique de l'ensemble de la presse parlementaire, et de Maya par la même occasion.

Aujourd'hui, Paul St-Pierre Plamondon va vous parler de deux attentes importantes quant au point de presse de 17 heures, l'une qui porte sur les régions du Québec, pour qu'il y ait une véritable adéquation entre les mesures et la situation réelle, et une autre qui porte sur le sport et les gymnases. Alors, Paul St-Pierre Plamondon.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Merci, Pascal. Donc, c'est une journée importante aujourd'hui pour le Québec, et le Parti québécois a des attentes qu'on veut communiquer le plus clairement possible.

Dans un premier temps, à la lumière des chiffres dont on dispose, on demande la réouverture des gyms, des centres de conditionnement physique, et la réouverture également des sports qui peuvent être pratiqués en toute sécurité. De notre point de vue, oui, les commerces, c'est important, mais la santé mentale et la santé physique des Québécois est tout aussi, sinon plus importante que la santé économique.

Donc, deuxième chose, également, pour ce qui est des régions où on ne retrouve pratiquement plus de cas de COVID, nous demandons la fin des couvre-feux. Donc, Bas-Saint-Laurent, Gaspésie, Côte-Nord, Abitibi et Saguenay—Lac-Saint-Jean, on demande la fin des couvre-feux. Et on réitère, on rappelle au gouvernement ce qui a été publié sur le plan scientifique en septembre dernier, le code des couleurs qui venait de la Santé publique, le 14 septembre dernier, où, essentiellement, lorsqu'il y a entre 1 % et 3 %... dans la proportion de tests positifs, lorsqu'on est à 1 % à 3 %, on est dans la zone jaune, quand on est en bas de 1 %, on est dans la zone en vert.

Donc, c'est important de ne pas changer en cours de route les codes de couleur et de demeurer cohérent sur la hiérarchie dans laquelle on fonctionne, c'est-à-dire jaune, orange, rouge. Et, par-dessus rouge, on est arrivés avec une mesure qui atteint les libertés des gens, la liberté de circulation, soit le couvre-feu. Donc, logiquement, si certaines régions sont dans la zone jaune ou dans la zone verte, il n'y a pas de raison de limiter les allées et venues de la population. Donc, on demande une approche qui n'est pas mur à mur, mais bien une approche par région, qui est respectueuse du schème scientifique que le gouvernement nous a nous-mêmes... a lui-même imposé à la population à l'automne dernier.

Et, dans un dernier temps, pour ce qui est des tests rapides, évidemment qu'on félicite le gouvernement d'avoir une approche d'ouverture par rapport à ces tests-là, mais on constate que c'est extrêmement timide. On dort, en ce moment, sur plus de 2 millions de tests rapides. Partout dans le monde, non seulement on utilise tous les tests rapides, mais on en redemande pour détecter les foyers d'éclosion le plus rapidement possible. L'hésitation, le conservatisme, on pourrait même parler de la peur du gouvernement d'utiliser ces tests-là nous semble incompréhensible, parce que, de notre point de vue, la science n'est pas différente en Ontario que ne devrait l'être au Québec.

Sur ce, je prends vos questions.

Mme Côté (Claudie) : M. St-Pierre Plamondon, sur les gyms, vous demandez que ce soit rouvert partout au Québec, là, même à Montréal?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui. Les centres de conditionnement physique ont déjà tout à leur disposition pour respecter une distanciation. Mais également c'est déjà dans les moeurs de laver les appareils avant et après. Donc, avec des mesures bien expliquées, très claires, ce ne sera pas un foyer d'éclosion. Ce ne l'était pas à l'automne, et on n'a pas de raison de croire… Et il faut balancer la santé physique et mentale de la population, d'une part, avec la prévention des éclosions. Et, de notre point de vue, on doit porter plus d'attention à la santé physique et à la santé mentale de notre population.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Mais, si la Santé publique recommande de ne pas les rouvrir, vous demandez au gouvernement Legault d'aller à l'encontre des recommandations de la Santé publique.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui. En fait, ce n'est pas qu'on va à l'encontre de la Santé publique, c'est qu'on utilise les mêmes critères que la Santé publique utilisait à l'automne. On présume...

M. Pilon-Larose (Hugo) : …à l'encontre de ce qu'ils demandent?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Évidemment, je ne peux pas me prononcer sur un raisonnement de la Santé publique qu'on n'aura pas encore entendu. On va attendre le point de presse de 17 heures. Mais, en préparation de ce point de presse là, nous croyons que, dans l'ensemble des facteurs qui doivent être considérés, il n'y a pas que l'épidémiologie, que le nombre de cas, il y a également la préservation de la santé physique et mentale de la population. Ça doit être mis dans la balance. Et on n'a aucune indication scientifique comme quoi les salles de conditionnement physique sont des épicentres, des lieux, des foyers de contagion.

Mme Prince (Véronique) : En même temps, ça fait plusieurs fois que vous demandez un retour au code de couleurs pour des allègements dans les régions. Le gouvernement a ouvert la porte à un code de couleurs modifié, dont on risque d'avoir l'annonce aujourd'hui. Il n'y a pas, en quelque part, des craintes, quand même, que des gens aillent en région à la semaine de relâche, se louent des chalets? Alors, si on laisse vraiment tomber les mesures...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Attention, il n'est pas question de tout laisser tomber les mesures. Il est question simplement de donner, par région, des mesures qui sont représentatives de la situation au niveau de l'épidémie. Et ensuite la Sûreté du Québec l'a fait lors des autres vagues… peut s'assurer qu'il n'y ait pas de mouvement entre les régions. Il y a plusieurs mesures qui peuvent être prises de manière préventive, mais ce n'est pas…

M. Lacroix (Louis) : Vous demandez des barrages?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ça peut être des barrages. Et, de mon point de vue, c'est la santé publique régionale… Parce que l'efficacité des barrages s'est avérée être variable d'une région à l'autre. C'est à la santé publique régionale de se faire entendre et d'arriver avec des plans de prévention des épidémies. Mais on ne peut pas, par contre, faire payer des régions, limiter inutilement les libertés des gens dans certaines régions où, littéralement, on n'a plus aucun cas de COVID en ce moment.

M. Lacroix (Louis) : Mais comment on fait pour empêcher un attroupement de Montréal, par exemple, là où… M. Dubé a dit qu'il y avait deux Québec, là, tu as Montréal puis le reste. Comment on fait pour empêcher ces gens-là d'aller, mettons, en Gaspésie ou d'aller dans le Bas-du-Fleuve puis d'aller sur la Côte-Nord? Comment on fait pour les empêcher de faire ça?

M. Bérubé : Comme dirait le Dr Arruda, si vous le permettez, c'est variable d'une région à l'autre. Au Bas-Saint-Laurent, notre position est claire, c'est un barrage routier à l'ouest, à La Pocatière. Ça avait bien fonctionné au printemps. Ça permet de contrôler... Avec la semaine de relâche… Je veux dire, la dernière fois, le bouc émissaire, c'était la semaine de relâche. Là, on sait qu'elle s'en vient et que les gens ne pourront pas voyager à l'extérieur. Alors, il faut que ça soit accompagné de mesures pour conserver les chiffres aussi bas.

Je viens de me prononcer sur le Bas-Saint-Laurent. C'est ma région. Mais, en Abitibi, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, sur la Côte-Nord, en Gaspésie — quoique la Gaspésie, c'est la même bulle, là, c'est le même espace — ça doit être considéré. Sinon qu'est-ce qui empêche quelqu'un de quitter une zone avec beaucoup de contraintes vers une zone qui a peu de contraintes? Et c'est là le risque. Quand Mme Prince faisait référence aux mesures qu'on avait, effectivement, on avait le code rouge ou orange, mais il n'y avait pas de couvre-feu pour personne. Donc, c'était comme plus, plus…

Alors, la demande qu'on fait pour cinq régions du Québec, c'est d'enlever les couvre-feux également, qui était une mesure qui ne s'avérait pas nécessairement si essentielle. La preuve, il y a seulement le Québec qui le fait, et les chiffres descendent partout.

M. Lacroix (Louis) : Donc, on aurait l'Est du Québec, où les gens pourraient circuler… parce que, de région en région…

M. Bérubé : Gaspésie—Bas-Saint-Laurent.

M. Lacroix (Louis) : La Gaspésie—Bas-Saint-Laurent pourrait même prendre le traversier, aller sur la Côte-Nord, parce que là-bas non plus, il n'y a pas trop… Mais il y a presque… Là, ça, il y aurait vraiment comme une espèce de démarcation, de frontière où tu dis : Tu viens de l'ouest, tu ne vas pas là.

M. Bérubé : Raisons essentielles.

M. Lacroix (Louis) : Donc, on ferait deux Québec, l'Est du Québec puis le reste?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est parce que, si on n'a pas cette logique-là de déconfinement graduel en fonction des données par région, est-ce qu'on va attendre que chaque quartier de Montréal soit parfaitement vert avant de mettre des mesures au Saguenay? Il va falloir forcément y aller d'une approche graduelle où on gagne, contre la COVID, du terrain. Là, on a certains terrains qui sont gagnés. Mettons les protections nécessaires pour ne pas reculer dans ces régions-là. Mais c'est impensable pour nous que toutes les régions du Québec attendent que chacun des quartiers de la région de Montréal soit devenu au vert avant d'avoir des allègements. Donc, il faut y aller par région, dans une approche qui est responsable et qui est menée par la Santé publique régionale.

M. Lacroix (Louis) : Et les restos?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, on va attendre… On est ouverts à ce que la Santé publique va dire là-dessus. Souvenez-vous que ce n'était pas la recommandation de la Santé publique à l'automne dernier.

M. Lacroix (Louis) : Bien, vous vous prononcez pour les gyms. Les restos, est-ce qu'on les ouvre ou…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : On l'espère fortement. On va attendre l'annonce de 17 heures.

M. Lacroix (Louis) : On les ouvre ou on ne les ouvre pas? Vous vous êtes prononcés sur les gyms. Vous avez dit : Les gyms, c'est oui. Alors, pourquoi vous ne vous prononcez pas pour les restos? Est-ce que, les restos, c'est oui ou c'est non?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : J'espère fortement que, les restos, ce soit oui, mais je vais attendre l'annonce. Je n'ai pas d'indication de ce que sera la proposition ou la décision du gouvernement à la lumière de la Santé publique, mais évidemment qu'on espère que nos restaurateurs obtiennent un peu d'oxygène.

Mme Prince (Véronique) : …il va arriver quoi, là? C'est quoi, l'avertissement que vous lancez au gouvernement? Il va y avoir une démobilisation?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, je n'ai lancé aucun avertissement, en fait.

Mme Prince (Véronique) : Qu'est-ce qui va se passer si le gouvernement, justement, ne déconfine pas, autant que vous le souhaitez, l'Est du Québec?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est difficile, parce qu'en ce moment on ne travaille avec que des choses qui ont coulé, là, comme c'est souvent l'habitude avec le gouvernement, là. On a quelques éléments qui sont non confirmés. Donc, je ne peux pas prédire l'avenir, parce que l'annonce n'a pas eu lieu. Mais c'est certain que le rôle d'une opposition, c'est de proposer pour que la gestion de la pandémie soit optimale et soit respectueuse, dans la mesure du possible, de la population.

Et on pense, ce matin, qu'avec les chiffres qu'on voit, en prenant la science qui a été mise de l'avant par le gouvernement à l'automne dernier, donc ce n'est pas comme si on s'inventait une science, on prend les mêmes paramètres, ce qu'on se rend compte, c'est qu'on est devant des zones vertes ou des zones jaunes. Et, dans ce cas-là, un couvre-feu semble complètement incohérent avec l'échelle, la gradation des… pas des sanctions, mais des mesures qui ont été prises.

Et on a des données nouvelles par rapport à l'automne dernier, par rapport à la santé mentale de notre population. Il faut que les gens bougent. Il faut que les gens aient des occasions de prendre soin d'eux. Il n'y a pas que les commerces. Et, en ce moment, ce qui m'inquiète, et ce qui justifie notre intervention avant coup, c'est que toute la discussion porte uniquement sur l'aspect commercial, alors qu'on a des jeunes qui sont sur leurs tablettes huit heures par jour depuis des mois.

Donc, le travail d'une opposition, c'est d'intervenir en disant : Il y a aussi la santé mentale et la santé physique de la population. On s'en occupe. Puis les gyms, les sports organisés qui ne posent pas de problème font partie de cette équation-là. Ce n'est pas qu'une question de nombre d'hospitalisations et de cas par jour.

M. Larin (Vincent) : …vous vous substituez à la Santé publique en prenant les chiffres comme ça puis en faisant des recommandations… Le gouvernement a pris des recommandations de scientifiques…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui, mais ce que je vous dis, c'est que moi, j'ai repris la grille scientifique applicable l'automne dernier. Je présume que la science n'a pas changé tant que ça. Mais l'autre chose que je vous dis également, c'est que, dans la mesure où la Santé publique ne nous parle pas, à nous, la Santé publique ne parle qu'au premier ministre… et font des points de presse conjoints, nous, comme opposition, on travaille avec des données limitées. Mais on ne s'empêchera pas, parce que la Santé publique ne nous donne pas toutes les données, de parler au nom de la population qui voit la santé physique et la santé mentale dépérir. Donc, on a un rôle à jouer par rapport à ça, d'être leur porte-voix, là, sans pour autant remettre en question la science.

M. Bélair-Cirino (Marco) : M. St-Pierre Plamondon, est-ce qu'on vit dans une dictature du sanitaire, selon vous?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je pense que c'est un peu tiré par les cheveux parce que ce serait de ne pas tenir compte du contexte. On est tous d'accord, à ma connaissance, avec le fait qu'il y a des sacrifices à faire pour sortir de la crise. On vient d'en faire plusieurs, dont des sacrifices qui, vraiment, s'attaquent à des libertés fondamentales comme celle de circuler. Donc, on est partants, là. Au Québec, on est des gens qui collaborons. Mais, lorsque les chiffres s'améliorent, il y a une tentation, potentiellement, pour le gouvernement, de tomber dans la facilité et de continuer dans le mur-à-mur, de continuer dans des mesures qui sont très, très, très contraignantes parce que ça fonctionne. Oui, ça fonctionne, mais à quel prix par rapport à la santé physique et la santé mentale des gens?

C'est là que l'opposition doit embarquer et dire… Je comprends que c'est plus simple, du mur-à-mur. Je comprends que ce serait plus simple de mettre un couvre-feu 24 heures sur 24. Il n'y en aurait pas, d'éclosion. Mais les gens doivent vivre également et les gens ont droit à une santé physique et à une santé mentale. Et c'est là que l'opposition a un rôle à jouer, sans remettre en question pour autant la science, mais simplement en disant : Bien, nous, on travaille avec le peu de données qu'on a et on constate que, suivant les paramètres applicables l'automne dernier, bien, on devrait être en zone verte ou jaune dans plusieurs régions, et donc il ne devrait pas y avoir de couvre-feu. Il devrait y avoir des activités comme le sport et le gym.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Pour les gens qui habitent dans le Grand Montréal, là, qu'est-ce que vous demandez en leur nom, à part la réouverture des gyms puis la permission de faire des activités sportives?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, en ce moment, on n'a pas de façon de... On ne sait pas exactement ce qui sera les mesures annoncées pour Montréal, mais on met l'emphase sur la prévention énormément. Donc, si on est assis, si on dort littéralement sur 2 millions de tests rapides, et que la réponse du gouvernement, c'est certains tests, des fois, de manière très, très prudente… Une façon d'aider Montréal, c'est de dire : Écoutez, là, s'il y a encore des foyers d'éclosion à Montréal, on va les détecter de manière plus agressive, parce qu'en ce moment on n'est pas dans la même science que l'Ontario, d'autres provinces canadiennes et d'autres pays dans le monde, et c'est très inquiétant. Une façon d'aider Montréal, c'est de sortir Montréal de là le plus rapidement possible. D'autres questions?

M. Bossé (Olivier) : …que vous nous montrez, là, vous vous souvenez qu'à l'automne ça fait aussi partie du coulage… Il n'y a aucun critère de ça qui n'a été donné officiellement ni par la Santé publique ni par le gouvernement. On pense que c'est ça, les critères…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : En fait, ça, c'était une présentation à la Fédération des médecins spécialistes du Québec. Donc, ça, je le sors de là. Mais vous avez raison de dire que le flou entre le politique et la Santé publique, ça aura été le frein principal à un travail consciencieux tant des journalistes et des politiciens, parce qu'on n'a pas l'information. L'information est gardée entre François Legault et le Dr Arruda. Dans un monde idéal, on l'a demandé peut-être 15 fois, on aurait eu plus de transparence à ce niveau-là.

Mais, quand même, on peut utiliser les communications du gouvernement et se dire : Est-ce qu'en ce moment on a un gouvernement qui s'apprête à tenir compte de tous les facteurs, pas que les commerces, pas que le nombre d'hospitalisations, mais également le fait qu'on a des jeunes qui sont encabanés depuis des mois? On a des personnes qui veulent légitimement juste prendre une marche, faire un sport comme le badminton ou prendre un cours de ski alpin. Il va falloir avoir une approche autrement que le mur-à-mur. Et là on est légitimes, c'est légitime de le demander parce que les chiffres viennent soutenir tous les efforts qui ont été consentis par les Québécois au cours du dernier mois.

Mme Côté (Claudie) : …on est dans une situation complètement différente que lorsque le code des couleurs a été annoncé, là.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : En quoi?

Mme Côté (Claudie) : Bien, en fait, le code…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : En quoi la science a-t-elle changé en termes de code des couleurs?

Mme Côté (Claudie) : Je ne parle pas de science, mais, quand on a mis le code des couleurs, la situation épidémiologique était différente. Là, il y a un couvre-feu mur à mur. Est-ce que, vraiment, on peut se baser sur ce code des couleurs là? Il n'y avait pas les variants. Il n'y avait pas la semaine de relâche qui s'en venait. C'était complètement différent…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, en fait, c'est que le code de couleurs sert à changer une région selon, justement, les variants, la semaine de relâche puis les données épidémiologiques. Mais les critères, s'ils changent, en tout cas, le gouvernement nous expliquera ce qui a changé dans la science pour que la couleur d'une région ait changé puis pour que le couvre-feu s'applique désormais à une région qui est dans le vert ou qui est dans le jaune. Il va falloir une explication très convaincante parce que ce sera un retournement important sur le plan scientifique.

Donc, je pense que, dans l'adhésion, pour revenir à la question de tantôt, c'est sûr que, plus on est cohérents puis plus ça se tient, plus la population, bien, va comprendre puis va adhérer. J'ai l'impression que les Québécois vont adhérer peu importe quoi, parce qu'on est tous ensemble dans la volonté de se sortir de cette pandémie-là. Mais, devant des indicateurs sérieux sur la santé mentale des Québécois, sur la santé physique des Québécois, c'est le rôle des oppositions de poser des questions et de dire : Est-ce que, vraiment, on a tout envisagé pour l'ensemble des critères sur le bien-être des Québécois et pas seulement ce qui touche à l'épidémie elle-même?

M. Bélair-Cirino (Marco) : M. Legault dit toujours adopter les mesures suggérées, recommandées par la Santé publique, ou aller au-delà de celles-ci. Donc, je comprends que vous, vous dites que M. Legault peut aller en deçà des mesures préconisées par la Santé publique et l'expliquer?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, en fait, on ne sait pas ce qui se passe entre le Dr Arruda et François Legault. Et jamais, aux points de presse, le gouvernement ne nous spécifie très clairement là où il est allé au-delà de la norme.

Et, il faut le dire aussi, on est devant une science qui est très incertaine. On me posait la question hier : Quel est l'impact du couvre-feu sur le nombre de cas par jour? La réponse, c'est : On ne le sait pas. On se doute que le cause à effet principal, c'est qu'il n'y a plus de Noël, puis il n'y a plus de jour de l'An, puis il n'y a plus de magasinage du temps des fêtes. Mais est-ce que le couvre-feu a eu un impact déterminant ou pas? On est devant de la science qui se construit au fur et à mesure.

Donc, lorsqu'on a des données sur le fait que les salles d'entraînement, les gyms ne causent pas d'éclosion selon les connaissances qu'on a, bien, il y a un jugement à poser, à savoir, bien, est-ce que la santé mentale et physique des gens justifie qu'on prenne ce risque-là, qui nous semble minime compte tenu des données qu'on a? Donc, il faut en prendre puis en laisser au niveau de la science, parce qu'on ne le sait pas, c'est quoi, les discussions entre le Dr Arruda et François Legault. Et, dans le cas de certaines causes à effets, bien, c'est des données très récentes, pour lesquelles ce serait surprenant qu'on ait une science parfaite et très, très précise.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Est-ce que le gouvernement peut passer outre des recommandations de la Santé publique?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non. On demande au gouvernement de suivre les recommandations de Santé publique, mais on pense que la Santé publique devrait considérer la santé mentale et la santé physique des gens, pas seulement le nombre d'hospitalisations. Si la Santé publique est seulement dans le nombre d'hospitalisations, on fait une erreur grave par rapport à des groupes qui ne seront peut-être jamais infectés de la COVID, mais qui ont des pensées suicidaires, ou qui ont de l'embonpoint, ou qui souffrent de solitude. Ça aussi, ça compte dans la santé des gens, là. Ce n'est pas qu'un calcul d'hospitalisations.

La Modératrice : On va prendre les questions en anglais.

Mme Fletcher (Raquel) :...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : I'm sorry, didn't hear that.

Mme Fletcher (Raquel) : Do you have doubts about the effectiveness of the curfew? You said that it could be because Christmas is past.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : We just don't have any data, so we don't know. That's the truth. We also know that other provinces do not have that curfew and they have data that it is going in the right direction as well. So what is the causation, what is the link between that curfew and the data we have right now? The truth is we don't know, and we haven't got any communications from the Government or the Public Health that enlightens our understanding of that. So we don't know.

Mme Fletcher (Raquel) : That's why you're calling for the end to the curfew in certain regions?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : It's more an issue of coherence. So, if you have green, yellow, orange, red, and, on top of red, we went with a curfew, well, there's a hierarchy here, so a region in yellow or green shouldn't have a curfew. It's not coherent, because, in terms of limiting rights of our citizens, it is an important limitation, so it should be in a coherent hierarchy. That's the point.

Mme Fletcher (Raquel) : ...«la semaine de relâche» coming?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Well, I think there's been other vacations with curfews, without curfews. That's for the Public Health to determine. But, if a region is dealing with no cases right now, it's very hard to defend the idea that we would have a curfew while all the activities are still going on. So we'll have to listen to the «point de presse» this afternoon because we don't have the details, but it is an important consideration.

Mme Senay (Cathy) : …of crisis management, we don't have the doses of vaccines coming as planned, we don't know the impact of the variants, and it's simpler, it's true, for the Government to have wall-to-wall measures for people. Don't you think it's logical for now to keep it as it is or the Government is completely disconnected with what's happening in other regions in Québec?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Well, you said it, it's easier. But what about mental health and physical health of our citizens? What about the consequences of being in that curfew, in that confinement for a long period of time? If the Public Health does not take those consequences into consideration, it's very easy, as you said it, to say, as a Government: We'll keep it wall… everywhere, in Québec, the same. We will not ask ourselves questions about mental health and physical health of our citizens because we see that our measures are effective in terms of number of cases per day, but that will be a very incomplete job. That will be a very dangerous approach to the situation because we know right now that people are suffering consequences from that confinement.

Mme Senay (Cathy) : And I would like to hear you, Mr. Bérubé, like, don't you think that what… your suggestions, this morning, it is political, because you represent, as MNAs, people in the regions where there are not a lot of cases for weeks, but…

M. Bérubé : The management of this pandemic is political. Since day one, the Government's doing politics every single day. So they took political decisions. It's not Dr. Arruda who decides what we're going to do together in Québec, it's the Prime Minister. The Premier decides to take a decision.

So, in my area, Lower St. Lawrence, we feel that we have small numbers. We want to keep it that way, but we want more liberty in a kind of a bubble. So, for Maria, we need to bring back police at the west end of the Bas-Saint-Laurent. So that's for my area. So, if Premier Legault and Christian Dubé say : Don't travel there, it's not going to be enough. So we need something more powerful for that, and it's up to the Government to decide. Is that responding to your question or not at all?

Mme Senay (Cathy) : It's just that Saguenay—Lac-Saint-Jean, all of a sudden, this fall, became the center, the epicenter…

M. Bérubé : Not anymore.

Mme Senay (Cathy) : But it may just reverse very rapidly.

M. Bérubé : I don't know. Dr. Arruda should invite us all and show us the documents in the way he took his decision. And this is why we propose things that… We have great links with the people of Québec, and we feel that people need sports for their mental health, for their health. They need gyms and they need, in some areas, like Abitibi, Saguenay—Lac-Saint-Jean, Côte-Nord, Bas-Saint-Laurent, Gaspésie, that… If you don't get rid of some restrictions, people are not going to follow anyway the other conditions because they feel that they do what they have to do. They have a great number.

So, if we want people to still be involved, we need to send a message today. And this is what Paul's saying, for those five areas, we need to get rid of the curfew. It makes sense. For the people of those areas, they write to us, they have CAQ MNA's, but they tell them to not say anything in public. So they count on us to say those kinds of things here, in the National Assembly.

Mme Johnson (Maya) : Mr. Plamondon, obviously, every policy decision is about risk management.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : It is.

Mme Johnson (Maya) : And so the Government is taking calculated risks with every decision it's making. So you're saying that you believe it is worth the risk of reopening gyms and allowing sports activities to resume?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Certain sports.

Mme Johnson (Maya) : OK. Can you explain?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Certain sports who are low-risk. So you can't treat «lutte gréco-romaine», wrestling, at the same level of risk than alpine ski or tennis. And each federation came up with a plan, and they have different levels of risk. Those who are not… Sports that are not risking public health should be allowed, and gyms are part of that. Why? Because you're always at two meters distance. You're always washing your equipment. And we have data suggesting that it was never a place where there was… outbreaks.

And, therefore, we need to take into account in the… what constitutes public health. We need to take into account not only the level of infections, but also the mental and physical health of everyone. And that's a difficult balance to make, but, when you have regions that are in green or yellow, based on the grid we had during the fall, people should be allowed to do certain activities that are good for their mental health and their physical health.

And, for Montréal, it's more difficult to rule. We will wait for the data. But, for certain regions, it would be very difficult to accept that, after always upscaling — can I say that? — increasing measures, over measures, over measures, with the data we have right now, that there would be still measures that are extremely heavy on individual rights. That would be very hard to understand, I think.

Mme Johnson (Maya) : You're saying it's unfair. Essentially, the regions are being penalized for the current situation in Montréal?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Some regions. But it's not an issue of being penalized. It's how do we manage our victory over the virus. Are we going to wait that every single area within Québec is free from the virus to have measures elsewhere? Obviously, no. We'll have to go in a… We have to win a field… We'll have to win territory over the virus. And now we have a few territories that are virus-free. People should be allowed… We should maximize the sports, the activities that are good for the health of the people there. And we will gain ground over the virus gradually, but we cannot wait for every single city in Québec to be virus-free before we lift the curfew, for instance. It wouldn't make any sense. We would be like this for months.

La Modératrice : Merci à tous.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est beau? Merci.

La Modératrice : Ça va conclure le point de presse. Merci.

(Fin à 10 h 1)

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