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Point de presse de Mme Véronique Hivon, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de soins de fin de vie

Version finale

Le mercredi 11 septembre 2019, 16 h 45

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Seize heures quarante-sept minutes)

Mme Hivon : Bonjour. Alors, je souhaitais, bien sûr, réagir au jugement qui a été rendu aujourd'hui par la juge Baudoin, de la Cour supérieure du Québec, en lien avec la question de l'aide médicale à mourir.

Dans un premier temps, je veux d'abord remercier du fond du coeur, exprimer toute ma gratitude à l'égard de M. Jean Truchon et de Mme Nicole Gladu, qui, par leur persévérance, par leur courage, par la force qu'ils ont démontrée, font aujourd'hui avancer à leur tour la société québécoise et, bien sûr, le Canada en entier. Je veux les remercier parce que ce qu'ils ont fait n'était pas simple : deux personnes gravement malades, dont les capacités physiques sont grandement réduites, qui ont décidé de prendre cette cause-là et d'aller devant les tribunaux. Je veux donc les remercier.

Et, évidemment, s'ils ont fait ça, c'est d'abord et avant tout, malheureusement, parce que le gouvernement fédéral n'a pas agi lorsqu'il y a eu le jugement de la Cour suprême, qui, donc, lui donnait la voie à suivre pour modifier le Code criminel, et qu'il ne s'est pas conformé, donc, à ce que la Cour suprême préconisait. C'est ce qui a forcé le recours qu'on a vu aujourd'hui.

Ce que je veux dire aujourd'hui, c'est de rappeler à quel point le Québec a été à l'avant-garde, à quel point le Québec a été un précurseur, à quel point, à cause de cet avant-gardisme-là, le Québec a permis à toute la société, aux gens, aux citoyens, aux parlementaires, dont plusieurs, à l'origine, si on se reporte en 2012, quand j'ai déposé la loi québécoise, étaient réfractaires à ces avancées-là... à quel point le Québec a permis de faire avancer les choses. Et aujourd'hui c'est un nouveau jalon, par rapport à ces avancées, qui est franchi.

Je pense que, du fait de ce caractère précurseur de la loi québécoise, on a pu faire évoluer les mentalités. On a pu faire évoluer la société. Et les gens ont vu à quel point il y avait des bienfaits de pouvoir permettre l'aide médicale à mourir en respectant les gens, en respectant la volonté des gens. Alors, aujourd'hui, il faut s'en rappeler, puis d'ailleurs la juge le mentionne dans son jugement, à quel point le Québec a été un précurseur dans le domaine.

Comme je le demande depuis un moment, j'espère que le Québec va vraiment continuer à être ce précurseur et à saisir l'opportunité qui est devant lui aujourd'hui pour améliorer les choses, pour être au diapason des besoins des personnes comme M. Truchon et Mme Gladu, qui sont gravement malades et très souffrantes et qui souhaitent pouvoir, qu'importe l'expectative de leur vie, avoir accès à l'aide médicale à mourir et mourir dans la dignité selon leur volonté.

Alors, aujourd'hui, je tends la main à la ministre de la Santé pour qu'on travaille ensemble, pour qu'on franchisse ces prochaines étapes, pour que le Québec continue à être un leader, au nom du respect de la dignité des personnes qui sont malades et souffrantes, pour qu'on réponde à cette volonté aussi, de plus en plus affirmée de la part de la société québécoise, que l'on puisse aller un peu plus loin dans le domaine de l'aide médicale à mourir. On a tous les outils. On a toute la connaissance. On a toute la sensibilité pour agir. Et j'espère qu'on va se montrer à la hauteur et qu'on va agir rapidement.

Pour l'enjeu qui est devant nous aujourd'hui, qui a été porté par Mme Gladu et M. Truchon, mais aussi pour toute la question des directives médicales anticipées pour les personnes qui sont atteintes de maladies dégénératives du cerveau comme la maladie d'Alzheimer, c'est une question de compassion, c'est une question de respect et c'est une question de dignité.

Merci.

M. Larin (Vincent) : Mme Hivon, advenant le cas où, effectivement, le gouvernement se montrerait ouvert à élargir la loi permettant l'accès à l'aide médicale à mourir, quelle forme ça pourrait prendre, selon vous-même, qui avez mené...

Mme Hivon : Oui. En fait, c'est assez simple, c'est de faire en sorte que tous les critères sont là, mais que le critère qui est dans la loi fédérale, qui parle de mort raisonnablement prévisible, ne soit plus là, et donc qu'il n'y ait plus de référence à la mort raisonnablement prévisible ou à l'idée spécifique de la fin de vie, pour faire en sorte que des personnes qui répondent à l'ensemble des critères, mais qui peuvent en avoir encore pour un bon moment à vivre, puissent faire une demande pour recevoir l'aide médicale à mourir.

Merci beaucoup.

(Fin à 16 h 52)

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