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Point de presse de Mme Marie Montpetit, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé

Version finale

Le mercredi 16 septembre 2020, 8 h 15

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures vingt-trois minutes)

Mme Montpetit : Bonjour à tous. Je vais être brève, ce matin, la journée est chargée pour tous. On a entendu le premier ministre dans son point de presse, hier, qui a adopté un ton beaucoup plus alarmiste que lors de ses derniers points de presse. On sent qu'il a voulu soulever le fait que l'heure est grave. Il nous a parlé d'une situation qui est critique, il nous a parlé d'une situation qui pourrait engendrer de nouvelles mortalités si la situation devait continuer d'évoluer à ce rythme. Il a évoqué le fait que la deuxième vague pourrait être pire que la première.

Donc, on comprend qu'il a de l'information de la part de ses experts en santé publique, de la part de ses épidémiologistes qui lui permet de tirer ce genre de conclusion. Ce qu'on lui demande aujourd'hui, ça fait plusieurs jours qu'on incite le gouvernement à de la transparence, on lui demande de déposer les projections auxquelles il a accès. Vous vous rappellerez qu'au printemps jusqu'au mois de juin il y avait des scénarios de projections qui étaient rendus publics. Le gouvernement a arrêté de fournir ces projections, on lui demande de les rendre disponibles parce qu'on veut savoir ce qui s'en vient, ce qui nous attend.

Les Québécois ont fait d'énormes sacrifices depuis le printemps. On comprend que le gouvernement va leur demander de faire de nouveaux sacrifices, et il a un devoir de transparence pour qu'on comprenne bien où l'on s'en va. Et en ce moment le gouvernement a plusieurs enjeux, dont un qui est celui des gens qui ne suivent pas les directives. Et je pense qu'en termes de communication il doit s'assurer, justement, de devenir beaucoup plus clair, beaucoup plus transparent par rapport à la situation.

Je vous entendais tout à l'heure poser des questions, justement, sur qu'est-ce qui s'en vient. Bien, on ne le sait pas. Vous ne le savez pas, on ne le sait pas, les Québécois ne le savent pas. Le premier ministre est extrêmement alarmiste, et il doit absolument, par souci de transparence, nous informer de ce qui s'en vient.

Et la transparence, ça vaut pour tout. Je ne sais pas si vous l'avez vu, il y a une vingtaine de minutes, les documents qu'on demande depuis plusieurs jours, c'est-à-dire le détail sur les fameux codes de couleur, viennent d'être publiés par Patrick Déry sur son Twitter, qui est un individu qui l'a fait sur une base personnelle, qui publie des tableaux — je ne sais pas si ce sont des tableaux officiels — qui viennent clarifier, justement, ce qu'on demandait depuis plusieurs jours, depuis une semaine, en fait, que ce code de couleur est disponible, qui viennent clarifier pour chaque code de couleur, justement, la zone jaune, la zone orange, la zone rouge, qu'est-ce que ça veut dire, qu'est-ce qui va être fermé, qu'est-ce qui pourrait être fermé, les nouvelles mesures qui pourraient mises en application.

Je ne sais pas si ce sont des documents officiels. Je pense que déjà le premier ministre et le ministre de la Santé doivent clarifier si ce sont effectivement des documents officiels. Et ce n'est pas normal que, dans une situation de pandémie, il y ait ce genre de document qui circule et qu'on apprenne ça sur Twitter, alors que les autorités officielles ne publient pas alors qu'on leur demande d'être transparents. Donc, c'est la même situation qu'avec la liste des écoles, au cours des dernières semaines, le gouvernement doit s'assurer de faire embarquer tout le monde dans le bateau. Et pour ça, ça prend absolument qu'il communique avec nous et qu'il change sa façon de faire.

M. Lacroix (Louis) : ...quand on n'a pas les projections, qu'est-ce que vous décodez de la conférence de presse d'hier? Vous l'avez dit, là, le ton était assez sérieux, assez lourd. Ça vous dit quoi, vous, ce que vous avez entendu hier? On en est où, à votre avis, après avoir entendu la conférence de presse?

Mme Montpetit : Moi, je ne peux pas tirer d'hypothèse par rapport aux scénarios épidémiques. Je ne les ai pas. Le gouvernement les a, j'imagine, hein? J'imagine qu'ils ne gouvernent pas à l'aveugle puis qu'ils ne sont pas en train d'improviser. Ils ont des équipes d'experts en santé publique avec eux, ils ont des épidémiologistes.

Ce que j'ai entendu du ton du premier ministre, c'est qu'il est préoccupé. Et ce que je peux induire, c'est qu'il a probablement des scénarios. Il a parlé de décès, il a parlé de morts. Je pense qu'il est important qu'il dépose ces projections-là pour qu'on sache exactement où l'on va. Il a exprimé aussi le fait que certaines régions allaient passer dans l'orange. Qu'est-ce que ça veut dire, exactement, au niveau de l'indice, dans le fond? Il faut que les gens prennent conscience de ce qui se passe. C'est la seule façon qu'on y arrive. Il faut que le gouvernement communique ses scénarios, là.

M. Robillard (Alexandre) : Avez-vous l'impression qu'il exagère, ou quoi? Parce qu'à vous écouter j'ai presque envie de traduire ça par : On nous cache des choses.

Mme Montpetit : Bien, je ne peux pas faire d'hypothèses sur le scénario épidémique qui est devant nous. Ce que je dis, c'est que le premier ministre doit déposer ses scénarios. Si on veut...

M. Robillard (Alexandre) : Mais, quand il s'inquiète, est-ce que... Pensez-vous qu'il s'inquiète inutilement ou avez-vous cette impression-là?

Mme Montpetit : Moi, je suis certaine que, s'il a fait le point de presse d'hier, et qu'il a montré un ton aussi solennel, et qu'il est aussi préoccupé, et qu'il a dit que la situation était critique, c'est parce qu'elle l'est.

M. Robillard (Alexandre) : Donc, vous lui faites confiance?

Mme Montpetit : Je ne remets absolument pas en doute la lecture du premier ministre de cette situation-là. Ce que je demande, c'est qu'il dépose ces projections-là parce qu'on va se retrouver dans une situation où on peut faire plein d'hypothèses, vous et moi, on peut se questionner sur est-ce que la situation est grave ou pas. Je pense qu'il faut qu'on ait l'information de façon très claire, mais il faut que les Québécois aient l'information très claire parce que, tant que ce ne sera pas le cas, il y a plein de gens dans la rue, il y a plein de citoyens qui se posent la même question. Il y a des gens qui sont hyperpréoccupés. Il y en a d'autres qui disent que ce n'est pas grave parce qu'on ne sait pas ce qui s'en vient.

Et, au-delà de ça, il y a une... Je parlais des sacrifices que le gouvernement a demandé aux Québécois au cours des derniers mois. Il faut que la population puisse se préparer. Si le gouvernement a l'intention de fermer de nouveau des commerces, il faut que les entrepreneurs, il faut que les propriétaires puissent se préparer. S'il y a des écoles qui vont être fermées, il faut que les parents puissent se réorganiser. S'il y a un reconfinement qui est annoncé, il faut que les gens puissent se préparer aussi, là.

M. Robillard (Alexandre) : ...confiance, alors, au premier ministre, vous dites que c'est sans doute basé sur des analyses étoffées, et tout ça. Qu'est-ce que nous apporterait d'avoir le détail de ces analyses-là, de ces projections-là?

Mme Montpetit : Vous n'êtes pas intéressé, monsieur, à savoir... Oui?

M. Robitaille (Antoine) : ...qui pose la question, c'est moi qui... Alors, pourquoi?

Mme Montpetit : Bien, à l'heure actuelle, on a un premier ministre qui évoque le fait qu'il y a un enjeu, c'est le relâchement de la population, de un, hein? Il l'a évoqué à plusieurs reprises, au cours des dernières semaines, il a dit : Je suis préoccupé parce qu'il y a un relâchement de la population. S'il souhaite que, justement, ce relâchement cesse, encore faut-il qu'il explique comme il faut et clairement la situation dans laquelle on est. Et ce n'est pas le cas à l'heure actuelle.

Dans la dernière semaine, là, ce qu'on a vu, là, c'est le... ils ont sorti leurs crayons de couleur, ils ont fait des tableaux. On va s'entendre qu'il n'y a personne qui n'a rien compris de : Si je suis dans une zone jaune, c'est telle chose, si je suis dans une zone verte, ça veut dire telle chose, là. Les gens n'ont pas changé leur comportement avec ça, parce que ce n'était pas clair. Dans une crise, si on veut que les gens s'engagent, ce n'est pas la première fois que je le dis, il faut être transparent, il faut être clair sur la situation. Et à l'heure actuelle le premier ministre et le ministre de la Santé, ce qu'on entend, c'est qu'ils font des points de presse où ils communiquent à divers niveaux leur anxiété et leurs préoccupations. Mais ça, ce message-là, il ne passe plus.

Journaliste : ...Mme Anglade a reçu son résultat de test?

Mme Montpetit : Pas à ma connaissance.

M. Larin (Vincent) : Est-ce que vous pensez que le fait que le gouvernement ne donne pas ses scénarios, ça puisse contribuer... complotiste, ultimement, la manifestation que ça a donné hier?

Mme Montpetit : Bien, ça n'aide certainement pas. Ça n'aide certainement pas. Le fait qu'on ne soit pas au fait de la situation, des scénarios qui nous attendent, je pense que ça ne contribue certainement pas à l'adoption de comportements de santé publique.

M. Larin (Vincent) : ...responsable de ce qui se passe avec le mouvement complotiste?

Mme Montpetit : Le gouvernement est certainement responsable de ses enjeux de communication. Ça, on l'a répété, ce n'est pas la première fois que vous m'entendez dire ça. On lui demande depuis le mois de mars d'être transparent, d'être clair, de communiquer. Est-ce qu'il est responsable de la confusion des messages qui entraîne ce genre de comportement? Certainement.

Je vous rappellerai que le directeur de la santé publique, en avril, disait que le masque, ce n'était pas une bonne mesure de protection à demander aux citoyens. Donc, entre le mois de mars puis l'obligation du port du masque, au mois d'août, je pense qu'il y a eu 32 interventions du directeur de la santé publique, de la ministre de la Santé, à l'époque, et du premier ministre qui disaient : Oui, le port du masque, non, oui, non à tel endroit, ta, ta, ta. Il ne faut pas se surprendre aujourd'hui qu'il y ait des gens qui reprennent exactement les propos qui ont été tenus par les autorités, à l'époque, en disant que, finalement, le masque, ce n'est pas une mesure. Donc, oui, ils sont victimes de leur mauvaise communication.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Est-ce qu'on doit commencer d'abord...

Des voix : ...

M. Pilon-Larose (Hugo) : Est-ce qu'on doit — s'il vous plaît — encadrer les manifestations de complotistes? Souhaitez-vous que le gouvernement, par exemple, impose le port du masque aux gens qui manifestent, peu importe la cause, mais notamment... les mesures sanitaires?

Mme Montpetit : Bien, je vous dirais que le droit fondamental de manifester, là, doit rester, certainement, mais je pense que ça doit se faire dans le respect des consignes de santé publique. Des rassemblements comme on a vu, de 1 000 personnes, hier, ce n'est certainement pas souhaitable dans un contexte de pandémie. Donc, il faut s'assurer que certaines mesures soient mises en place pour s'assurer qu'il n'y ait pas de contamination.

J'entendais, encore là, le premier ministre dire, hier, que ce n'est pas un facteur d'éclosion. Permettez-moi de douter du fait que les gens qui participent à ces manifestations se font tester pour la COVID. Je ne veux pas, encore là, faire d'hypothèses, mais je pense que c'est des gens qui sont contre le masque, et ils ne croient pas non plus à l'existence du virus.

Et faut-il vraiment encore attendre... Tu sais, je vous parlais... je vous répète souvent que c'est un gouvernement qui n'a pas de capacité d'anticipation. Faut-il vraiment attendre, justement, que ça devienne des foyers de contamination, de contagion pour agir, là?

M. Lavallée (Hugo) : Sur toute la question du dévoilement des projections, est-ce que vous vous seriez attendue, hier, à ce qu'il y ait davantage de mesures de contrôle qui soient annoncées, de façon générale, compte tenu du ton alarmiste du premier ministre?

Mme Montpetit : Bien, je lisais un de vos collègues, ce matin, qui écrivait : Il faut que les bottines suivent les babines. Bien, je suis assez d'accord avec ça. Le premier ministre, hier, a eu un ton très grave, très solennel, mais ne nous annonce rien, n'annonce aucune, aucune mesure supplémentaire. Et ça, déjà, en termes de message que ça envoie à la population, ça crée beaucoup de confusion. L'heure, elle est grave, mais on ne fait rien. C'est ce que fait le gouvernement à l'heure actuelle.

Donc, oui, certainement, il faut qu'ils mettent des mesures supplémentaires. On a vu... je prends l'exemple des bars, tu sais, il y a plein, là... Là, interdire de servir des nachos après minuit, là, je ne suis pas certaine que c'est la plus grande mesure qui aura été mise en place au cours des dernières semaines, là. On voit que la Colombie-Britannique ferme ses bars un peu plus tôt.

La crainte que j'ai, moi, c'est qu'on se retrouve encore dans un scénario où le confinement va se faire de façon radicale. Et on entend souvent le premier ministre qui... je ne sais pas si «se glorifie», c'est le bon mot, là, mais d'avoir été le premier à confiner tout le Québec. Mais la raison pour laquelle il s'est retrouvé à le confiner d'un coup, comme ça, c'est parce que ça a été le dernier à réagir. Et là la question, c'est : Est-ce qu'il va prendre des mesures petit à petit et graduelles ou on va attendre d'être sur le point de la rupture pour que, finalement, il reconfine d'un coup des régions ou qu'il ferme les bars d'un coup? Il pourrait y avoir des mesures intermédiaires, certainement.

M. Bergeron (Patrice) : ...Mme Montpetit, de fil en aiguille, on voit que le gros problème, dans toute cette crise-là, ça a été la très mauvaise communication du gouvernement. C'est une des grandes failles dans la gestion de cette crise-là, là, de bout en bout, là, vous diriez, là, dans le bilan complet, là, du printemps, maintenant?

Mme Montpetit : Bien, je pense que le gouvernement devrait peut-être axer un petit peu moins sur les slogans puis un petit peu plus sur la situation. Je pense que c'est un gouvernement qui au printemps, justement, a bien communiqué. Je vais lui donner ça, là, au printemps, ça a été un bon exercice de communication. Mais on voit que ce genre d'exercice là, ça tient un temps. Et à l'heure actuelle il faut qu'il fasse confiance aux Québécois, et faire confiance aux Québécois, moi, je suis convaincue, persuadée que ça passe par le fait de leur expliquer ce qui nous attend. Et à l'heure actuelle il n'y a personne ici, dans cette salle, qui le sait et il n'y a pas un Québécois qui le sait non plus. On ne sait pas exactement ce qui s'en vient.

M. Bergeron (Patrice) : Est-ce que ce n'est pas un exercice de popularité de toute façon? De toute façon, on dirait que le gouvernement tente toujours de ne pas être impopulaire, plutôt que de faire des gestes qui seraient difficilement acceptés par la population, par exemple.

Mme Montpetit : Je m'excuse, pouvez-vous...

M. Bergeron (Patrice) : Est-ce que ce ne serait pas des... Parce que le gouvernement n'est pas toujours en train de se positionner politiquement sans poser des gestes qui seraient impopulaires dans la population. Est-ce que ce n'est pas une forme de toujours faire de la politique avec une crise sanitaire ou...

Mme Montpetit : Bien, là-dessus, je vais vous laisser faire vos hypothèses. Mais la responsabilité du premier ministre, à l'heure actuelle, c'est de s'assurer qu'il fasse mieux qu'au printemps. On va le répéter, là, on a le pire bilan du Canada, un des pires bilans au monde. Et le premier ministre pourra répéter ce qu'il veut, on a l'un des pires bilans au monde. Il doit faire mieux, puis ça, ça passe par s'assurer de prendre les mesures nécessaires en temps et lieu.

M. Lacroix (Louis) : Mais vous avez dit il y a deux instants...

Le Modérateur : On va y aller en anglais...

M. Lacroix (Louis) : Vous avez dit il y a deux instants : Je ne pense pas qu'arrêter de servir des nachos à minuit est la solution. Vous voudriez qu'ils aillent un rang plus loin puis qu'on contraigne davantage, par exemple, les bars?

Mme Montpetit : Je voudrais que, dans un premier temps, ils nous communiquent la situation. Je pense que la première... Non, mais ça, c'est la première chose à faire. Quand on... Oui?

M. Lacroix (Louis) : ...compris ça, là. Mais, dans les mesures, est-ce que vous souhaiteriez qu'ils soient plus contraignants à l'égard de certains commerces comme les bars, par exemple?

Mme Montpetit : Je pense qu'il faut... Ce que je dis, là, c'est qu'il faut absolument éviter de se rendre à un point de rupture où il n'y aura pas d'étape intermédiaire. Il faut éviter de se retrouver dans une situation où, du jour au lendemain, le premier ministre va confiner des régions entières ou fermer des commerces entiers, du jour au lendemain, comme il l'a fait au printemps. Et ça, ça passe par des mesures graduelles.

Le Modérateur : On va y aller en anglais...

M. Lacroix (Louis) : Lesquelles? Lesquelles? Lesquelles?

Mme Montpetit : Bien, par exemple, comme je vous dis, ça pourrait être de s'assurer de fermer les bars à 22 heures ou à 23 heures ou d'arrêter de servir de l'alcool à 22 heures. Il faut qu'il communique l'information avant. Des mesures graduelles, il y en a, il peut les mettre en application. Mais là, à l'heure actuelle, il n'en met aucune en application, là.

Le Modérateur : En anglais.

Mme Senay (Cathy) : ...Premier Legault should have been more tough, he should have been tougher yesterday?

Mme Montpetit : Yes.

Mme Senay (Cathy) : ...those two measures, masks in private residences and common spaces and not serving food after midnight, that's nothing compared to the tone he had. What do you thing about this? Is this confusing for people?

Mme Montpetit : Yes. Yes it is. The Prime Minister, yesterday, was like really «solennel», he said the situation is critic, but he did absolutely nothing. So, yes, it's confusing. If he wants the people to act like he wants, he has to be really clear on the situation. And actually, it's not.

Mme Greig (Kelly) : But you want more measures and, at the same, right at the beginning, you said he's acting in an alarmist way. So, it doesn't really make sense, right? Because, if you want more measures, but he's being alarmist by not doing anything, that doesn't drive your message.

Mme Montpetit : That doesn't make sense, and it's not a good message for people to say... Like, it's a critic situation, but, as a Prime Minister, I don't announce anything. So, he has to be clear on what is going on because actually we don't know exactly what is the situation. He said it's critic. There's going to be more... He has to be clear. He has to be clearer. He has to be more precise.

Mme Greig (Kelly) : Because is he being... You said off the top he's being a bit of an alarmist. Is that how you feel?

Mme Montpetit : Not alarmist, I don't think it's the... It's not exactly... Alarmist, not in the sense that he's not saying the truth. But yes, I think the Prime Minister is preoccupied, but he has to tell us what's going on exactly.

Mme Senay (Cathy) : And how to, basically, make public the projections? How this would help the Premier sending his message, if he had clear numbers of what's going on and where this is going? How this will help him to pass his message with the projections?

Mme Montpetit : The Prime Minister has to give us the projections because we have... Like, Quebeckers want to know exactly what's going on and what is coming. And, with the projections, it's like... I think it's going to impact on the... «comportement». Je m'excuse, je...

Mme Senay (Cathy) : Behaviour.

Mme Montpetit : The behaviour. Thank you. It's going to impact on the behaviour of people. So, he has to be really clear, really transparent on what's going, like the projections.

Mme Senay (Cathy) : And how it would impact the...

Mme Montpetit : But we have to know how dangerous is the situation, what's going on. He said there was going to be more people who will die. Is it exactly the situation? Is it in long term-facilities? Is it... Like, we don't know exactly how the virus will get in Québec for the next weeks, and it's exactly what we're asking him.

Mme Senay (Cathy) : And how does that foster the participation in anti-mask protests, the fact that they are not clear and precise with what's happening and what's coming next? How does that bring people more on the street? Why it does justify their participation in protests against those Public Health measures?

Mme Montpetit : I think that the Prime Minister and the Health Minister had, like, a lot of confusing messages for the last months about the mask. So, sadly, there is a lot of people who think the mask is useless and the virus is not existing. So, the Prime Minister has to be more clear on what exactly the virus will do to Quebeckers. I don't know if it will exactly change something for the people in the manifestations, but it can't not help.

Mme Greig (Kelly) : But, do you want them to come out and say: According to projections, x amount of Quebeckers are probably going to die? Is that...

Mme Montpetit : I want him to do exactly what he did during spring. During spring, we had projections. During spring, the experts on Public Health, they gave us projections, they said : In one week, in two weeks, the virus will go in this direction. Remember, they said, at that moment, I think it was 8,000 deceased. So, we ask the Government to be more transparent. We ask the Government to be more clear. We ask the Government to give us exactly the same projections he gave us at the spring. OK? Thank you...

Le Modérateur : Merci...

Mme Fletcher (Raquel) : I just have one last question. Yesterday, when the Premier and the Minister were giving their press conference, they really wrapped up the tone, they were saying : Smarten up, you guys, or we're going to end up in the warm zone... or in the orange zone. And, at the same time, there were anti-mask protesters outside. Do you think that the Government should be cracking down on those kinds of protests?

Mme Montpetit : I think he has to... Yes, he has to do something, actually. For sure, he has to do something. But let's keep the focus on the 8 billion Quebeckers. Actually, we are 8 billion. He has to...

Une voix : ...

Mme Montpetit : Nine?

Mme Fletcher (Raquel) : 8 million.

Mme Montpetit : 8 million? Oh! Billions! 8 million, I'm sorry. I'm just going... 8 million. So, let's focus on the 8 million Quebeckers, and he has to have a message, a clear message for all of these. That's exactly what we ask. OK? Thank you.

La Modératrice : Merci.

(Fin à 8 h 45)

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