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Point de presse de Mme Claire Samson, députée d’Iberville

Version finale

Tuesday, May 24, 2022, 11 h 20

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Onze heures vingt-sept minutes)

Mme Samson : Merci d'être là. Alors, on revient...

Une voix : ...

Mme Samson : Le masque tombe, oui. Dans mon cas, ça fait longtemps que c'est fait. Alors, on revient d'une semaine de répit en circonscription. Vous comprendrez que je n'ai pas fait grand-chose dans ma circonscription puisque je n'y serai pas aux prochaines élections. Mais on s'est promenés beaucoup, ensemble puis chacun de notre côté, et moi, j'ai été vraiment abasourdie du nombre de fois où on m'a apostrophée. Et le sujet dont on m'a parlé le plus, c'est l'inflation et le coût de l'essence, naturellement. Tout ce qui est camionneur, chauffeur de taxi, livreur, tout le monde, les agriculteurs, tout le monde est paniqué et ne voit plus la fin de cet enjeu, alors... Puis les gens savent qu'on a fait des propositions, et je vais laisser Éric vous en parler, et puis on va pouvoir répondre à vos questions.

M. Duhaime (Éric) : Merci beaucoup, Claire. Bonjour, tout le monde. Merci d'être là. Effectivement, l'enjeu du prix de l'essence continue de faire beaucoup jaser parce que les Québécois réalisent de plus en plus qu'ils s'appauvrissent rapidement et que ça a un effet domino sur l'inflation, évidemment.

Là, on est dans le dernier sprint parlementaire, hein, il reste deux semaines et demie avant la fin des travaux parlementaires, et aujourd'hui on voudrait que le gouvernement, là, vraiment, s'engage, avant le 10 juin, à réduire les taxes sur l'essence. C'est une demande qu'on a faite il y a déjà plus de deux mois. Le gouvernement n'a toujours rien fait au moment où on se parle. On va quitter bientôt pour les vacances. Il y a même des analystes qui disent que le prix de l'essence pourrait continuer d'augmenter, on parle même de 2,50 $, 2,75 $ le litre. C'est absolument inacceptable, inabordable. On sait qu'à la veille des vacances de la construction, d'habitude, il y a toujours un petit boum, en plus. Donc, qu'est-ce que le gouvernement va faire pour s'assurer que ça n'arrive pas?

Il faut, dès maintenant, commencer à réduire les taxes sur l'essence. Vous savez que l'Alberta l'a fait, déjà, depuis le 1er avril. Le premier ministre de l'Ontario, qui est en campagne électorale présentement, promet, s'il est réélu, Doug Ford, de réduire le prix de l'essence, là, de 0,67 $ le litre à compter du 1er juillet. C'est la seule poignée que le gouvernement a véritablement pour donner un répit aux automobilistes.

Pour vous donner un exemple, le litre d'essence, là, j'ai fait le calcul il y a quelques jours... Je sais que ça a bougé, là, parce que c'était 1,179 $. Présentement, je pense qu'il est à 1,149 $. Ce matin, en tout cas, quand j'ai gazé, c'était ça, le prix à la pompe où je suis allé. Ça veut dire…

Une voix : ...

M. Duhaime (Éric) : 2,149 $, c'est ça, donc... Mais j'avais fait le calcul à 2,179 $, ça fait que je vais garder les calculs sur ceux que j'avais faits. Juste pour vous donner une idée de grandeur, sur 2,179 $, il y a 0,739 $ qui va en taxes. Il y a cinq ou six taxes, dépendamment où vous habitez sur le territoire québécois, c'est quand même très important. Il y a moyen de le faire au Québec. Il y a la taxe sur le carburant qui est 0,192 $. Il y a la TVQ qui s'ajoute, évidemment, sur l'ensemble du prix et de la taxe. Juste quand on va faire le plein, juste sur le prix que vous voyez à la pompe, il y a 0,061 $ que c'est des taxes sur la taxe. Donc, on taxe les taxes qui sont déjà sur l'essence. Ça devient abusif. Je pense que c'est au gouvernement, maintenant, de se serrer un peu la ceinture pour donner du répit aux automobilistes.

D'autant plus que vous savez que, pendant cette session-ci, le gouvernement a adopté un projet de loi afin d'empêcher le Québec d'exploiter ses hydrocarbures. Donc, le gouvernement Legault a choisi de s'assurer que le Québec continue à importer 100 % de son gaz et de son pétrole. Vous savez qu'on est le seul parti qui s'oppose à ça. Nous, on pense qu'autant d'un point de vue environnemental, d'un point de vue pour l'industrie, d'un point de vue pour les automobilistes on aurait intérêt, en tant que Québécois, à être autosuffisants en matière énergétique.

Donc, non seulement le gouvernement a fait en sorte qu'on est totalement dépendants de l'extérieur pour notre approvisionnement, dans un contexte, je vous rappelle, avec la guerre en Ukraine, où les Européens réclament qu'on puisse les aider, notamment au niveau du gaz naturel, donc, non seulement le gouvernement fait fausse route, a abandonné la promesse qu'il avait faite aux électeurs lors de la dernière campagne électorale... Vous vous souvenez que François Legault était le champion en faveur de l'exploitation de nos ressources, notamment les hydrocarbures. Il a même écrit un chapitre entier dans son livre pour dire qu'il souhaitait faire du Québec la Norvège d'Amérique. Et malheureusement ça ne s'est pas produit, il a fait exactement le contraire, il a renié son engagement. Des gens comme moi qui ont voté pour lui se sont retrouvés CAQus sur cet enjeu-là également. Et donc non seulement il a fait ça, mais là, en plus, pendant que le prix monte, il ne fait rien et, pire...

Mme Samson : ...il fait de l'argent.

M. Duhaime (Éric) : Évidemment, le gouvernement, plus le prix monte, vous comprenez qu'en pourcentage il engrange de plus en plus d'argent. À chaque fois que le prix de l'essence monte, le gouvernement en profite financièrement. Mais, en plus de ça, il dit qu'il ne peut... que c'est bon pour l'environnement, le fait de payer plus cher, là. Souvent, pour bien des gens qui nous écoutent, là, les travailleurs, ils n'ont pas le choix de faire le plein. Puis ce n'est pas une décision antienvironnement de remplir sa voiture puis d'aller travailler, puis ce n'est pas parce que le prix de l'essence monte que votre travail, il se rapproche de la maison, puis ce n'est pas parce que le prix monte que, vos enfants, vous n'allez plus les chercher pour leurs activités, ou, je veux dire, c'est souvent un bien qui est inélastique, là, c'est-à-dire qu'ils ne peuvent pas comprimer dans leur consommation. Donc, je pense que c'est important, là, de faire un geste concret, que le gouvernement envoie le bon signal et qu'il passe enfin, là, de la parole aux actes. Oui.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Qu'est-ce qui vous permet de croire que cet argent-là, vraiment, reviendrait dans les poches des Québécois? Parce que ça ne m'étonnerait pas que vous vous en rappeliez, là, Jacques Parizeau l'avait fait, hein, dans les années 80, puis finalement les consommateurs ne l'avaient pas vue, la différence.

M. Duhaime (Éric) : Bien, au moment où on se parle, regardez le prix à la pompe, présentement, à Calgary ou en Alberta. Quand le premier ministre a réduit la taxe sur l'essence, automatiquement, le prix à la pompe a diminué du même pourcentage et du même montant. Donc, on vient de... on l'a vu, là. Puis, si on suit cet argument-là, il faudrait taxer encore plus tous les biens, parce que les compagnies feraient moins de profits parce qu'ils laisseraient les prix fixes, là. Les prix ne sont pas fixes, les prix sont aussi le reflet de la taxation. Si les Québécois...

M. Laforest (Alain) : ...pas de garantie des raffineurs, c'est eux qui vont aller chercher cet argent-là?

M. Duhaime (Éric) : Si les Québécois paient plus cher, présentement, l'essence — on est d'ailleurs ceux, avec la Colombie-Britannique, qui payons le plus cher du continent, là, il faut juste rappeler ça, là — c'est parce qu'aussi on est l'État qui taxe le plus l'essence, là. Il y a un lien direct entre la...

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Donc, pour vous, il n'y a aucun doute qu'on ne répéterait pas l'expérience des années 80 puis que ça reviendrait bel et bien dans les poches?

M. Duhaime (Éric) : Bien, regardez aussi les États américains, hein? Il y a beaucoup d'États américains qui ont aussi fait de même, qui ont réduit leur taxation sur l'essence pour s'assurer qu'il y aurait un plus... que les automobilistes souffriraient moins de la hausse des prix.

M. Laforest (Alain) : ...les raffineurs ne baissent pas le prix, vous faites quoi?

M. Duhaime (Éric) : Bien, écoutez, on n'a pas le contrôle...

M. Laforest (Alain) : ...

M. Duhaime (Éric) : On n'a pas le contrôle, M. Laforest, sur le prix mondial du baril de pétrole, là. Puis c'est sûr que... dans un monde idéal, c'est sûr qu'on dirait : Ça va coûter 0,25 $, puis on passerait une loi, puis ça finirait là, mais ce n'est pas...

M. Laforest (Alain) : ... du baril de pétrole, moi, je vous parle de la marge de profit des raffineurs. Vous baissez la taxe de 0,10 $, la taxe d'accise de 0,10 $, les raffineurs vont aller la chercher. Tous les analystes, c'est ce qu'ils disent. Donc, vous, vous dites...

M. Duhaime (Éric) : Mais les analystes se sont trompés en Alberta puis ils se sont trompés dans les États américains, ces dernières semaines, ces derniers mois, qui ont baissé les taxes, parce que c'est exactement le contraire qui s'est produit. Les prix à la pompe ont diminué du même montant que le gouvernement s'est retiré.

Mme Lajoie (Geneviève) : Mais est-ce que vous.... Vous avez dit, tout à l'heure : Je pense que le gouvernement, le fait qu'il n'intervient pas, lui, il continue de récolter encore plus de taxes.

M. Duhaime (Éric) : Bien oui. Parce que, regardez, l'année dernière... il y a deux ans, le prix à la pompe, c'était à peu près la moitié prix, là. Ça veut dire que, par exemple, juste les revenus de TVQ, au lieu d'être 0,20 $... vingt quelques sous du litre, bien, ils étaient de 0,10 $. Donc, présentement....

Mme Lajoie (Geneviève) : Donc, c'est exprès, le gouvernement n'intervient pas, comme ça il continue d'engranger et faire le plein, lui, de son côté.

M. Duhaime (Éric) : Bien, plus le prix monte, plus le gouvernement, effectivement, remplit ses coffres, et plus le portefeuille de l'automobiliste se vide.

Mme Lajoie (Geneviève) : J'aimerais poser une question à Mme Samson, si vous permettez...

Mme Samson : Oui. Allez-y.

Mme Lajoie (Geneviève) : ...sur le projet de loi n° 96, à savoir dans quel sens vous allez voter. Puis vous aviez déposé, vous, le rapport Samson. Est-ce que vous trouvez qu'il y a trop de divergences avec votre rapport?

Mme Samson : Ah! le projet de loi n° 96 n'a rien à voir avec le rapport Samson. Le rapport Samson, ça parlait de la francisation des immigrants, et j'avais volontairement évité d'ouvrir toute la question de la loi 101. Ce n'était pas le mandat que j'avais. Mon mandat, c'était la francisation, mieux réussir la francisation des immigrants. Là, ils en ont fait le projet de loi n° 96 qui n'a plus rien à voir avec le rapport que j'ai présenté il y a maintenant quatre ou cinq ans, là, je ne me souviens plus. Et d'ailleurs, pendant l'hiver, pendant ma convalescence, j'ai rappelé toutes les personnes que j'avais rencontrées pour la préparation de mon rapport, qui sont toutes listées, d'ailleurs, en annexe de mon rapport, pour leur demander s'il y avait eu des progrès, des améliorations dans le système depuis le dépôt du rapport, qui avait été accueilli favorablement par tout le monde, incluant la CAQ. Et la réponse à ça, c'est zéro puis une barre, les gens n'ont vu aucune amélioration réelle ou concrète par rapport aux activités de francisation ou au financement de la francisation dans leurs différents secteurs d'activité.

M. Laforest (Alain) : Et vous allez voter pour ou contre?

Mme Samson : Moi, je vais voter contre ce matin.

M. Laforest (Alain) : Pourquoi?

Mme Samson : Bien, parce que, premièrement, est-ce qu'on a vraiment besoin de mettre... de créer de la chicane? Non. Et, quand je l'ai lu, moi, il y a quelqu'un qui a posé une question à un moment donné ou qui m'a posé une question : Si je suis pédopsychiatre et que je dois analyser le comportement ou les aptitudes d'un enfant, cet enfant-là fréquente une école anglophone, ses parents sont anglophones, des anglophones traditionnels du Québec, eh bien, je devrai rédiger mon rapport en français?

M. Bélair-Cirino (Marco) : Bien, c'est faux, ça, Mme Samson.

Mme Samson : Bien, à ça, ils ont répondu que oui.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Mais là vous êtes dans le cas qui est plus clairement faux, là. Le secret professionnel est maintenu puis les... en plus c'est des ayants droit, là. S'il est allé à l'école en français...

Mme Samson : Bien, en tout cas, c'est la réponse qu'eux ont eue du gouvernement, ça a été que, oui, le rapport devra être soumis en français.

M. Laforest (Alain) : Le ministre a répété à quatre reprises, ce matin, aux collèges anglophones que les services de santé ne seront pas touchés, qu'ils auront droit aux services en anglais. Donc, vous, vous dites : C'est le contraire. Vous dites que le ministre ment?

Mme Samson : Bien, moi, en tout cas, de ce que j'ai lu, là, je ne l'ai pas vu dans les exceptions. Et d'ailleurs il y a une autre exception que je cherchais, que je n'ai pas trouvée encore, elle est peut-être là, mais je ne l'ai pas trouvée, et c'est relatif à mon ancienne vie : Les producteurs américains qui viennent produire au Québec et qui y laissent des millions à chaque année, est-ce que ces gens-là vont vraiment diriger leurs plateaux en français? Je ne suis pas sûre de ça, moi.

Mme Prince (Véronique) : Vous avez dit, dans votre préambule : Ce que les gens m'ont parlé, c'est de l'inflation, le prix de l'essence, et tout ça. Donc, on avait l'impression, là, que c'était une pointe envoyée au gouvernement, comme quoi, en ce moment, ils ne sont pas sur les enjeux qui sont proches des gens. Puis après ça vous dites : Est-ce qu'on veut volontairement créer de la chicane? Non. Donc, est-ce que, dans le fond, vous êtes en train d'accuser le gouvernement de maintenir cet enjeu-là sur la place publique et d'essayer de le mousser, dans le fond? C'est-u ça que...

Mme Samson : Vous parlez de la langue? Bien, je ne sais pas pourquoi on avait besoin de ça. Je suis d'accord qu'il y avait besoin de programmes puis d'actions concrètes pour améliorer la francisation des immigrants au Québec, j'en suis, et améliorer la présence du français, j'en suis. Mais moi, personnellement, j'ai fait mes études universitaires aux États-Unis, je ne suis pas moins francophone, je ne suis pas moins québécoise, mais j'ai décidé de... j'avais l'opportunité de faire mes études à l'université de New York, que j'ai fait. Et, comme mon anglais était vraiment misérable — c'est épouvantable, j'avais «thank you», «one french fry», «one hot dog», au revoir — j'avais donc décidé, et les gens de l'Université de New York m'avaient conseillé, de prendre des cours de droit. Alors, j'ai fait deux ans de droit, parallèlement à mon MBA, pour améliorer mon anglais. Puis j'en suis très fière, aujourd'hui, puis ça ne m'empêche pas de parler français et de privilégier le français, absolument pas.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Dans le projet de loi n° 96, on veut ajouter trois cours de français aux étudiants des cégeps anglophones, ou de français, là, pour ceux qui ne maîtrisent pas suffisamment bien le français. Est-ce que c'est exagéré, selon vous, qu'il y ait trois cours de français supplémentaires dans les cégeps anglophones?

15  409 Mme Samson : Bien, je pense qu'il y aurait moyen d'améliorer, certainement, la qualité des cours qui sont offerts actuellement, autant les cours français dans les institutions anglophones que les cours d'anglais dans les institutions francophones, de façon à permettre à tout le monde de se débrouiller dans les deux langues s'ils le souhaitent. Mais est-ce qu'il faut l'imposer? Est-ce que ça va réduire les chances de succès des étudiants? Est-ce que ces étudiants-là, qui sont aussi, il faut le dire, des futurs ingénieurs, puis des futurs médecins, puis des futurs employés à 56000 $ par année que le premier ministre aime tant, là, est-ce qu'on va les envoyer en Ontario ou au Nouveau-Brunswick ou si ce n'est pas plutôt des talents qu'on veut garder ici? L'avenir nous le dira.

****

M. Bellerose (Patrick) : ...la position du parti. Vous croyez que le projet de loi n° 96 crée de la chicane et... 

M. Duhaime (Éric) : Bien, écoutez, oui, on est... la position du Parti conservateur du Québec est claire. En fait, je pense qu'on a été le premier parti à s'opposer au projet de loi n° 96 depuis déjà quelques mois. Et la raison, avant même de parler de langue, la première chose qui nous avait sauté aux yeux, je pense que la Ligue des droits et libertés avait eu le même réflexe, c'est de voir qu'il y a 38 articles la charte des droits et libertés du Québec, pas du Canada, là, du Québec, qui sont suspendus. Et, pour nous, ça, c'est une pente glissante, surtout après deux ans de pandémie, deux ans de crise sanitaire où nos droits et libertés ont été suspendus comme pratiquement jamais dans notre histoire, de voir qu'on fait un projet de loi qui est sur une question qui divise déjà la société québécoise, et d'inclure ça, on trouvait que ce n'était pas approprié à ce moment-ci. Et donc pour des raisons de droits et libertés, en partant, on avait un problème avec ce projet de loi là, et c'est pour ça que, dès le départ, on s'est opposés à cette législation.

M. Laforest (Alain) : Est-ce qu'on doit protéger davantage la langue?

M. Duhaime (Éric) : Absolument.

M. Laforest (Alain) : Comment?

M. Duhaime (Éric) : Bien, il y a différentes façons, là. Évidemment, moi, je suis de ceux qui font la promotion de, tu sais, le Québec, c'est un territoire francophone. On est, évidemment, très fiers que la langue commune soit le français. Il faut que ça le demeure, il faut renforcer cet état d'esprit là, mais il faut aussi... On voit les régressions, mais il faut voir aussi les progrès, parce qu'il y en a eu, au Québec, ces dernières années, des progrès. Un de ceux-là, c'est de voir que les anglophones, particulièrement les jeunes, sont de plus en plus bilingues. Et, pour moi, ça, c'est important, puis c'est là qu'il faudrait faire le plus d'efforts, quant à moi, si on s'inquiète pour la prochaine génération. Et je pense qu'il y a une nouvelle philosophie, hein, il y a un dynamisme nouveau dans la communauté anglophone dont il faut prendre acte.

M. Laforest (Alain) : Et pourquoi Montréal est de plus en plus anglais?

M. Duhaime (Éric) : Bien, écoutez, je veux juste finir sur le fait que les anglophones sont de plus en plus bilingues. Pour moi, c'est là où il faut mettre des efforts. Quand j'entends, là, tu sais, qu'on dit : Est-ce qu'il faut, oui ou non, enlever des droits aux francophones de pouvoir étudier... à des adultes de pouvoir étudier dans leur langue seconde? Moi, je le vois à l'inverse, c'est-à-dire que je pense qu'il faudrait inciter davantage les anglophones à fréquenter les institutions francophones, notamment les cégeps et les universités. Il peut y avoir toutes sortes de programmes, on peut mettre... autant au niveau des reconnaissances des diplômes, au niveau des bourses d'études, au niveau des cours d'apprentissage qu'on peut faire, des propédeutiques qu'on peut faire pour accélérer le processus, pour faciliter l'accès à ces gens-là à des institutions d'enseignement francophones. Moi, je pense que j'aime mieux l'approche incitative plutôt que l'approche coercitive.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Puis en immigration? Parce que vous parlez, vous, de compatibilité civilisationnelle. Est-ce que le fait de parler français, ça entre là-dedans? Est-ce qu'on devrait favoriser davantage une immigration francophone?

M. Duhaime (Éric) : Une immigration réussie, puis Claire a même écrit un rapport à ce sujet-là, une immigration réussie, c'est quand un immigrant se trouve un emploi. Et évidemment un immigrant qui vient ici, qui n'a pas de travail, c'est un échec et pour la société d'accueil et pour l'immigrant qui immigre chez nous. Donc, la langue est importante, le français est très important, ça fait partie des critères de sélection, mais ça ne peut pas être le seul. C'est pour ça qu'on a dit que c'était important aussi que les gens puissent facilement intégrer le marché de l'emploi puis facilement se sentir chez eux et que la société d'accueil se montre encore plus tolérante à leur égard.

Mme Lajoie (Geneviève) : Au feuilleton, ce matin, il y a le projet de loi pour l'aide médicale à mourir élargie. J'aimerais avoir votre position là-dessus et savoir si vous pensez qu'on devrait l'adopter d'ici la fin de la session parlementaire.

M. Duhaime (Éric) : Là, écoutez, je ne suis pas au courant du processus parlementaire, si, oui ou non, ça va prendre... ils vont être obligés de faire un «fast track» ou pas, là. Je ne peux pas... le leader ne nous a pas appelés là-dessus.

15  409 Mme Samson : D'après moi, ils ont terminé l'étude article par article. Donc, ça se peut qu'ils le soumettent cette semaine, c'est possible. 

M. Bélair-Cirino (Marco) : Vous, vous êtes en faveur de... Parce que, si votre consentement est demandé pour accélérer la procédure, vous allez le donner?

15  409 Mme Samson : Oui.

Mme Lajoie (Geneviève) : Et est-ce que vous pensez qu'on doit adopter ça d'ici la fin de la session? Parce que c'est quand même... c'est un sujet quand même délicat, là, mais il y a une partie des étapes qui ont été franchies. Il y a un comité qui avait remis un rapport.

M. Duhaime (Éric) : Comme je vous dis, là, au niveau des processus parlementaires, je peux vous rappeler après, mais je ne suis pas...

Mme Lajoie (Geneviève) : ...en faveur de l'aide médicale à mourir élargie?

M. Duhaime (Éric) : Oui, on est en faveur de la législation. Là, maintenant, par rapport au processus législatif, là, je ne peux pas répondre à votre question.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Peut-être une petite dernière sur l'essence. Le Parti québécois a fait une sortie semblable à la vôtre. Êtes-vous étonnés de les voir devenir votre allier, là, dans...

M. Duhaime (Éric) : Bien, je pense qu'il y a une nuance, il y a une nuance, un peu, par rapport au Parti québécois. Ce que j'ai compris, c'est qu'ils voudraient fixer un prix. Nous, on ne veut pas fixer de prix, là. On comprend que le Québec n'a pas le contrôle du prix du baril de pétrole mondial. Nous, on veut intervenir sur ce sur quoi le gouvernement a directement un impact puis un pouvoir direct, c'est-à-dire de retirer ses taxes sur l'essence. Donc, ce n'est pas tout à fait la même... c'est la même intention, mais ce n'est pas tout à fait la même façon de le faire.

M. Bellerose (Patrick) : M. Duhaime, il y a eu tout un débat, il y a deux ou trois semaines environ, sur le fait qu'on puisse interdire des candidats pour antiavortement.

M. Duhaime (Éric) : Oui.

M. Bellerose (Patrick) : Et on s'est demandé, à ce moment-là, est-ce que vous accepteriez d'avoir un candidat qui s'opposerait aux droits des gais.

M. Duhaime (Éric) : Écoutez, c'est une bonne question, parce que, ce matin, je lisais, d'ailleurs, un article de Radio-Canada, puis là, j'ai appris qu'on est le seul parti qui n'interdit pas les gens non vaccinés. Je ne sais pas si vous avez vu passer cette nouvelle-là, mais ça m'a un peu surpris. Moi, ce que j'ai dit, puis je vais le répéter aujourd'hui, là, les gens ont le droit d'avoir des convictions personnelles, ont le droit d'avoir la religion de leur choix. Moi, je crois à la liberté de conscience. Cela étant dit, la position du parti, elle est très claire. Vous savez que je ne suis pas un conservateur social. Je suis le premier chef ouvertement gai d'un parti conservateur provincial ou fédéral au Canada. Et, pour moi, il n'y a pas de débat sur cet enjeu-là. De toute façon, c'est même un enjeu qui relève davantage du fédéral que du Québec. Cela étant dit, donc, la politique... les gens qui viennent chez nous peuvent avoir les croyances religieuses qu'ils veulent, mais il faut qu'ils comprennent qu'au niveau législatif, au niveau concret, au niveau des positions, il n'y a pas d'appétit pour ouvrir ce genre de débat là, puis ils en sont totalement conscients.

M. Bellerose (Patrick) : Donc, un candidat qui se dirait ouvertement contre le droit des gais, contre le droit d'adopter ou se marier, par exemple, serait bienvenu chez vous?

M. Duhaime (Éric) : Non, ce que je dis, c'est qu'il y a une position du parti. Le parti, évidemment, on est en faveur des droits de tout le monde, incluant la communauté gaie et lesbienne, et donc c'est la position officielle du parti. Puis, s'il y a des gens qui ont... Je comprends qu'il y a des enjeux religieux puis il y a des communautés culturelles à Montréal. J'en rencontre beaucoup, de candidats, ces temps-ci, d'ailleurs, là. Puis c'est normal, là, il y a différentes communautés, il y a des gens qui arrivent ici avec différents backgrounds, et c'est important de comprendre qu'ils n'ont pas nécessairement les mêmes pratiques que nous. Cela étant dit, il faut qu'on s'entende sur un dénominateur commun, puis ça, c'est ce qu'on propose aux Québécois. Puis ce qu'on propose aux Québécois, il n'y aura aucune ambiguïté.

Mme Prince (Véronique) : ...moi, je trouve ça quand même flou, parce que, quand vous dites : On veut que tout le monde ait des droits, bien, je veux dire, les gens ont droit d'être contre le mariage gai, dans le fond...

M. Duhaime (Éric) : Oui, mais ils auraient le droit d'aller dans un autre parti ou de se présenter indépendant. Mais, s'ils viennent au Parti conservateur du Québec, il faut qu'ils soient d'accord qu'il n'y aura aucune mesure qui va aller dans ce sens-là.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Mais vous n'appliquez pas cette logique-là pour l'avortement, là, parce que vous avez un candidat antiavortement qui va, évidemment, se ranger à la position de votre parti.

M. Duhaime (Éric) : Mais M. Eappen a dit, M. Eappen clairement dit que jamais il ne voudrait imposer ses convictions religieuses à qui que ce soit.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Non, mais vous le prenez comme candidat quand même. Donc, vous pourriez prendre comme candidat quand même quelqu'un qui s'oppose au mariage gai.

M. Duhaime (Éric) : Vous savez, je trouve ça particulier, parce qu'à cette même tribune, j'ai vu d'autres chefs de d'autres partis politiques essayer de faire de la politique sur ça, et je trouve ça bizarre parce que ces mêmes partis-là... Puis je vous rappelle que même le gouvernement a financé des cliniques, hein, qui allaient dans le sens contraire, puis ils ont dit... ils ont prétexté l'erreur. J'ai même vu des coupures de journaux d'un député local qui présentait une organisation comme celle-là à ses citoyens, puis invitait les femmes à fréquenter cette clinique-là. Donc, je trouve qu'il y a beaucoup d'hypocrisie présentement dans cette...

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : ...ce n'est pas ça, M. Duhaime.

Une voix : ...

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : C'est ça, là, c'est que vous acceptez avoir un candidat antiavortement qui dit : Je vais me ranger à la position du parti.

M. Duhaime (Éric) : Mais est-ce qu'ils en ont, les autres partis, vous croyez?

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Donc, est-ce que ça pourrait être la même chose...

M. Duhaime (Éric) : Moi, j'aime mieux que les gens soient honnêtes...

Des voix : ...

M. Duhaime (Éric) : Moi, je veux que les gens soient honnêtes, O.K.? Parce que, là, présentement, je sais que, dans les autres partis, il y a des gens qui pensent la même chose que M. Eappen, mais qui ne le disent pas publiquement. Puis ils ont même fait des actions bien pires que M. Eappen en faveur des... antiavortement. Et ces gens-là, aujourd'hui, disent : Non, non, non, on est pro-choix. Moi, là, j'aime mieux, comme...

Des voix : ...

M. Duhaime (Éric) : Oui, mais laissez-moi finir. Je veux juste finir ma réponse.

M. Bellerose (Patrick) : ...pourquoi interdire à une personne... pour votre parti s'il est contre les droits des gais mais pas contre l'avortement?

M. Duhaime (Éric) : Je veux juste finir ma réponse, parce que c'est intéressant, parce qu'on vient de passer une semaine à rencontrer des centaines sinon des milliers de Québécois, il n'y en a pas un qui m'a parlé de cet enjeu-là, hein? Tout le monde m'a parlé de l'inflation, tout le monde m'a parlé du système de santé inefficace et...

Une voix : ...

M. Duhaime (Éric) : Non, non. Puis là on parle de cet enjeu-là parce qu'il s'est passé quelque chose aux États-Unis puis on essaie d'importer un débat qui est étranger au débat politique actuel au Québec. Et je comprends qu'il y a des... il y a beaucoup de politique puis beaucoup de partisanerie derrière ça, mais il y a un principe, pour nous, qui est fondamental, c'est : il y a une politique pour le parti, tout le monde est d'accord avec la politique. Si vous avez des convictions religieuses, vous avez droit d'avoir vos convictions religieuses, la liberté de conscience existe chez nous, mais elle s'arrête là. Quand vous sortez de chez vous, quand vous sortez de votre église, quand vous arrivez au Parlement, vous ne... ces enjeux-là ne sont pas des enjeux.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : O.K. Bien, donc, ça s'applique pour les positions personnelles d'un candidat sur le mariage gai, par exemple?

M. Duhaime (Éric) : Bien, est-ce qu'on va commencer à exclure du débat... Puis c'est ça, parce que M. Legault est allé très loin, hein, quand il a fait sa déclaration l'autre jour, il a dit que les partis ne devraient pas autoriser de candidat. Ça veut dire qu'il y a juste des gens qui pensent d'une certaine façon qui auraient droit d'être candidats, même s'ils sont prêts à taire ces... Moi, là, il y a des choses... Non, mais je vais vous donner un exemple.

Des voix : ...

M. Duhaime (Éric) : Non, mais je vais vous donner un exemple. Moi, il y a des politiques du parti avec lesquelles je suis moins d'accord. Mais un parti politique, là, on travaille en équipe puis on accepte de faire partie de l'équipe, puis on va jouer en équipe. Et donc on est obligés de faire avec, puis il y a des politiques qui sont adoptées. Puis c'est ça, la démocratie. Puis la majorité décide dans un congrès. Comme nous, il y en a 800 qui se sont réunis, au mois de novembre, ici, à Québec, puis ils ont adopté des politiques. Il y a des gens, peut-être, qu'il y a des politiques, certaines politiques, qu'ils sont moins d'accord que d'autres, puis ils ont droit d'être dans le parti, même s'ils ne sont pas d'accord. Mais cela étant dit, ils vont être obligés, par exemple, de défendre la politique du parti.

M. Bélair-Cirino (Marco) : ...c'est juste qu'il semble y avoir deux poids, deux mesures. Mais c'est peut-être nous qui avons mal compris. Si, par exemple, moi, je suis contre, personnellement, contre le mariage gai, est-ce que je peux militer, être candidat dans votre formation politique, si j'arrive ici, à l'Assemblée nationale du Québec...

M. Duhaime (Éric) : Là, vous faites référence à une entrevue que j'aie faite avec Patrick Lagacé il y a quelques semaines.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Non, je ne l'ai même pas écoutée, l'entrevue avec Patrick Lagacé.

M. Duhaime (Éric) : Parce qu'il me disait : Si quelqu'un te dit d'aller... Ce que je lui ai dit, là, c'est qu'il n'y a pas quelqu'un qui va venir me dire d'aller dans une thérapie de conversion. Parce que c'était ça, la question. Puis moi, je n'irai pas dans une thérapie de conversion, je vous avertis tout de suite, là. Et donc c'est ça, mais la personne, elle peut penser ce qu'elle veut dans sa vie privée, là. Ce n'est pas...

M. Bélair-Cirino (Marco) : ...elle arrive au Parlement, puis elle ne va pas présenter un projet de loi pour couper l'union civile en...

M. Duhaime (Éric) : ...si elle veut ça, elle va se présenter pour une autre formation politique ou comme candidature indépendante.

M. Bélair-Cirino (Marco) : ...la personne peut être contre l'avortement, mais quand j'assume mon rôle de député, je ne proposerai pas un projet de loi...

M. Duhaime (Éric) : Mais il y en a déjà dans les autres partis, c'est juste qu'ils ne veulent pas le dire.

Une voix : C'est qui?

M. Duhaime (Éric) : Bien, écoutez, vous le savez.

M. Bellerose (Patrick) : ...un tel candidat, opposé au mariage gai, à... serait accepté dans votre parti? Juste ça qu'on veut savoir.

M. Duhaime (Éric) : Bien, comme il y en a peut-être dans les autres partis aussi, là.

Mme Senay (Cathy) : Can I jump in in English? I just would like to…

Mme Samson : Enjoy it, because starting tomorrow, you may not be aloud to.

Mme Senay (Cathy) : You're right. So, I'll enjoy it and I'll ask…

M. Duhaime (Éric) : Last call.

Mme Senay (Cathy) : …Claire, Mrs. Samson. So, you will vote against it, against Bill 96, even though there are measures that you proved when you worked with the CAQ in Bill 96? So, why is it so crucial for you, Mrs. Samson, to… when the vote will take place, you will be among MNAs that will vote against Bill 96?

Mme Samson : Yes, it's true. Bill 96 has nothing to do with the rapport Samson that I produced years ago, which was… its intent was to favor a best…

Mme Senay (Cathy) : Integration?

Mme Samson : …integration of immigrants in their introduction to French, and them learning French and using French as their prime language. Bill 96 has nothing to do with that. It does all sorts of things, but not that. It limits options to Quebeckers to decide where they want to study, how they want to study, and what their future plans are.

Mme Senay (Cathy) : And the use of the notwithstanding clause?

Mme Samson : Is a precedent that is not acceptable.

M. Duhaime (Éric) : That's the reason why we're against Bill 96 actually, mainly.

Mme Samson : Primarily.

M. Duhaime (Éric) : Because, for us, it's unbelievable that there are 38 articles of the Charter of rights and freedoms of Québec, not the federal one, the one that was adopted here, at the National Assembly, that they're saying we're not going to apply 38 articles of the Charter of rights and freedoms, and many of them have nothing to do with language. And it's very weird because you know how much we suffered because our rights and freedoms have been violated like never before in Québec's history over the last two years. And to see that introduced in a bill upfront, for us, it's scary. That being said, I'm not against the notwithstanding clause, but somebody could challenge a bill, go in front of the courts, have a decision, and then, if the Government thinks that the decision is not good and it's not serving a public interest, it has the rights to overturn and use the notwithstanding clause to apply what they believe is essential. But at least there's a debate, at least, there's political accountability. But, right now, that doesn't exist, we're not even going to be able to challenge the bill. That's the big problem with that Bill 96 for me.

Mme Senay (Cathy) : It should not have happened with linguistics rights?

M. Duhaime (Éric) : Well, because why… you know, they could use… as you remember, Robert Bourassa used the notwithstanding clause for Bill 101 in the past, but he did it upfront, there was a debate, and he said why he was against the court's decision and there was a legislative process and a judicial process. Now, what we're doing with this bill is that we're putting an article to make sure that the courts cannot even hear people who are going to complain because their rights and freedoms are being violated.

Mme Senay (Cathy) : So, because Robert Bourassa received the decision of the Supreme Court, then protected its own law, but here it's the reverse?

M. Duhaime (Éric) : Yes, and it was going against one or two articles of the bill. Now, we're talking about 38 articles of the Charter of rights and freedoms that are being put aside, and it was two articles of the Charter that were used historically. So, it shows you how large the CAQ is using this bill. It's a bulldozer for no reason. We don't understand why. And the other problem I have also is that we're here, today, and the CAQ is trying to fast track that bill. There is all sorts of question marks as we speak that are not answered. Many people are not even sure, even Claire, who was said something to earlier that we're not sure if, yes or no, it applies. A lot of people have those question marks at home, and we're going to adopt a bill without having any clarity on those issues, and that scares me. Why don't we take the time? What's the rush? Why is it so rushed, today, to adopt such a bill? Why don't we take the time?

Mme Senay (Cathy) : There is the election coming.

M. Duhaime (Éric) : Well, then, if they think they're so right, they could bring it back after the election. If they think it's so good, if they're...

Mme Senay (Cathy) : You have the impression that they were too slow to reassure Anglophones? And that would be my last question. Do you have the impression that for health and social services, they should have been more clear about how it would not change anything for Anglophones?

M. Duhaime (Éric) : You know that I didn't like Mr. Legault, over the last two years, what he did, and that's why I left the CAQ, because he was splitting Quebeckers. He did split us two years ago, saying : Your job is essential, his job is not essential, he can't work. He split us between : He's vaccinated, she's not vaccinated, she can't go to a restaurant. And now, he's trying to split Anglophones and Francophones, that's my concern. When I see that he's even refusing a debate in English during the upcoming election because, supposedly, he didn't have time, I'm sorry, but if he doesn't have time to speak to 1 million Quebeckers, what does he have time for? Does he have time to have an election campaign, period? Like, how is that acceptable? How come he had time, four years ago, to have an English debate, and today, he doesn't have time? What changed so much? Because the Anglophones don't matter anymore? Because 1 million voters are not real Quebeckers in his book? What is he trying to imply? What message is he sending to the English community? And not just to the English community, by the way, even as a Francophone, I'm offensed because we're all Quebeckers, first and foremost, and I think it's very important for us to have a Premier who represents us all. He's not just the leader of the CAQ, doing political, partisan things, he's also the Premier of all Quebeckers, and unfortunately, he's not a statesman, he's not at the level that we're expecting a premier to be. Merci beaucoup. Thank you so much.

Mme Samson : Merci beaucoup. Merci. Bonne journée.

(Fin à 11 h 57)

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