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Point de presse de Mme Manon Massé, cheffe du deuxième groupe d’opposition, et M. Sol Zanetti, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de santé et services sociaux

Version finale

Le mardi 22 septembre 2020, 11 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Onze heures quatre minutes)

Mme Massé : Bonjour, tout le monde, contente de vous voir ce matin. Alors, jeudi passé, j'ai parlé de passer un nouveau contrat social entre la population et le gouvernement. Si le gouvernement est transparent et donne des consignes claires, les Québécois et Québécoises vont les respecter, vont respecter les consignes de santé publique. Ça demande de la cohérence, ça demande de la clarté.

En ce moment, on peut se poser quelques questions : Est-ce que les mesures qui ont été adaptées à de… pardon. Est-ce que les mesures adoptées sont adaptées à la gravité de la situation? Je ne sais pas. Pourquoi avoir déclaré qu'on était dans une deuxième vague hier et pas la semaine dernière? Je ne sais pas. En fait, on doit avoir un maximum d'information. C'est pour ça qu'on a demandé, jeudi dernier, au gouvernement de rendre publiques les recommandations de la Santé publique pour nous aider à nous faire une tête nous aussi.

L'une des questions qu'on se pose aujourd'hui, c'est : Qu'est-ce qui arrive avec les enquêtes de traçage? Il manque du personnel pour faire les enquêtes. À Montréal, il y a seulement 30 personnes qui sont au bout du téléphone pour vous retracer si vous avez été en contact avec quelqu'un qui a le COVID, 30 personnes pour faire les enquêtes à Montréal, alors qu'on sait, depuis des semaines, que la deuxième vague est à nos portes. Avec la marge de manoeuvre dont le gouvernement dispose actuellement, ça ne m'apparaît pas très normal. Ce n'est pas ça, à mon sens, être prêt, ce n'est pas ça, à mon sens, avoir utilisé tout le temps qu'on avait cet été pour y répondre. On savait que ça s'en venait, on savait que ça allait arriver. Plus le nombre de cas augmente, plus on va avoir besoin de personnel pour faire ces enquêtes. On n'a pas besoin de monopoliser des infirmières pour faire ce genre de travail là, l'important, c'est d'embaucher des gens et de les former.

La CAQ n'est pas prête à la deuxième vague, mais que je n'entende pas pas les libéraux nous dire qu'eux autres, ils auraient fait mieux. Ça, ça m'insulte. Ils ont coupé 33 % du budget de la Santé publique dans les dernières années, et là je ne parle pas des ravages qu'ils ont faits dans l'ensemble du système de santé et d'éducation. Honnêtement, là, je vous dirais : Les libéraux, gardez-vous donc une petite gêne, s'il vous plaît.

M. Zanetti : Bonjour. On le voit, là, de plus en plus, ce que les experts nous disent, c'est que, le rempart pour la deuxième vague, c'est la question du dépistage, des enquêtes, du traçage, tout ça, là, la prévention, c'est la façon de ne pas revivre ce qu'on a vu au printemps dernier. C'est là-dedans, là, qu'on devrait concentrer le plus gros de nos énergies et qu'on devrait mettre les ressources, puis c'est à ça qu'il faut travailler maintenant. Or, ce qu'on réalise, c'est que le gouvernement ne fait absolument pas le nécessaire.

Savez-vous combien ça prend… combien une personne peut faire d'enquêtes suite au dépistage d'un cas positif en une journée de huit heures? La réponse, c'est trois enquêtes, à peu près trois enquêtes peuvent être faites. Si on revit le scénario du printemps dernier où on a eu, là, dans les pires journées, plus 1 100 nouveaux cas à l'échelle du Québec, ça veut dire que, pour ne pas prendre de retard dans les enquêtes épidémiologiques qui suivent le dépistage, il nous faut à peu près 368 personnes qui font des enquêtes à l'échelle du Québec. En ce moment, on a su que, vendredi, là… qu'on a su vendredi qu'à Montréal il y a 30 personnes qui font ça, puis qu'ils sont en train d'en former 50 pour amener ce chiffre-là à 80 à l'endroit où il y a eu la plus grosse… disons, le plus de cas au Québec. On est vraiment loin du compte. J'ai le sentiment qu'on ne prend absolument pas ça au sérieux.

Combien il y a de gens qui font ça dans la Capitale-Nationale, combien il y en a de gens qui font ça à Montréal, combien il y a de gens qui font ça pour l'ensemble du Québec? On est vraiment loin du compte. Il nous faudrait 350, peut-être 400 personnes qui font ça à l'échelle du Québec. Et, en ce moment, là, on ne prend absolument pas cette situation au sérieux. Ce que ça va avoir comme conséquence si on continue comme ça, bien, c'est que les gens vont se faire tester positifs, puis tous les contacts qu'ils ont eus, ils ne seront pas contactés ou, s'ils vont être contactés, ça va être après cinq jours, 10 jours. Déjà, il y a deux semaines, dans ma circonscription, il y a des gens qui m'ont dit… on parle d'il y a deux semaines à Québec, là : Je viens de recevoir un courriel de la Santé publique, le 9 septembre, ils me disent de m'isoler à partir du 4 septembre. Là, on n'était pas encore dans la deuxième vague officiellement.

Alors, il y a vraiment une situation préoccupante. Il faut vraiment remettre l'argent dans la Santé publique et engager du monde rapidement. Et les gens, là, qui vont faire ces enquêtes-là, ce n'est pas obligé d'être des infirmières, alors on n'est pas limités par le manque d'infirmières qu'il y a dans le reste… dans le réseau, on pourrait aller de l'avant avec cette solution maintenant.

La Modératrice : Merci beaucoup. On va prendre vos questions.

M. Larin (Vincent) : Est-ce qu'on est trop… Vous avez vu le cas du Lordia à Laval, où il y a 200 personnes qui ont fait le party en fin de semaine dernière. Il n'y a pas eu d'amendes qui ont été données. Est-ce qu'on est trop gentils selon vous, là — les policiers?

M. Zanetti : Bien, je pense qu'il faut, en ce moment, être surtout plus clair. Il faut être clair avec les consignes puis que les gens réalisent à quel point il est important de les respecter puis qu'on fasse, peut-être, de la communication au sujet des conséquences de ce qui arrive quand on ne respecte pas les consignes. La journée d'hier, d'un point de vue de la communication des consignes, elle a été catastrophique. On a un ministre de la Santé dont on a l'impression qu'il ne comprend même pas les consignes qu'il est supposé transmettre. Et moi, ça me fait penser que ce n'était peut-être pas une bonne idée de changer de ministre de la Santé en pleine pandémie en mettant là quelqu'un qui n'a aucune expérience concrète du réseau de la santé ou de la santé publique.

M. Larin (Vincent) : Mais en tout respect, M. Zanetti, si vous avez lu l'article comme il faut, là, la police est passée dans le restaurant, a averti les gens, la police est repartie, les gens se sont relevés, ont recommencé à danser. L'établissement, aujourd'hui, n'a toujours pas été mis à l'amende. Je veux dire, tu sais, la sensibilisation, elle a été faite sur place même. Les policiers sont venus sur place, mais il n'y a toujours pas d'amende qui est donnée, là. Je veux dire… C'est adéquat, selon vous?

M. Zanetti : Bien, je pense qu'il faut laisser, là, les gens qui étaient sur place puis les services policiers faire leurs enquêtes. J'ai vu qu'ils en faisaient davantage dans les restaurants. Alors, là, je ne veux pas m'immiscer puis dire aux policiers comment agir et quoi faire exactement. Je pense que ce qui est la responsabilité du gouvernement, c'est de s'assurer d'être clair dans les consignes qu'ils donnent pour susciter une grande adhésion dans la population. Il ne faut pas qu'on se mette à penser que pour pallier à la déficience de clarté du gouvernement actuel, la solution, c'est plus de répression nécessairement. Je pense qu'il faut garder le focus sur la question de la clarté puis la question aussi de la transparence puis les ressources qui sont disponibles pour limiter la pandémie.

M. Laforest (Alain) : Qu'est-ce que ça vous a dit, hier, quand vous avez appris qu'au Kirouac, il y a un décès direct relié aux évènements karaoké, là?

M. Zanetti : Bien, c'est vraiment triste puis je pense que c'est devenu un peu, cet évènement-là, une icône pour les gens de Québec, là. Les gens réalisent les conséquences que ça peut avoir très concrètement parce que c'est dans nos quartiers que ça s'est passé. Tous les gens qui sont déjà allés au Kirouac avant la pandémie se disent peut-être : Ça aurait pu être moi. Et puis je pense que tout le monde, aussi, réalise à quel point il faut faire attention, à quel point des actions qui ont l'air anodines peuvent avoir des conséquences funestes.

M. Lacroix (Louis) : Mme Massé, est-ce qu'il faut donner davantage de pouvoir aux policiers pour leur permettre d'intervenir à l'intérieur des résidences sans mandat?

Mme Massé : Non. Non, non. Je veux dire, ça prend toujours un mandat pour entrer dans une résidence privée. Là-dessus, on va s'entendre. Et je pense qu'il ne faut pas confondre la nécessité d'envoyer un message clair comme quoi il faut respecter les consignes, mais de permettre... de donner plus d'autorité aux corps policiers, ce n'est pas la voie à suivre. Le mandat est nécessaire. Le mandat doit être autorisé par quelqu'un de la cour. Et, je vous dirais, vous savez comme moi, quand on reconnaît les problèmes qui existent dans nos corps policiers, de profilage racial, et etc., donner plus de pouvoir pourrait nous permettre de craindre des dérives autoritaires qu'on ne veut pas au Québec.

La Modératrice : Une dernière question en français?

M. Lavallée (Hugo) : Mme Massé, donc toute la question du traçage, là, si vous faites le bilan de ce que vous voyez en ce moment, la situation dans les écoles, le nombre d'hospitalisations qui augmente de manière plus importante ces derniers jours, donc quelle est l'essence du problème? C'est vraiment dans la communication du gouvernement, la confusion que vous évoquiez d'entrée de jeu?

Mme Massé : C'est clair que la confusion... Quand notre ministre de la Santé semble être lui-même perdu dans les consignes qu'il donne, c'est difficile aussi pour les gens de s'y retrouver. Alors donc, cette transparence, cette clarté dans les consignes à donner nous apparaît un élément majeur. Mais, ce qu'on vous dit aujourd'hui, c'est : À partir du moment, et c'est ça qu'on voit dans les dernières heures, là, c'est une augmentation de cas positifs, c'est la transmission communautaire, et là, la clé de ça, c'est un test rapide, des résultats rapides et une équipe de traçage qui va permettre rapidement d'entrer en contact avec les gens qui ont été en contact avec une personne infectée.

M. Lavallée (Hugo) : Est-ce que le premier ministre doit revenir à l'avant-scène puis donner des consignes lui-même plus clairement, là, comme il faisait au début de la pandémie. Là, je comprends qu'il est en isolement, là, mais... de le faire virtuellement.

Mme Massé : Écoutez, ce gouvernement-là, c'est une équipe. Elle travaille en équipe. Moi, je m'attends à ce qu'un ministre de la Santé est capable de savoir c'est quoi, les consignes que la population du Québec doit respecter.

La Modératrice : En anglais.

Mme Senay (Cathy) : Can I ask you the source of the problem right now? Because just for contact tracing, when you go back and you say : OK, there are 30 people in Montréal doing this. There are 50 training. Well, the Government, when it announced its plan for the second wave announced also more than $100 million for hiring workers in the Public Health to… for contact tracing in regions. So, there are measures in place. What I would like to clarify with you is : What's the source of the problem right now with with the Legault Government and the second wave that we are fighting at this point.

M. Zanetti : The Public Health doesn't have the means necessary to do its complete job. They need more persons, they need more people doing those inquiries, this tracing because, actually, if we go back to where we were during the first wave, we won't be able to trace everybody. We would need, for example, I don't know, for more than 1,000 new positive cases of COVID-19, we would need not to accumulate a backlog, we would need like 368 persons to do the inquiries, to do the tracing. And now they're only 30 in Montréal, and soon 80, but we are far from what we need.

Mme Senay (Cathy) : But basically, the Government knew that the battle was coming, but the army is still not ready.

M. Zanetti : Yes, exact, and they had all summer to do it. And what they told us is : We are preparing ourselves for the second wave, we will be ready, we are ready. And what we are seeing right now is that we are in the second wave, we're not ready. There is not enough people in the Public Health. And they have to move quickly because it's now the time, this is the critical time right now.

Mme Senay (Cathy) : There is an increase… with the… hospitalizations today, there is an increase of 20. What does that tell you? Because, so far, there was an increase of cases, like, the number of tests and hospitalizations remained stable. Today, there is a jump of 20, we haven't seen a jump like this for hospitalizations for a long time. What does that tell you?

M. Zanetti : It tells me that we have to be ready to face the same things that we faced last spring, and we have to be ready for even more. So, we have to do more than what we did, and we have to have better tracing.

Mme Senay (Cathy) : One last question. The fact that Christian Dubé goes back and forth many times… just in the last week, he went back and forth a lot, clarifying… coming back to press conferences and he… How does that harm the Government in its own mission right now?

M. Zanetti : Because the Health Minister doesn't send a clear message to the population. He seems like he doesn't understand himself the measures that he's telling everybody to apply. So, this is a real problem. And what I think of his… Was it really a good idea to change the Minister of Health during a pandemic, putting in place a person who has no experience of the health system? Was it a good move? I don't think so.

Mme Massé : Maybe, if I can, I will say, when I see Liberal members say that they will do better than the CAQ Government, I want to remember them that they cut «un tiers» of the budget of the Public Health, so it's funny for me to see the Liberal members said : We will do better than the CAQ. They did worse in the past.

La Modératrice : Merci beaucoup…

Mme Senay (Cathy) : …le 80, puis le 30, 50, ça, c'était hier que ça a été dit en conférence de presse? Où est-ce que vous avez pris ces chiffres-là?

M. Zanetti : Oui, ça, ça a été vendredi. Un article de La Presse qui disait : Il y a 30 personnes à Montréal, 50 en formation, puis… mais nous autres, ce qu'on dit, c'est qu'à l'échelle du Québec, si on veut être capables de gérer 1 100 enquêtes par jour, il faudrait 368 personnes et plus. Donc…

Mme Senay (Cathy) : 1 100, ça, ça vient d'où…

M. Zanetti : Bien, 1 104, c'est la plus grosse journée d'avril, en termes de nouveaux cas.

Mme Senay (Cathy) : Ah! O.K., O.K., je comprends, parfait. Excellent.

Mme Massé : …qu'on risque de dépasser.

Mme Senay (Cathy) : On n'est pas là encore… Vous n'avez pas validé nécessairement le nombre de personnes qui sont affectées au traçage à Montréal, mais c'est les informations que vous avez dans La Presse de la semaine passée.

M. Zanetti : C'est ça, puis on va probablement poser une question là-dessus aujourd'hui.

Mme Senay (Cathy) : Ah! O.K. Parfait. Merci beaucoup.

(Fin à 11 h 19)

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