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Point de presse de M. Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation

Version finale

Le mercredi 16 septembre 2020, 9 h 05

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Neuf heures cinq minutes)

M. Fitzgibbon : Alors, bonjour. Bonjour, tout le monde. Je pense qu'il y a plusieurs sujets que vous voulez aborder et je pense qu'on a dit qu'on va parler de l'aluminium, peut-être.

Alors, évidemment, hier, on a appris la nouvelle que les tarifs étaient pour être éliminés selon certaines conditions. Évidemment, on est très contents. Le gouvernement fédéral a fait son travail. Nous avons été de concert avec eux, avec Mme Freeland. Je lui ai parlé à plusieurs reprises. On a parlé aussi beaucoup aux délégations du Québec à l'étranger, on a parlé aux États américains. Je pense que c'est une très bonne nouvelle.

Évidemment, il y a des bémols. Il faut s'assurer que le rééquilibrage entre les produits de valeur ajoutée et produits de commodité soit respecté, mais je pense que ce qu'on voit depuis quelques mois... le Québec est capable d'exporter des produits à valeur ajoutée. Donc, je pense qu'on va être satisfait de la situation et je pense qu'on a pu éliminer ces tarifs-là qui auraient été un peu dommageables pour notre industrie.

Une voix : Sur Le Panier bleu. Panier bleu.

M. Fitzgibbon : Panier bleu. Effectivement, Panier bleu, on annonce ce matin que nous allons investir 3 millions de dollars pour continuer l'évolution du Panier bleu. Le Panier bleu, on comprend, c'est une initiative qui a été lancée durant la COVID, initiative qui se veut d'englober le contexte d'achat local qui devient très important pour le gouvernement, pour le Québec.

Donc, nous avons des chantiers qui sont en cours d'exécution. Toute la question logistique est très importante pour accéder aux produits québécois, plateforme électronique qu'on va aussi vouloir bonifier. On a au-dessus de 100 personnes qui travaillent, de l'industrie, comme bénévoles pour regarder comment on peut faire évoluer Le Panier bleu et dans quelle direction on veut aller. Donc, d'ici quelques mois, on pourra vous revenir, mais, entre-temps, on va vouloir bonifier carrément la perspective du Panier bleu. C'est un média qui est très important pour la mobilisation de nos commerçants, de nos produits locaux.

Alors, je suis très encouragé de voir l'évolution, puis c'est un projet qui va devenir très porteur pour le Québec dans les prochaines années.

Mme Crête (Mylène) :Ça va servir à quoi, cet argent-là, spécifiquement?

M. Fitzgibbon : Pardon?

Mme Crête (Mylène) :Ça va servir à quoi, cet argent-là, spécifiquement?

M. Fitzgibbon : En partie, ça va servir à l'amélioration technologique du Panier bleu. Ça va servir aussi avec certains exercices qu'on va faire avec des consultants pour savoir jusqu'où Le Panier bleu devrait aller. Ça devrait être un site transactionnel? Ça devrait être un site pour offrir la chaîne logistique? Il y a plusieurs possibilités et il était clair pour moi qu'il fallait avoir des experts du milieu pour nous aider. Donc, il y a des frais de consultations qu'on va faire pour arriver avec des recommandations très tangibles d'ici quelques mois.

Mme Crête (Mylène) : Mais c'est 3 millions pour des frais de consultation?

M. Fitzgibbon : Bien, c'est un projet... Le Panier bleu, c'est un organisme OBNL, donc il va survivre pendant encore un bout de temps. Donc, c'est un frais d'opération qui va pour un an, un an et demi. Il faut comprendre aussi que, dans l'exercice, il y a du privé qui va investir de l'argent aussi. On a une contribution financière et qu'on appelle «in kind» de l'ordre de 20 % du montant global. Donc, le gouvernement finance à peu près 75 %, 80 %, le privé est là. Donc, on continue Le Panier bleu puis on va avoir des évolutions sur ces...

M. Lacroix (Louis) : Êtes-vous en train de préparer une nouvelle aide advenant le cas où on soit obligé de reconfiner certaines parties de l'économie? On pense entre autres la restauration, les bars dans les zones, par exemple, qui pourraient tourner au rouge, là, à l'orange, etc. Est-ce que vous êtes en train de préparer une nouvelle aide?

M. Fitzgibbon : Bon, ça aussi, c'est une bonne question. Je pense que... J'ai toujours dit qu'on a eu le confinement, évidemment, on a eu la réouverture puis on a la relance économique, trois phases très différentes. Bon, le confinement, on s'entend que ça a été relativement facile, là... ça a été dur, mais facile pour le gouvernement. La réouverture a été plus compliquée, un petit peu.

Ce qu'on a voulu faire dans la réouverture, c'est de mettre de la liquidité de disponible dans tous les systèmes économiques québécois, autant la grande entreprise que la PME. Et je pense qu'à date je suis satisfait de voir les résultats. Autant les banques ont aidé; le programme du PACTE d'Investissement Québec, on a presque 1,5 milliard qui a été approuvé, pas déboursé au complet encore; plus de 700 compagnies. Les FLI, les Fonds locaux d'investissement pour les PME, on a mis 150, on a rajouté 100. On a présentement 3 000 entreprises qui ont bénéficié d'assistance, une moyenne d'à peu près 34 000 $. Alors, moi, je suis à l'aise de voir que l'écosystème a pu survivre.

Maintenant, évidemment, la vraie question, c'est la relance. La relance, il y a quatre phases importantes. La première, c'est de supporter nos «clusters» stratégiques, bon, sciences de la vie, l'électrification, l'aérospatiale. Il y en a plusieurs. Il faut que le gouvernement joue un rôle pour pallier au manque d'investissement privé qui va probablement survenir dans les prochains 12 à 18 mois. L'aéronautique, ça va être très difficile. Je pense qu'on le sait tous.

Deuxième créneau, sur le côté de la balance commerciale, achat local et exportation, il n'y a pas de paradoxe de dire qu'on veut exporter plus, mais, en même temps, on veut importer moins. Beaucoup d'efforts là-dedans. Le Panier bleu est une des mesures.

La troisième, c'est l'innovation, numérisation. Un des problèmes qu'on a au Québec, beaucoup de nos commerçants n'ont pas investi, c'est le retard qu'on a au Québec. Il faut que les programmes du gouvernement puissent encourager nos PME à investir, et c'est là que le gouvernement a un rôle à jouer.

Maintenant, il n'y a aucun doute, entre temps, il ne faut pas qu'il y ait d'hémorragie. C'est sûr que l'automne va être difficile sans égard à la pandémie, parce que, bon, le tourisme, même le niveau culturel, il va y avoir une période qui va être relâchée. On regarde présentement quels seraient les programmes que nous pourrions mettre en place pour s'assurer que la grande partie de nos PME de moins que cinq employés puissent survivre.

Le fédéral a fait un très bon programme avec la subvention salariale qui permet d'avoir ramené près de 600 000 personnes à l'emploi. L'autre dépense importante, c'est le loyer. Malheureusement, le programme ne fonctionne pas présentement avec le fédéral. Je travaille avec mon collègue Eric Girard, je travaille avec le fédéral pour voir comment on peut bonifier ce programme-là parce qu'il faut trouver une façon d'avoir une injection d'argent généralisée. Je ne veux pas que le gouvernement choisisse les restaurants, les bars, les cabanes à sucre. On ne s'en sortira pas et on n'a même pas les compétences pour le faire. Donc, j'essaie de trouver une façon, et c'est un sujet qui est très proche de nous parce qu'on veut évidemment éviter des faillites excessives.

Mme Côté-Chabot (Claudie) : Mais il y a des propriétaires qui disent qu'ils ne passeront même pas le mois, là, s'il y a des besoins supplémentaires qui sont... Les propriétaires de bar et de restaurant spécifiquement, là, qu'est-ce que vous leur répondez?

M. Fitzgibbon : On va regarder sur une base généralisée. On ne peut pas... On n'aura pas de programme pour les bars. Ça, je peux vous le confirmer aujourd'hui parce que, sinon, on n'en finira plus.

Alors, moi, je pense qu'on doit par contre... On a à peu près 45 000 entreprises au Québec, là, des moins que cinq employés, autant les salons d'esthéticiennes que des bars, des restaurants et cabanes à sucre. Il faut tous les voir de la même façon, là. On ne peut pas commencer à choisir. Pour ces gens-là, il est clair qu'on va vouloir faire quelque chose parce que la subvention salariale du fédéral n'est pas suffisante. Alors, il faut complémenter au Québec...

M. Lacroix (Louis) : Mais, M. Fitzgibbon, vous avez dit... juste revenir sur une phrase que vous avez dite : Il ne faut pas qu'il y ait d'hémorragie. Qu'est-ce que vous voulez dire par là? Ça veut dire, ça, qu'il ne faut pas revenir à ce qu'on a vécu le printemps dernier?

M. Fitzgibbon : Non, je le dirais plus en termes des entreprises. On parle... Il y a plusieurs chiffres qui sont circulés présentement. Le FCEI réfère à peut-être 25 000, 30 000 entreprises qui pourraient fermer leurs portes. Je pense qu'il faut minimiser l'hémorragie de fermetures d'entreprise.

Est-ce qu'on va toutes les sauver? La réponse, c'est non, c'est impossible. Je pense que la COVID va faire que des sociétés vont vouloir se réinventer. Certains l'ont fait, d'autres ne l'ont pas fait. Certains étaient déficients avant même la COVID, vont devoir disparaître. Alors, c'est dur, parler comme ça, mais je pense que le gouvernement... Alors, je référais à...

M. Lacroix (Louis) : Je comprends, mais je vais vous poser une question autrement, à l'inverse. Il arriverait quoi à l'économie, aux PME, entre autres, si on devait revenir en arrière et reconfiner l'économie comme on l'a fait le printemps dernier? Est-ce que ce serait possible de faire ça ou si c'est un scénario qu'on ne peut pas envisager sur le plan économique?

M. Fitzgibbon : Bien, écoutez, sur le plan économique, ce serait un désastre. Cela étant dit, la Santé publique va être le groupe qui va décider. Écoutez, si c'était pour recommencer, bien, le déficit de 15 milliards que nous avons présentement, bien, il sera augmenté de façon importante. Alors, ce n'est pas l'économie qui va dicter s'il y a un confinement ou non, de toute évidence, mais je peux dire qu'au niveau économique, s'il y avait un autre confinement comme on a vécu au printemps, ce serait un désastre.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Mais justement, par rapport à ça, si... En fait, vous faites beaucoup d'efforts pour la relance. On sait que, s'il y a un autre confinement, vous dites que ce serait un désastre. Est-ce qu'au gouvernement, à ce moment-là, vous travaillez à baliser les manifestations de complotistes, comme on a vu hier, pour dire : Le droit à la manifestation, c'est acquis, au Québec, mais il faut respecter des règles sanitaires, dont porter le masque?

M. Fitzgibbon : Bien, écoutez, premièrement, je donne beaucoup de crédit à M. Dubé, le ministre de la Santé, et au premier ministre. C'est un sujet qu'on a discuté hier soir en caucus. Je vais laisser les experts en parler. Nous sommes soucieux de ça. Il est évident que la prise de conscience de la population pour permettre de ne pas reconfiner est excessivement importante. Je pense que le premier ministre fait un très bon travail pour communiquer ça, M. Dubé, la même chose. Ça fait que je vais juste répondre en disant que l'économie est un peu à la remorque de ce qui va se passer au niveau de la population.

Moi, je dis que ça va être un désastre, mais en même temps, bien, il faut travailler sur des plans A, B, C. Et, si jamais il fallait se reconfiner, ce que je ne pense pas, mais, tu sais, qui je suis pour dire ça?, bien, il va falloir mettre plus d'argent dans le système, le gouvernement va devoir mettre de l'argent dans le système. On ne peut pas laisser les entreprises mourir, là. Ça, ça n'arrivera pas.

M. Bellerose (Patrick) : ...un hélicoptère allemand, alors qu'on en fabrique ici au Québec? On a eu les explications du MTQ, mais ça fait quand même plusieurs fois pareil que le gouvernement fait affaire avec des compagnies étrangères, McKinsey, Cossette, qui n'est plus une propriété québécoise. Où est le réflexe achat local du gouvernement du Québec?

M. Fitzgibbon : Bien, écoutez, premièrement, c'est une exception, hein? Je pense qu'on sait tous que le Québec, la Direction générale des services aériens gouvernementaux travaille avec des hélicos de Bell, là. On a toujours travaillé avec Bell pour des raisons d'appel d'offres, des raisons de valeur du service. Ici, on a une situation d'exception où, malheureusement, il est arrivé l'accident du mois de janvier 2020 au Saguenay. Le ministère des Transports, M. Bonnardel, a autorisé immédiatement le D.G., j'oublie l'acronyme, qui s'occupe de l'achat des appareils, de dire : C'est en urgence, allons-y immédiatement. Eux ont fait le travail, puis ils ont déterminé que l'Airbus H4215 était celui qui était le plus habilité sur une base de service usagers. Ils l'ont acheté. C'est sûr que le ministère de l'Économie, j'aurais préféré un avion local, le panier local, Le Panier bleu, mais je pense que les circonstances étaient atténuantes, je pense, c'est une exception. Puis j'ai essayé de rassurer les gens de Bell qu'effectivement on aime leur produit, puis dans un contexte d'appel d'offres comme dans le passé, on a toujours acheté des Bell.

M. Lacroix (Louis) : ...11 millions sans appel d'offres.

M. Fitzgibbon : Bien, écoutez, 11 millions sans appel d'offres... C'est 13 millions, en passant. Mais, écoutez, vous avez peut-être raison, mais il y a une urgence aussi. Vous comprenez le contexte, là. Tu sais, on a une perte d'un hélico. On a trois hélicos, à ma connaissance, au service gouvernemental. On ne peut pas se permettre ne pas en avoir un troisième. Alors, le ministère des Transports, M. Bonnardel, a fait la bonne décision, c'est une situation d'urgence : aller en acheter un usagé. Parce que neuf, ça aurait pris deux, trois ans avant qu'il soit configuré. C'est comme les masques, hein? On a fait le travail avec Medicom, moi, je suis content de l'avoir fait, puis il n'y a pas eu d'appel d'offres. Quand il y a des situations d'urgence, je pense qu'il faut... Mais vous avez raison, il faut faire attention. Si on fait du gré à gré dans tout, ça ne marchera pas. Mais je pense, dans ces cas-là... Moi, je me suis réconforté sur le...

Le Modérateur : On va prendre une dernière question en français, après ça on va aller en anglais.

M. Bellerose (Patrick) : ...général, on peut s'attendre à avoir un réflexe achat local de la part du gouvernement. Est-ce que toutes les fois on va avoir une préférence pour une compagnie locale, si elle existe?

M. Fitzgibbon : C'est sûr. Puis écoutez, il faut toujours commencer par nous-mêmes, hein? On peut promouvoir l'achat local puis peut-être, comme agents acheteurs, on devrait commencer par nous, là. Je pense que c'est clair qu'on va faire ça. De toute évidence, il faut respecter les accords bilatéraux. Moi, ça incombe à mon ministère. Alors, il faut faire attention parce qu'on fait du gré à gré local, on ne respecte pas les ententes bilatérales, et il ne faut pas oublier que nous sommes une communauté qui veut aussi exporter. Il y a un paradoxe, là. Bien, ce n'est pas un paradoxe, je veux... mais on veut exporter d'un bord puis on veut moins importer de l'autre bord.

Ce que je réponds à ça, c'est qu'on a 23 milliards d'écart déficitaire présentement. 23 milliards, c'est beaucoup. Je me dis : Quand même qu'on augmenterait de 5 milliards nos exportations puis qu'on réduit de cinq l'importation stratégique, on est encore en déficit de 13. Ça fait que, je me dis, on a encore une marge de manoeuvre, on est encore libres échangistes. Mais vous avez raison, comme gouvernement, M. Legault a été très clair : Nous devons favoriser l'achat local, de toute évidence, le faire de la bonne façon.

Je dirais, hier, juste pour une anecdote... pas une anecdote, mais Amazon, j'étais excessivement content, je connais bien la société, Amazon qui a acheté 10 camions électriques fabriqués par Lion. C'est magique. Alors, Amazon, ils doivent avoir des critères économiques assez importants. Donc, il est possible que l'achat local soit possible. Le Panier bleu est maintenant chez Amazon.

Le Modérateur : ...in English.

M. Bellerose (Patrick) : ...bon employeur, quand on voit qu'ils n'offrent pas le boni de 1 000 $ aux nouveaux employés, au Québec, qu'ils vont exiger des heures supplémentaires obligatoires, est-ce que c'est un bon employeur, Amazon Québecc?

M. Fitzgibbon : Écoutez, j'ai vu ça comme vous ce matin, là. Je n'étais pas familier avec le détail. C'est une décision de l'entreprise. C'est dur pour moi de commenter, je n'ai pas beaucoup d'information. Mais, encore une fois, ils ont acheté 10 camions électriques de Lion. Je trouve ça extraordinaire. Donc, Amazon a Le Panier bleu. Alors, moi, je suis bien content.

Le Modérateur : In English...

M. Carabin (François) : ...revenir à l'idée de rendre Le Panier bleu transactionnel. Vous, de prime abord, qu'est-ce que vous en pensez?

M. Fitzgibbon : Bien, écoutez, il faut faire... C'est sûr... Écoutez, on pourrait-u, demain matin, avoir le fameux Amazon Québec qu'on parle depuis des années? Je pense que tout le monde aimerait voir ça, mais il faut être réaliste, là. Il faut être réaliste parce que, pour moi, il faut y aller par étapes. Et d'ailleurs, c'est pour ça que les chantiers, c'est important, parce qu'on a des experts qui sont là. Moi, je ne suis pas un expert en transactions en ligne. La problématique n° 1 qu'on a, je pense, c'est promouvoir les produits locaux, s'assurer que nos producteurs soient compétitifs. Parce qu'on veut acheter local, mais pas à une prime de 25 % par rapport aux étrangers. Donc, il faut travailler, nous, comme gouvernement, pour s'assurer que nos compagnies puissent performer.

Après ça, la chaîne logistique. Quand on produit des biens à Rivière-du-Loup, comment est-ce qu'on peut s'organiser pour qu'ils soient disponibles le lendemain matin à Rouyn-Noranda? Ce n'est pas évident. Alors, toute la chaîne logistique, et ça, c'est le chantier, pour moi, le plus important. Après, il faut permettre aux commerçants d'être numérisés. Parce qu'à l'époque, là, il y avait comme 15 % des commerces qui pouvaient transiger en ligne. C'est un chiffre qui est désolant. Il faut que ça monte à 50 %. Ça, c'est un programme que le gouvernement doit mettre en place pour que les compagnies fassent ça.

Alors, il faut évoluer la chaîne logistique. Il faut évoluer la numérisation. Après ça, est-ce que c'est à nous, au gouvernement, au Panier bleu, d'avoir un «market place» panier bleu? Je ne suis pas sûr. Peut-être, mais je ne suis pas sûr. Je crois qu'il faut faire attention. C'est beaucoup d'argent, là. Ce que M. Bezos a investi chez Amazon, là, c'est des centaines de millions, là. Il faut être réaliste, là. Nous, on y va à coups de 1 million, 500 000 $.

Alors, je ne veux pas induire les gens en erreur, mais, pour conclure, je serais aussi satisfait, moi, si on pouvait avoir un site où les produits québécois sont bien inventoriés — puis ce n'est pas parfait encore, là — sont bien inventoriés géographiquement, géolocalisation. Puis après, s'il y a une transaction, on va sur le site puis, woups! on embarque chez le commerçant, et là il y a une chaîne logistique, un entrepôt. Parce que c'est tout le problème des entrepôts. Alors, je ne pense pas qu'il faille aller nécessairement à un site transactionnel. Puis il faut carrément monter l'eau du lac parce qu'on n'est pas là, présentement.

Le Modérateur : In English.

Mme Crête (Mylène) : Mr. Fitzgibbon, as we speak, there is a presentation, at the city of Montréal, with the impacts of the pandemic on the economy, on the metropolis. If they say that it's going to be a really... not all businesses will survive. That's what you were saying. But then the number of cases are on the rise. What do you say to Montrealers? What would be the solution, if you've been repeating yourself for months that you cannot save all businesses?

M. Fitzgibbon : Listen, I had a discussion with «mairesse» Plante two weeks ago. She met with Premier Legault this week. I am concerned, as we all are, about the doldrums in which the downtown Montréal operates. Unfortunately, on the one hand, even if tomorrow morning the Government would allow people to go back to office towers, people would not go back because people are concerned about going back to towers. So, we have a situation where I think it might take years before we get the same number of people in the office towers in Montréal.

So, therefore, what can we do in the meantime? I think some store owners, some restaurants, bars will have to change. Some will disappear because… the same mass of people. We need to do, at the Government… is to provide, what I talked earlier, the safety net, so the SMEs with five employees or less have somehow a means to absorb some of their costs. There's two major costs in a small business, labor and rent. Labor, I think we have a program, with the Federal Government, that works. The rent is not working. So, I'm trying to figure out a way: Can we enhance that so the SME owners can benefit from a reduction of rent going back to April, probably, until the end of the year? I think that's the measure we need to take, combined with having some specific actions to promote cultural events, to the extent possible within the confinement of the Public Health, and also with tourism with the hotels.

So, it's not easy, but it is a focus, and we're trying to work hard with Michel Leblanc, of the Chambre de commerce, with Valérie Plante, myself and the Premier's office.

Mme Senay (Cathy) : ...are not there forever. If we go back to a lockdown... how would you see that if we had to go back to a lockdown in Montréal?

M. Fitzgibbon : Well, actually, I think Montréal is already locked down. Have you walked in Montréal recently? It is dismal. So, it is a lockdown as far as I'm concerned. The number of people in the office towers, I don't know what it is, 10%, 15%. So, I don't think it can be that much worse. That doesn't mean it's good, but I'm not… If you compare to the rest of Québec, where it was pretty good this summer, everywhere in the province, right, including Québec City, Montréal was… I was working in my office alone, and there was nobody around. So, I think it's already locked down. So, we need to work.

I was in Toronto, two weeks ago, with Mr. Ford… and Toronto is even worse because at least, in Montréal, we have people residing in the city. Toronto downtown is only businesses, it's empty. So, it is a concern for all major Canadian cities. We're working also with the Federal. I'm working with Mélanie Joly because she's also concerned about that. So, I'm all full that we'll be able… And we need to work towards some kind of programs, in the next two to four weeks, it's imperative. And we acknowledge that the health of downtown Montréal is important for the health of Québec.

Mme Fletcher (Raquel) : On the Panier bleu… in English?

M. Fitzgibbon : Yes, OK. So, Le Panier bleu, as you remember, was something we launched in April to promote the "buy local", the made-in-Québec production. Panier bleu has accomplished a lot of what we envisaged, but it was basically done in a shoestring by the time we announced it. Now, we're going to put more money into it, $3 million, to support the operation for at least a year. In which, as well, we have now sectorial reviews made by volunteers, people that are from the community that are involved in the supply chain, that are involved in innovation, enabling consumers... or retailers, sorry, to promote their products, to transact online. We got eight of these different sectorial reviews. A hundred people are working on it, on… «bénévoles».

So, we are expecting, in a couple of months, to have recommendations, with an action plan. In the meantime, we are trying to improve the technology side of Panier bleu to make sure it respects or it fulfills the objective of promoting local products and promoting them in terms of where they can be bought. That was the focus of Le Panier bleu. We talked in French, after, about: Will the Panier bleu become a marketplace like we have in Amazon? And frankly, possibly, but we have to be realistic. It cost probably Jeff Bezoshundreds of millions of dollars to get Amazon where they are. So, we want that in the next six months? It's impossible.

However, I think we want to promote… we want to identify those companies in Québec who can produce goods at an equal or cheaper price than imports. We want to promote the distribution of these products. And the main issue in Québec is the supply chain. If you make goods in Rivière-du-Loup, how can you organize yourself so, the next day, they can deliver in Rouyn-Noranda? Presently, it's impossible. If you do it with Postes Canada, it's going to take a week. So, therefore, we're trying to figure out is there a way where the Government can have… can be a catalyst to set up a structure we can move products around. And we can do that perhaps without having a transactional site per se of Le Panier bleu.

So, will we become a marketplace? I will not make that promise today because it would be unrealistic. But between where we are now and where we could be, there's lots of steps that we'd like to climb.

Mme Fletcher (Raquel) :

M. Fitzgibbon : Hum?

Mme Fletcher (Raquel) :

M. Fitzgibbon : I'm sorry?

Mme Fletcher (Raquel) : And on the tariffs?

M. Fitzgibbon : Tariffs?

Mme Fletcher (Raquel) : Yes.

M. Fitzgibbon : Yes. Well, tariffs, we're very happy, I think the Federal Government has done a good job. We have worked with them as well, because I spoke to Mrs. Freeland numerous times about the issue. So, I think, we're very happy. We spoke also to the state representative, that we're also supportive of not taxing aluminum because, at the end of the day, there is inflation imbedded in those tariffs.

So, I'm happy because... The reason, I think, the Government of the United States changed their position is that the rebalancing of the products... If you remember, the problem was that during the peak of the COVID we weren't able to ship value-added alloyed aluminum. «Alloyed» is not the term, but... yes, alloyed aluminum. So, we shipped more commodities. That caused some problems. So, the Government says: We don't want the commodities to come here. So, as we made our representations, there was a rebalancing happening to a point where the commodities side, that they were concerned about, had diminished because we were increasing the value-added.

So, the U.S. Government said: O.K., as long as this continues, we're happy with no tariffs, but, if ever you peak again with commodity products being in excess of what we've seen in the last year, they will reimpose tariffs. Which, I think, is fair. I mean, obviously, it's not perfect, but given the fact that, I think, the U.S. industry... the car industry has restarted, now it's going to be a second wave, I think we're very happy in the circumstances.

Le Modérateur : Thank you.

M. Fitzgibbon : Thank you.

(Fin à 9 h 28)

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