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Conférence de presse de Mme Geneviève Guilbault, vice-première ministre

Point de presse de la vice-première ministre

Version finale

Wednesday, September 23, 2020, 9 h 45

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Neuf heures quarante-neuf)

Mme Guilbault : Oui, merci beaucoup. Bonjour, tout le monde. Bien, peut-être juste une petite déclaration introductive.

Je veux simplement revenir sur un élément que je considère très important, fondamental, toute la question des maisons privées par rapport aux policiers. Il y a beaucoup de choses qui ont été dites. Et moi, depuis une semaine, je répète, à chaque fois que j'en ai l'occasion, puis je vais le faire encore ce matin juste pour être sûre que tout le monde est sur la même longueur d'onde et qu'on comprend tous la même chose, en aucun cas nous n'envisageons, en ce moment, de permettre aux policiers d'entrer dans les maisons privées des gens, à moins d'avoir le consentement du propriétaire ou du locataire de l'endroit ou d'avoir un mandat en bonne et due forme, délivré, donc, par les instances judiciaires. Alors, il n'est absolument pas question, en ce moment, de permettre à des policiers de rentrer dans des maisons privées sans avoir soit le consentement soit un mandat.

Alors, je veux être claire là-dessus parce que les domiciles privés, l'inviolabilité des domiciles privés, c'est un droit qui est très important, qui est fondamental, au Québec. Donc, je veux m'assurer que tout le monde comprend bien qu'on n'envisage pas du tout de permettre à nos policiers ce que j'ai déjà dit, là, d'assiéger nos maisons du jour au lendemain, indépendamment des droits des propriétaires ou des locataires.

M. Lavallée (Hugo) : Vous ne l'envisagez pas pour l'instant, c'est ça. Vous pourriez le faire, si on comprend bien.

Mme Guilbault : Pour l'instant, ce n'est pas dans notre intention. Quand je dis pour l'instant, c'est parce que, comment dire, personne n'a de boule de cristal, là. Il ne faut jamais dire jamais, comme on dit. Ça fait que, si, un jour, on devait s'exposer à des circonstances tellement dramatiques qu'on devait peut-être envisager de le faire... mais on n'est pas là, pas là, pas là, pas du tout là. Et ce que je vous dis, c'est qu'on n'a absolument pas l'intention d'en venir là non plus.

Maintenant, si, un jour, on arrivait... parce qu'on est en pandémie aussi, là. Si quelqu'un nous avait dit il y a six mois... C'est-à-dire, tu sais, s'il y a six mois on s'était dit qu'un mois après ou deux mois après on devrait nous confiner puis on devrait fermer les commerces, etc., bien, les gens auraient peut-être pensé qu'on divaguait, mais pourtant on a été obligés de le faire. C'est pour ça que je dis qu'il faut toujours éviter de dire jamais. Mais actuellement on ne souhaite absolument pas en arriver là et on fait tout pour l'éviter. Et moi, ce sur quoi je travaille, très rapidement, je l'ai souvent dit, c'est sur avoir des constats portatifs pour que nos policiers puissent au moins donner des contraventions aux gens qui font des rassemblements privés excédentaires.

M. Gagnon (Marc-André) : Mais justement, là, vous l'évoquez, la possibilité d'un éventuel reconfinement, là. Sur le plan des droits et libertés, qu'est-ce qui est pire, permettre aux policiers d'entrer dans les résidences sans mandat ou reconfiner le Québec en entier?

Mme Guilbault : C'est des évaluations qui doivent se faire au jour le jour. Vous le savez, on le dit souvent, mon collègue le dit souvent, puis il a raison, on est en continuel ajustement puis adaptation à la situation, la pandémie, à la situation épidémiologique. Pour l'instant, les mesures qui sont en place, on espère, vont nous éviter d'en arriver à devoir envisager l'une et l'autre des mesures que vous évoquez et d'être confrontés à ce genre de dilemme là à choisir entre deux choses qu'on souhaite à tout prix éviter.

Donc, le message que j'ai envie de passer, moi, c'est : si on veut se débarrasser une fois pour toutes de ces discussions-là de possibilité de confinement, de possibilité de devoir prendre des mesures exceptionnelles, des mesures répressives exceptionnelles, la meilleure façon, c'est de suivre les règles de la Santé publique et de pouvoir diminuer notre nombre de cas, de garder le contrôle sur le réseau de la...

M. Gagnon (Marc-André) : ...si les cas, le nombre de cas et les chiffres ne s'améliorent pas, vous pourriez l'envisager. Parce que ce serait moins pire envisager cette possibilité-là d'entrer dans les résidences privées sans mandat que de reconfiner.

Mme Guilbault : On n'envisage absolument pas de donner ces droits-là aux policiers.

M. Gagnon (Marc-André) : Même si le bilan s'empire?

Mme Guilbault : C'est des questions hypothétiques que vous me dites, là.

M. Gagnon (Marc-André) : ...non, non, ce n'est pas une hypothèse, on voit la tendance.

Mme Guilbault : C'est des questions hypothétiques ce que vous me dites, là. Aujourd'hui, on est en orange. Puis ce que je dis, c'est qu'il faut absolument éviter d'aller dans le rouge, d'empirer la situation ou de rendre la situation pire, et il faut retourner dans le jaune et dans le vert.

Donc, le message qu'il est important de passer, puis il faut compter sur la collaboration de tous les relayeurs de messages dont vous êtes, et on vous en remercie : respectons les règles, suivons les consignes de la Santé publique, limitons et diminuons le nombre de cas dans chacune des régions, en particulier les régions en orange, et on va pouvoir reprendre le contrôle ou garder le contrôle de la situation, entre autres, du réseau de la santé, on va pouvoir protéger nos travailleurs de la santé, éviter de délester des chirurgies, éviter de devoir peut-être fermer plus d'écoles, etc.

Donc, on veut continuer de fonctionner. On veut continuer de relancer l'économie. On veut continuer de pouvoir profiter d'une vie sociale restreinte, mais, quand même, un minimum de vie sociale encore. Alors, respectons les consignes de la Santé publique.

M. Bergeron (Patrice) : Lorsque vous parlez de clarté, Mme la vice-première ministre, est-ce qu'il n'y a pas justement un gros problème de confusion actuellement? Parce que c'est peut-être ça qui crée l'inquiétude chez les gens, puis on a du mal à décoder les règles clairement pour chaque foyer. Est-ce que vous n'êtes pas en train de lancer ce ballon-là comme un avertissement : On va en venir au mandat si vous ne respectez pas les règles? C'est un ballon, au fond?

Mme Guilbault : Ce n'est pas un ballon. On n'envisage pas de donner ces pouvoirs-là aux policiers. Je veux être vraiment très claire là-dessus, là. En ce moment, un policier peut entrer dans une maison si la personne qui habite là lui donne la permission ou s'il obtient un mandat, et ça va continuer d'être comme ça. Je travaille sur les constats d'infraction, qui vont être une modification de l'outil de travail, et une sanction, quant à moi, plus immédiate et plus dissuasive que celle qui est utilisée en ce moment, qui est un rapport d'infraction. Mais ça ne change en aucun cas le pouvoir du policier, là. On parle simplement d'une modification de l'outil de sanction, si on veut.

Mais il faut marteler le message de toutes les façons possibles : oui, il faut respecter les consignes de la Santé publique. On fait miroiter régulièrement la perspective de passer au rouge, la perspective d'avoir des mesures plus répressives. Puis là je ne parle pas de rentrer dans les maisons, je parle en général. Si on passe au rouge quelque part, bien, c'est sûr que ça va venir avec plus de mesures répressives ou plus de contraintes, je dirais, dans la vie et dans le quotidien de chacune des personnes dans les secteurs d'activité, et on veut tous éviter ça.

Et la solution, elle est simple, c'est ça que je... J'aimerais ça, peut-être... Je ne sais pas comment on peut faire passer le message plus clairement, mais la solution, elle est simple. Elle est simple. Parce que c'est vrai que, des fois, il y a des ajustements dans le message. On doit ajuster nos actions. On doit ajuster les mesures. On doit ajuster nos messages. On multiplie les exercices de communication pour essayer d'être le plus clairs possible. Mais il n'existe pas de manuel de gestion d'une pandémie, là. Donc, on fait toujours au mieux, mais... Et, encore là, je remercie les représentants des médias. On s'efforce d'essayer de communiquer clairement l'importance de respecter les règles de la Santé publique pour éviter d'empirer la deuxième vague, pour éviter de devoir fermer des écoles, fermer des secteurs de l'économie, pour éviter aussi d'infecter notre personnel du réseau de la santé.

C'est ça qu'il faut comprendre aussi, la séquence, là. Puis là on voit que les jeunes sont d'importants vecteurs de contagion, 15-34 ans. Une personne qui est jeune, mais en bonne santé, qui va peut-être attraper la maladie, peut-être avoir des symptômes, et tout ça, puis être incommodée, mais sans que ce soit nécessairement majeur, elle peut infecter une autre personne, puis éventuellement une personne du réseau de la santé, et là ça nous fait un employé de moins, qui doit être en isolement parce que soit il a la COVID... soit préventif ou soit parce qu'il a la COVID. Ça fait une personne de moins pour soigner les gens. Donc, tout ça a une incidence qui peut le faire entrer éventuellement dans un milieu de soins ou un milieu d'hébergement si cette personne-là travaille, mettons, dans un CHSLD. Alors, il faut comprendre la séquence de la transmission communautaire puis les impacts dramatiques que ça peut avoir en suivant la chaîne de contamination.

Donc, autrement dit, si vous attrapez la COVID dans un party en fin de semaine, vous pouvez, sans le vouloir, le donner à une infirmière qui, elle, bien, va mettre à risque peut-être le personnel soignant qui l'entoure, les patients qui l'entourent, les résidents qui l'entourent, dépendant dans quel milieu elle travaille. Et là, bien, on arrive avec le problème du manque de personnes dans le réseau de la santé, si on doit se priver de ces travailleurs-là, etc. Alors, l'effet, il est direct et il est inquiétant. Alors, je demande aux gens d'être très, très, très prudents.

M. Authier (Philip) : ...questions en anglais. Speaking of schools, so we have this situation in Saint-Hyacinthe with another outbreak there. We're seeing them in other schools, outbreaks of COVID. Are you looking at making masks mandatory in schools? Is that policy going to be reviewed?

Mme Guilbault : We are always having discussions regarding the measures that we could put in place accordingly to the level of alert and to the colour of the regions. And there are a lot of discussions, particularly between my colleague le ministre de l'Éducation and the Santé publique. But, of course, it would be a decision made by the Public Health, but we have a lot of discussions regarding all potential and necessary measures.

Mme Fletcher (Raquel) : ...this morning, saying that you're not going to give police the power to enter a home without a warrant. But yesterday afternoon, not even 24 hours ago, the Health Minister said : If we have to, we will. So which message from which Minister should Quebeckers believe?

Mme Guilbault : The message is that we don't have the intention to allow policemen and policewomen to go into private houses without whether the consent of the person who lives there or a warrant. So, this is the clear message that I have for you today.

Mme Fletcher (Raquel) : Are you frustrated that you have to clarify that message after the press conference yesterday?

Mme Guilbault : Not at all. And I work very closely with my colleague, the Health Minister, Christian Dubé, and, as I just said, we have a lot of discussions on a lot of topics. But it is important to be very clear, particularly on that kind of topic that is very fundamental and very important. We are talking about the rights of people. And it is important to remind everyone that we are going to respect those rights.

Mme Senay (Cathy) : Mrs. Guilbault, I just have one last question...

Le Modérateur : Ceci met fin au point de presse. Ceci met fin au point de presse. Merci...

Mme Senay (Cathy) : I just have one question. It took days for the police to send their file about the Lordia, the restaurant in Laval. It took days. How come it took so long with such an obvious party and violation of the sanitary rules?

Mme Guilbault : Two things on that. The first thing is that, when the police officers were there, there were no infractions. So people were quietly minding their own business and respecting the rules. The people didn't respect the rules after the police officers were gone. So this is the first thing, and police officers have to see for themselves the infractions being committed. So this is the first thing.

The second thing is that it is very important that people who witness an infraction call the police as they witness the infraction. So the person who gave this information, who wrote this information, I'm guessing this is maybe a journalist that was there, he or she should have called the police when he or she witnessed the infraction. And this is very important. Whoever you are, if you witness an infraction in a bar, in a restaurant, in a mall, anywhere, you have to call the police as soon as possible because it is important for them to be able to witness the infraction in order to give a «constat d'infraction».

M. Gagnon (Marc-André) : …vous dites… même les journalistes devraient dénoncer à la police des cas comme celui qui a été observé?

Mme Guilbault : Bien, ce que je dis, c'est que n'importe qui, un citoyen qui constate une infraction dans un endroit, vraiment, une infraction majeure... Puis là on parle de la situation au bar de Laval. On a vu des images dans les journaux, et tout ça. Il semble qu'apparemment il y avait effectivement des comportements qui étaient en infraction des règles de santé publique. Alors, un citoyen qui constate ces situations-là devrait faire un signalement à la personne qui est responsable de l'endroit, dans un premier temps, et, s'il n'y a rien qui se passe, peut faire appel aux policiers.

Là, j'ai dit que je présumais que c'était un journaliste, par rapport au fait… que la façon dont il s'exprimait dans l'article, ça semblait être ça. Mais, que ce soit un journaliste ou n'importe quel autre citoyen, c'est qu'on peut faire appel au service de police, nous, comme citoyens, quand il y a vraiment des infractions majeures. Puis là on ne tombe pas dans la paranoïa. Je le dis tout le temps. Là, il ne s'agit pas de virer fou puis de surveiller tout le monde. Mais, quand il y a des situations vraiment majeures, on peut très bien, nous, faire appel aux policiers. Et donc, s'ils sont en mesure de constater l'infraction… Puis ce sera le dernier point, puis après je dois vraiment quitter. Mais donc, pour pouvoir donner des constats, il faut constater justement l'infraction. Donc, si ça ne se déroule pas devant eux, malheureusement, eux, ils ne pouvaient deviner que, 10 minutes après, ça allait redevenir un peu chaotique, là. Donc, c'est très important.

Le Modérateur : La vice-première ministre est attendue en Chambre. Merci beaucoup.

Mme Guilbault : Merci.

(Fin à 10 h 3)

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