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Point de presse de M. Pascal Bérubé, chef du troisième groupe d’opposition, et M. Martin Ouellet, leader parlementaire du troisième groupe d’opposition

Version finale

Le lundi 14 septembre 2020, 9 h 15

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Neuf heures seize minutes)

M. Ouellet : Alors, bon matin, tout le monde. Évidemment, le Parti québécois, ses députés, on est très contents d'être de retour à l'Assemblée nationale, quatre semaines de travaux avant l'arrivée de notre prochain chef. Et, vous le savez, on est contents puisque la démocratie n'est plus en quarantaine.

Si le premier ministre veut avoir encore plus, je vous dirais, d'«exposure», un peu plus, même, de visibilité, ce n'est pas juste les conférences de presse hebdomadaires qu'il a besoin, c'est d'être présent ici à l'Assemblée nationale. Parce que le Parti québécois a des questions à lui poser sur la gestion de la pandémie, des questions à lui poser sur comment on va relancer notre économie, mais comment aussi on peut s'assurer de donner une information transparente, juste et fiable pour que, tout le monde ensemble, on puisse vaincre cette pandémie.

Évidemment, nous allons poursuivre notre travail, tel qu'on l'a toujours fait depuis les dernières semaines, les derniers mois, un travail rigoureux. On est attentifs et surtout on aura des questions assez serrées pour le premier ministre quant à la suite de sa gestion pour ce qui est de la pandémie.

Donc, sans plus tarder, je vais laisser la place à mon chef parlementaire pour vous indiquer quelles seront les priorités du Parti québécois pour ces quatre prochaines semaines et surtout de quelle façon notre opposition sera une opposition de construction pour amener le premier ministre à prendre de bonnes décisions pour l'ensemble des Québécois et des Québécoises. Merci.

Le Modérateur : Oui. M. Bérubé.

M. Bérubé : Merci, cher Martin. Heureux de vous retrouver en ce début de session parlementaire. Dans quatre semaines, le Parti québécois aura un nouveau chef, mais nous poursuivons notre travail rigoureux et pertinent pour les citoyens du Québec à travers nos questions, à travers nos propositions également.

On a passé un bel été, on a passé une belle fin de semaine, où nos militants, nous, nous ont encouragés à aller de l'avant puis nous ont remerciés de notre travail pendant la pandémie, un travail consciencieux, un travail constructif avec le gouvernement du Québec. Ils ne nous ont pas blâmés pour ça, ils étaient heureux puis ils ont trouvé qu'on a fait ce qu'il fallait faire pour se rendre utiles dans les circonstances, tant comme députés mais comme groupe parlementaire également. Alors, je souhaitais le dire parce que c'est important puis j'espère que c'est comme ça dans l'ensemble des formations politiques.

Cette session parlementaire, trois piliers importants : évidemment, la pandémie, prendre soin des gens, s'assurer d'avoir les ressources nécessaires, de les écouter — on m'indique que la volonté de la ministre McCann de mettre fin à l'omerta, c'est terminé, déjà, donc je vous invite à valider ça — et de la transparence.

Vous avez vu l'étude des crédits du premier ministre, j'ai posé des questions sur le mécanisme de prise de décision, sur la transparence. S'il y a un enjeu où on a été intraitables, c'est de comprendre comment les décisions se prennent. Lorsque j'ai posé les questions, on a appris qu'il n'y a aucun procès-verbaux qui se prennent sur des questions fondamentales qui touchent notre santé, qui touchent nos responsabilités, nos droits, qui touchent notre économie également, mais il y a une certaine désinvolture face à ces questions, et je trouve ça préoccupant.

Donc, la COVID, la transparence, les soins nécessaires pour s'occuper des Québécois puis rappeler que c'est un des pires taux au monde, là. C'est une défaite, là, plus de 5 000 aînés décédés. Moi, je ne veux pas utiliser un langage de hockey comme le premier ministre, là. C'est une immense tache sur le Québec, et il va falloir faire les analyses nécessaires.

D'ailleurs, je me permets de rappeler qu'on ne dispose pas présentement d'une enquête indépendante avec un pouvoir d'assigner des témoins, comme c'est le cas en Ontario chez l'ami de M. Legault, M. Ford. Ils ont eu le courage de faire ça. Alors, on aura l'occasion, un peu plus tard cette semaine, de proposer une véritable commission d'enquête indépendante qui pourra aller au fond des choses et nous donner des résultats avant la prochaine campagne électorale. Je ne sais pas ce que craint le gouvernement là-dessus, mais moi, je sais pourquoi on le demande. Parce qu'il y a nécessairement des conclusions à tirer sur la responsabilité du gouvernement du Québec aussi.

Donc, l'enjeu pandémie, l'enjeu protéger les gens et transparence : des questions. Il y a de nombreux citoyens qui se posent des questions de toutes sortes. Certaines reposent sur des croyances personnelles. Les nôtres reposent sur une nécessité de comprendre comment des décisions aussi importantes sont prises par un premier ministre et un gouvernement dans notre vie de tous les jours. Ça, c'est le premier élément.

Et la question de l'identité aussi, parler de la langue. Écoutez, je lisais encore ce matin que le ministre responsable de la Langue doit encore convaincre son premier ministre, son gouvernement, de la nécessité d'aller de l'avant. Je le sais, je l'ai rencontré, Simon Jolin-Barrette, à son cabinet, il y a quelques semaines, et ce que je retiens, c'est qu'il est volontaire, il est nationaliste, il a envie d'aller de l'avant, mais ça ne passe pas comme une lettre à la poste. Il y a beaucoup de résistance, d'éléments non nationalistes à la CAQ. Vous savez, c'est une coalition qui est assez vaste, et il y a tout un groupe de fédéralistes, de gens qui viennent du Parti libéral du Canada, du Parti libéral du Québec, du Parti conservateur, qui n'en voient pas la nécessité. En fait, ils sont davantage affairistes que nationalistes. Ça rime, mais ce n'est pas la même chose quand on regarde la définition.

Donc, moi, j'invite le ministre à convaincre son gouvernement d'aller de l'avant, pas juste avant une élection pour en faire un engagement électoral en disant : Ah! on est assez nationalistes. Il faut que ça soit un enjeu de coeur. Et nous, on est prêts à débattre de ces enjeux-là, sans aucun problème, c'est important pour nous de le faire.

Je me souviens qu'entre 2012 et 2014 la CAQ a bloqué le projet de loi n° 14, qui devait modifier de façon substantielle la Charte de la langue française. Alors, jusqu'à maintenant, c'est plutôt négatif, les interventions de la CAQ en matière de français. Et là, depuis notre caucus de Valleyfield l'an dernier, bien, on fait juste annoncer qu'il va y avoir quelque chose, et le premier ministre dit une chose puis le ministre dit autre chose. Parlez-vous. Parlez-vous, entendez-vous sur les mesures, puis allez de l'avant. Puis vous allez voir que nous, on va débattre.

Puis on en a, des propositions minimales qu'on va proposer, notamment, pour l'assujettissement des entreprises à la charte fédérale, sur les entreprises de moins de 50 employés, sur un Commissaire à la langue française, sur l'affichage, sur le fait qu'il va falloir faire des analyses beaucoup plus pointues sur ce qui se passe à Laval, sur la Rive-Sud de Montréal, et sur la promotion, aussi, du français, qui peut passer par le réseau scolaire et l'exemplarité de l'État. Vous savez, on a un État, présentement, qui envoie toujours à travers Hydro-Québec des factures unilingues anglophones. Et tout ça est documenté par l'Office québécois de la langue française. À Montréal, l'accueil en français est passé de 84 % à 75 %, entre 2010 et 2017, et je n'ai pas d'indicateur que ça s'en va vers le bas.

Donc, il y a le dossier de l'identité puis, évidemment, le dossier de la relance économique, de l'économie, mais du nationalisme économique. Que ça soit les dossiers du Cirque du Soleil, avec des pertes énormes, de Bombardier, de la balloune de Flying Whales ou d'une attribution de 10 millions de dollars au bijoutier Birks, je ne sais pas en quoi, là, c'est nationaliste. Je ne crois pas que les bijoux de Birks soient dans le Panier bleu. Je ne crois pas que Pierre Fitzgibbon soit venu en politique pour le nationalisme. Mais je veux vous dire que quiconque prétend que la CAQ est nationaliste devra faire en sorte de nous le démontrer parce qu'en matière d'affaires je trouve qu'on manque plusieurs bonnes occasions de plaider l'essentiel. L'essentiel, c'est quoi? Bien, c'est l'achat local, c'est le développement de nos entreprises, c'est les circuits courts, c'est l'agroalimentaire pour beaucoup, hein, dans les régions du Québec. C'est ce qui est important. Moi, je suis d'avis que la relance, elle doit passer par d'autres secteurs que ceux qui ont été identifiés.

Le premier ministre nous annonce qu'il va revenir avec une nouvelle mouture de la loi n° 61. Je vous informe que, quand on regarde les projets, en fait, c'est un plan d'accélération des engagements électoraux. Parce que lab-écoles, maisons des aînés, ce qu'ils avaient dit en campagne électorale, ils veulent accélérer leur projet de loi... en fait, accélérer les projets électoraux. Mais, si on veut aider l'économie québécoise, il y a des entreprises partout au Québec qui ont des plans d'agrandissement, d'expansion. Nous, on les connaît dans nos circonscriptions. Alors, moi, je l'ai fait dans mon comté, j'ai identifié une série de mesures qui n'ont rien à voir avec la loi n° 61. Si on a de la volonté politique, c'est l'ingrédient principal.

Alors, on va parler de ça aussi : le vrai nationalisme économique. Et le Parti québécois est bien placé pour en parler. On a parlé de ces enjeux-là, on a documenté ça. Je me souviens même que, pour l'efficacité de l'État, Martin, il a un groupe, on a produit le plan Priorité PME, dans le mandat précédent, qui est toujours utile.

Alors, que ça soit en matière de langue, ils peuvent se référer à ceux qui connaissent ça : le Parti québécois. En matière de nationalisme économique, ils peuvent se référer à ceux qui sont nationalistes : le Parti québécois. Puis en matière de prendre soin des gens, bien, ils peuvent se référer à des gens qui sont près du monde, près des employés de la santé puis qui écoutent les gens qui sont pris dans le système puis qui aimeraient s'y retrouver. Et, si on fait ça pendant la pandémie, on va éviter d'entrer dans des débats ésotériques que certains voudraient mettre de l'avant. L'essentiel, c'est de prendre soin de nos gens, les protéger, les rassurer, les soigner avec les ressources qu'on a.

Et c'est pour ça que, vous me trouvez peut-être insistant, mais le mécanisme de décision de l'État est important. Il y a un directeur de la Santé publique qui ne se rapporte qu'au premier ministre, qui ne se rapporte pas ni à vous ni à moi. Et je ne suis pas en mesure, moi, de juger qu'est-ce qui relève de la témérité du gouvernement ou de sa timidité. On ne le saura pas parce qu'il n'y a aucun procès-verbal qui est tenu de ces rencontres-là. On a appris ça à l'étude des crédits.

Alors, je termine en vous disant que, pour les prochaines semaines, je vais toujours assumer le rôle de chef parlementaire du Parti québécois jusqu'au 9 octobre. On aura également une série de motions très fortes que vous découvrirez jour après jour, importantes, qui vont confronter l'Assemblée nationale à ses responsabilités à bien des égards. Ça va commencer dès demain. Vous allez voir la proposition qu'on va faire, elle est très forte. Et j'espère qu'à travers tous les outils qu'on dispose pour faire des propositions on fera avancer le parlementarisme et, certainement, avancer la volonté des Québécois de suivre nos travaux.

Le Parti québécois est une grande formation politique. Il a joué un rôle fantastique depuis octobre 2018. On le fait avec une belle équipe, une équipe réduite, mais une équipe qui est très motivée. Et, en ce sens, nous serons un joueur majeur, j'en suis convaincu. Mais ne le prenez pas de moi. À travers vos analyses, je suis pas mal sûr que vous allez être en mesure d'identifier le travail sérieux qu'on fait à l'Assemblée nationale.

Prêts pour vos questions.

M. Bellerose (Patrick) : Au sujet de la commission d'enquête indépendante que vous avez réclamée, vous n'avez pas l'impression qu'il y a déjà plusieurs enquêtes qui peuvent couvrir le même champ, donc, enquête du coroner, enquête... citoyen, enquêtes policières?

M. Bérubé : Oui. Il y a des enquêtes qui sont étrangères à la volonté gouvernementale, vous en avez nommé deux, elles sont totalement indépendantes, donc elles décident d'aller de l'avant. Mais je rappelle qu'en Ontario, chez le «BFF» de François Legault, son meilleur ami, Doug Ford, ils en ont fait une, une commission d'enquête indépendante, avec un pouvoir d'assigner des témoins, quelque chose de sérieux, là. Alors, le premier ministre, je me souviens, a décidé d'annoncer ça quelques minutes avant l'étude des crédits du Conseil exécutif. Ce n'est pas suffisant. Alors, comme les travaux sont à peine commencés, nous allons demander une véritable commission indépendante avec pouvoir d'assigner, selon la Loi sur les commissions d'enquête. C'est bien régi, tout ça. Alors, je pense qu'un des gestes les plus importants, cette semaine, c'est d'aller de l'avant avec une telle motion, que nous présenterons demain.

M. Bellerose (Patrick) : ...cette commission d'enquête là, indépendante, pour vous, c'est les pouvoirs de la commission d'enquête ou c'est l'étendue du champ de recherche...

M. Bérubé : C'est de s'assurer qu'il n'y ait pas de complaisance et que le gouvernement n'a pas mis en place une commission qui s'avère inoffensive quant à ces responsabilités qu'elle a. Vous savez, l'embauche du personnel, le transfert entre les établissements, le degré de préparation, tout ça, ça ne relève pas des gouvernements précédents, ça relève de l'action actuelle, et du jugement, et la priorisation du gouvernement actuel.

Alors, je sais qu'il n'aime pas être critiqué, mais je répète que plus de 5 000 morts, ce n'est pas : une victoire, une défaite, on l'a échappé belle. C'est des milliers de drames, et je ne voudrais pas qu'on banalise ça. On est les tristes champions mondiaux de cette catégorie-là, donc c'est un échec, la gestion de la pandémie.

Mme Crête (Mylène) : M. Bérubé, il y a plusieurs gens qui ont présidé des commissions d'enquête, au Québec, qui ont dit que, oui, c'est sûr que c'est un moyen, mais que c'est beaucoup trop long, dans le contexte, d'aller vers la commission d'enquête publique.

M. Bérubé : Parfait. Alors, bien, avec les moyens nécessaires, si on commence bientôt, on peut arriver avec, je dirais, un résultat à la mi-2021. En tout cas, l'important, c'est que ce soit avant la prochaine élection générale. Les gens pourront juger.

Parce que, jusqu'à maintenant, les gens se disent satisfaits de quoi? Bien, ils ont communiqué, puis ils trouvaient ça intéressant, puis là, lui, il est drôle, puis là il est là, puis il est là même les fins de semaine. Mais le vrai résultat, c'est... Pourquoi qu'il y a beaucoup plus de morts qu'ailleurs? Qu'est-ce qu'on a fait ou pas fait qui n'a pas marché? Alors, la gestion, c'est un échec sur la base des chiffres. Quand on est 23 % de la population canadienne, le Québec, puis qu'on revendique 63 % des décès, je peux-tu vous dire qu'il n'y a pas de quoi se péter les bretelles, puis il faut rester humbles, et il faut se dire que, manifestement, ça ne marche pas. Voilà.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce que vous avez consulté… Vous l'avez dit tout à l'heure, il va y avoir un nouveau chef le 9 octobre. Avant d'établir vos priorités pour la session, est-ce que vous avez consulté les quatre candidats?

M. Bérubé : Non.

M. Lacroix (Louis) : Pourquoi?

M. Bérubé : Parce qu'on ne veut pas mêler l'action parlementaire avec les candidats parce que, dépendamment des choix qu'on ferait… Par exemple, si on prenait une des propositions d'une des quatre candidatures, bien, cette candidature pourrait dire : Bien, vous voyez sa pertinence, l'aile parlementaire les utilise. Ceci étant dit, j'ai entendu des propositions publiques, récemment, on ne parle pas, mais on sait qu'on a des idées qui vont ressembler à ça. Alors, elles seront déployées au cours des quatre prochaines semaines.

M. Lacroix (Louis) : Donc, vous vous êtes inspirés de ce que les candidats…

M. Bérubé : Non, c'était avant. Il y a un dossier entre autres, là, qu'on vous dira plus tard, là, on sait très bien que ça fait des mois qu'on avait réservé la motion, on apprend que ça pourrait être un enjeu pour une candidature. Donc, non, on les appelle pour… quand il y a des enjeux qui nécessitent. Parfois, moi, il m'arrive d'appeler pour dire que je n'ai pas aimé le ton d'un débat, c'est le genre de choses que je peux faire, et des questions technniques. Mais, pour le reste, c'est l'aile parlementaire qui est souveraine de ses questions, de ses interventions et de ses motions.

M. Bergeron (Patrice) : Est-ce que vous estimez que la course a eu toute la place qu'elle mérite dans l'espace médiatique?

M. Bérubé : Bien, c'est difficile, hein, dans les circonstances, avec la pandémie. Évidemment, on aimerait plus. Mais j'invite, moi, les candidats à appeler les membres votants, d'abord. Alors, c'est ce qui est le plus efficace. Moi, j'en ai fait six, campagnes, dans ma vie, puis des fois c'était pas mal plus efficace de prendre un après-midi avec son café puis d'appeler des listes sans arrêt que d'aller virer au centre d'achats puis de prendre un café. Alors, c'est comme ça que ça fonctionne.

M. Bergeron (Patrice) : Le débat, il devrait-u être télévisé, selon vous?

M. Bérubé : On l'a demandé. Alors, si d'aventure RDI ou LCN nous entendent et ont envie de diffuser un des débats, comme ils l'ont fait avec le débat français des conservateurs, on est disposés à les accueillir à notre studio. Ce serait agréable.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce que ça prend absolument un candidat, en fait, un chef qui va être à l'Assemblée nationale pour bien représenter les intérêts du Parti québécois pendant deux ans?

M. Bérubé : Bon. Alors, toujours dans cette volonté de ne pas m'ingérer dans la campagne, je dirai que le chef qui sera choisi sera le bon parce qu'il aura été choisi. Et, quelle que soit sa configuration, qu'il soit député à l'Assemblée nationale ou pas, on a réfléchi à ces questions-là dans les deux cas, les officiers, avec Martin, avec Harold LeBel, avec les gens de l'équipe. S'il advenait que ça soit un non-élu, on a préparé une séquence qui n'est pas connue des candidats.

Mme Crête (Mylène) :Est-ce que vous pourriez rester chef, le cas où c'est un chef extraparlementaire?

M. Bérubé : Bien, si c'est un des trois qui n'est pas député, il y aura nécessairement à nommer un chef parlementaire, et ça sera sa prérogative. Mais aucun des candidats m'a fait d'appels du pied.

Mme Crête (Mylène) : Est-ce que ça vous intéresserait?

M. Bérubé : J'évaluerai.

M. Bellerose (Patrick) : Vous avez souvent dit que vous n'étiez pas là pour rester comme chef parlementaire. Vous ne semblez pas y tenir. Donc, est-ce que vous êtes prêt à vous engager pour un autre deux ans?

M. Bérubé : Pas pour l'instant. Je vais attendre de voir qui est élu.

M. Bellerose (Patrick) : Ah! Ça va dépendre qui est élu?

M. Bérubé : Bien oui, ça prend une affinité, là, pour travailler aussi proche.

Une voix : ...

M. Bérubé : Avec la personne qui va être élue. Mais il faut que les trois autres restent impliqués aussi. Ça, j'aimerais ça les entendre...

Journaliste : Mais avec qui avez-vous plus d'affinité?

M. Bérubé : Je ne vous le dirai pas.

M. Lacroix (Louis) : Vous dites que vous avez évalué les deux scénarios, là, advenant que ce soit...

M. Bérubé : Oui. Bien, il le faut.

M. Lacroix (Louis) : ...que ce soit Sylvain Gaudreault ou les autres,

un des trois autres. Mais je comprends, là, que vous ne voulez pas... Mais, dans le scénario idéal, est-ce que ce serait un élu, pour rendre la chose plus facile, plus simple pour votre groupe parlementaire?

M. Bérubé : Non. Non, je ne veux pas...

M. Lacroix (Louis) : Je ne parle de contenu, je ne parle pas de personnalité. Mais est-ce que, si c'est un élu, c'est plus simple?

M. Bérubé : Les deux ont leurs avantages. Et je ne veux pas condamner les candidats qui ne seraient pas des élus parce que ça ouvre d'autres perspectives intéressantes. M. Lévesque a été chef du Parti québécois pendant six sans siéger à l'Assemblée nationale, de 70 à 76, et M. Parizeau pour une courte période. Je pense qu'il ne faut pas disqualifier ces candidats pour cette raison. Ceci étant dit, siéger à l'Assemblée nationale a beaucoup d'avantages aussi, permet de poser des questions au premier ministre.

Alors, dans les deux cas, on a des scénarios qui ne sont pas partagés avec les candidats. On a envisagé une séquence, une façon de procéder, et on a bien hâte de connaître l'identité de ce candidat et surtout de travailler au ralliement. Puis ça va être important que les trois autres se rallient, et les partisans. Toujours important qu'il rentre plus de monde qu'il en sorte. Et je pense qu'il va y en avoir pas mal plus.

M. Lacroix (Louis) : Mais, à la fin, en fait, au crépuscule de votre règne comme chef du Parti québécois, là, quel est le bilan personnel que vous en faites de ça, de cette expérience-là? Je ne vous parle pas du bilan politique, là. Sur le plan personnel, là, qu'est-ce que...

M. Bérubé : J'ai eu du plaisir.

M. Lacroix (Louis) : Vous avez eu du plaisir? Mais on sent que vous n'avez pas le goût de continuer.

M. Bérubé : Bien, en octobre, quand on s'est réunis, là, dans l'appartement de Sylvain Gaudreault, puis il fallait décider de la suite, puis, bon, il y a des gens qui envisageaient d'être candidat, il y a des gens qui réfléchissaient puis qui nous n'ont pas donné leur avis, alors on les a un peu disqualifiés, je me suis porté volontaire. C'est ce qui m'anime depuis 26 ans, au Parti québécois, d'être utile à ma famille politique. Unanimement, ils ont dit oui.

Alors, une fois dans les fonctions, on essaie de bien faire les choses, d'être pertinent, d'animer l'équipe, de faire des bons débats, de rendre fiers nos militants qui nous écoutent aussi. Alors, je l'ai fait avec tout mon coeur, avec beaucoup de combativité puis beaucoup d'humour, beaucoup de plaisir. J'avoue que les crédits avec le premier ministre, j'aime beaucoup ça. J'aime beaucoup ça parce que c'est un moment privilégié.

Ceci étant dit, j'avais dit : Fête nationale. Ça a été prolongé au mois d'août, puis là on est rendu au 9 octobre. Toujours animé par ma volonté d'être utile pour ma formation politique, me voilà. Et j'occuperai le poste qui sera choisi par le prochain chef. Mais, quel que soit ce poste, le plus important, je l'ai déjà, puis personne ne peut me l'enlever, c'est député de Matane-Matapédia. Alors, quel que soit l'endroit où je serai assis, au salon bleu, je serai heureux.

M. Lacroix (Louis) : Et dans deux ans vous allez vous représenter, c'est sûr et certain...

M. Bérubé : Je l'ai dit dans une très belle entrevue diffusée dans Le Soleil, samedi dernier, à votre collègue juste derrière vous.

M. Lacroix (Louis) : Je le sais, mais vous allez vous représenter dans deux ans...

Une voix : Non, il est là!

M. Bérubé : Il est là? Ah! Excuse-moi. J'ai confondu. Alors, il faut aller lire Olivier, là.

Des voix : ...

M. Bérubé : Je l'ai dit.

Mme Crête (Mylène) : Mais qu'est-ce que vous n'avez pas aimé, dans le fond, du premier débat?

M. Bérubé : Du premier débat?

Mme Crête (Mylène) : Oui, vous avez dit : Ça ne m'empêche pas de téléphoner quand je n'aime pas le ton.

M. Bérubé : Bien, moi, je les ai aimés, les débats, je les ai tous aimés. Je n'ai pas aimé les réactions au premier débat.

Mme Crête (Mylène) : ...avez-vous téléphoné après un des deux débats?

M. Bérubé : Non. J'ai parlé devant mon écran. J'étais avec un groupe, on a pris des notes. Moi, je n'ai pas détesté ça. Puis c'est des questions importantes. On est indépendantistes, il faut aborder ces questions-là. Ce que je n'aime pas, c'est les attaques entre les candidats. Ça, je déteste ça. Et je dirais même, c'est un conseil gratuit aux candidats : Vous ne le savez pas, si vous n'aurez pas besoin des votes du candidat que vous attaquez, s'il finit quatrième. C'est un truc pour tout le monde, là, c'est universel. Puis il faut créer le ralliement après. Alors, il faut se...

M. Lacroix (Louis) : Qu'est-ce que vous pensez de M. Lisée qui devient belle-mère rémunérée du Parti québécois en ce moment? Est-ce que vous trouvez que... Parce que visiblement M. Lisée n'a pas été...

M. Bérubé : À Radio-Canada, ça?

M. Lacroix (Louis) : ...le choix favori des Québécois, là, parce que le Parti québécois a connu sa plus importante défaite. Là, il devient un peu belle-mère de la politique québécoise et du Parti québécois, il parle de la course, etc. Est-ce que ça vous met mal à l'aise?

M. Bérubé : Pas plus que Bernard Drainville.

Des voix : ...

M. Bergeron (Patrice) : Mais M. Drainville, ça vous met plus mal à l'aise ou...

M. Bérubé : Il voulait être chef aussi. Il n'y a pas de différence. Ils commentent, ils ont une tribune pour le faire, ils sont rémunérés. Moi, j'écoute leurs analyses, mais il n'y a pas tellement de différence entre les deux cas. J'écoute les deux et j'apprécie les deux.

M. Bergeron (Patrice) : Qu'est-ce que vous vouliez dire, tout à l'heure, quand vous avez parlé du fait que vous avez beaucoup de remerciements de vos militants? J'aimerais ça que vous expliquiez un peu, là, à quoi vous faites allusion.

M. Bérubé : Oui : Vas-y, va parler pour nous, on a confiance, vous avez bien travaillé avec M. Legault dans la première phase. On a fait des propositions qui sont devenues des politiques, hein? On n'a pas toujours eu le crédit, mais ce n'est pas grave, on sait qu'on l'a fait. Vous faites bien ça. On regarde les autres partis, ils sont plus radicaux ou ils sont libéraux. Ils trouvent qu'on est en bonne position.

Puis moi, je vous fais la prédiction qu'avec un nouveau chef il y aura une progression humble, mais constante, et je suis d'avis que, dans les prochains mois, on va devenir la deuxième formation politique en termes d'appui. Vous savez, vous dites souvent : Ah! la troisième opposition. Ça ne veut rien dire, hein? On a beaucoup plus de points que Québec solidaire, depuis longtemps, et c'est seulement parce qu'une députée a quitté qu'on est troisième opposition. Mais il y a moins de points de différence entre le Parti libéral et le Parti québécois qu'il n'y en a entre nous et Québec solidaire. Alors, je suis d'avis qu'on pourrait devenir la deuxième formation sous peu, post-choix du candidat.

Journaliste :

M. Bérubé : Je ne sais pas, mais je pourrais le trouver, et c'est quelqu'un d'autre qui vous le dira.

M. Lacroix (Louis) : Mais est-ce que le Parti québécois va être rendu à la croisée des chemins à l'élection de 2022?

M. Bérubé : C'est une évidence. C'est comme ça à chacune des élections. On n'est pas un parti comme les autres et tant mieux.

M. Lacroix (Louis) : Mais il va jouer son histoire, il va jouer son existence?

M. Bérubé : Ça a toujours été ça. C'est une élection qui va être importante parce que les enjeux le sont, parce que ça prend des gens qui appliquent un véritable nationalisme. Et je pense qu'entre l'original et la copie il y a bien des gens qui vont réaliser que, tu sais, les valeurs qu'ils portent c'est… qu'on porte, on n'a pas inventé ça pour se faire élire, là. C'est là de façon très sincère. Même sur la laïcité, le débat qu'on a eu, on a réalisé que nos propositions étaient beaucoup plus complètes, solides et en phase avec les Québécois sur, par exemple, le port de signes religieux dans les CPE, dans les écoles privées. La CAQ n'a pas eu ce courage-là. Alors, c'est un drôle de gouvernement qui, de plus en plus, va être confronté…

M. Lacroix (Louis) : Non, non, non. Là, vous me parlez du gouvernement. Moi je vous parle du PQ, là.

M. Bérubé : O.K. Ramenez-moi.

M. Lacroix (Louis) : La question que je vous ai posée, M. Bérubé, c'est : Est-ce que le PQ joue son existence à la prochaine élection? Vous avez dit : Ça a toujours été ça. Alors, pourquoi le PQ joue son existence en 2022?

M. Bérubé : Parce qu'on est neuf puis on aimerait être plus nombreux.

M. Lacroix (Louis) : Donc, si vous êtes moins nombreux, c'est terminé?

M. Bérubé : Bien, non, pas nécessairement. Mais là, ça, c'est très hypothétique. Je sais que pour la CAQ, eux, ils ont déjà décidé qu'ils allaient être 80, 90 sièges. Puis ils s'en vantent de ça, hein? Puis les conseillers politiques qui passent, là, ils s'en vantent, de ça : Aïe! moi, je pourrais m'acheter une maison à Québec, je suis ici pour huit ans. J'entends ça du personnel politique. Puis M. Legault, vous l'avez questionné vendredi, là, puis il a dit : Tu sais, on fait un caucus, là, puis… Puis là, il vous a fait un sourire : J'ai trop de députés! Il s'amuse beaucoup de ça. Mais je sais très bien qu'il y a des députés de la CAQ qui commencent à se poser des questions aussi sur plusieurs orientations. Ils sont de plus en plus bavards, puis ce n'est pas nous autres qui vont les arrêter… qui ont des choses à nous dire sur ce qui se passe.

Et tant mieux pour le gouvernement qu'il soit populaire. En tant de crise, on se tourne vers notre gouvernement national, et puis les gens accordent des points à la présence et puis pour les mesures. Mais, quand on regarde le résultat froid des morts, et tout ça, on est derniers. Alors, à moins que les Québécois se disent : Ça pourrait être pas mal pire... Moi, je pense que le problème qu'on a, c'est que l'étalon de comparaison de la CAQ, c'est le Parti libéral précédent. C'est sûr que c'est mieux, mais ça pourrait être encore beaucoup mieux, puis c'est ça qu'on travaille.

Le Modérateur : On va devoir passer bientôt en anglais…

Mme Côté-Chabot (Claudie) :  …

M. Bérubé : Oui. Bien, j'ai porté plainte à la Sûreté du Québec ce matin sur un «dividu» qui prétend que ma conjointe et moi ne pourrons plus marcher, bientôt, dans les rues et que nous sommes des traîtres.

Alors, j'ai la couenne plutôt dure, mais là on vient d'embarquer ma conjointe là-dedans, là, je vois rouge. Et là je vous assure que, là, on vient d'atteindre une autre dimension. Quand c'est moi, je peux encaisser bien des choses, mais là j'ai demandé conseil, et puis la Sûreté du Québec m'a déjà répondu qu'ils allaient enquêter sur cet individu qui prétend que je ne pourrai plus marcher avec ma conjointe librement à partir de maintenant.

Donc, c'est une menace, et je ne suis pas le seul à en avoir reçu. Beaucoup de sympathies pour le premier ministre, qui en a reçu, mais sachez qu'il en reçoit beaucoup plus que ça. Pour avoir travaillé de près avec Mme Marois, ça arrive souvent. Le problème, c'est qu'il faut collectivement ne pas banaliser ça et envoyer un message très, très fort. Donc, je n'ai pas hésité, c'est une menace assez forte à l'égard de mon couple, et je ne vais pas laisser passer ça. Je ne veux pas vivre dans la peur.

M. Lacroix (Louis) : Comment votre conjointe prend-elle…

M. Bérubé : Je ne peux pas vous répéter ce qu'elle a dit. Vous la connaissez, elle a du caractère. Je me demande si ça ne serait pas plus dangereux pour l'individu si elle s'en occupait elle-même. Une fille qui a été élevée dans Hochelaga et qui y habite toujours a ce qu'on appelle, comme dans la série C'est comme ça que je t'aime, des méthodes montréalaises.

Le Modérateur : En anglais, s'il vous plaît.

M. Bossé (Olivier) :

Le Modérateur : En anglais...

M. Bossé (Olivier) : …la complaisance des oppositions, c'est ce que les gens ont vu un peu…

M. Bérubé : Oui. Bien, il n'y en a pas, de complaisance. On regarde, là, l'étude des crédits, là, je pense qu'on est rendus à 6 000 partages de mes interventions avec le premier ministre. On demande : Comment prenez-vous vos décisions?, êtes-vous prêts à rendre publique l'entente avec — je cherche la firme qui…

Une voix :

M. Bérubé : Non…

Une voix : McKinsey.

M. Bérubé : ... — McKinsey? Ils ne veulent rien dire puis ils se vantent de dire : Eh! on n'a pas le temps de prendre des notes sur des décisions aussi importantes. C'est la désinvolture totale, et tout est fait en fonction de maintenir la popularité ou maintenir le caucus. Vous avez vu, ils ont une opération de mettre en valeur les députés, alors ils disent : On va aller passer un après-midi chez vous, tu vas t'asseoir à côté de la table, on fait venir les maires, puis à la fin je vais fait un point de presse, tu ne parleras pas, mais tu vas être à côté. Donc, un député content.

Ils ont envoyé leur whip, durant l'été, voir dans chacun des comtés s'ils étaient de bonne humeur ou pas. Parce qu'il y a bien des gens qui ont dit à leurs belles-soeurs ou à leurs beaux-frères : Je pense que je vais être ministre, je vais jouer un rôle important. Puis finalement, le rôle important, c'était député. C'est le rôle le plus important. Alors, ils ont à gérer ça.

Mais moi, ce qui m'inquiète, c'est les ministres. Il y a des ministres, tu sais, qui ne livrent pas la marchandise. Le ministre de l'Éducation, mon ami Jean-François Roberge, que je connais depuis 25 ans, il est recalé à la première étape scolaire. En partant. Ça part mal, tu sais? Et pour ce qui est de la Santé, bien là, je ne sais pas c'était quoi, la plus-value de... Qu'est-ce que Christian Dubé fait que Mme McCann ne faisait pas? Puis je vous mets au défi de trouver un élément. Ce n'est pas évident. Je le prends en délibéré. Je ne sais pas pourquoi le changement, sinon qu'on a vraiment démobilisé une ministre qui était venue en politique pour la santé.

Je vous ai parlé d'économie. M. Fitzgibbon, en tout respect, n'est pas venu à l'Assemblée nationale pour le nationalisme du Québec et pour l'apologie de la nation québécoise. Il est venu faire des affaires, puis il continue d'en faire, des affaires, puis on le laisse faire des affaires. Pour le reste...

M. Lacroix (Louis) : ...vous dites qu'il fait des affaires pour son intérêt personnel?

M. Bérubé : Non, ce n'est pas ça. Il aime faire des affaires. C'est un gars d'affaires, il fait des affaires. Ce qui lui manque, c'est la sensibilité d'être un banquier ou un homme d'affaires nationaliste. Et ça, il ne l'a pas. Le nationalisme, c'est universel, ça nous anime, on ne peut pas inventer ça.

Mme Crête (Mylène) :Est-ce que vous vous attendez, dans ce contexte-là, à ce que le gouvernement fasse preuve de la même arrogance avec la nouvelle mouture du projet de loi n° 61...

M. Bérubé : Bien, ils ont été arrogants, certain.

Mme Crête (Mylène) : ...cette fois-ci, en tout cas, pas le même.

M. Bérubé : Vous avez tellement raison. Ils se sont promenés dans les régions, cet été, puis ils ont rencontré les maires, puis ils disaient : Eh! il n'y a pas un maire, là, qui n'est pas d'accord avec ça. Bien, c'est sûr, là, les maires, le premier ministre est là, ils ne vont pas dire : Non, ton projet de loi, ce n'était pas correct. Mais la population, là, les gens en environnement, les gens épris d'éthique, les gens de la commission Charbonneau, les gens dans les régions ont dit : Bien, on n'a pas besoin de ça, de se donner autant de pouvoirs, au gouvernement de la CAQ. C'est comme un fantasme qu'ils veulent avoir.

Puis, bien sûr, ils sont arrogants. Quand j'entends le premier ministre dire, à Nicolet, il est avec Donald Martel, il dit : On faisait partie, là, d'un parti, ensemble, qu'on ne nommera pas, tu sais? Pourquoi on ne le nommera pas? Puis quand ils écrivent leur lettre ouverte sur la langue puis ils disent : Ah! ça, c'était Camille Laurin, René Lévesque, mais ils ne veulent pas dire que c'était le Parti québécois. On le sait que leur plan c'est de marginaliser le Parti québécois puis qu'ils aimeraient ça qu'il n'y en ait plus, pour que, comme Maurice Duplessis, ils règnent sans partage pendant des décennies. C'est ça, leur plan, là, imaginé, là. On est au courant de ça, là. Alors, moi, je suis plutôt résistant, puis ça me motive.

Le Modérateur : En anglais.

M. Bellerose (Patrick) : ...sur la crise d'Octobre, sur les 50 ans de la crise d'Octobre, j'imagine que vous êtes en faveur que M. Trudeau s'excuse pour ces mesures de guerre?

M. Bérubé : Oui.

Le Modérateur : Est-ce qu'on peut... en anglais, s'il vous plaît?

991   M.Bérubé: Bien... Oui, juste pour répondre à ça...

M. Bellerose (Patrick) : J'imagine que vous souhaitez que M. Trudeau s'excuse. Et est-ce que l'État québécois doit s'excuser aussi?

M. Bérubé : Bon. Alors, de façon générale, ça aurait pu être fait bien avant. 50e anniversaire, triste anniversaire de la crise d'Octobre. Je crois que les 493 à 500 personnes qui ont été arrêtées injustement méritent des excuses du gouvernement du Canada. Dans le cadre des mesures de guerre, il y a des gens qui ont eu des traumatismes. Je pense que c'est l'essentiel, là, de ce qu'il faut dire pour la crise d'Octobre.

On peut se questionner aussi sur comment est arrivée cette insurrection appréhendée, le rôle funeste du Parti libéral du Canada, du gouvernement du Canada pour éradiquer le Parti québécois, pour voler ses cartes de membre, pour le discréditer, pour l'associer à la violence, ce à quoi René Lévesque a toujours résisté. Donc, bien sûr, j'ai vu, moi aussi, le film Les Rose de Félix Rose, film magnifique qui ne tombe pas dans les pièges où certains qui... la Gazette, par exemple, l'attendaient.

Donc, on a une réflexion collective à faire. Et moi, là, l'élément qui est le plus fort, pour moi, c'est toutes ces personnes arrêtées injustement parce qu'ils étaient des membres du Parti québécois, parce qu'ils étaient des poètes, parce qu'ils étaient des libres penseurs, parce qu'ils étaient nationalistes et parce qu'il fallait les casser. Et ça, c'est...

M. Bellerose (Patrick) : Est-ce que l'État québécois doit aussi s'excuser?

M. Bérubé : Ça, quand on échange avec les gens qui l'ont vécu... Moi, j'ai échangé avec des gens qui ont été arrêtés, plusieurs, et c'est au gouvernement fédéral. Avec la Loi des mesures de guerre, là, c'était leur occasion de casser de l'indépendantiste et du péquiste. Et on va poser un geste, au cours des prochaines semaines, nous vous reviendrons là-dessus, un geste fort pour l'Assemblée nationale. Ça sera le Parti québécois qui en sera l'initiateur.

Mme Senay (Cathy) : Good morning, first. When you proposed to have an independent commission, like it's the case in Ontario for the COVID-19 deaths, what do you want people to understand, with the difference that would make, since the ombudsman is already investigating and the Coroner in chief, the Québec's Coroner is also investigating? So I don't know why you bring more.

M. Bérubé : Well, there is a few independent distinct inquiries about what happened with the Herron place, what happened with the seniors. And the main one is the one that the Government decided to launch, which is an inquiry, but a soft one, without any power to make investigation, to force people to come and commit. So, it's inoffensive for the Government, that is why they decided to do so. So, I'm asking, on behalf of the Parti québécois, that we have a real inquiry with real powers, independent of the Government...

Mme Senay (Cathy) : But this is happening already. This is why...

M. Bérubé : Not really, not with Mrs. Castonguay. It's a soft thing, it's almost nothing.

Mme Senay (Cathy) : With the Coroner's office?

M. Bérubé : Not the Coroner's,  the commission being presided by Mrs. Castonguay. I'm talking about this one. And I don't understand... I know why they do that. The Government doesn't want to be blamed, it doesn't want us to find out that they have their own responsibilities. Not all responsibility about the Liberals or at the time that François Legault was the Minister of Health in 2002. He doesn't want to be blamed at one year of the election. This is why they discussed in their office.

The truth is if we want to pay respect to those 5,000 seniors, dead alone in CHSLD, we have to do the right thing. And Mr. Legault's best friend, «BFF» friend, Doug Ford, decided to do so. Independent inquiry…

Mme Senay (Cathy) : …public one. People are complaining because…

M. Bérubé : Independent, mostly independent. And I think that… I hope they discussed about that, with the beer. And it could be useful. So, we're going to have something to say about this in a few hours.

Mme Fletcher (Raquel) : What kind of party is your new leader's going to inherit? You said a couple weeks ago that the Parti québécois will be fighting for its survival during the next general election.

M. Bérubé : We're just going to be fighting. Just stop at «fighting». We're going to be fighting because we have some important things to say, because we're feeling that we're most in phase with the people of Québec that Québec solidaire is with a bunch of radicals. And you heard that last weekend. And the Liberals will have a lot of stuff to tell to each other.

So, when you look the Government, they want to be nationalist. They are not that nationalist. They try to be careful about what's happening everywhere in Québec, in the health centers. They're not very caring about that. They have a Minister of Elder People, Mrs. Blais; she seems that this goes all over… way far from what she has to do. So, they have weak members of Government. It's all about Mr. Legault. And if you put aside Mr. Legault, you see a bunch of nervous ministers who are not really aware of what's going on. So, Mr. Legault… It's almost a one-man thing with Mr. Legault one-man Minister.

Mme Fletcher (Raquel) : Can you also mention the complaint that you launched with the SQ about the…

M. Bérubé : Yes. I don't want this to be… to put that first because it's embarrassing, but a few minutes ago, someone on Twitter, that I don't know, threaten me and told me on a tweet that my wife… I'm not married but she's going to like this. My girlfriend, my wife, she's been threatened that we are not going to be allowed to walk on the street anymore because we're traitors.

And I feel that it's a threat and I decided to send this to the Sûreté du Québec, and they already told me that they're going to do an investigation about that. The guy retired his tweet, but we have a screen caption. That's not the first time it has happened to me, and I'm pretty tough on that. But if you touch my girlfriend, you're going to be in big trouble because I have my own way. And that's why it's better that the SQ takes care of that because we have a responsibility for us or for anyone.

When the Prime Minister received threats, I was deeply touched. He doesn't deserve that. We can discuss, in Québec. And some crazy people think that they can evolve the mentalities, doing those kinds of threats. It's not acceptable. So, this is a serious matter, and that's why I'm in touch with Sûreté du Québec since this morning.

Mme Senay (Cathy) : When you mentioned that Québec may… 23 % of the population, canadianpopulation, but we have 63 % of the deaths… COVID-19, what does that tell you and what do you do to, basically… session?

M. Bérubé : Bad organization. We were not ready, at the beginning, we were one of the last provinces to be ready to take care of this pandemic and…

Mme Senay (Cathy) : So, there is a failure there?

M. Bérubé : A lot of failures. The first one is that we were not ready. Mr. Arruda was in Morocco, Mr. Arruda was everywhere, dancing, cooking tartlets, whatever… But he was not ready. And, when you read the«actualité» articles, he came in a rush and said: Ah! we are in big trouble. So, this is the first thing. Then he decided to move people from a hot center to a cold center. And then the army, that was not really working well, the communication, the mask. In May, I asked for the mask in Montréal, in the subway, in the bus and where a lot of people are gathered, and they decided to do later. So, people all say, like: It's important or not? And if you feel, in a society, that people should not wear... should wear a mask, do something. And, since Saturday, people are going to have to pay. But people are still walking in the city of Montréal, I don't know, thousands of people, and we do nothing, we let those people protest that way. It's embarrassing. It is.

Le Modérateur : On est attendus. Merci beaucoup.

(Fin à 9 h 58)

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