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Conférence de presse de M. François Legault, premier ministre, et M. Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

Situation au Québec quant à la COVID-19

Version finale

Le mardi 15 septembre 2020, 13 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Treize heures trois minutes)

Le Modérateur : Alors, bonjour à tous et bienvenue à ce point de presse du premier ministre du Québec, M. François Legault, qui est accompagné aujourd'hui du ministre de la Santé et des Services sociaux, M. Christian Dubé, ainsi que du directeur national de santé publique, M. Horacio Arruda.

M. Legault, à vous la parole.

M. Legault : Bonjour, tout le monde. Écoutez, aujourd'hui, je veux m'adresser à tous les Québécois, de toutes les régions, de toutes les générations. Vous l'avez vu, depuis quelques semaines, le nombre de cas s'est accéléré dans plusieurs régions du Québec. On est rendus qu'on a huit régions qui sont passées au jaune, donc dans un stade de préalerte. Donc, on a Montréal, Québec, Laval, Montérégie, Estrie, Outaouais, Chaudière-Appalaches et Bas-Saint-Laurent.

Donc, huit régions, évidemment, c'est beaucoup, donc ce n'est pas seulement concentré dans quelques grandes villes. Donc, on voit qu'actuellement la transmission du virus se fait vraiment dans la communauté. Puis, quand je dis «communauté», c'est autant les établissements que les maisons. Donc, on constate, depuis quelques semaines, que, suite à des rencontres de famille ou des rencontres d'amis, le virus se propage trop. Et je suis très inquiet de la situation qu'on vit actuellement puis la tendance qu'on voit au Québec. Et, si le virus continue de se propager à ce rythme-là, bien, on risque effectivement d'avoir des personnes qui vont aller occuper des lits d'hôpitaux, donc des personnes, même, qui vont éventuellement mourir. On risque aussi d'engorger les hôpitaux, donc de se retrouver avec des personnes qui vont voir leur chirurgie reportée.

On commence à voir des cas dans plusieurs classes des écoles, de nos écoles, donc on est obligés de fermer des classes. Même si c'est encore moins de 1 % de la population, si ça continue, il va y avoir de plus en plus d'enfants qui ne pourront pas aller à l'école, puis ça, c'est à peu près la pire affaire qu'on ne peut pas imaginer. Et, si le virus continue de se propager, il y a aussi un risque qu'on soit obligés, éventuellement, de refermer des entreprises, et donc il y a des pères, des mères de famille qui risquent de perdre leur gagne-pain.

Donc, la situation est critique, est inquiétante, et il faut qu'on réagisse maintenant. C'est la responsabilité de chaque Québécois. Et aujourd'hui je veux faire un appel, un appel à la solidarité. Je veux demander à tous les hommes, les femmes, les jeunes, les vieux au Québec : S'il vous plaît, pensez aux personnes vulnérables, pensez à ceux qui attendent une chirurgie, pensez à ceux et celles qui travaillent dans notre réseau de la santé, pensez à nos enfants, pensez aux femmes et aux hommes de familles qui ont besoin de ces revenus-là pour leurs enfants. Donc, c'est le temps de penser aux autres actuellement. Donc, je demande à tout le monde de limiter le plus possible les rencontres, incluant dans les maisons. Donc, ce n'est pas le temps de faire des partys de famille ou des partys d'amis. Vous pouvez vous réunir quelques-uns, quelques-unes ensemble, mais soyez prudents, gardez vos distances, portez un masque.

Et je comprends que ce n'est pas facile, je comprends que ça fait six mois, même plus que six mois. Donc, il y a des gens, puis moi le premier, qui ont hâte qu'on revienne à ce qu'on pourrait appeler la normale, mais le virus est toujours là, puis ce n'est pas seulement au Québec, là, vous le voyez un peu partout dans le monde, il y a beaucoup de pays où il y a une forte augmentation du nombre de cas. Donc, ce n'est pas unique au Québec. On est tous en guerre contre le virus. Et il y a un vrai risque de deuxième vague, donc, il y a un vrai risque qu'il y ait une vague assez forte pour qu'on soit obligé effectivement de recommencer à confiner les Québécois. Donc, on ne veut pas ça.

Donc, je termine en vous disant… je compte sur les Québécois, là, je compte sur vous autres. J'ai besoin de vous autres. S'il vous plaît, pensez aux autres. S'il vous plaît, portez un masque, gardez vos distances. On est capable ensemble de passer au travers puis de revoir le nombre de cas diminuer. Mais il faut agir maintenant. Donc, je compte sur vous puis je vous remercie à l'avance.

A few words in English. Hello, everyone! Today, I have a message for all Quebecker of all generations and all regions. In recent weeks, the virus has been spreading throughout Québec. The number of positive cases is growing every week. The problem we have is mainly community transmission between friends and families. I am very worried of what's happening. If the virus continues to spread, people will be hospitalized, some people will die. I am worried also for people who need to be treated. I'm worried for our children. We cannot close our schools. Our children need it. I'm also worried for our businesses, for our workers.

So the situation is worrying, and we must act now. Everyone has a responsibility to do so. I'm sending a call for solidarity to all Quebeckers, young or old: Think about our vulnerable people, think about our children, think about the consequences of letting your guard down. So I'm asking people to avoid gatherings as much as possible, try to avoid contacts as much as possible. So we have to react together now. Thank you.

Maintenant, je passe la parole au ministre de la Santé.

M. Dubé : Alors, merci beaucoup, M. le premier ministre. J'aimerais peut-être illustrer un peu plus en détail certains propos qu'a tenus le premier ministre.

Tout d'abord, je me suis fait demander souvent, dans les dernières semaines, pourquoi on était inquiets, même s'il y avait une augmentation des cas… Puis vous le voyez très bien, là, dans les derniers jours, on a eu... ce matin, tout près de 300 cas pour la journée d'hier. Les gens se demandent : Mais pourquoi vous êtes si inquiets pour les cas, alors qu'on ne voit pas soit l'augmentation des hospitalisations ou des décès?

Bien, je vous dirais, premièrement, dans les derniers jours, vous l'avez vu, pour ceux qui suivent ça de près, il y a eu une augmentation des hospitalisations. Mais encore plus important que ça, c'est tout l'impact que ça a sur notre réseau de la santé. Puis ce que j'aimerais vous donner, puis je vais vous donner des exemples aujourd'hui, que tous ces... Le fait de ne pas suivre les règles a un impact, oui, sur les gens eux-mêmes, qui peuvent contracter la maladie ou la donner à d'autres, mais, en ce moment, on a un réseau de la santé qui est très fragile. Puis, lorsqu'on est obligés de faire des choix qui sont très difficiles, puis on a commencé à les faire, malheureusement, dans certaines régions, puis on prendra la région de Québec où on doit, par exemple, prendre du personnel qui donnait des soins puis leur demander de venir nous aider dans du dépistage, bien, c'est déjà des choix.

Alors, peut-être que les gens… Puis vous vous souvenez de ce que j'expliquais en début de semaine, peut-être que les gens ne le voient pas, ceux qui disent : Ce n'est pas important, puis on ne le voit pas vraiment dans vos statistiques. Moi, je dois vous dire qu'on le voit puis on le sent dans notre système de santé. Puis malheureusement il ne faut pas attendre de le voir encore plus pour commencer à réagir.

Donc, c'est l'essentiel de ce que je veux vous dire aujourd'hui. Puis c'est pour ça qu'on va annoncer des mesures supplémentaires aujourd'hui, justement parce qu'on ne peut pas continuer de mettre à risque notre réseau de la santé.

Je veux aussi rappeler qu'est-ce que c'est, nos critères, parce que, là, on vient de faire passer quatre zones dans le jaune, puis ça, pour moi, c'est important que les gens le comprennent parce qu'il y a eu beaucoup... Puis je répondrai aux questions un peu plus avec le Dr Horacio, mais, pour moi, là, les raisons qui ont fait que ces quatre nouvelles régions là ont passé dans le jaune, bien, c'est sûr qu'on parle de la transmission communautaire, le premier ministre l'a dit.

Mais ça veut dire quoi, la transmission communautaire? Les gens l'oublient, là, c'est nos proches et nos familles, ce n'est pas un individu qui arrive d'Europe, là. C'est lorsqu'on baisse la garde avec nos amis, avec nos familles, des gens qui viennent nous voir, puis c'est pour ça qu'on met tellement d'emphase sur les partys privés. Les partys privés, c'est notre plus gros problème. C'est quand les gens viennent ensemble puis que, malheureusement, après un bon verre de vin ou une bonne bière, bien là, la garde baisse, puis là on se rapproche à moins de deux mètres, on n'a pas notre masque, et là il y a quelqu'un qui part de ce party privé là puis il s'en va en contagier pas un, pas deux, mais 10, parce que ces gens-là vont se promener. Alors, la contagion communautaire fait aujourd'hui... est la principale raison pour laquelle il y a quatre de nos régions qu'on a mis dans la zone d'alerte.

Je vous ai parlé du nombre d'éclosions. Je vous ai dit, il y a le nombre d'éclosions et il y a aussi la taille des éclosions. Je vous donnerai des exemples tout à l'heure, particulièrement dans ces régions-là, pour que les gens comprennent bien qu'est-ce qui a fait qu'on a mis ces régions-là dans le jaune. J'ai expliqué tout à l'heure que la capacité... vous vous souvenez, j'avais expliqué qu'il y avait trois critères, mais la capacité des soins, dans cette région-là, est tout aussi importante, puis vous le sentez, là. Pour ceux qui sont dans la région de Québec, vous en entendez parler, on a déjà des enjeux de capacité à Québec pour les raisons qu'on a des éclosions.

Et je finirais par les rassemblements privés, puis je dirais aussi les fêtes ou les partys dans les bars, puis je vais vous donner des exemples d'événements qui sont arrivés, qui sont vraiment en dehors des normes et qui fait qu'on est inquiets pour ces régions-là. Bon, je vous ai parlé de quatre nouvelles régions, je vais vous donner des exemples pour que les gens se retrouvent.

En Montérégie, là, nous avons eu un rassemblement de 17 personnes dans un restaurant, 17 personnes ensemble. À cause de ce rassemblement-là, j'ai 31 cas, en ce moment, qui sont associés à ce rassemblement-là depuis qu'il a eu lieu. Mais, savez-vous, on va devoir faire le dépistage de 330 clients qui sont inscrits au registre de ce restaurant-là. Alors, imaginez-vous la charge de travail pour les gens de santé publique de tout contacter ce monde-là, et malheureusement il y a des gens qui ne répondent même pas aux appels, qui ne veulent pas répondre aux appels. Alors, imaginez-vous, la difficulté, en ce moment, c'est non seulement de contacter ces 330 personnes là, mais d'avoir les bonnes réponses pour empêcher ce que je vous ai expliqué puis que le Dr Arruda... d'être capables de contrôler l'éclosion.

Il y a eu un pique-nique, toujours en Montérégie, un pique-nique, un barbecue extérieur, au Mont-Saint-Bruno, sans aucune mesure de distanciation, pas de masques. Il y a au moins cinq cas qui viennent de ça. Et ça, c'est cinq cas avant de considérer la contagion. À mon sens, c'est inacceptable. Si les gens ne comprennent pas ce genre d'exemple là, bien, je m'excuse, mais ils ne comprendront jamais.

Chaudière-Appalaches, quelqu'un l'a soulevé dans votre équipe, dans l'équipe de journalistes, nous, on l'a sur notre radar depuis quelques jours, une coiffeuse qui savait qu'elle était contagieuse a coiffé 15 personnes dans six milieux différents, de RPA, de CHSLD puis de résidences. Inacceptable.

À Montréal, dans les milieux de vie — puis là j'ai un corollaire de ceux qui n'ont pas suivi les règles — en ce moment, j'ai 27 nouveaux cas dans des établissements soit de RPA... Et, pour moi, ce qui me préoccupe, puis vous allez voir les mesures qu'on va annoncer tout à l'heure, dans les RPA, autant on fait des efforts monstres depuis trois, quatre mois sur les CHSLD, les RPA, pour moi, c'est notre prochain problème si on ne fait pas attention. Alors, je vous donne ces exemples-là. On a au moins une vingtaine de cas, des nouveaux cas, dans les établissements de RPA dans les derniers jours.

Je vais finir avec le Bas-Saint-Laurent. Bon, le Bas-Saint-Laurent, vous le savez, c'est la quatrième région qui passe dans le jaune. Il y a eu des fêtes privées, toutes les bonnes excuses, des épluchettes de blé d'Inde. On aime tous ça, les épluchettes de blé d'Inde. Mais il y a plusieurs cas positifs qui nous ressortent de ces partys-là.

Et là, maintenant, ce que j'entends, c'est que les gens jouent avec les règles. Parce qu'on a mis des limites maximums, puis là le Dr Arruda vous l'expliquera, mais là on commence à faire des petits groupes puis on dit : Bien, c'est trois, quatre petits groupes, ça ne compte pas. Bien non, c'est le même rassemblement. Puis ces gens-là se rejoignent après.

Alors, je pense que, dans le cas du Bas-Saint-Laurent, je vous le dis, on a eu un petit peu plus de 30 cas, juste dans les dernières 48 heures, à cause de ça. Bon.

Qu'est-ce que ça veut dire pour ces régions-là d'être dans la zone alerte, ce qu'on appelle le jaune? L'avertissement de préalerte, pour moi... Puis vous l'avez vu à Québec, dans les derniers jours, pour ceux... parce que Québec est dans le jaune depuis la semaine dernière. Il va y avoir plus d'interventions policières, ça, c'est sûr. Il y en a déjà eu puis il va y en avoir encore plus. Il va y avoir plus d'inspections. On va faire un dépistage beaucoup plus ciblé. Vous avez vu quelle a été notre moyenne des derniers, jours. On est entre 20 000 et 26 000 tests. Donc, on va être capables de faire du dépistage plus ciblé. Il faut le faire.

On va annoncer maintenant… on l'annonce maintenant, pardon, qu'on va interdire la vente de nourriture à minuit dans les bars. Puis la raison, c'est parce que les gens se croient plus intelligents que les règles puis qu'ils disent : Bien, c'est facile, si on veut continuer à vendre de l'alcool, bien, on a juste à rajouter des McCroquettes, puis ça va être parfait. Mais ça ne marche pas comme ça. C'est fini, la nourriture après minuit, dans les bars. On va faire un contrôle plus serré de l'achalandage dans certains milieux, pour faciliter.

Alors, les huit zones qui viennent de passer au jaune, malheureusement, principalement à cause d'individus qui ne sont pas responsables, vont avoir un impact sur 75 % du Québec. Les huit zones qui sont maintenant dans le jaune, ça représente 75 % de la population.

Bon, maintenant, qu'est-ce que c'est, après le jaune? Vous vous en souvenez, c'est la zone orange. Et qu'est-ce que ça veut dire si on passe dans la zone orange? Bien, on va être obligés de réduire le nombre de personnes dans les événements publics, particulièrement ce qu'on appelle les rassemblements non organisés comme les mariages ou ce genre d'événements là. On va réduire le nombre de personnes dans les résidences privées, qui passerait, si on s'en va dans la zone orange, de 10 à six. Il y aurait la fermeture des bars, il y aurait des restrictions dans les restaurants pour se limiter au «take-out».

Je le rappelle, il n'y a aucune des huit régions qui est dans l'orange en ce moment, mais il y en a quelques-unes qui sont très proches, qui sont très proches de la zone orange. Et, si ces régions-là, malheureusement… Je le répète, à cause… en raison de l'irresponsabilité de certains individus, on va être obligés de passer à des mesures aussi restrictives que celles-ci, que je viens de nommer.

Je termine avec des mesures qui sont particulièrement importantes pour nos aînés. Il y a déjà des règles qui sont en vigueur dans nos RPA. On l'a dit, il y a beaucoup de préoccupations pour les RPA. En ce moment, dans les règles qui sont en vigueur lorsque les gens vont visiter des gens de leur famille, le port du masque est exigé pour les visiteurs puis le personnel. On a déjà… la plupart des RPA ont un registre des déplacements, et le registre des déplacements n'est pas particulièrement pour restreindre l'entrée et sortie des propres résidents, mais, s'il y avait des cas, d'être capable de faire le dépistage, un peu le même principe qu'on avait demandé aux propriétaires de restaurants et de bars.

Maintenant, ce qu'on va ajouter à cette règle-là qui est très importante, mais qui est, je dirais, excessivement en ligne avec ce qui se fait déjà dans les condos ou les immeubles à appartements, c'est qu'on va demander aux résidents de ces RPA-là, de résidences pour personnes âgées, d'avoir le port du masque, lorsqu'ils se déplacent dans les corridors, parce qu'on s'est rendu compte que ça peut être un élément excessivement important. On l'avait déjà vu dans les condos. Donc, ce qu'on va demander, c'est que, dans les corridors, les ascenseurs, les salles communes, les gens qui sont dans les RPA vont devoir porter le masque. Puis, je le sais, vous m'avez déjà entendu, que c'est plate. Ce sont des restrictions qui sont tannantes à annoncer. On n'aime pas ça, mais, je le répète, pour les raisons qu'on a expliquées, on va devoir le faire.

Je voudrais juste rappeler ce que le premier ministre a dit. Si on veut garder un minimum de normalité, ces solutions-là, elles sont entre nos mains. Il n'y a rien de bien sorcier dans ce qu'on vient d'annoncer. Je pense qu'être responsable, c'est de penser aux autres. Mais, je le répète, notre système de santé est déjà fragile. Et chaque fois qu'on a un nouveau cas qu'on doit travailler avec la Santé publique… ou que cette personne-là peut, un jour, aller dans une clinique ou aller à l'hôpital, c'est du personnel de la santé qu'on utilise, alors qu'on aurait pu éviter…

Alors, je vous demande d'être responsables. Puis j'apprécie énormément l'effort qui va se faire dans les prochains jours. Merci beaucoup.

M. Arruda (Horacio) : J'aimerais peut-être passer un message, si vous me permettez.

Premièrement, je tiens à vous dire qu'en tant que directeur national, tout comme le premier ministre et le ministre, je suis inquiet de voir ce qui se passe actuellement en termes de la situation. Je comprends la volonté de relâchement de certains, qu'on est un peu fatigués, puis des gens sont peut-être un peu plus insouciants par rapport à la situation parce qu'ils pensent que c'est parti, mais c'est un virus qui est très traître. Et je peux vous dire une chose qui est très importante pour moi, il faut collaborer avec les équipes de santé publique. Si vous êtes contactés et si vous avez un test positif, il ne faut pas vous promener. Peut-être que, pour vous, vous ne serez pas malade, mais c'est peut-être votre grand-mère ou quelqu'un… la grand-mère d'un ami qui va décéder de cette période-là.

Puis je pense très honnêtement qu'on a gagné très cher notre liberté avec le confinement total, qui a eu énormément d'impact sur la société, sur la santé mentale des jeunes, sur la santé des personnes âgées, etc. Il faut vraiment que vous nous aidiez parce que nous, on peut faire notre effort de notre côté, mais, si vous ne collaborez pas avec la Santé publique pour donner les informations, personne ne va vous chicaner, mais on doit connaître quelles sont les personnes avec qui vous avez été en contact pour freiner cette chaîne de transmission.

Là, la courbe, là, il faut la réaplatir. Il faut qu'on reste dans le jaune, quitte à revenir dans le vert, mais ne pas aller vers l'orange puis le rouge. Ça fait que je vous supplie de collaborer avec les gens de la Santé publique parce que c'est vraiment, qu'on le veuille ou non, une question de vie, ou de mort, ou de liberté qu'on a eue. Je pense que porter un masque, maintenir à deux mètres les distances puis éviter les gros rassemblements, c'est peu payer par rapport à ce qu'on va voir venir si jamais ça se remet à flamber. Ça peut véritablement... et, quand ça flambe dans une deuxième vague, la première vague, c'est de la petite bière par rapport à la deuxième.

Je m'excuse d'insister, mais je voulais vraiment cogner sur le clou, M. le premier ministre et M. le ministre de la Santé. Collaborez, s'il vous plaît, avec les équipes de santé publique.

Le Modérateur : Merci à tous. Nous sommes donc prêts à prendre les questions. Nous avons un peu plus d'une demi-heure pour répondre aux questions de tous les journalistes, et vous êtes nombreux, alors on s'en tient à une question, une sous-question. Et on commence aujourd'hui avec Marc-André Gagnon, Journal de Québec, Journal de Montréal.

M. Gagnon (Marc-André) : Bonjour à vous trois. M. le premier ministre, vous dites que la situation est critique, qu'il faut qu'on réagisse maintenant. J'entends tout ce que vous dites par rapport aux partys. Bon, il y a eu une autre manifestation anti-masque le week-end dernier. Ils n'étaient pas 1 000, là, ils étaient 10 000. Vous avez certainement entendu la mairesse de Montréal, Valérie Plante, dire que ça lui fait peur. Puis, je comprends le principe du droit de manifester, que vous essayez de ne pas jeter de l'huile sur le feu. Mais reste qu'à la maison les gens sont nombreux à se demander si vous allez agir, à un moment donné, contre les anti-masques. Donc, ma question, elle est simple : Allez-vous faire de quoi avec les anti-masques?

M. Legault : Bon, d'abord, il faut avoir un équilibre, puis, à ce moment-ci, je n'exclus rien. On sait que dans certains pays les manifestations anti-masques sont illégales. Bon, pour l'instant, ce qu'on voit, c'est que ce n'est pas dans ces manifestations-là qu'on a des problèmes de propagation. C'est dans les maisons, les partys de famille, les partys entre amis. C'est là que ça se passe surtout. Donc, on peut évaluer la possibilité, d'abord, de s'assurer que ces gens-là portent un masque quand ils manifestent. Au Québec, c'est important de pouvoir exprimer son désaccord avec le gouvernement. Donc, jusqu'à tant que ça ne nuise pas à la santé publique, bien, on va le tolérer. Mais, on n'exclut rien pour la suite des choses.

M. Gagnon (Marc-André) : Très bien. Sur un autre sujet, vous avez promis aux nouveaux préposés qu'ils gagneraient 49 000 $ par année. Vous l'avez répété pas plus tard que le 21 août dernier en disant : Le 15 septembre, c'est 26 $ de l'heure, 49 000 $ par année, ça, c'est très clair, non négociable. Or là, on voit que, hein, les nouveaux préposés ont signé des avis d'engagement à 20,55 $ de l'heure. Donc, est-ce que je me trompe ou on se retrouve devant un autre exemple de message qui, visiblement, là, semble avoir été mal compris soit par les citoyens ou par le réseau?

M. Legault : Ou par les syndicats. Parce que j'ai vu dans certains articles que les personnes citées étaient des représentants syndicaux.

Bon, je veux être très clair, les 10 000 nouveaux préposés vont gagner 49 000 $. Pour l'instant, pour gagner, bon, 26 $ de l'heure ou 49 000 $ par année, il faut tenir compte, à court terme, des primes qu'on leur verse. On est en négociation avec les syndicats. Ce qu'on souhaite, c'est que le plus rapidement possible, dans la convention collective, avant les primes, ces personnes-là gagnent 26 $ de l'heure ou 49 000 $ par année.

Mais ce qui est clair, c'est qu'à partir de maintenant ils vont continuer de gagner 49 000 $. Il y a une partie de ce montant-là qui va être une prime, tant que ça ne soit pas dans la convention collective. Ce qu'on souhaite évidemment, c'est que la convention collective soit négociée, qu'on s'entende avec les syndicats pour l'inclure dans la convention collective puis qu'on n'ait pas besoin d'ajouter une prime pour arriver à ce moment-là.

Mais moi, je veux rassurer tout le monde, là, tous ceux qui ont choisi de venir travailler comme préposés dans les CHSLD, il y en a plus de 7 000 qui ont fini leur cours, ils vont tous gagner 49 000 $ par année.

Le Modérateur : Louis Lacroix, Cogeco Nouvelles.

M. Lacroix (Louis) : M. le premier ministre, M. le ministre, M. Arruda.

En clair, M. Legault, ce que vous dites, là, aux Québécois... Je comprends que vous ne voulez pas, en fait, dire qu'on s'en va vers un confinement, mais dans les faits, là, quand on regarde la situation, les cas qui augmentent, la courbe qui remonte, le nombre d'hospitalisations qui remonte, tout ça, dans les faits, on s'en va vers une partie de reconfinement.

M. Legault : Bien, on ne souhaite pas aller là. On est...

M. Lacroix (Louis) : Non, mais, dans les faits, c'est ça.

M. Legault : Non, non, mais, écoutez, à moins que vous ayez une boule de cristal... Au printemps, on était à 1 000 cas par jour. Là, on est à près de 300 cas par jour. Donc, on n'est pas au même endroit qu'on était au printemps.

Est-ce qu'on va se rendre là? On va tout faire pour ne pas se rendre là. Puis c'est pour ça que je dis aux Québécois : Faites attention, on pourrait, ce n'est pas impossible de se rendre là. Mais on va tout faire... puis moi, je suis convaincu qu'on est capables, ensemble, de ne pas se rendre là.

M. Lacroix (Louis) : Et qu'en est-il de l'état de préparation, M. Dubé? Parce que vous dites qu'il y a une pression qui s'exerce, entre autres dans la région de Québec, sur le milieu hospitalier, qui est déjà fragile, pour éviter qu'on se retrouve dans la même situation qu'on a connue au printemps, c'est-à-dire le manque de matériel, le manque de personnel dans les hôpitaux, mais aussi dans les CHSLD, etc.?

Qu'est-ce que vous avez fait pour vous assurer que si, effectivement, la situation revient à ce qu'on a connu déjà, là, avec une pression plus grande sur le système de santé... pour qu'on ne se retrouve pas dans la même situation? Parce que, là, vous avez eu le temps de vous préparer.

M. Dubé : Oui. Alors, quand j'ai déposé, il y a à peu près un mois, le plan pour la deuxième vague, vous vous rappelez qu'il y avait neuf axes d'intervention, et chacun de ces axes d'intervention, qu'on soit, par exemple, au niveau de la prévention et contrôle des infections, qu'on soit à la gouvernance de Montréal, qu'on soit avec les EPI, les équipements de protection, on a travaillé là-dessus, puis je peux vous dire qu'on est prêts.

L'enjeu où on est le plus fragile, c'est avec notre personnel parce que le personnel, il nous en manquait déjà. Il a été fragilisé, puis je ne ferai pas de politique, là, mais il était déjà très fragile avant qu'on rentre en pandémie. On a eu la pandémie, le personnel est encore plus fragile, et on n'a pas eu le temps, avec la négociation syndicale, d'engager tout le monde qu'on voulait avoir. On est en train de travailler là-dessus. On a eu une belle avancée avec nos préposés aux bénéficiaires, le premier ministre vient d'en parler, mais on a encore besoin d'infirmières puis d'infirmières auxiliaires.

On est en négociation, notamment avec la FIQ. le dossier avance, mais je vous dirais qu'au niveau de notre personnel, on y travaille. On a essayé, avec les gens de Je contribue, d'avoir du personnel supplémentaire. Mais toute la question du personnel, pour nous, elle est excessivement délicate. Et c'est là, quand je vois les exemples que je vous donnais, où on est obligés de mettre une pression additionnelle sur le dépistage pour être capables de faire le suivi avec les gens, puis on est obligés d'enlever des infirmières à des endroits où on pourrait soigner, où on pourrait faire du rattrapage dans nos listes d'urgence, bien, on est obligés de les mettre sur des cas qui n'auraient pas dû arriver.

Donc, si vous me demandez… On a travaillé, puis je peux vous donner des exemples de tout ce qu'on a fait dans les derniers mois, mais où on a le plus de fragilité, c'est avec notre personnel qui fait déjà un effort incroyable pour être prêt. Mais il va falloir que les gens comprennent que les gestes que l'on pose, en ce moment, peuvent avoir un impact sur eux parce que ça veut dire que c'est un parent qui va peut-être être obligé de retarder son opération. C'est ça qui est en train d'arriver. Quand je dis que le système est fragile, ce n'est pas uniquement à cause du personnel, mais on a déjà des retards qui nous viennent de ce qui est arrivé dans la première pandémie, dans la première vague, puis, si on continue de faire la même chose puis on monte à 400, 500, 600 cas, bien, il y aura plus de gens qui vont être à l'hôpital puis, encore une fois, c'est notre réseau qui va être mis à mal.

M. Legault : Juste pour peut-être compléter, ce qui était possible d'être fait, on l'a fait. On a inventé une formation pour les préposés aux bénéficiaires, de trois mois, puis on l'a donnée pour 7 000 personnes, puis là on commence à la donner pour 3 000 autres personnes. On va être corrects dans les préposés aux bénéficiaires. Les infirmières… Ça prend trois ans pour former une infirmière. Donc, les problèmes qu'on a hérités, il y a un an et demi, sont toujours là, et ça va prendre un certain temps parce que, même avant la pandémie, il y avait des postes d'infirmière qui n'étaient pas comblés.

Le Modérateur : Alain Laforest, TVA Nouvelles.

M. Laforest (Alain) : M. le premier ministre, bonjour. En communication, à trop répéter le message, souvent, il ne passe plus. Avez-vous l'impression que le message ne passe plus?

M. Legault : Bien, on a le même défi qu'à peu près tous les États dans le monde. Regardez ce qui se passe en France, ce qui se passe dans plusieurs États aux États-Unis, on a une situation où les gens, après six mois, sont tannés. Il y a des jeunes qui… Parce qu'on a beaucoup… On a eu une grosse augmentation d'infections chez les jeunes qui, bon, vivent leur vie de jeune. Je me rappelle quand j'avais 20 ans, on en avait, des partys, puis on voulait rencontrer nos amis.

Donc, je comprends qu'il y a un défi pour tout le monde. On a été, dans les 60 États et provinces en Amérique du Nord, au printemps, les meilleurs pour le confinement. Là, on se rend compte que, pour la distanciation puis les masques, on a le même défi que tout le monde. Mais évidemment ce qu'il faut répéter, c'est les conséquences. Il y a peut-être encore des gens qui ne connaissent pas dans leur entourage quelqu'un qui a eu des conséquences graves suite à la COVID. C'est plate, là, mais il y a des gens encore qui pensent qui ne sont pas attaquables, que ça ne les touchera jamais.

Donc, il faut continuer d'expliquer que ça a des conséquences. Ça a des conséquences sur les personnes vulnérables. Ça a des conséquences sur le réseau de la santé. Et ça a des conséquences, donc, aussi dans certaines classes, donc pour les autres élèves d'une classe. Donc, ça a des conséquences, là, puis ça, il faut continuer de l'expliquer aux Québécois.

M. Laforest (Alain) : Mais ce qu'on se rend compte, c'est que vous avez mis plein de mesures en place, puis, si on recule dans le temps, au mois de mars, on se retrouve à peu près à la même situation. On est partis à cinq cas, on est montés à 1 000. Et là la progression est constante. Est-ce que c'est un aveu d'échec sur les mesures qui ont été mises en place, qui ne fonctionnent pas?

M. Legault : Je ne pense pas qu'on puisse dire ça, là, parce qu'évidemment, comme je le disais, on n'est pas à 1 000 cas. On est à 300 cas. La croissance n'est pas aussi rapide qu'au printemps, mais il y a une inquiétude. Il y a une inquiétude que ça soit le début de quelque chose. Et, pour que ça ne soit pas le début de quelque chose, bien, on a besoin de la collaboration de tout le monde.

Tu voulais ajouter, Christian?

M. Dubé : Non, mais je pense que le point… Vous l'avez dit, M. Laforest, lorsqu'on a eu la progression… Puis je pense que le Dr Arruda puis son équipe nous l'ont assez martelé, l'explosion des cas, à la première vague, elle a été exponentielle. Vous vous rappelez, on doublait le nombre de cas à chaque jour. On n'est pas là, là. On n'est pas là du tout. Rappelez-vous, on était à 100 il y a quelques semaines. On a monté à 200, mais c'est plusieurs semaines après. La courbe, on est encore capables de la contrôler. On est capables de la contrôler, mais ça prend un effort individuel.

Peut-être, Dr Arruda.

M. Arruda (Horacio) : Peut-être, aussi, ce que je voudrais dire, là, c'est parce que, là, dans la première courbe, rappelez-vous, ce qu'on avait, c'était l'atteinte malheureuse de nos CHSLD avec les personnes âgées. L'épidémie était vraiment «drivée» par ça, très peu de transmission communautaire.

Donc ça, ce que ça démontre, c'est que le confinement total qui a été fait a empêché, justement, qu'on ait ce qu'on est en train… ce qu'on aurait pu vivre, en même temps, à la fois dans les CHSLD et dans communauté, ce qui aurait amené notre système de soins, là, kaput, et il aurait fallu faire des choix entre des personnes. Ça, on l'a évité. On a redéconfiné progressivement, les choses sont relativement bien allées, ça a baissé. Le comportement humain, là, je veux dire les gens, on relâche pour toutes sortes de raisons qu'on comprend, en termes émotifs, puis etc., mais qu'on ne peut pas se permettre. Et là je tiens à vous dire qu'on est encore dans une période, à mon avis, où on pourrait aplatir cette courbe-là.

Je ne veux pas dire qu'avec l'automne puis les autres virus il n'y aura pas une deuxième vague comme on pense que ça va venir. Mais il faut vraiment que nous contrôlions cette phase-là, là, à mon avis, là, de transmission communautaire. C'est pour ça qu'il faut collaborer. C'est pour ça que les équipes de la Santé publique sont encore capables d'intervenir auprès des cas et des contacts. Mais, si on perd le contrôle, bien là, c'est sûr que c'est des interventions plus musclées, qui seraient progressives, qui seraient plus chirurgicales. Mais, de grâce, amenez-nous pas vers l'orange intensif ou le rouge partout. C'est sûr qu'on va avoir du orange, sous peu, j'ai l'impression. Mais c'est pour ça aussi que les annonces qui sont faites, les mesures qu'on va prendre...

Et, si vous me permettez, on a beaucoup essayé de convaincre, puis je pense qu'il faut continuer à convaincre les gens qui ont peut-être relâché un peu. Mais on n'hésitera pas à utiliser le contraindre parce que, là, je m'excuse, c'est la vie et l'économie d'un peuple qui risqueraient encore d'être amochées, puis on n'a pas le goût de jouer dans ce film-là.

Le Modérateur : Tommy Chouinard, LaPresse.

M. Chouinard (Tommy) : Oui. Bonjour. M. le premier ministre, fin août, on disait que tous les gens qui allaient se faire tester allaient être en mesure d'avoir un résultat dans un délai de 24 à 48 heures, autant ceux qui reçoivent un résultat positif que ceux qui reçoivent un résultat négatif. Maintenant, il y a plusieurs témoignages, dans quelques régions, où clairement on dépasse ce niveau-là et de beaucoup. Ça prend plusieurs jours. Ce qui a des conséquences sur l'économie, des travailleurs qui ne retournent pas au travail, des enfants qui ne vont pas à l'école. Comment se fait-il qu'on n'arrive pas à avoir un système qui donne rapidement des résultats? Et pourquoi est-ce que, d'une région à l'autre, la façon de communiquer avec les gens varie? Tantôt, c'est des boîtes vocales, répondeurs qui ne retournent pas, c'est des appels. Il y en a d'autres que c'est avec des textos, des SMS. Il y a un cafouillage de ce côté-là. Qu'allez-vous faire pour régler ça?

M. Legault : Bon, d'abord, rappelez-vous, on a été pendant longtemps à 6 000 tests par jour puis on s'était fixé comme objectif d'aller à 14 000 tests. C'était difficile. Ça nous a pris du temps avant d'atteindre le 14 000. Là, on est rendus à 20 000, 26 000 tests par jour.

Puis, ce qui a changé, depuis le mois d'août, c'est le nombre de régions. Tu sais, je prends l'exemple de l'Outaouais. En août, je ne me rappelle pas qu'on avait des gros problèmes en Outaouais. Là, il faut installer des cliniques de dépistage en Outaouais parce qu'il y en a plus, même chose dans le Bas-Saint-Laurent, même chose dans huit régions. Donc, ce n'est plus seulement Montréal. Donc, il faut déployer.

Puis là il faut réaliser, là, 20 000 ou 26 000 tests par jour, là, c'est nous autres qui en font... par million d'habitants, dans toutes les provinces, c'est nous autres qui en faisons le plus, premièrement. Deuxièmement, il y a tout le traçage suite à ça. Là, on a ajouté, à la Santé publique, beaucoup de personnes qui s'occupent de faire le traçage. Donc, il faut organiser ça, là, entre autres, dans les huit régions qui sont rendues jaunes. Donc, je ne veux pas enlever la pression sur mon ami Christian, mais moi, je suis confiant qu'il va y arriver dans toutes les régions. Veux-tu compléter?

M. Dubé : Bien, merci pour la confiance, mais je ne suis pas plus heureux que je l'étais il y a quelques semaines, quand on s'est parlé, pour plusieurs raisons, toutes les raisons que le premier ministre vient d'expliquer. On a une équipe qui travaille là-dessus, mais je vous donne deux éléments. Vous avez parlé de standardisation, vous avez raison. On a des limitations, qu'on appelait légales, là, qu'on est en train de clarifier, où certains CISSS ou CIUSSS ont décidé de répondre par courriel ou par texto, alors que lorsqu'on communique des résultats, on devrait le faire de personne à personne. Mais là ce qu'on a demandé, c'est lorsque les gens vont s'enregistrer pour leur test, c'est qu'ils vont accepter qu'on les contacte de cette façon-là.

Bien, ça a l'air de rien, là, mais cette méthode-là va nous permettre de justement... Moi, j'ai des infirmières — on m'a donné des exemples dans les dernières semaines — qui devaient rappeler trois, quatre fois pour donner le même résultat. Bien, pendant ce temps-là, je le répète, ces infirmières-là, elles ne font pas d'autres choses, puis on a dû les retirer parce qu'on avait plus d'appels. Alors, vous avez raison que, là, on s'est dit : Bien, pourquoi ça marche pour tel CIUSSS qui a décidé de prendre cette approche-là? Alors, cette standardisation-là...

Il y a d'autres éléments, si vous permettez, M. Chouinard. On a commandé beaucoup d'équipements dans nos laboratoires, mais il y a beaucoup de nos voisins qui ont fait les mêmes commandes. Il y a des appareils de tests qui sont en train de rentrer et il va y en avoir qui vont être mis en service. Alors, il y a une foule de raisons.

Et la dernière, je vous ai parlé d'une plateforme électronique qu'on est en train de développer, mais ça n'arrivera pas la semaine prochaine. C'est plusieurs semaines que ça prend, mais on va être capable d'intégrer notre processus au complet. Mais malheureusement, vous n'aimerez pas ma réponse, ça vaut la peine d'attendre une couple de semaines parce qu'on va encore tester des gens dans quelques semaines.

Alors donc, pour répondre à votre question, on y travaille beaucoup. Moi, je suis fier qu'on ait passé d'en moyenne 12 000, au mois de juillet à 20 quelques milles cette semaine. Mais, en même temps, je demanderais aux gens de comprendre qu'on fait notre effort. J'ai vu les files d'attente qu'il y avait en Ontario hier, dans la région d'Ottawa. Tout le monde vit un peu le même processus. Ça ne l'excuse pas, mais je pense qu'on doit demander aux gens de nous appuyer là-dedans parce que ce qu'on veut, c'est de donner le résultat le plus rapidement possible.

M. Chouinard (Tommy) : Très bien. M. le premier ministre, j'aimerais ça vous entendre sur des pratiques qui ont cours depuis le début de la pandémie, à savoir l'embauche de travailleurs, finalement, qui sont payés au noir, souvent des migrants, qui travaillent, donc, illégalement, dans nos établissements, dans les CHSLD, auprès de sous-contractants pour faire l'entretien ménager.

D'abord, considérez-vous que les établissements CISSS et CIUSSS sont en faute là-dedans? Et, deuxièmement, est-ce que des mesures sont envisagées ou pourraient être mises en place rapidement au gouvernement pour mettre fin à cette pratique?

M. Legault : O.K. Premièrement, c'est inacceptable. Deuxièmement, j'ai posé la question. Ce qu'on m'a expliqué, c'est qu'on finalise les enquêtes, mais ce ne sont pas des CISSS ou des CIUSSS qui ont fait affaire avec ces personnes-là au noir, ce sont des CISSS et des CIUSSS qui ont faire affaire avec des entreprises qui, elles-mêmes, ont fait affaire avec d'autres entreprises. Donc, il y a comme deux intermédiaires. Mais, même s'il y a deux intermédiaires, c'est inacceptable. Mais on est en train d'enquêter puis s'assurer que ça ne se reproduise plus.

Le Modérateur : Je rappelle à tout le monde que le temps file. Il reste plusieurs questions. On passe à Véronique Prince, Radio-Canada.

Mme Prince (Véronique) : Oui, bonjour. Bonjour à vous trois. Vous avez dit que des zones sont très proches d'être orange. On peut faire des suppositions, là, mais pouvez-vous nous dire concrètement c'est lesquelles, et est-ce qu'elles ont des chances de virer au orange d'ici la fin de la semaine?

M. Dubé : Bien, écoutez, j'aimerais mieux ne pas répondre à cette question-là parce que j'espère, quand on est proche, que ça peut changer aussi. Mais effectivement il y a quelques régions… Je ne sais pas si monsieur…

M. Arruda (Horacio) : Peut-être il faut comprendre que, vous savez, ces codes-là, c'est basé sur l'épidémiologie, c'est basé sur le type d'éclosion, c'est basé sur la capacité de faire des enquêtes, c'est basé sur ce qui se passe, en termes d'impact sur les systèmes de soins. Puis on a une rencontre à tous les soirs avec les directeurs de la santé publique pour justement juger de ça, parce qu'on a les données, nous, au niveau central, mais les gens ont le feeling du terrain, les directeurs de santé publique.

Ça fait que moi, j'aime mieux ne pas vous annoncer un ou l'autre parce que ça pourrait avoir des effets pervers. Ça fait que je pense que, quand on va avoir décidé que c'est ça, vous allez être informés le plus rapidement. Notre ministre et le premier ministre sont informés de la situation. Mais commencer à postuler… Parce qu'aussi il faut comprendre que les choses sont dynamiques, hein? On pourrait voir soit une augmentation en haut de 300, puis un peu partout, ou on pourrait avoir une région qui a fini par contrôler ses éclosions associées à certains partys qui ont eu lieu ou des épluchettes de blé d'Inde récemment.

Ça fait que, dans ce contexte-là, nous, on fait l'analyse plus fine, pas rien que des chiffres, mais de c'est quoi, les situations qui sont en train de se passer. Puis c'est là qu'on va voir aussi est-ce qu'on… Avant même de passer à un autre palier, on pourrait prendre une autre mesure, du jaune orange, et la faire dans le jaune, sans tout faire basculer dans l'orange. Ça peut, ça aussi, parce que ça dépend du profil de portrait qu'il y a par les éclosions. Ça fait qu'on adapte cet outil-là, qui est un bon test de laboratoire, comme on fait des examens. Mais, après ça, le docteur, il regarde sa situation spécifique puis il dit : Dans ma région, comparativement à Montréal, c'est ça qui est en train de se passer. Ça fait que, ça, on le fait à tous les soirs, puis là ce qu'on vous donne, c'est l'analyse qu'on a faite encore hier par rapport à aujourd'hui.

M. Dubé : Peut-être, Mme Prince, ce que je rajouterais, c'est que j'avais dit, la semaine dernière, qu'on ferait une mise à jour à toutes les semaines, vous vous souvenez? Je pense que la situation, au cours des prochaines semaines, va peut-être justifier de faire ce genre d'annonce là plus fréquemment. Alors donc, pour répondre à votre question, si on jugeait bon, par exemple, dans les prochains jours, de faire une mise à jour de certaines régions, on n'attendra pas à mardi prochain.

Mme Prince (Véronique) : Est-ce que vous évaluez la possibilité de faire des sous-régions? Parce qu'il y a des régions qui sont grandes et il y a des citoyens qui pourraient dire : Bien, moi, dans mon secteur de ma région, ce n'est pas vrai que l'épidémie est aussi forte qu'au centre-ville.

M. Dubé : Oui, on a demandé. Merci pour la question. J'avais dit qu'il y avait le concept des sous-régions. C'est sûr qu'en ce moment on regarde l'ensemble parce que, lorsqu'on est dans le jaune, les événements ou l'impact sur le citoyen est beaucoup moins grand, on parle plus d'inspection, puis etc., mais, si on devait passer à l'orange ou au rouge, là, c'est sûr qu'il y a beaucoup plus d'impacts.

Alors, ce qu'on est en train de faire, puis on a l'information pour le faire, c'est d'analyser quel est l'impact dans certaines régions. Puis je n'ai pas l'expression, là, en français, ce qu'on appelle les «heat map», là, les zones de chaleur, mais on a maintenant toute l'information pour faire ça. On s'est donné des outils pour être capables maintenant de le regarder par sous-région. Donc, si on devait aller plus loin que le jaune dans certaines régions, bien, c'est sûr qu'on va être capables de regarder comment est affectée une sous-région par rapport à l'autre. On comprend très bien la problématique que ça peut impliquer.

Le Modérateur : Patrice Bergeron, LaPresse canadienne.

M. Bergeron (Patrice) : Bonjour, messieurs. Question pour M. Dubé. M. Dubé, les indicateurs démontreraient apparemment que les urgences sont à leur limite actuellement dans le réseau de la santé. Est-ce que vous pouvez expliquer un peu qu'est-ce qui se passe actuellement dans les urgences?

M. Dubé : Bien, écoutez, dans les urgences, c'est un phénomène où… Vous vous souvenez, pendant la première vague, l'achalandage aux urgences a baissé beaucoup parce que les gens ne voulaient pas sortir, et on s'est retrouvé presque à des urgences qui étaient inutilisées, ce qu'on n'avait pas vu depuis des années, mais là, maintenant, avec le retour du beau temps, les gens sont retournés vers leurs urgences. Et là, bien, s'il y a des inquiétudes que ça soit au niveau du coronavirus ou peu importent les inquiétudes, les gens sont retournés, et particulièrement dans certaines régions.

Alors, vous savez que les urgences, ça fait partie d'un mandat très clair que j'ai reçu du premier ministre, d'y travailler. J'ai constitué un groupe de travail avec Mme Savoie. On a identifié les principales urgences, je vous dirais, particulièrement dans le Grand Montréal, sur lesquelles on va travailler. On a déjà commencé à poser des gestes très clairs, parce que ce n'est jamais une solution, ce n'est jamais une chose qui va régler le problème d'une urgence, c'est plusieurs facteurs. Des fois, c'est la gouvernance de l'urgence elle-même. Est-ce qu'on a assez de lits? Est-ce qu'on peut rajouter des unités modulaires? Vous avez vu l'exemple que je vous ai expliqué, au Lakeshore, à Montréal-Ouest, on a ajouté de l'infrastructure.

Donc, on est en train de travailler, mais c'est une foule de choses. Vous savez qu'avec nos… Il y avait un article cette semaine qui parle des IPS, comment nos IPS, nos infirmières spécialisées, peuvent maintenant plus travailler sur le triage. Bien, il faut leur donner le droit de ne pas être limitées à certaines fonctions.

Donc, il y a une foule de raisons, il y a une foule de facteurs sur lesquels on est en train de travailler. Mais encore une fois ça va prendre un peu de temps, mais on essaie d'aller le plus rapidement possible. Et c'est une priorité de nos P.D.G. J'en parle encore avec eux demain midi pour voir comment les urgences qu'on a identifiées, on peut les améliorer dans les prochaines semaines.

M. Bergeron (Patrice) : Rapidement, M. le premier ministre, tout à l'heure, vous avez fait allusion aux jeunes qui vivent une vie de jeune. Mais est-ce qu'il y a donc des groupes de la population actuellement qui sont plus ciblés ou plus touchés par la propagation actuellement? M. Arruda ou…

M. Dubé : Allez-y.

M. Arruda (Horacio) : Mais, dans les faits, ce sont effectivement les jeunes adultes qui sont le plus touchés en termes de cas. Mais je voudrais vous dire, puis je ne veux pas ostraciser un groupe ou un autre, là, mais les comportements, on peut les observer autant chez des gens plus adultes… tout le monde est adulte à partir de 18 ans, mais, je veux dire, un peu plus vieux, là, dans la quarantaine, cinquantaine, par des barbecues, des fêtes dans des zecs. Donc, dans les faits, ça touche… Les mortalités, les décès sont encore, malheureusement, chez les personnes les plus âgées. On a vu que cinq décès récents sont dans des RPA et dans des CHSLD. Mais c'est justement ça, c'est que l'effet des épidémies communautaires va finir par pénétrer ces milieux-là, et là soit à travers un travailleur de la santé ou un visiteur, etc. D'où l'importance de protéger…

M. Dubé : Peut-être juste pour donner des statistiques, là. On le regarde à chaque semaine. Je vous donne celles du 5 septembre, là, puis je n'ai pas encore eu celles du 12 septembre, mais pour la semaine qui s'est terminée le 5 septembre, là, la portion dont Dr Horacio parle, qui est, pour moi, la plus importante, c'est 20 à 29 ans, c'est 21 %. Mais, 30 à 49, c'est 29 %. Alors, quand vous additionnez le 20-29 puis 30-49, vous avez 50 %. Alors, quand on dit que c'est là que c'est en train de se passer, là... On n'est pas dans les CHSLD, là, si ça répond à votre question. Et ça, ce tableau-là, il est mis à jour à chaque semaine. Puis j'espère qu'on va pouvoir être capables de travailler plus sur cette portion-là.

M. Arruda (Horacio) : Puis ça, ça veut dire que c'est les jeunes en situation active, qui peuvent avoir même deux emplois, qui peuvent être étudiants au cégep, où ils peuvent contaminer. En même temps, ils travaillent dans une pharmacie ou dans un dépanneur. Ça fait que vous voyez la… Puis ils se font des partys entre eux, etc. Et là vous voyez le potentiel épidémique d'ensemencement, un peu partout, qui va finir par toucher des gens à risque.

Le Modérateur : Mais, en fonction du temps qu'il nous reste, des questions courtes, des réponses courtes, s'il vous plaît. François Carabin, Journal Métro.

M. Carabin (François) : Oui. Bonjour, messieurs. J'aimerais avoir un regard rapide sur la région métropolitaine. Bien, on sait qu'il y a d'autres régions qui sont dans le jaune, mais Montréal avait été particulièrement touchée, quand même, durant la première vague. Donc, j'aimerais savoir quel est votre regard sur la région.

M. Dubé : Bien, écoutez, Montréal, c'est toujours une… il faut faire attention, là, c'est une bibitte un peu spéciale. Parce qu'il y a Montréal et il y a toutes les régions avoisinantes qui sont très proches, connectées par les ponts, etc. À date, je vous dirais que Montréal s'est quand même assez bien comportée, de façon… d'ailleurs, a été la dernière à rentrer dans la zone jaune. Ça fait que moi, je trouve que c'est une bonne nouvelle. Puis une des raisons pour ça, c'est que les gens l'ont vécue dur, dans la première, et les gens ont été beaucoup plus alertes aux mesures qui ont été mises en place.

Quand on parle des mesures sanitaires, c'est des gens qui l'ont vécu. Le premier ministre donnait l'exemple, c'est beaucoup plus facile de convaincre quelqu'un par le discours, en ce moment, qui a perdu un proche dans une résidence pour personnes âgées. Et c'est ça que Montréal a vécu. Ce qu'on voit… puis, donc, ça ne veut pas dire qu'on est sorti du bois, à Montréal. Ce n'est pas ça que je dis du tout. Mais on voit que malheureusement, puis je l'ai vu dans les cas des derniers jours, l'augmentation des cas, vous le voyez maintenant, on le publie tous les jours, à Montréal... a augmenté. Puis ça, c'est de la contagion communautaire. On n'est pas dans le film où on était dans les CHSLD.

Ce qui nous inquiète, puis je vais le répéter : à Montréal, on a beaucoup de maisons pour aînés, des résidences pour personnes âgées, et c'est là que la contagion communautaire peut rentrer. Et c'est ça qu'il faut faire attention, à Montréal comme partout ailleurs au Québec, mais particulièrement à Montréal ou dans les villes où il y a plusieurs résidences pour personnes âgées. Et c'est pour ça qu'on les a mis dans le jaune justement, à Montréal, parce qu'on avait plusieurs de ces cas-là cette semaine.

M. Carabin (François) : M. le premier ministre, vous avez évoqué potentiellement... je sais que vous ne le souhaitez pas, mais vous avez évoqué des fermetures, peut-être, de commerces. Si ça devait survenir, avez-vous déjà pris la décision de peut-être débloquer des fonds ou du moins y aller d'aide directe dans les commerces, dans les restaurants aussi qui pourraient fermer à ce moment-là?

M. Legault : Bien, on continue, là. Investissement Québec pour les montants de plus de 50 000 $, puis les CLD pour les montants de moins de 50 000 $, continuent d'avancer de l'argent aux commerces puis aux entreprises qui ont besoin de liquidité pour passer au travers la période difficile, là, donc pour être capable de se rendre jusqu'à tant qu'on reprenne 100 % des activités. Donc, évidemment, s'il y avait une situation comme ça, oui, on va les aider.

Le Modérateur : Oliver Bossé, Le Soleil, rapidement.

M. Bossé (Olivier) : M. Dubé, parlez-moi un peu de Québec qui a été épargnée et là qui semble un peu vous mettre en rogne, la région, si je ne me trompe pas, là.

M. Dubé : Bien, non, ce n'est pas le bon mot, là. Je vous dirais, ce que je pense, c'est... ce que j'ai expliqué, puis j'en ai parlé d'ailleurs avec M. Labeaume, tout le monde est préoccupé par ce qui arrive à Québec, là. Il n'y a pas juste moi, il n'y a pas... Ce n'est pas une question personnelle, c'est tout notre gouvernement qui est préoccupé par ça.

Et je le répète, moi, je serais le plus heureux, au cours des prochaines semaines, que ces régions-là, comme la Capitale-Nationale, repassent au vert. Puis c'est une question de responsabilité personnelle. Regardez, là, ce qui nous a amenés là, là, je vais le dire, là, il y a entre autres l'événement du karaoké. Bien, on peut-u mettre ça derrière nous, puis s'assurer que l'éclosion est contrôlée, puis qu'on puisse revenir dans le vert à Québec? Moi, je serais le plus heureux pour nos écoles, pour notre personnel soignant. Donc, je pense que tout le monde comprend qu'on peut faire la différence dans les prochaines semaines.

M. Bossé (Olivier) : M. Arruda, vous avez dit tantôt que la deuxième vague pourrait faire paraître la première comme de la petite bière. L'impression que vous avez, c'est que les conséquences peuvent être plus graves encore qu'au printemps?

M. Arruda (Horacio) : Je ne suis pas Dieu et je n'ai pas l'intention de l'être. Et puis je pense que la prévision, ce n'est jamais quelque chose de facile, mais on reconnaît que, de façon générale, quand il y a des épidémies d'un nouveau virus, la première vague, elle est habituellement beaucoup plus petite que la deuxième, jusqu'à une proportion d'à peu près trois fois. O.K.? Mais ça, c'est si on ne fait pas d'intervention. Ça, c'est dans un contexte où on ne fait pas d'isolement puis on ne fait pas d'intervention. Ça fait que je ne veux pas... on ne veut pas en arriver à trois fois plus, mais, si on laisse les choses aller, si tout le monde se laisse aller, là, bien là, c'est sûr que, là, on donne au virus la possibilité de se multiplier, puis là il en profite.

Le Modérateur : Très rapidement, en anglais. On commence avec Philip Authier, The Gazette.

M. Authier (Philip) : Good day to you all. Premier, I would like to ask you, for two weeks... Can you hear me?

M. Legault : Yes.

M. Authier (Philip) : Sorry. For two weeks, you've been asking people to follow the rules, and we see again today, the cases keep growing, there are more. 75% of the population is now in a yellow zone. What's your next move to control this?

M. Legault : As you know, there are different measures that are planned to be put in place when you go into the orange zone and the red zone, about closing bars, about reducing the maximum of 10 to six people, etc. So we're not there yet, but we're getting closer, unfortunately.

M. Authier (Philip) : And, for Mr. Dubé, you were just saying that the biggest problem is staffing in the health network. You only got, from what the Minister of Health says… The Ministry says you got 7,100 orderlies. You wanted 10,000. Are you actually going to hit 10,000? And what would be the shortage? You also mentioned... What shortage is there for nursing and nursing assistance?

M. Dubé : OK, well, two things. We're going to get the 10,000 because there is a second group that is already started, that will be coming in the next few months. So the target of 10,000 is still there, and we'll get it.

Now, on the nurses, as you know, as the Prime Minister explained, the training and the formation is much longer than the «préposés aux bénéficiaires». So we need to find other alternatives. But, I think, with the negotiation that is taking place right now with la FIQ, la Fédération des infirmières, I think we'll find the solution over the next weeks. But our goal is to make sure that we settle the collective agreement with them in the next few weeks. That's very important for us.

Le Modérateur : On me dit qu'il reste du temps pour une seule dernière question. Mes excuses aux collègues anglophones. Raquel Fletcher, Global News.

Mme Fletcher (Raquel) : Une seule question?

Une voix :

Mme Fletcher (Raquel) : Yes, can we each have one?

M. Legault : Rapidly.

Mme Fletcher (Raquel) : OK. Mr. Legault, earlier today, just before this press conference, your Education Minister held a presser as well and he was unable to answer some pressing questions about the plan in education. There was a question about ventilation in the schools. There was another question about a massive testing that was going on in one school that he seemed unaware of. Do you still have confidence in your Education Minister?

M. Legault : Totally.

Mme Fletcher (Raquel) : And no concerns about his inability to answer?

M. Legault : No, no, no. The plan is well done, yes.

Le Modérateur : Kelly Greig.

Mme Greig (Kelly) : For the 75% that are now in the yellow zone, that's 6.3 million Quebeckers, it seems like the messaging has changed from: You can have private parties, but keep them small, be careful… suddenly has changed to: Best to avoid private parties. I'd like to talk about that messaging and also how frustrating it is to have people ignore it, and the ramifications of that.

M. Legault : Of course, as you can imagine, it's not easy to have any kind of intervention in houses… housing, with the police giving penalties. It's not easy. So it's a very big challenge. So that's why I'm asking each Quebecker to be responsible, to try to limit the number of people in gatherings, and, when you do so, to be careful, to keep your distances and wear a mask.

Mme Greig (Kelly) : …this is 6.3 million Quebeckers right now.

M. Legault : Yes.

Le Modérateur : Très rapidement. Cathy Senay, en terminant.

Mme Senay (Cathy) : I would like to hear you about Montréal. You spoke about Montréal in French. What's at stake right now in Montréal? What was different, in the spring, and now what you see with community transmission?

M. Legault : When we look at the figures, per 100,000 people living in a region, Montréal is doing better than many other regions. And we think that the reason for that is that people, they know what happened last spring, so they are more careful, they don't want to see that again. So maybe it's the explanation, but we don't have the exact explanation. But we can see that, per 100,000 residents, it's going better in Montréal than in some other regions.

Le Modérateur : Merci, tout le monde.

M. Legault : Merci, tout le monde.

(Fin à 14 h 02)

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